Jacques Crétineau-Joly, né à Fontenay-le-Comte (Vendée) le et mort à Vincennes (Seine) le , est un publiciste catholique et légitimiste français.

Biographie

Années de formation et d'hésitations

Né le 23 septembre 1803 à Fontenay-le-Comte, rue des LogesMaynard, ., Jacques-Augustin-Marie Crétineau est le fils de Rose Crétineau, née Ély (1779-1857), et d'Augustin Crétineau (1780-1855), marchand drapier. Le surnom Joly, accolé à son patronyme, aurait été celui d'un aïeulMaynard, .Le Poitevin, . ou d'un bisaïeul, capitaine dans l'armée royaleRégnault, ..

Élève du collège de Luçon, Jacques passe avec succès les épreuves du baccalauréat à Poitiers, à l'âge de dix-sept ans. Souhaitant devenir religieux, il entre au séminaire de Saint-Sulpice, à Paris, à l'automne 1820. Il y reçoit la tonsure l'année suivanteMaynard, -8.. En 1822, le grand-maître de l'Université de France, Mgr Frayssinous, lui confie la chaire de philosophie au collège de Fontenay-le-Comte. Il est cependant contraint d'interrompre cette activité en raison de problèmes de santé (crachements de sang, vomissements)Le Poitevin, ..

En 1823, il devient le secrétaire particulier du nouvel ambassadeur de France à Rome, Adrien de Montmorency-Laval. Le 25 août 1825, grâce à une dispense du pape Léon XII, « l'abbé Joly » prononce un panégyrique de Saint Louis devant le souverain pontife à l'occasion de la fête patronale de l'église Saint-Louis-des-FrançaisLe Poitevin, .. À cette époque, Crétineau-Joly s'est essayé à la poésie. Ses Chants romains, publiés en 1826, bénéficient même d'une critique encourageante dans Le FigaroLe Figaro, 27 septembre 1826, .. Malgré ce relatif succès puis la publication de plusieurs autres recueils de poésies à la fin de la décennie, il s'illustrera surtout dans la prose.

De retour en Vendée en 1827, Crétineau-Joly est pris de doutes sur sa vocation. Malgré une retraite spirituelle effectuée en 1829 à la Trappe de Bellefontaine sur les conseils de l'évêque de Luçon, Mgr Soyer, le jeune homme décide de renoncer au sous-diaconat. On lui offre la chaire de rhétorique au collège de La Rochefoucauld (Charente), mais ses problèmes de santé l'empêchent à nouveau de conserver ce posteLe Poitevin, .. Il gagne ensuite sa vie comme professeur particulier. Avant de quitter la Charente, il se marie, le 11 août 1830 avec Clémence Labrousse (1808-1879), fille d'un marchand de ConfolensArchives départementales de la Charente, état civil de Confolens, registres des naissances, mariages et décès de 1830, acte (vue 455 sur 462).. Il retourne ensuite dans sa ville natale, où naît son premier fils, Ludovic, le 18 juillet 1831Archives départementales de la Vendée, état civil de Fontenay-le-Comte, registre des naissances, mariages et décès de 1831, acte (vue 65 sur 347)..

Journaliste légitimiste

En 1831, Crétineau-Joly refuse la place de principal au collège de Niort, préférant débuter, dans cette même ville, sa carrière de journaliste militant, en rédigeant Le Vendéen (initialement intitulé Le Véridique), une feuille légitimiste farouchement opposée à la Monarchie de Juillet. Il est bientôt remarqué pour sa pugnacité par le comte de Sesmaisons, qui lui confie la direction de L'Hermine de Nantes. Crétineau-Joly assume ainsi les fonctions de rédacteur en chef de ce journal légitimiste de 1834 à 1837.

Il quitte ensuite Nantes pour la capitale, où il collabore à plusieurs journaux, dont la Revue du XIX siècle, La Quotidienne, et la Gazette de FranceMaynard, .. C'est à Paris, le 20 février 1838, que naît son second fils, Henri, dit « Didi », qui a pour parrain le marquis de La Rochejaquelein et qui deviendra prêtreMaynard, , 155 et 196.. L'année suivante, Crétineau-Joly devient le nouveau rédacteur en chef de L'Europe monarchique, où écrivent Arthur de La Guéronnière, Louis RevelièreLe Poitevin, . et Victor Fialin. Mais ce journal est à bout de souffle : deux mois plus tard, Crétineau et Revelière quittent L'Europe monarchique, qui est absorbée par la Gazette de FranceL'Hermine, 15 août 1839, .. En 1841, à la demande du comte de Pont-de-GaultMaynard, ., Crétineau-Joly dirige brièvement la Gazette du DauphinéLe Poitevin, ..

