La place des Jacobins est l'une des plus importantes du Mans, préfecture du département français de la SartheL'Histoire de France par les documents, Étude des départements français de la Préhistoire à nos jours, La Sarthe : des origines à nos jours, Collection hexagone, sous la direction de André Lévy, Saint-Jean-d'Angély (9, rue Élysée-Loustalot, 17400), Bordessoules, 1983, 469 p. ..
Situation et accès Située en contrebas de la Cathédrale Saint-JulienAndré Mussat, La Cathédrale du Mans, [avec la collaboration de] Roger Barrié, Catherine Brisac, Michèle Ménard, Francis Muel, etc., 188 p., illustré en noir et en couleurs, Paris, Berger-Levrault, 1981. Contient deux pages de bibliographie. ., elle est limitée à l'est par l'Espace Culturel des Jacobins (y était implanté jusqu'en 2009 le théâtre municipal, aujourd'hui détruitMa ville.com, Le Mans et sa région, Article de Stéphane Vernay, « Feu vert pour la création du multiplexe Jacobins », ; id., « La destruction du théâtre a commencé », .) et au sud par une Cité judiciaire créée à la fin des années 1980. Du couvent des Jacobins, auquel elle doit son nom, il ne reste que les QuinconcesRobert Triger, Études historiques et topographiques sur la ville du Mans, quartiers des Jacobins, de l'ancien évêché, de Saint-Vincent, de Tessé, de l'Etoile et des Ursulines..., Le Mans, impr. C. Monnoyer, 1926, In-4° (25 cm) ; Didier Travier, Les Jacobins : urbanisme et sociabilité au Mans, Le Mans, Éditions de la Reinette, 2007, 143 p., .. Ce fut probablement le premier lieu habité de la ville, avant même le vieux MansHervé Guy, Le vieux Mans : la cité Plantagenêt, Marolles-les-Braults, G. Hervé, 2007, 1 vol. (128 p.), illustré en couleur. et le forum romain, actuelle place Saint-Michel.
Pendant tout le , les maires se sont attachés à aménager autour de la place suffisamment de voies de communications pour permettre des liaisons rapides aux points névralgiques de la villeErhard, Ville du Mans. Rue d'accès à la gare (Document cartographique) : projet de l'administration de la gare à la place des Jacobins par la place des Halles, avec rectification de la rue des Quatre roues, Paris, Erhard , 1860, Le Mans - Médiathèque Aragon cote CP 3 MAN 3-41Mathurin-Joseph-René Richard, Notice sur le tunnel entre le Pont-Yssoir et la place des Jacobins, au Mans, Le Mans, impr. de E. Monnoyer, 1877, 35 p. ..
Le site est desservi par une station de TramwayMaine Découvertes 55, « Le retour du Tramway au Mans », décembre 2007-janvier 2008..
Origine du nom Elle remémore le couvent des Jacobins qui y était installé et dont il ne reste que les Quinconces.
Historique À l'origine vignette|gauche|Le jardin des Quinconces du Mans où des fouilles ont été entreprises pour redécouvrir des traces de la cité gallo-romaine.
Initialement, c'était un vallon, appelé symboliquement « vallon d'Isaac » où, au Moyen Âge coulait un ruisseau, mince bras de la Sarthe toute proche dont on a, de nos jours, dévié le cours dans les égouts.
