upright|vignette| :le cortègedu carnaval des femmes,fête des blanchisseuses,défile place Igor-Stravinsky. upright|vignette|, de la Mi-Carême depuis 70 ans à Paris, ressorti sous le nom de « Carnaval des Femmes ». Mot d'ordre : « Les hommes en femmes, s'ils osent, et les femmes en reines ». Le costume et le suivi du mot d'ordre ne sont pas une obligation pour participer« Les hommes en femmes » est un choix fait en hommage aux traditions du carnaval dunkerquois où le travestissement est roi.. upright|vignette|Le mercredi , veille de la Mi-Carême, la foule parisienne devant la gare de Lyon attend l'arrivée des reines italiennes. upright|vignette|Mi-Carême 1906 à Paris : la Reine de Madrid Concepción Ledesma au centre avec ses demoiselles d'Honneur Louise Mungira et Mathilde GomezL'Illustration, , 17 mars 1906, page 172. Cette photo existe également tirée en carte-postale. C'est dans les salons du journal lA.B.C., à Madrid, que s'est déroulée l'élection. La Reine, fille d'un ancien picador, a été choisie par le jury entre soixante jeunes filles de dix-huit à vingt ans.. upright|vignette|Les étudiants parisiens défilent en masse sur le boulevard Saint-Michel et forment le monôme pour le jeudi de la mi-Carême . vignette|upright|L'escalier de l'Opéra à la mi-Carême, vu par Gustave Doré en 1856-1857. vignette|upright|La Promenade des blanchisseuses, à Paris, le jour de la mi-Carême, illustration d'un ouvrage paru en 1852-1853Image extraite du livre d'Edmond Texier Tableau de Paris, tome 1, ouvrage illustré de quinze cents gravures d'après les dessins de Blanchard, Cham, Champin, etc., Paulin et Le Chevalier éditeurs, Paris 1852-1853, page 64.. vignette|upright=0.8|Un géant de carnaval dans le cortège de la Rose des Roses le jeudi de la mi-Carême 14 mars 1912Détail d'une photo prise par l'agence Rol.. La mi-Carême à Paris, également appelée fête des blanchisseuses, est depuis le la fête des femmes dans le cadre féminin du Carnaval de Paris.
Elle se fête également en banlieue parisienne et dans les autres régions de France.
La fête des blanchisseuses a également été appelée cortège des lavoirs ou fête des grenouilles, en référence à l'eau omniprésente au lavoir.
Résumé de l'histoire de la fête redresse|gauche|vignette|Billet d'entrée pour une dame pour un bal masqué et travesti donné par la troupe du Théâtre de la Renaissance pour la Mi-Carême salle Ventadour à Paris - . upright|vignette|Passage du Char de Paulette Cayet, Reine des Reines de Paris 1928, sur la place de l'Opéra le jeudi de la Mi-Carême 15 mars 1928. vignette|Les Reines de la Mi-Carême de Paris en partance pour l'Italie en mars 1905Dessin illustrant l'article Le départ des Reines de la Mi-Carême, En route pour l'Italie, Le Petit Journal, 7 mars 1905, page 1. Voir l'article reproduit sur la base Commons.. vignette|Les Chats mousquetaires à cheval d'Alfort à la Mi-Carême à Paris, le jeudi . Le Carnaval de Paris débute traditionnellement le jour de la Saint Martin — c'est toujours le cas en Belgique et en Allemagne aujourd'hui, où il commence le 11 11 11, c'est-à-dire le à 11 heures 11, — jusqu'aux jours gras, temps forts de la fête juste avant l'entrée en carême quarante jours avant Pâques.
Au , le premier jour gras est le jeudi gras. C'est de lui dont la première description connue du Bœuf Gras à Paris en 1739 et la lettre du maire de Paris Jean Sylvain Bailly au marquis de la Fayette chef de la Garde Nationale parisienne en 1790 font référence. Dans cette lettre où Bailly demande de faire respecter l'interdiction de la fête est écrit : « je ne peux m'empêcher de vous observer que c'est demain le jeudi gras. »
Les jours gras tendront par la suite à se restreindre à Paris aux seuls dimanche, lundi et Mardi gras. Au Carnaval de Dunkerque, ces jours correspondent aux trois joyeuses.
