Le village de Grand-Pré, en Nouvelle-Écosse, a une histoire vieille de plus de 400 ans.

Origines

La région de Grand-Pré a été colonisée par les Micmacs. On a retrouvé des traces de villages ou de campements au bord de la rivière Gaspereau et à l'île Longue. Il y aurait déjà eu un cimetière à la pointe Starrs..

Lorsque le Français Pierre Dugua de Mons explora le bassin des Mines en 1604, il trouva du cuivre, au cap D'Or, d'où le nom donné à la région. Il ne continua pas vers le sud, où se trouve Grand-Pré, découragé par l'apparence austère de la rive nord du bassin et du cap Blomidon

Lorsque Jean de Poutrincourt et Samuel de Champlain visitèrent le bassin des Mines en 1606, ils y trouvèrent une très vieille croix en bois pourri, signifiant que le site aurait été connu des chrétiens avant même la fondation de l'Acadie, deux ans plus tôt. La baie de Fundy a probablement été visitée par les Vikings, au . Des pêcheurs scandinaves, basques, bretons, normands et probablement espagnols et anglais fréquentèrent régulièrement la région à partir du , attirés par les baleines et la morueBona Arsenault, Histoire des Acadiens, Fides, , ..

Durant le , des missionnaires rendirent parfois visite aux Micmacs, et des coureurs des bois venaient pour faire du troc avec eux.

Le fondateur des Mines est un riche habitant de Port-Royal, Pierre Terriot. Il s'établit à la rivière Habitant vers 1675, accompagné de Claude Landry, Antoine Landry et René Le Blanc. Pierre Terriot aidait les colons les plus pauvres à s'établir et à survivre..

Au début des années 1680, peut-être plus tôt Dictionnaire biographique du Canada en ligne - Pierre Terriot, le tailleur Pierre Melanson dit Laverdure, son épouse Marguerite Mius d’Entremont et leurs enfants quittent Port-Royal pour fonder Grand-Pré. Pierre, était le fils aîné de Pierre dit Laverdure et de Prescilla, arrivés d'Angleterre avec Thomas Temple. Pierre, huguenot, avait trouvé refuge en Angleterre, après avoir fui La Rochelle. Pierre Melanson, fils âîné de Pierre dit laverdure, alors capitaine de la Milice à Port Royal, s'était marié avec Marguerite Mius d'entremont, la fille de Philippe Mius d'Entremont, baron de Pobomcoup. Bientôt, d'autres familles les suivirent et une communauté active et prospère se développa le long des rivières et des rives du bassin des Mines. Au début du , les Mines était le plus grand centre de population en Acadie, comptant 2450 habitants en 1750, dont 1350 habitants uniquement à Grand-Pré, ce qui en faisait la ville la plus importante.

Développement

À l'origine, Grand-Pré était isolée et sans protection, sauf quand le gouverneur La Vallière réclama les Mines. Celui-ci avait tendance à empêcher les nouveaux établissements. Ses successeurs ne se préoccupèrent pas vraiment du village.

Les fermiers de Grand-Pré transformèrent le marais situé entre la terre ferme et l'île Charles en terres fertiles par l'usage d'aboiteaux. Ils exportèrent des denrées vers Port-Royal, d'autres colonies françaises et la Nouvelle-Angleterre.

La région des Mines comprenait deux paroisses catholiques. Celle de Saint-Joseph comprenait les villages de Rivière-aux-Canards et d'Habitant tandis que celle de Saint-Charles correspondait au village de Grand-Pré.

L'Acadie étant parfois la cible de pirates et de corsaires, le gouverneur Villebon fit construire une forteresse à Port-Royal, pour défendre toute la colonie. Celle-ci existe toujours, sous le nom de fort Anne.