Dès l'époque gallo-romaineFouilles de mai 2010 interview de Jean-Yves Langlois, adjoint scientifique et technique à l'INRAP. comme ont pu le prouver les fouilles des années 1980 lors de la création de la cité judiciaire et du parking de l'Étoile, le site était habité. La première occupation gauloise aurait comporté des constructions en bois et en terre dont les restes ont été retrouvés au fond de l'ancien vallon. Puis, sous le règne de Claude, entre 41 et 54 de notre ère, on effectua des travaux de remblai et déblai pour l'aménagement de thermes publics, à l'emplacement actuel des sous-sols de l'École des beaux-arts. Ces découvertes témoignent de la romanisation de la ville par un effort d'aménagement de l'espace naturelOuest-France / Pays de la Loire / Le Mans, Article de Olivier Renault, « Découvertes romaines aux Jacobins : la première rencontre [avec Pierre Chevet, archéologue, responsable du chantier de fouilles des Jacobins pour l'Inrap », ; Pierre Chevet, Maine découvertes 67, dossier « Jacobins », « Fouilles archéologiques au Mans : la vie avant la ville », décembre 2010 ; maville.com Le Mans et sa région, Article d'Olivier Renault « À quoi ressemblaient les Jacobins des Romains ? », ; Pierre Chevet, Maine découvertes 70, nouveau dossier « Jacobins », « Les fouilles archéologiques au Mans : trouvailles imprévues », octobre 2011..
Construction d'un amphithéâtre gallo-romain gauche|vignette|Reconstitution archéologique du Mans
De l'époque gallo-romaine subsiste un important vestige sous le forme d'un amphithéâtre sur lequel nous possédons peu d'informations vraiment fiables. Son existence, si elle n'est pas spéculative, n'a d'abord été que le résultat d'une supposition ébauchée sous la Révolution avant sa disparition totale en 1833. On estime que le bâtiment faisait entre 100 et de diamètre, sans que nous sachions avec certitude si les gradins étaient disposés en cercle complet ou en demi-cercle. En outre, l'identification même de l'édifice pose problème. Le Courrier patriote du a prématurément parlé d'amphithéâtre, alors que l'édifice ressemblait davantage à une véritable arèneLe Courrier patriote du département de la Sarthe, Le Mans, mars 1791-février 1792, hebdomadaire, BM du Mans. Les articles du Courrier patriote sont commentés dans l'ouvrage de Christine Peyrard, Les Jacobins de l'Ouest : sociabilité révolutionnaire et formes de politisation dans le Maine et la Basse-Normandie : (1789-1799), Paris, Publications de la Sorbonne, 1996, 408 p. . De fait, les dénominations des rues alentour conservées depuis des décennies sont assez révélatrices : rue du Cirque, rue des Gladiateurs… La multiplication de plans et de croquis réalisés depuis la fin du ont fait perdre jusqu'à aujourd'hui le véritable plan du site. Cependant, l'étagement naturel se prêtait sans aucun doute à un tel type de construction.
Aménagements religieux du Moyen Âge vignette|La cathédrale Saint-Julien du Mans vue depuis le sud de la place des Jacobins.
Le testament rédigé en latin d'un certain abbé Bertrand, daté de 616, signale bien la présence d'arènes non loin d'un champ de vignes : « Viniolas secus arenasVeterum analectorum, Tomus III, « Complectens acta episcorum cenomannensium : kalendarium ecclesiae Carthaginensis : variasque epistolas : et dissertationes duas de epocha Dagoberti, Opera et studio domni Iohannis Mabillon Presbyteri ac Monachi Ord. S. Benedicti e Congregatione S. Mauri », Paris, Ludovic Billaine, M.DC.LXXXII. ». De fait, le site restera longtemps un vignoble, situé en contrebas sur une bute du vallon créée en même temps que les remparts au moment de la fortification. La conséquence de cette édification sera préjudiciable à l'expansion de la ville, intramuros difficilement expansible. Cependant, l'ensemble de l'actuelle place des Jacobins est occupé par la vigne irriguée par un ruisseau et par quelques cultures que permet un sol marécageux.
