NRT est le tombeau que s’est fait aménager dans la nécropole royale de Tanis.

Plusieurs indices font supposer que n'a pas été le premier souverain de la à aménager sa tombe dans cette partie du site de Tanis. Les niveaux d’imbrication des fondations de cette tombe avec ceux de sa voisine, la NRT dont le dernier état date d', indiquent clairement l’antériorité de cette dernière. De plus lorsqu'il fait bâtir l'enceinte du temple d'Amon de Tanis, fait dévier de son axe le tracé du massif mur de brique crues, englobant le secteur de la nécropole royale. Cela implique l'existence d'une fondation précédant le règne de d'une grande valeur ou plutôt d'un caractère sacré, que la présence des tombes de ses ancêtres pourraient expliquer, bien que jusqu'à ce jour aucune trace d'une telle antériorité n'ait été mise au jour.

Le tombeau de est placé, en quelque sorte, au centre de la nécropole connue jusqu'ici. Elle est jouxtée sur son côté nord-ouest par la tombe d'Amenemopet son successeur, tandis que celle d', la NRT , la longe sur son côté sud-est, et celle de , la NRT , se trouve un peu plus à l'ouest encore. Au sud-ouest se trouve enfin la NRT , tombe anépigraphe de petite dimension dont la date de fondation et le propriétaire échappent encore à une identification précise.

L'égyptologue français Pierre Montet, découvre dans la nécropole royale de Tanis, le le tombeau pharaonique totalement inviolé à ce jour.

Découverte

C’est la troisième tombe découverte par la mission Montet le . En dégageant le premier ensemble découvertVoir NRT , les égyptologues mettent rapidement au jour de nouvelles dalles d'un plafond qui se révèle être celui du tombeau de . Aucune effraction n'étant constatée, ils nettoient la surface délimitant ainsi un vaste périmètre formé de dalles de grandes dimensions qui forment l'essentiel de la structure et sur la partie nord-est de cet ensemble, ils découvrent des dalles plus petites disposées perpendiculairement à l'axe général. C'est le puits d'accès au tombeau.

Aucune trace d'effraction n'est constatée et les petites dalles sont retirées. Le puits se révèle être comblé jusqu'à la surface. C'est d'abord de la terre accumulée par les siècles, puis un bouchon constitué de gros blocs entassés et mélangés à du sable. Enfin apparaît la porte murée du tombeau royal, intacte.

Une fois les blocs qui la constituaient retirés, les égyptologues pénétrèrent dans le caveau et après un court passage découvrent l'antichambre. L'ensemble est décoré de reliefs aux noms de et la pièce est occupée par les restes de mobiliers funéraires de plusieurs sépultures, manifestement déménagées là à la manière d'une cachette royale.

Sur une estrade constituée de gros blocs dépareillés et hâtivement mis en place apparaît un sarcophage hiéracocéphale en argent massif, celui de . Il était encadré par les restes désagrégés de deux autres sarcophages autrefois en bois doré, contenant deux momies réduites à l'état de squelette. Au sol, devant cet ensemble mortuaire, s'entassent des centaines d'oushebtis, les vases canopes, des vases et autres vestiges des trois viatiques funéraires qui, ayant déjà subis le sacrilège d'un premier pillage, avaient dû être mis à l'abri dans le tombeau de Psousennès.

Rapidement les archéologues discernent le passage vers au moins deux autres chambres, puis vers une troisième, qui se révéleront être respectivement dans l'ordre de leur découverte, les caveaux prévus pour Ânkhefenmout, fils de , celui du roi lui-même et enfin celui de son épouse, la reine Moutnedjemet, dans lequel plus tard sera réinstallé le roi éphémère Amenemopet.

Enfin après avoir vidé complètement l'ensemble déjà découvert, et après la guerre qui faisait rage en Europe, en 1945, la mission Montet met au jour le caveau inviolé du général Oundjebaoundjed, dernière découverte spectaculaire de la nécropole royale de Tanis.

Les sépultures

Une fois le puits dépassé, on trouve donc l'antichambre qui distribue les différents caveaux royaux ou princiers. Ces chambres funéraires sont numérotées de 1 à 4.