Les citoyens de Grand-Pré affichèrent un fort esprit d'indépendance, en raison, en partie, de la distance avec Port-Royal, le siège du pouvoir Parcs Canada - Les conflits et les guerres. Ayant eu vent que les habitants des Mines pensaient rejoindre les Anglais, le gouverneur y envoya un détachement de sa garnison. Les habitants envoyèrent alors quelques personnes pour assister la construction de la forteresse. Le gouverneur de Montbeton de Brouillan visita les Mines en 1701. Il décida d'y envoyer Bonaventure afin de mieux contrôler les habitants. Ceux-ci s'engagèrent à construire une route de () jusqu'à Port-Royal.

Durant toute cette période, Pierre Melanson était le représentant du gouverneur à Grand-Pré. Il était un genre de maître des postes et commandait une milice.

Vers la fin du mois de mai 1704, le gouverneur Dudley du Massachusetts envoya une expédition pour ravager l'Acadie. Sous le commandement du colonel Benjamin Church, environ 550 hommes, incluant quelques Amérindiens, quittèrent Boston sur deux cannonières, 14 transports, 36 baleiniers et 1 barge. Ils longèrent la côte, détruisant tout sur leur passage et faisant plusieurs prisonniers. Church se dirigea ensuite sur son bateau vers les Mines, laissant les autres dévaster Port-Royal. Aux Mines, Church fit démolir les aboiteaux, ce qui inonda le marais et détruisit la récolte. Ayant rencontré une certaine résistance, il fit incendier trois des plus importants hameaux, piller leurs habitants et tuer leur bétail.

En 1705, Bonaventure, maintenant gouverneur, envoya 4 soldats aux mines pour rapporter la barque du Roi, La Gaillarde, chargée de blé. Il fit don à l'église de plusieurs objets de culte, probablement pour remplacer ceux volés par Church.

Port-Royal tomba aux mains des Britanniques, sous le commandement de Nicholson, après une bataille de 9 jours, le . Les termes de la capitulation comprenaient un territoire compris dans un rayon de trois milles du fort. Les Acadiens s'y toruvant se virent donner un délai de 2 ans pour quitter les lieux. Les habitants des Mines envoyèrent ensuite des délégués à Port-Royal pour y rencontrer le nouveau gouverneur, le colonel Vetch.

Bataille de Grand-Pré

Le gouverneur de la Nouvelle-Écosse, Paul Mascarene, appela Shirley, le gouverneur du Massachusetts, à l'aide. Ce dernier envoya 500 volontaires sous le commandement du colonel Arthur Noble. Arrivés à Annapolis Royal à l'automne 1747, le premier détachement se rendit aux Mines par la mer mais durent rebrousser chemin en raison du très mauvais temps. En novembre, un groupe de 100 volontaires marcha vers Grand-Pré. Les autres se rendirent par bateau, emportant des munitions, des canons et un blockhaus. Le temps étant encore mauvais, ils durent finir le voyage sur la terre ferme. Il débarquèrent à French Cross le , traversèrent la montagne du Nord et arrivèrent à Grand-Pré le . Les bateaux étaient arrivés sains et saufs. Vingt-quatre maisons furent réquisitionnées pour loger toutes les troupes.

Ayant eu vent de la présence britannique à Grand-Pré, Jean Baptiste Nicolas Roch de Ramezay décida d'attaquer. Ne pouvant diriger ses troupes en raison d'une blessure, il en donna le commandement à Nicolas-Antoine Coulon de Villiers, accompagné des officiers de La Corne, Saint-Pierre, La Naudière, Saint-Ours, Desligneris, Courtemanche, Repentigny, Boishébert, Gaspé, Colombière et Lusignan. En quatre jours les préparatifs furent terminés et le groupe de 240 Canadiens 20 AmérindiensRamezay reçut de mauvaises informations, il pensait que le nombre d'anglais s'élevait à 220. quitta le fort le . Ils furent stoppés à la rivière Shubénacadie, en raison des embâcles. Boishébert traversa la rivière avec dix soldats, tandis que le reste des troupes remonta le cours du fleuve pendant trois jours. Après s'être rejoints, ils poursuivirent le voyage et atteignirent Pigiguit le . Pour assurer leur sécurité, Coulon fit placer des gardes sur toutes les routes menant vers les Mines. Ils repartirent le vers midi et atteignirent la rivière Gaspereau, au sud du village, où ils se divisèrent en 10 groupes. Ils prirent possession de Melanson le soir même.