La Cathédrale Saint-Julien, célèbre pour son chœur gothique, construite à partir de 1090, est consacrée en avril 1254. Il a fallu pratiquer une brèche dans la muraille à l'occasion de son édification. On construit des couvents dès la fondation des ordres mendiants : le couvent des JacobinsCatalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France. Dépôts d'archives départementales, communales et hospitalières. Archives départementales. Sarthe. Notices sur le couvent des Jacobins du Mans, par plusieurs auteurs anonymes. — Six cahiers XVIIe -XVIIIe siècle en liasse. Fonds des Jacobins du Mans ; Félicité Legeay, Les Archives de la Sarthe. Le Couvent des Jacobins du Mans, Le Mans, Leguicheux, 1885 à l'est de la place en 1219 et le couvent des CordeliersPlan du couvent des Cordeliers de la ville du Mans, levé et dessiné le 15 avril 1750, [] Le Mans - Médiathèque Aragon cote MAINE GF* 1878. en 1231. Ils contiennent des jardins et des vignes réparties dans l'enceinte de leurs clôtures.
A l'extrémité nord-est des murailles, se dressait le château bâti par Guillaume le Conquérant à partir de 1063 afin de protéger l'entrée nord de la ville. Le château est construit à partir d'une grosse tour appelée Orbrindelle ou Grosse tour à l'est de la cathédrale. Le système de fortification du château et notamment l'achèvement de la porte défensive se situe aux alentours de 1425, au moment du siège de la ville. En 1475, la grosse tour ne possède pas moins de trois ponts levis pour la protéger. On prolonge les remparts au nord-ouest de la place actuelle, au début de la guerre de Cent Ans pour protéger les différents bâtiments épiscopaux proches de la Cathédrale. La tour du forgeur élevée entre 1354 et 1356 existe toujours. Sa pendante, la tour des Cordeliers, montée en 1417 a disparu. L'actuelle place des jacobins devient alors un rempart contre un éventuel assaillant. On détruit des maisons pour creuser des tranchées.
La place perdra progressivement son caractère défensif après la défaite de 1425Auguste Vallet de Viriville, Histoire de , vol. 2, Éditeur Vve J. Renouard, 1863.. L'église Saint-Ouen est détruite et la place laissée vacante entre les portes de la ville et les couvents sert pour les fêtes populaires et religieuses. Deux événements marquants en témoignent : la grande procession de 1491 et la béatification de Pie V en 1713. La place des jacobins devient donc le centre de la vie sociale mancelle. Le château sera détruit en sur ordre du comte d'Auvergne.
Les prémices Le moine franciscain Olivier Maillard fait combler le vallon qui subsistait entre le couvent des Jacobins et les murs d'enceinte. Il est probablement le premier à tirer parti de l'espace ainsi gagné qu'il utilise lors de sa prédication de juillet 1490. L'expérience s'avérant concluante, la foule sera de nouveau rassemblée pour la fête de la Nativité en 1539 et pour la représentation d'un drame religieux : Le Miracle de Théophile. Ce dernier événement a d'autant plus marqué les esprits que les cloches de la cathédrale, pour la première fois de leur existence, sont restées muettes pour ne pas déranger le spectacle. L'histoire ne fait état d'aucune autre représentation.
Le remblai est supprimé en 1589 par les Ligueurs, dans le but d'améliorer les défenses de la ville. Ils font creuser des fossés afin d'assurer la protection des nouvelles pièces d'artillerie. Étienne Martellange dresse un plan des lieux en 1624. À défaut de l'original, il est parvenu jusqu'à nous sous la forme d'une copie gravée exécutée au . En 1687, on aplanit la partie occidentale devant les couvents pour la transformer en marché mais malgré les travaux effectués en 1689, on préférera l'installer un peu plus en contrebas, sur l'actuelle place de l'Éperon.
1670-1733 aménage un mail planté de quatre rangs d'ormeaux, fait abaisser la muraille et pratiquer une porte cochère afin d'obtenir une sortie directe de son évêché sur ce qui est alors la « promenade des Jacobins ». Sur l'actuelle place du jet d'eau, se situait un jardin clos appartenant au Chapitre. Les premiers espaces verts apparaissent au parallèlement à l'aménagement de la place des jacobins et de celle de l'Éperon, formant un débouché direct de la muraille sud-ouest.
Une naissance républicaine vignette|gauche|Place du Jet d'eau au nord.