En France a ajouté à la période « normale » du Carnaval un supplément à mi-chemin entre Mardi gras et Pâques : la Mi-Carême. À Paris, cette fête dure jusqu'à six jours d'affilée au début du . La Mi-Carême parisienne a une histoire très riche et pleine d'enseignements. Ses premières traces écrites remontent au moins à 1659. Un texte de Jean LoretExtrait de : Jean Loret, La Muze historique, mars 1659, livre X, lettre XII. Texte en date du 22 mars 1659. Il traite d'une fête qui s'est déroulée le jeudi 20 mars 1659. décrit la course de faquinVoici en quoi consiste la "course de faquin" : « Les modernes ont donné le nom de course de faquin à un genre d'exercice pour lequel on se servait souvent d'un faquin ou porte-faix, armé de toutes pièces, contre lequel on courait. On y a substitué depuis une figure de bois mobile monté sur un pivot ; cette figure demeurait ferme, lorsqu'on la frappait au front, entre les yeux et sur le nez ; mais quand on la touchait dans d'autres endroits, elle tournait avec une si grande célérité, que si le cavalier n'était prompt à esquiver le coup, elle le frappait rudement avec un sabre de bois, ou avec un sac rempli de terre, à la grande risée des spectateurs. » Extrait de : « Dissertation sur les amusemens des Français », par Buc'Hoz, Imprimé à Strasbourg, en 1789. « Vil faquin ! » est une injure tombée en désuétude et encore utilisée il y a quelques décennies en littérature, pour faire un effet comique et « aristocratique ». organisée cette année-là pour la Mi-Carême place RoyaleAujourd'hui et depuis 1800, place des Vosges. par le marquis de Montbrun.
En 1670, page 256 de son Traitez singuliers et nouveaux contre le paganisme du Roy-boit, le docteur de Sorbonne Jean Deslyons parle des rois et reines de la Mi-Carême, dont il a vu l'usage parmi les écoliers, c'est-à-dire à l'époque les étudiantsJean Deslyons, Traitez singuliers et nouveaux contre le paganisme du roy-boit..., Paris, Vve C. Savreux, 1670, . Cité par Victor Fournel dans Les rues du vieux Paris : galerie populaire et pittoresque, Firmin-Didot éditeur, Paris 1879, ..
La Mi-Carême traditionnellement se fête également en banlieue de Paris et en province. Fête des blanchisseuses, c'est aussi la fête des débiteurs de charbon et des porteurs d'eauEn 1858, dans une étude consacrée à la famille d'un porteur d'eau parisien, publiée par la Société internationale d'économie sociale, est mentionnée « la fête patronale des porteurs d'eau, qui a lieu le jeudi de la mi-carême. » Timothée Trimm écrit dans son article-éditorial Les festoyeurs de la Mi-Carême, Le Petit Journal, 24 mars 1865, page 1, : « C'est donc aujourd'hui que les filles du lavoir, les débitants de charbon et les porteurs d'eau sont en liesse ; ». Comme le note La Presse, décrivant la Mi-Carême à Paris 1853La Presse, 4 mars 1853, page 2, . Voir l'article reproduit sur la base Commons.
Les voitures étaient très nombreuses. Beaucoup de carrioles pavoisées étaient remplies de charbonniers et de porteurs d'eau endimanchés. Dans d'autres voitures, les blanchisseuses étalaient leurs toilettes les plus brillantes.
La saison d'hiver est jadis close à Paris par le bal des blanchisseuses et porteurs d'eau de la Mi-Carême. Louis Jourdan écrit, en Louis Jourdan Le Causeur, mars 1859, volume 1, page 65. :
Le carnaval finit officiellement le mardi-gras, mais il n'expire en réalité que le jeudi de la mi-carême. Jusque-là Paris est piqué de la tarentule : on danse à tous les étages, dans tous les salons, c'est une fièvre non intermittente. Le bal des blanchisseuses et des porteurs d'eau clôt la saison d'hiver à Paris.
