Le musée d'Histoire de Marseille est un musée consacré à l'histoire de la ville de Marseille. Fondé en 1983, il a été entièrement rénové et a rouvert le à l'occasion de Marseille-Provence 2013.

Installé dans le Centre Bourse, à proximité du Vieux-Port, le musée d'histoire de Marseille abrite le site du Port antique, une exposition permanente de , un espace d'exposition temporaire, un centre de documentation et un auditoriumUn musée d'histoire pour un patrimoine vivant, ville de Marseille, consulté le 25 septembre 2013., ce qui en fait le plus important musée d'histoire urbaine en France..

Historique La construction du Centre Bourse est entreprise en 1967 sur des terrains du quartier de derrière la Bourse, dont les vieux immeubles ont été détruits de 1912 à 1937 et qui avaient été laissés en l’état. Au cours des travaux de terrassement pour la construction du centre commercial, de nombreux vestiges d’époque grecque, romaine et médiévale sont découverts. Leur importance est alors une surprise bien que l’existence du fameux mur de Crinas pouvait laisser supposer la découverte d’autres vestiges. Gérin Ricard précise dans le livre Promenades archéologiques paru en 1925 que l’origine grecque de ce mur avait été soutenue par des membres de la Commission archéologique dès 1916.

La création d’un musée d’histoire de Marseille paraît donc indispensable. L'archéologue et anthropologue Alain Nicolas participe à sa fondation. Il est ouvert en 1983. Une partie des découvertes est conservée sur place, le port antique est aménagé en un jardin des Vestiges. Le musée comprend alors une salle d’exposition temporaire pour des manifestations sur divers thèmes relatifs à l’histoire de Marseille et une salle d’exposition permanente qui met en valeur les différents vestiges découverts. Une bibliothèque spécialisée dans l’histoire, l’archéologie et l’urbanisme est créée et ouverte au public.

Fermé pendant plusieurs années, le musée d'histoire est entièrement rénové par l'architecte Roland Carta et rouvert le , pendant l'année Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture. La nouvelle architecture veut recréer « un lien intime entre la ville, son musée et le site archéologique » du Port antique. Une nouvelle muséographie créée par l'architecte scénographe Adeline Rispal tisse des liens entre l'histoire portuaire et commerciale du site et l'architecture puissante du centre commercial de la Bourse. Le musée présente l'histoire de Marseille en treize volets ou séquences recouvrant une période plus ou moins longue. Un parcours numérique augmenté de l'axe historique de Marseille, conçu par Alain Dupuy (InnoVision), est également proposé entre le musée d'Histoire et le nouveau MuCEM.

Les séquences et les collections

Marseille avant Marseille La visite du musée d'histoire débute par un film retraçant l'occupation préhistorique du bassin de Marseille.

Gyptis et Prôtis (de 600 à 380 av. J-C.)

Développement du commerce les Ioniens qui arrivent à Marseille vers 600 av. J.-C. apportent avec eux la civilisation grecque. Au début de leur installation ils importent du vin en provenance de l'Étrurie, puis ils en produisent eux-mêmes et vers le milieu du écoulent leur propre production vinicole vers les populations gauloises. Le vin est alors conditionné pour le transport dans des amphores à pâte micacée de 540/500 av. J.-C. puis micacée de 510/500 av. J.-CLucien-François Gantès « Gyptis et Prôtis (de 600 à 300 av. J.-C.) » dans Revue Marseille, Le Musée d'histoire, Marseille, , , , décembre 2013. Pour illustrer ce commerce du vin, le musée expose sur un présentoir six types d'amphores à vin d'époques et de provenances diverses : Étrurie (épave d'Esteou dou Miet à Marseille 600/520 av. J.-C.), Clazomènes (épave d'Esteou dou Miet à Marseille 540/510 av. J.-C.), Marseille (540/500 av. J.-C. et 500/400 av. J.-C.), Italie du sud (Épave du grand Ribaud, Var, 500 av. J.-C.) et Étrurie (400 av. J.-C.).

