vignette|redresse=1.2|Autel du dieu inconnu, musée du Palatin, Rome. Un agnostos theos (en grec , « dieu inconnu ») ou un ignotus Deus est une divinité non identifiée que vénéraient les Grecs anciens et plus tard les Romains, en supplément des douze dieux principaux et d'innombrables divinités mineures. Selon les Actes des Apôtres, c'est à son propos que Paul de Tarse a prononcé le discours de l'Aréopage à Athènes.

Origine

Selon diverses sources antiquesIl faudrait aussi ajouter, semble-t-il, Apollodore, mais en l'absence de référence précise, il reste en note., il y avait à Athènes, soit un temple, soit au moins un autel votif dédié spécialement au « Dieu inconnu ».

Ainsi lit-on dans la Vie d'Apollonius de PhilostratePhilostrate, Vie d'Apollonius de Thyane VI.3 (lire en ligne) :

De même, Pausanias, dans sa Description de la GrècePausonias, Description de la Grèce, livre I (Attique) Chap 1.4 (Lire en ligne) note :

Le satiriste Lucien, dans son PhilopatrisLucien de Samosate, Philopatris Lire en ligne fait jurer Critias

Selon le récit de Diogène LaërceDiogène de Laerte, Vies et doctrines des philosophes de l'Antiquité, Livre I, chap 10, c'est à Épiménide que l'on accorde la création de cet autel « au dieu inconnu » :

Rapport au christianisme Le discours de Paul à Athènes vignette|redresse=1.2|Le Discours de l'Aréopage, par Franz Georg Hermann (1729). L'autel au « dieu inconnu » se trouve au centre du tableau, avec l'inscription Ignoto Deo. vignette|Sur la colline de l'Aréopage à Athènes, plaque en bronze portant le texte en grec du discours de Paul « au Dieu inconnu »tel que relaté dans les Actes des Apôtres (17:22-31). Le livre des Actes des Apôtres rapporte que lorsque l'apôtre Paul visita Athènes, il vit un autel dédié « au dieu inconnu » et qu'il en fit le thème du discours de l'Aréopage :

Que l'apôtre Paul ait ou non connu la légende qui attribue à Épiménide la fondation de cet autel ne ressort pas de ce texte. Néanmoins, la phrase est un vers d'Épiménide., et est une citation d'Aratos de SolesPhoenomena .5..

Par ailleurs, en une autre occasion (Épître à Tite 1:12), Paul cite le « paradoxe d'Épiménide », l'attribuant au

Explications postérieures

Jérôme de StridonSur l'Epître à Tite, prétend que cet autel ne portait pas « Au dieu inconnu », mais « Aux dieux de l'Asie, de l’Europe et de l’Afrique ; aux « dieux inconnus et étrangers » et que l’Apôtre changea volontairement le pluriel en singulier afin que de montrer aux Athéniens qu'ils adoraient un dieu inconnu.

Théophylacte raconte d'une autre manière l'occasion de cet autel. Après une bataille que les Athéniens avaient perdue, un spectre leur apparut, et leur dit que c'était lui qui était cause du malheur qui leur était arrivé, et que c'était en haine de ce que, célébrant des jeux en l'honneur de tous les autres dieux, ils n'en faisaient point en son honneur : après cela il disparut sans dire son nom. Les Athéniens, pour réparer leur faute, érigèrent aussitôt un autel au dieu inconnuOn y verra sans peine une adaptation du passage de l'"Histoire" d'Hérodote (Histoire, Livre VI.105) dans lequel il rapporte que les Athéniens ayant envoyé Philippidès comme courrier à Sparte l'entendirent à son retour dire qu'il avait été interpelé par le dieu Pan qui lui demanda pourquoi les Athéniens ne lui rendaient aucun culte. À la suite de ce rapport, les Athéniens consacrèrent un lieu à Pan et établirent une course en son honneur. (Lire en ligne).

Enfin, Pierre Comestor, faisant dans son Histoire scolastique un lien avec la Lettre à PolycarpeLettre à Polycarpe, ou lettre 7 : Lire en ligne de Denys l'Aréopagite, raconte que ce dernier séjournant à Alexandrie remarqua l'éclipse de soleil qui arriva contre nature à la mort du Sauveur, en conclut que quelque dieu inconnu souffrait; et n'en pouvant alors savoir davantage, érigea, à son retour à Athènes l'autel au Dieu inconnu, qui donna occasion à saint Paul de faire à l'Aréopage le discours que rapportent les Actes des Apôtres.

La question de la dédicace

On aura noté que le récit de Diogène Laerce parle d'autels « sans nom » alors que, selon le récit des Actes des Apôtres on s'attendrait à ce que ces autels portent en dédicace à un « dieu inconnu ». Toutefois le discours de l'Apôtre peut tout à fait désigner un autel (tel que l'on en a retrouvé à Rome) portant une dédicace, mais sans mentionner le nom de la divinité à laquelle l'autel est dédié, le dieu anonyme alors vénéré restant « inconnu ».

L'explication de St Jérôme, plausible en ce qui concerne l'éventualité de l'existence de tels autels, peut sembler en accord avec les textes de Pausanias et Philostrate. Ces textes cependant n'impliquent pas qu'il y ait eu plusieurs autels dédiés chacun « à des dieux inconnus », mais qu'il y avait plusieurs autels, qui pouvaient tout à fait être chacun dédié à un dieu « inconnu » ou anonyme, et que donc tous désignent un Dieu spécifique, différent. Enfin, on notera que Lucien parle précisément d'un dieu inconnu, au singulier en accord avec le récit biblique.

Notes et références

Catégorie:Divinité grecque Catégorie:Divinité romaine