En 1855, Crétineau-Joly deviendra le rédacteur en chef d'un nouveau journal officieux russe, Le Nord, mais il sera finalement remplacé par Victor CappellemansLe Constitutionnel, 16 avril 1855, .La Presse, 5 août 1856, ..

Historien de la Vendée militaire et des jésuites

Outre ses activités journalistiques, Crétineau-Joly rédige des ouvrages d'histoire. Ainsi, dès 1838, il publie une Histoire des généraux et chefs vendéensLe Poitevin, ., suivie, deux ans plus tard, par les deux premiers volumes d'une Histoire de la Vendée militaire. L'impression est financée par une ancien ministre de Charles X, le baron DudonLe Poitevin, ., que Crétineau a rencontré à Nantes quand il rédigeait L'HermineRégnault, ..

En 1843, à l'occasion d'un voyage avec Dudon, Crétineau-Joly retrouve à Rome l'un de ses condisciples de Saint-Sulpice, le père jésuite Philippe de Villefort (1799-1866), qui le met en relation avec le supérieur général de la compagnie, le père Roothaan. Ce dernier demande à l'auteur vendéen de rédiger l'histoire de sa congrégation. Ce projet, également soutenu par le pape Grégoire XVI, se concrétise en 1844, avec la publication du premier des six volumes d'une monumentale Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus, qui sera traduite dans de nombreuses languesLe Poitevin, .. Par la suite, Roothaan se désolidarise de Crétineau-Joly quand celui-ci écrit des ouvrages plus polémiques sur les relations entre la compagnie et Rome sous le pontificat de Clément XIVLe Poitevin, ..

vignette|Caricature de Crétineau-Joly publiée dans La Silhouette du 5 décembre 1847.

L'auteur conserve en revanche de bonnes relations avec le pape Pie IX, qui le félicite pour L’Église romaine en face de la Révolution (1858), un ouvrage ambitieux entrepris à la demande du pape précédent. Crétineau-Joly y développe des positions contre-révolutionnaires et ultramontaines ainsi qu'une théorie du complot fondée sur un document (La Formation permanente de la Alta Vendita) attribué aux carbonari et censé expliciter leur projet d'infiltration et de corruption de l'Église catholique. Déjà neuf ans auparavant, dans son Histoire du Sonderbund (1850) rédigée avec le jésuite fribourgeois Pierre Hartmann, Crétineau-Joly attribuait la défaite des cantons suisses catholiques à un complot des sociétés secrètes.

Retiré à Vincennes, affaibli par deux attaques et accablé par les désastres de l'année terrible 1870-1871Maynard, ., Crétineau-Joly n'écrit plus au début des années 1870. Devenu presque aveugleLe Poitevin, ., il meurt au tout début de l'année 1875, à son domicile du de la Villa MontmoryArchives départementales du Val-de-Marne, état civil de Vincennes, registre des décès de 1875, acte (vue 605 sur 708).. Il est inhumé au Cimetière ancien de VincennesSection 1, Ouest, emplacement 286 (cimetiere.gescime.com, consulté le 27 septembre 2026)., sous une croix ornée du christogramme, d'une fleur de lys et de son portrait peint sur émail par son fils LudovicMaynard, -503.. Cette croix a plus tard été remplacée par une chapelle funéraire, détruite par une torpille aérienne lors du raid allemand de la nuit du 8 au 9 mars 1918, reconstruite en 1923 et restaurée en 2024« Chapelle Jacques Crétineau Joly à Vincennes » sur le site de la Fondation Maison de Bourbon (consulté le 19 septembre 2026)..

Regards d'historiens sur l'Histoire de la Vendée militaire

vignette|Caricature de Crétineau-Joly par Nadar et Riou dans le Journal amusant du 11 février 1860.

Pour l'historien Alain Gérard, Jacques Crétineau-Joly est un et .. De même pour l'historien Philippe Candé, Crétineau-Joly ..

Pour Jacques Hussenet, Jacques Crétineau-Joly donne . Dans son ouvrage, Crétineau-Joly . Hussenet conclut que ..

Publications

Notes et références

Bibliographie

. .

Le Poitevin (), « Crétineau-Joly (1803-1875) », Les Contemporains, 11 février 1894, 16 p. , Jacques Crétineau-Joly. Sa vie politique, religieuse et littéraire, d'après ses mémoires, sa correspondance et autres documents inédits, Paris, Firmin-Didot, 1875, 541 p. (consultable sur Gallica). , Crétineau-Joly et ses livres, Paris, Lecoffre fils, 1875, 72 p. (consultable sur Gallica). .

Liens externes

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