Marseille est approvisionnée en vaisselle par des navires d'origine grecque comme celui coulé à la Pointe Lequin, île de Porquerolles, vers 520 av. J.-C.. Deux vitrines exposent de la vaisselle datant des deux premiers siècles après la fondation de Marseille dont : Céramiques corinthiennes (625/550 av. J.-C. : aryballes globulaires, amphores de tables. Céramiques laconiennes (625/550 av. J.-C.) : cratère à figures noires trouvé rue de la cathédrale. Coupes ioniennes à vernis noir de l'épave Pointe Lequin et de la place Jules-Verne : ces coupes servaient à boire du vin. Lampes à huile Coupe attique à vernis noir décorée d'une tête de gorgone dont le rôle était de se prémunir contre les voleurs. Coupes attiques à décor de palmettes ou de cerf paissant.

L'empreinte religieuse thumb|upright=1.2|Chapiteau ionique. Les Grecs apportent avec eux leurs dieux : Artémis, Apollon et Athéna. La ville se dote de temples consacrés à ces trois divinités. En 1952 les équipes de Fernand Benoit découvrent non loin de la consigne sanitaire au pied de la butte Saint-Laurent un chapiteau ionique en calcaire qui devait appartenir à un de ces temples. Ce chapiteau exposé dans le musée est de grande dimension ( x x ) et pèse , ce qui laisse penser qu'il s'agissait d'un temple de taille considérableXavier Corré « Le chapiteau ionique archaïque de Marseille » dans Revue Marseille, Le Musée d'histoire, Marseille, , , , décembre 2013. Il était utilisé en remploi dans un mur qui est considéré comme un quai d'époque romaine.

Les seuls objets de culte relativement fréquents pour cette période sont les stèles votives en pierre représentant une déesse assise dans un édifice en forme de temple. Une cinquantaine de ces stèles appelées aussi Naïskoï ont été découvertes sous l'ancienne rue Négrel lors du percement en 1863 de la rue Impériale, actuelle rue de la République. La tenue de ces femmes en vêtement long, la tête voilée, les mains posées sur les genoux sont traditionnelles de l'art grec archaïque. Ces figurines tiennent parfois sur les genoux un animal qui peut être identifié à un fauve sur un ou deux exemplaires. L'identité de la divinité a été très discutée (Artémis, Aphrodite ou Athéna), mais l'hypothèse actuellement la plus couramment admise est celle de Cybèle. Ces stèles proviennent d’un sanctuaire dédié à cette déesse d’Asie MineureMichel Bats, Guy Bertucchi, Gaétan Conges et Henri Treziny, Marseille grecque et la Gaule, Études massaliètes Numéro 3, Aix-en-Provence, ADAM éditions et université de Provence, 1992, page 147, .

Les autres témoins des cultes religieux sont regroupés dans une vitrine et sont pour l'essentiel les suivants : Un askos, petit vase avec une panse ronde et plate muni d'une embouchure et d'une anse, en terre cuite découvert place Villeneuve-Bargemon. Cet askos est pourvu à une extrémité d'une tête de Silène primitivement pourvue de cornes et à l'autre extrémité d'une queue repliée. Il pourrait s'agir du dieu fleuve Achéloos. Ce vase serait de la fin du . Une statuette en marbre de la déesse de la fécondité Artémis et protectrice de Marseille. Selon Strabon les phocéens embarquèrent à Éphèse une prêtresse d'Artémis nommée Aristarché pour aller à Marseille. Un antéfixe à tête de silène découvert rue des Pistoles.

Les épaves de la place Jules-Verne thumb|upright=0.8|Épave grecque Jules-Verne 7 () découverte en 1993 lors des travaux de la place Jules-Verne à Marseille. Lors des fouilles de la place Jules-Verne entreprises à partir de 1993, sept épaves antiques sont découvertes. Cinq d'entre elles, deux grecques et trois romaines, sont exposées dans le musée. Elles constituent, avec l'épave romaine de la Bourse, la collection la plus importante de navires antiques actuellement présentée en MéditerranéePatrice Pomey « Les épaves de la place Jules-Verne » dans Revue Marseille, Le Musée d'histoire, Marseille, , , , décembre 2013.