Après avoir reçu le rapport de ses espions, Coulon prépara le plan d'attaque. En raison de leur infériorité numérique, il sépara ses troupes en 10 groupes, pour pouvoir attaquer les principales positions britanniques. Ceux-ci était divisés en groupe de 24 soldats, logés chacun dans une maison situé le long du chemin principal de Grand-Pré. Vers deux heures du matin, les militaires français mirent des raquettes et prirent le chemin Grand-Pré.

Après avoir été blessé, Coulon sera remplacé par Louis de la Corne. Après quelques heures de combats, Benjamin Goldthwait rendit les armes et capitula le .

Projet de colonisation

En 1748, le gouvernement provincial décide de faire établir des colons britanniques dans la région de Grand-Pré, où se trouve actuellement Grand-Pré-Nord et Horton Landing. Charles Morris arpente le village et dessine une carte, mais le projet est abandonné.

Halifax et les forts Halifax fut fondée en 1749 et le gouvernement provincial d'Edward Cornwallis y déplaça son siège. Quelques jours plus tard, Jean Melanson, de Canard, et Claude Le Blanc, de Grand-Pré, se rendirent à la nouvelle capitale pour y présenter les respects de leur peuple. Cornwallis les informa qu'une proclamation avait été adoptée, et qu'ils ont reçu l'ordre de la rendre publique dans leur districts respectifs. Ils doivent également prêter serment sans conditions et envoyer des députés à Halifax dans un délai de 15 jours, avec leur résolution. Les représentants obéirent aux ordres et au moment venu, des députés représentant tous les districts acadiens rencontrèrent Cornwallis. Les représentants étaient déterminés dans leurs demandes mais Cornwallis les informa qu'aucune exemption ne serait possible et que tous les Acadiens devraient prêter serment avant le , sans quoi ils seraient dépossédés de leurs biens et droits dans la province. Les représentants retournèrent voir Cornwallis quelques semaines plus tard, avec une déclaration signée par un millier de leurs concitoyens. Celle-ci faisait référence au serment signé auparavant, aux services rendus au gouvernement et du danger que représentaient les Amérindiens. Ils demandèrent également de prendre l'ancien serment signé avec le gouverneur Philipps et si cela leur était refusé, qu'ils puissent quitter la province sans problème. L'attitude des Acadiens irrita Cornwallis.

La population était alors fébrile. L'abbé Le Loutre tentait de faire venir les Acadiens de la Nouvelle-Écosse dans ce qui restait de l'Acadie française. Il était tard dans la saison pour une évacuation générale, mais certains Acadiens rejoignirent tout de même le territoire français.

Pour éviter tout déplacement de la population, le gouvernement envoya alors aux Mines un détachement d'une centaine de soldats et de trois officiers sous le commandement du Capitaine Handfield. Arrivant trop tard durant la saison, ils fortifièrent trois maisons avec une palissade de pieux. Ce fort fut ensuite connu sous le nom de Vieux-Logis. Les habitants du village assistèrent les soldats et les approvisionnèrent. Ils aidèrent aussi les plus pauvres à se bâtir une maison à Halifax et finalement construisirent une route large de entre la capitale et les Mines, pour remplacer le sentier.

En octobre 1749, à l'instigation des Français, 300 Micmacs et Malécites assiégèrent le Vieux-Logis, pour permettre aux Acadiens de quitter le pays avec leurs biens et bétail. Voyant que les Acadiens persistaient à attendre l'avis de Cornwallis, les Amérindiens quittèrent les lieux avec Claude Le Blanc. Ils surprirent ensuite un détachement de 18 hommes, sous le commandement du Capitaine Hamilton. Les combats durèrent quelques jours mais personne ne fut tué. Ils les firent prisonniers mais les relâchèrent peu de temps après.

Le Fort Edward fut construit en 1750 à Pisiguit. Les Acadiens persistèrent à convaincre Cornwallis de les laisser partir avec leurs biens, sans succès.

Hopson au pouvoir