L'antichambre

NRT , l'Antichambre est la première pièce du tombeau contenant trois sépultures secondaires de personnages royaux installés sur une estrade constituée de blocs de granite remployés parmi lesquelles seront identifiées les momies de Siamon et de .

Désagrégées avec le temps et les mauvaises conditions de conservation du sol tanite, leur identification sera rendue possible grâce aux oushebtis placés devant eux ainsi qu'au scarabée de cœur que contenait encore l'une des deux dépouilles royalesCelle de Siamon ; cf. P.Montet, Lettre du 7 février 1940, ..

Elles étaient contenues dans des sarcophages en bois doré, disparus depuis longtemps avec les siècles et l'humidité ambiante. Seuls subsistaient les ornements en bronze qui formaient notamment les yeux et les deux uræi, ainsi que des débris de feuilles d'or retrouvés sur place. Les deux corps comportaient encore quelques bijoux épargnés lors du premier pillage dont elles ont été victimes avant de reposer en sécurité dans l'antichambre du caveau de Psousennès. Devant l'estrade, outre les ouchebtis aux noms des roisCf. Liliane Aubert, catalogue 18, 19 et 20, ., leurs vases canopes ont été également découverts.

Au milieu de la même estrade, encadré par les deux rois de la , se trouvait le sarcophage de , intact. Ce grand sarcophage hiéracocéphale en argent massif ciselé, contenait la momie du roi, certes réduite à l'état de squelette, mais couverte de tous les bijoux prophylactiques qui avaient été placés sur le corps du roi et entre les bandelettes disparues. Le visage du roi était recouvert d'un masque en or massif. Devant l'estrade se trouvaient également les ouchebtis du roiCf. Liliane Aubert, catalogue 29, . ainsi que ses vases canopes contenant quatre petits sarcophages en argent massif qui abritaient autrefois les viscères momifiés du roiCf. J. Yoyotte, catalogue 67, ..

Plusieurs vases en albâtre et céramiques avaient été déposés devant l'estrade, entassés le long de la paroi du fond de l'antichambre dans laquelle était aménagée les accès aux autres caveaux royaux.

Le caveau de

NRT ,1 est le caveau de , ouvert le soit presque un an jour pour jour après la découverte de la première tombe de la nécropoleC'est-à-dire la tombe d', la NRT découverte le .

Avant de pouvoir l'ouvrir il a fallu démonter le mur décoré de relief qui masquait l'entrée et retirer le bouchon de granit qui en obstruait l'accès. Une fois cette opération délicate achevée les égyptologues découvrent une pièce de cinq mètres sur deux, édifiée toute en granite, au fond de laquelle trône le massif sarcophage royal, intact.

Devant et tout autour de ce premier sarcophage externe, s'accumulent une extraordinaire collection de vaisselle en métal précieux, des centaines d'ouchebtis, quatre vases canopes et des vases en albâtre. L'étude de ce viatique funéraire révéla que certains objets étaient de véritables antiquités à l'époque du roi tanite. Ainsi s'y trouvait une sorte de brasero en bronze aux cartouches de , relique plausible du mobilier funéraire du célèbre pharaon ou plus probablement prélévé parmi les objets rituels d'un des temples du roi comme le suggèrent les inscriptions qui accompagnent les cartouchesCf. J. Yoyotte, catalogue 60, ..

Le sarcophage externe initialement appartenait à Mérenptah. Il provient donc de la tombe du roi dans la vallée des Rois, indiquant clairement qu'à l'époque de on n'hésitait pas à réutiliser cet héritage livré au pillage depuis la fin de la Cf. S. Guichard, .. Le couvercle figurait au-dessus une figure royale protégée à sa tête par une statue d'Isis agenouillée, et au-dessous une grande figure en haut relief de la déesse Nout, étendant ses bras au-dessus d'elle dans un geste de protection ou d'embrassement du royal défuntCf. S. Guichard, catalogue 71, ..

Ce sarcophage abritait un second sarcophage externe, remploi d'une sépulture d'un noble du Nouvel Empire, dont le nom a été effacé rendant impossible l'identification de son premier propriétaire.