Les deux épaves grecques dites Jules-Verne 9 et Jules-Verne 7 ont été abandonnées à la fin du Ces deux navires ont donc navigué dans le courant de la deuxième moitié du soit deux ou trois générations seulement après la fondation de Marseille.

Les vestiges de l'épave Jules-Verne 9 conservés sur de long et de large appartiennent à un embarcation d'environ de long et de large. L'intérêt essentiel de cette épave réside dans son mode de construction qui fait appel à la technique d'assemblage par ligatures. L'étanchéité est assurée par des rouleaux de tissus de lin disposés sur les joints d'assemblage. L'étanchéité de l'ensemble de la coque est renforcée par un enduit composé de cire et de poix passé à l'intérieur et à l'extérieur de la Coque. Les fragments de corail rouge incrustés dans l'enduit intérieur indiquent que cette embarcation était utilisée pour la pêche du corail grandement apprécié pour la confection de diverses parures. Cette activité s’est poursuivie jusqu'à une période récente.

L'épave Jules-Verne 7 conservée sur de long et près de de large est celle d'un navire de commerce à voile, à la carène de section arrondie et aux extrémités élancées qui devait mesurer de long et pouvait transporter douze tonnes de marchandises. La construction est également remarquable car elle fait appel à deux techniques différentes : l'une par ligatures identique à celle de l'épave Jules-Verne 9, l'autre par tenons et mortaises. Ce navire reflète l'évolution des techniques de construction navale avec l'abandon progressif de l'assemblage par ligatures au profit des tenons et mortaises. Cette dernière technique n'est cependant pas encore totalement maîtrisée dans la seconde moitié du . La quille est en chêne vert, les planches du bordé en pin et la membrure en aulne et pin.

Le monde de Pythéas (de 380 à 49 av. J-C.) Cette période est marquée par le développement de la puissance et la prospérité économique de la ville qui s'achèvera par la conquête de Jules César en 49 av. J.-C. La prospérité économique La ville se dote de monuments publics importants tels que les Caves Saint-Sauveur. Dans la partie septentrionale de la ville ont été trouvés à l'angle de la rue Trigance et de la rue Sainte-Élisabeth, les restes d'un bâtiment rectangulaire composé de deux pièces ; celle exposée au nord qui correspondrait à une salle de banquet, avait un sol en Opus signinum avec une inscription XAIPE, signifiant bienvenue en grec. Ce morceau de sol est exposé.

Le vin et l'huile ainsi que les produits de la mer sont transportés dans des amphores massaliètes micacées à panse sphérique puis ovoïde. Six amphores à vin sont exposées.

Les relations commerciales de Marseille avec la Méditerranée sont attestées par de la vaisselle importée du Latium ou par des amphores grecques ou gréco-italiques qui sont acheminées par des navires de fort tonnage. L'épave du bateau trouvée au Grand Congloué 1 qui transportait un chargement de Quatre cents amphores et de la vaisselle campanienne dont une partie est exposée, en est un exemple.

Ce commerce rendait nécessaire l'utilisation de monnaies. Des drachmes en argent du sont exposés ainsi que de flans, morceaux de métal préparés pour la frappe. Ces pièces en bronze étaient fondues dans un atelier datant du situé dans l'arsenal des navires de guerre trouvé lors des fouilles de la place Villeneuve-Bargemon. La découverte de cet atelier massaliète, avec ses installations en place, est unique dans le monde grec. Une maquette de l'arsenal est présentée. Cette production de monnaie nécessitait un approvisionnement en matières premières attesté par les chargements retrouvés dans les épaves de Plane 2 () qui transportait du cuivre sous forme de galettes et celle de Bagaud 2 entre Port-Cros et Porquerolles () qui transportait du fer sous forme de barres effilées et de l'étain sous forme de galettes ou de tronc de pyramide. Ces différents lingots sont exposés.

Le Territoire ou la chora massaliète