Le prince Charles-Constantin de Hesse-Rheinfels-Rotenbourg, également connu sous le nom de Charles de Hesse, né le à Francfort, mort le au même endroit, est prince de la Maison de Hesse-Cassel et un général de division français.

Biographie Sixième d'une famille de onze enfants et quatrième fils de Constantin, landgrave de Hesse-Rheinfels-Rotenbourg, et de Sophie de Starhemberg (1722-1773), frère de Charles-Emmanuel de Hesse-Rheinfels-Rotenbourg, il est un neveu du roi Charles-Emmanuel III de Sardaigne et du prince de Condé et un proche parent de la famille royale française.

Il entre au service de la France vers 1765, recevant une commission de capitaine commandant au régiment de cavalerie de Royal-Allemand le , et devient successivement capitaine du régiment de Royal-Allemand le , lieutenant-colonel le , mestre de camp - l'équivalent de colonel - en second le , mestre de camp commandant le , mestre de camp commandant au régiment des hussards d'Esterhazy le , brigadier de cavalerie le et maréchal de camp le .

À cette époque, étant à Marseille, il fréquente l'abbé Raynal qui, devant l'exposé de ses principes, se serait exclamé : Biographie universelle ancienne et moderne, Paris, Louis Gabriel Michaud, 1857, tome 19, . Le , il est fait chevalier du Mérite militaire. Avec son traitement et ses pensions sur la cassette du roi, il jouit alors d'un revenu de .

Franc-maçon, il est membre de la loge qui réunit des membres de hautes fonctions de la monarchie française Article : Barruel. et qui compte entre autres le Vicomte de Tavannes, Antoine Court de Gébelin, Charles-Pierre-Paul Savalette de Langes, le président d’Héricourt, et Claude Baudard de Saint-James..

Partisan de la Révolution française, il se fait affilier au club des Jacobins en 1790. Il est affecté à la militaire du à , puis à la militaire jusqu'au , avant d'en prendre le commandement. Commandant de la place de Perpignan en 1792, il se réunit aux administrateurs de la ville pour accuser Narbonne, le ministre de la Guerre, de laisser sans défense la frontière espagnole. Le , il perd son commandement et est affecté à l'armée du Rhin.

Nommé lieutenant-général le , il quitte l'armée du Rhin en août et prend le commandement de la place de Lyon. Après le 10 août, quelques officiers du régiment de cavalerie de Royal-Pologne trament un complot d'émigration ; mis aux arrêts au fort de Pierre Scize, ils sont massacrés le . Le , il remplace Wimpffen dans le commandement de la militaire de Besançon) où il met en état de défense les places fortes du doubs et du jura. Le , les commissaires des huit sections de Besançon, craignant de le perdre, présentent devant la Convention les services qu'il a rendus à leur villePhilippe Buchez, Charles-Prosper Roux, Histoire parlementaire de la Révolution française, Paris, Paulin, 1835, tome 22, . Le , il est remplacé par le général Sparre et rejoint l'armée des côtes de La Rochelle. Le suivant il prend le commandement du département du Loiret puis le de la place d'Orléans. Là il organise vingt bataillons de neuf compagnies, composés d'éléments détachés des bataillons de volontaires de l'armée du Nord pour servir en VendéeFrançois Joseph Grille, La Vendée en 1793, Paris, Chamerot, 1851, tome 1, . Le le général Rossignol écrit au ministre de la Guerre Bouchotte une lettre dans laquelle il explique : À quoi le ministre répond par cette note :

Atteint par le décret qui interdit le service militaires aux nobles, il est suspendu de ses fonctions le et se rend auprès des Jacobins réclamer du pain, mais se voit refuser l'entrée de la société à cause de son titre de prince. Peu après, il est emprisonné au Luxembourg par mesure de sûreté, puis transféré à Saint-Lazare le Pierre-Paul Chépy, Un agent politique a l'armée des Alpes : correspondance de Pierre Chépy avec le ministre des affaires étrangères (mai 1793-janvier 1794), édité par Roland Delachenal, Grenoble, F. Allier, 1894, LXXVIII-411 pages, ; Théodore Iung, L' armée et la révolution : Dubois-Crancé (Edmond-Louis-Alexis), mousquetaire, constituant, conventionnel, général de division, ministre de la Guerre, 1747-1814, Paris, G. Charpentier, 1884, tome 1, 495 pages, ..

Relâché le , il est chargé de la surveillance des dépôts de cavalerie dans la militaire, avant d'être réformé le suivant. Admis à la retraite le , il se consacre au journalisme dans la presse démocrate, collaborant notamment à L'Ami des lois de Poultier et Sibuet en 1795 puis au Journal des Hommes libres d'Antonelle. Compromis dans la conspiration des Égaux, il est membre du club du Manège en 1799.

Hostile au coup d'État du 18 brumaire, il est incarcéré à la Conciergerie dont il sort le dernierAlexandre Tilly, Mémoires du comte Alexandre de Tilly pour servir a ̀l'histoire des mœurs de la fin du , Paris, chez les marchands de nouveauté, 1828, tome 1, , puis est placé en surveillance à Saint-Denis. Après l'attentat de la rue Saint-Nicaise du 3 nivôse an IX (), il est compris dans la liste des 130 Jacobins proscrits et déporté sur l'île de Ré. Le 14 germinal an XI (), Bonaparte ordonne de l'« extraire » de l'île de Ré et de le conduire sous bonne et sûre garde jusqu'à la frontière d'Allemagne. Le 3 floréal an XI (), il part de La RochelleAlphonse Aulard, Paris sous le consulat, vol. 4 : Du 28 germinal an XI au 27 floréal an XII (18 avril 1803-17 mai 1804), L. Cerf, 190, ..

Retiré en Suisse, il vit d'une pension que lui verse l'électeur de Hesse, son parent, et se consacre à l'histoire naturelle. Habitant Bâle jusqu'en 1811, il prédit le renversement de Bonaparte par les Bourbons puis, en , le retour de l'île d'Elbe et la brièveté du règne de Napoléon et, fin 1815, au début de la Seconde Restauration, que les Bourbons vont être chassés du trône une troisième fois, si le gouvernement n'adopte pas une autre marche. À cette époque, le gouvernement français obtient son expulsion. Il se retire alors à Francfort où il sollicite vainement l'autorisation de rentrer en France et le paiement de sa pension. Il meurt en 1821, à l'âge de 69 ans.

Œuvre Le Partisan, 1788-1810 et 1816

Sources H. Lesueur, « Hesse-Rhinfels-Rothenbourg (Le prince Charles-Constantin de) », in Ferdinand Hoefer (dir.), Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Paris, Firmin Didot frères, 1853, tome 24,

Notes et références

Bibliographie Arthur Maxime Chuquet, Un prince jacobin, Charles de Hesse, ou Le général Marat, A. Fontemoing, 1906, 423 pages Saint-René Taillandier, « Un prince allemand du d'après des mémoires inédits : Charles de Hesse et les illuminés », la Revue des Deux Mondes, t. 61, livraison du , . .

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