Il contenait un troisième sarcophage momiforme, cette fois au portrait du roi, de style rishi, portant le némès avec un uræus d'or, le tout en argent massif ciselé et inscrit au nom du roi.

La momie royale abritée dans cette succession de trois sarcophages emboîtés, est apparue recouverte d'or. Un plastron protégeant le torse, le bassin et les jambes avait été réalisé dans une feuille d'or ciselée au nom du roi. Elle symbolisait le corps momifié du roi, tandis que la tête était recouverte par un masque en or massif d'une facture et d'une élégance rare, qui en font un chef-d'œuvre de l'orfèvrerie égyptienne antiqueCf. C. Ziegler, catalogue 104, .. La momie, dont il ne restait au moment de la découverte plus que le squelette, devait être autrefois enveloppée de bandelettes faites du lin le plus fin entre lesquelles étaient insérées des amulettes prophylactiques et des parures royales d'une grande finesse. Cette collection de bijoux était bien plus abondante que celle trouvée sur la momie déjà très riche de mise au jour dans l'antichambre voisine un an auparavant.

Le tombeau contenait d'autres objets ayant appartenu au grand prêtre d'Amon, , le père de Psousennès, ou qui étaient des dons de son épouse MoutnedjemetCf. D. Harlé, catalogue 92, . dont le caveau avait été prévu à côté de celui de Psousennès. D'autres reliques enfin étaient dédicacées par le grand prêtre d'Amon Smendès Cf. M. F. de Rozière, catalogue 95, ..

L'ensemble de ces indices et trouvailles inédites permettaient de mieux situer les liens qui unissaient la monarchie tanite avec les rois-prêtre de Karnak. L'histoire de la pouvait ainsi se réécrire à l'aune de cette découverte majeure qui mettait en lumière le règne d'un roi considéré auparavant comme mineur ou effacé face à la toute-puissance d'un clergé thébain. Désormais il convenait de considérer la coexistence de ces lignées avec plus de nuance. Si la séparation des deux royaumes était réelle, la royauté était bien installée au nord du pays, à Tanis.

Le caveau de Moutnedjemet et d'Amenemopet

NRT ,2 est la chambre funéraire qui se trouve immédiatement après celle de . Elle avait été prévue par le roi pour la grande épouse royale, la mère royale, Moutnedjemet. Les inscriptions de l'antichambre et les reliefs épargnés de la chambre elle-même le prouvent, ainsi qu'un cartouche au nom de la reine retrouvé sur le sarcophage qui trône au milieu de la pièce. Il s'agit là de la seule sépulture attestée d'une grande épouse royale de la Troisième Période intermédiaire, bien que la reine n'y fut pas retrouvée et que sa royale momie ainsi que son mobilier funéraire aient été déménagés ailleurs à une époque encore imprécise.

En effet, c'est le pharaon éphémère Amenemopet, dont le caveau original se trouve plus au sud-ouest de la tombe de Voir la NRT , que Pierre Montet et son équipe mettent au jour le .

Le roi avait été déménagé dans le caveau de la reine afin de le préserver une ultime fois d'un pillage qui avait laissé des traces notamment sur le sarcophage de bois plaqué d'or, dont le masque apparu déformé aux découvreursP. Montet. Le sarcophage momiforme n'existe plus mais le plaquage d'or a permis de restituer l'apparence complète de la tête du roi, coiffé du némès et orné d'un splendide uræus en or cloisonné serti de pierre semi-précieuse, dont la facture n'est pas sans rappeler les meilleurs exemplaires du Nouvel Empire ou encore du Moyen EmpireCf. H. Stierlin, ..

La momie du roi, victime des mêmes mauvaises conditions de conservation qui avaient désagrégé toutes les matières organiques de l'ensemble des caveaux, apparut protégée d'un masque en or et couverte de bijoux et parures royales de haute qualitéCf. H. Stierlin, ., livrant après les découvertes de celles de et de , une troisième collection d'orfèvrerie de la Troisième Période intermédiaire.