Fête des étudiants de Paris à partir de 1893, ayant connu des échanges avec les provinces françaises et l'étranger, la Mi-Carême parisienne est un événement de très grande envergure, comme le montrent les actualités cinématographiques de la British Pathé dévoilant le cortège de 1926Voir la Mi-Carême à Paris 1926 vue par la British Pathé.. Ou encore la photo des grands boulevards à la Mi-Carême 1927, ou de la place de l'Opéra à la Mi-Carême 1928, à une époque où, pourtant, la fête baisse en popularitéPhoto des grands boulevards le jeudi de la Mi-Carême 1927. Photo du passage du char de la Reine des Reines place de l'Opéra le jeudi de la Mi-Carême 1928.. Le , La Semaine à Paris relève que : « la Mi-Carême, que ne fêtaient guère jadis que les blanchisseuses, est devenue liesse généraleLa Sainte-Catherine, La Semaine à Paris, semaine du 23 au 30 novembre 1928, page 10, colonne. ».
La hauteur impressionnante des chars n'est pas qu'une question de prestige. En raison de la foule présente place de l'Opéra au passage du cortège de la Mi-Carême, cette hauteur a aussi un but pratique. Ainsi, tout le monde peut apercevoir la Reine des Reines, vedette de la fête, assise sur son trône perché tout en haut de son char et envoyant des baisers de tous côtés.
La Mi-Carême renaît à Paris depuis 2009 et existe aussi, par exemple à NantesDans la documentation sur la Mi-Carême à Nantes, on peut consulter, entre autres, un film d'actualités sur le Carnaval de Nantes en 1964., dans certains villages ou grands bourgs de France métropolitaine (tels Cholet, Coex,...), aux Antilles, notamment en GuadeloupeVaval renaît de ses cendres pour la Mi-Carême., à Fatima, aux îles de la MadeleineÀ propos de la Mi-Carême en Acadie, on peut consulter l'article de Georges Arsenault Mi-Carême en Acadie, sur le site Internet de lEncyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française., etc.
La Mi-Carême paraît être une particularité française, alors qu'au Brésil, on appelle ça une fête carnavalesque, qui se passe en dehors de la période du Carnaval Micareta, mot qui viendrait ou serait dériver de la langue française.
La Mi-Carême est une fête mobile située juste vingt-et-un jours après Mardi gras. Ce sont deux moments du Carnaval bien que certains auteurs aient quelquefois appelé Mardi gras « le carnaval » et voulu le détacher du second « la mi-carême ».
Avec les jours gras, la fête des blanchisseuses est un des deux grands moments du Carnaval de Paris. Aux jours gras défile le Bœuf Gras. À la Mi-Carême défilent les Reines.
Généralités upright|vignette|Voiture de blanchisseuse photographiée en 1896 au pont de Sèvres à ParisDétail d'une photo, qu'il est possible de voir en entier.. Les écosseuses des Halles La corporation des écosseuses était composée de femmes dont le travail consistait à écosserLa première mention écrite connue du mot « écosseuse », sous la forme masculine « écosseur », date seulement de 1560. (cf. Albert Dauzat, Jean Dubois, Henri Mitterand Nouveau Dictionnaire étymologique et historique, Librairie Larousse, Paris 1964, article « cosse (de légume) », page 202). En 1760, pour se moquer de la comédie de Voltaire, « L'Ecossoise » (L'Écossaise), Poinsinet le jeune fait jouer une parodie : « L'Écosseuse ». Toussaint-Gaspard Taconet, de son côté, rédige une autre parodie : « La Petite Écosseuse ». Les écosseuses apparaissent dans divers écrits. Par exemple, « Les écosseuses » est le titre d'une des « Œuvres badines et galantes » du Comte de Caylus (1692-1765)..
Écosseuses, marchandes d'orangesCelles-ci apparaissent au côté des écosseuses. Jadis les oranges étaient un produit de luxe. Rares et chères elles étaient vendues à l'unité. On trouve au nombre des œuvres de Jean-Joseph Vadé, écrivain qui fréquentait le peuple des halles et qui créa le « genre (littéraire) poissard » : « Etrennes à Messieurs les riboteurs, supplément aux écosseuses ou Margot la mal-peigné, reine de la halle et marchande d'oranges. », « Le boute-en-train des Écosseuses et des Marchandes d'oranges, scènes poissardes et bouffonnes » (ouvrage posthume)., harengères ou blanchisseuses, les femmes sont depuis toujours l'élément le plus joyeux, actif et dynamique du Carnaval de Paris.