Newmont Mining Corporation est une entreprise américaine faisant partie d'un conglomérat basé à Denver dans le Colorado.
Elle est l'une des cinq plus grandes compagnies du monde pour la production d'or : en fusionnant en 2019 avec Goldcorp, la société occupe depuis la place de numéro un mondial dans l'extraction minière de l'or. Le groupe estime avoir d'importants progrès en termes de soutenabilité minière (via des engagements structurés sur l'environnement, la santé et la sécurité, et la gouvernance), mais la persistance de controverses locales sur la pollution et les conditions de travail, ainsi que la contribution générale de l'industrie minière à la dégradation des écosystèmes et du climat font que l'écart entre les standards affichés et leur mise en œuvre effective sur le terrain est encore questionné. En raison de la localisation géographique de ses mines d'or, le groupe a des activités qui interfèrent négativement avec des habitats abritant de nombreuses espèces protégées et/ou menacées, répertoriées comme telles par l'UICN ; produisant de 234,4 à 316,6 millions de t/an de stériles minières, le groupe s'engage à prendre des mesures pour réduire ses impacts (drainage minier acide notamment) et réhabiliter les sites après exploitation.
Histoire Le colonel et ingénieur américain William Boyce Thompson fonde The Newmont Company à New York en 1916, sous la forme d'une holding destinée à investir dans le pétrole, l'or, et les compagnies minières. Le nom « Newmont » viendrait de New York et Montana, ce dernier État étant le berceau de la fortune de Thompson, déjà très importante. En 1917, il investit 25 % de sa fortune dans l'Anglo American. En 1921, la société devient The Newmont Coporation et entre en bourse. En 1929, Newmont Corp. rachète l'Empire Star Mine, une mine d'or mythique, ouverte en 1850 en Californie. En 1939, Newmont possède déjà 12 mines d'or sur le sol américain.
Les investissements pétrolifères débutent en 1925, avec l'acquisition d'intérêts au Texas, puis en Louisiane, dans le golfe du Mexique, etc. William Boyce Thompson meurt en 1930, et Newmont parvient à sortir indemne de la crise amorcée en octobre 1929.
Après guerre, les acquisitions se font à l'étranger : la mine de Tsumeb en Namibie, la mine de cuivre d'O'Okiep à Namaqualand en Afrique du Sud.
La présidence de la compagnie passe à Fred Searls en 1947, qui fut longtemps le géologue le plus doué au service de Newmont. Searls prend sa retraite en 1954, et Plato Malozemoff est nommé président.
En 1965, est ouvert le site de Carlin (Nevada) : ce site aurifère, appelée Carlin Unconformity, reste le plus important jamais découvert aux États-Unis au siècle. Dès 1971, Newmont pratique sur ce site la lixiviation en tas.
Dans les années 1980, Newmont acquiert Consolidated Gold Fields (ConsGold), T. Boone Pickens, Minorco, et Hanson Industries. Des opérations de diversification ont lieu, du fait d'un taux d'endettement sensible. Le siège déménage de New York à Denver en 1988. L'année suivante, James Goldsmith devient l'actionnaire principal, et demeure au conseil d'administration jusqu'en 1993.
En 1998, Newmont Mining Corporation et Newmont Gold Company, les deux principales branches du groupe, fusionnent pour donner naissance à un des plus gros producteurs d'or au monde, position renforcée en 2002 avec l'acquisition de — qu'elle revendra en 2007.
En , Newmont annonce l'acquisition de Goldcorp pour 10 milliards de dollars, créant une nouvelle entité prenant le nom de Newmont Goldcorp, et qui devient le premier producteur mondial d'or devant Barrick Gold, ce dernier ayant lancé en une acquisition d'envergure.
L'entreprise est en procès au Pérou pour avoir tenté d'intimider des paysans indigènes afin de s'approprier leurs terres.
En , Newmont annonce lancer une offre d'acquisition sur Newcrest Mining, qui été une ancienne de ses filiales jusque dans les années 1990, avec une offre de 16,9 milliards de dollars, fusion confirmée en novembre.
Exploitation Newmont Mining possède des mines dans le Nevada (États-Unis), en Indonésie, en Australie, au Ghana et au Pérou. Battle Mountain Gold et Normandy Mining sont ses principaux holdings. Franco-Nevada Corp. est redevenue indépendante en 2007, et est dirigée par Pierre Lassonde. À la fin de 2006, Newmont Mining produisait environ 5,9 millions d'onces d'or par an et détenait 94 millions d'onces d'or de réserve. Elle emploie quelque salariés à travers le monde. Elle exploite également des mines de cuivre et d'argent.
Attirée par les avantages que représente l'exploitation dans les pays en développement - coûts réduits, rendements supérieurs, réglementations moins contraignantes -, Newmont Mining a créé des milliers d'emplois dans des régions déshéritées. Ainsi à Sumbawa par exemple, dans l'enceinte de Batu Hijau, Newmont Mining a fait surgir de la jungle une banlieue à l'américaine. Environ des employés de la mine y résident.
Les principaux sites miniers aurifères contrôlés par Newmont : Mine de Yanacocha (Pérou) : 80,9 tonnes d'or par an (exploitée par Newmont Mining). Driefontein (Afrique du Sud): 35,7 tonnes d'or par an (exploitée par Goldfields). Kloof (Afrique du Sud) : 28,4 tonnes d'or par an (exploitée par Goldfields). Beatrix (Afrique du Sud) : 18 tonnes d'or par an (exploitée par Goldfields).
Consommation de matériaux La chaux, le cyanure et les acides dominent les intrants chimiques, tandis que le ciment, les pneus et les boulets de broyage (de 20 à 150 mm de diamètre, en acier forgé, acier coulé ou fonte à haute teneur en chrome) représentent les principaux intrants matériels, avec des variations selon la géologie et l'isolement des sites.
En 2024, Newmont a consommé au total environ 103 000 tonnes de boulets de broyage ; 39 900 000 litres de cyanure de sodium ; 374 000 tonnes de chaux ; 100 500 tonnes de ciment ; 12 400 tonnes de pneus ; 11 900 000 litres de lubrifiants, et divers acides industriels (6 400 tonnes d'HCl, 20,2 millions de litres d'H₂SO₄ et 50 000 litres de HNO₃).
Les sites de Newmont Mining les plus consommateurs de ces ressources étaient (en 2024) : Yanacocha (Pérou) : plus de 76 000 t de chaux et 197 000 L d'H₂SO₄. Lihir (Papouasie-Nouvelle-Guinée) : plus de 116 000 t de chaux et 6 860 kL de cyanure. Boddington et Cadia (Australie) : ensemble plus de 37 000 t de boulets de broyage et près de 19 millions de litres d'H₂SO₄. Peñasquito (Mexique) : plus de 22 000 t de boulets de broyage. Canada (notamment Éléonore et Porcupine) : forte consommation de ciment (49 000 t) et de pneus (1 760 t).
Tendances : en 4 ans (2020-2024) la consommation de boulets de broyage a fortement augmenté, passant de 58,2 milliers de tonnes en 2023 à 103,4 milliers de tonnes en 2024, soit un quasi-doublement. La consommation de chaux suit la tendance proche, atteignant 374,3 milliers de tonnes en 2024 contre 226,5 milliers de tonnes l'année précédente, après plusieurs années de baisse continue. Le ciment a aussi beaucoup progressé, de 52,8 milliers de tonnes en 2020 à 100,5 milliers de tonnes en 2024. Les pneus et les lubrifiants affichent aussi une hausse notable en 2024 (respectivement 12,4 milliers de tonnes et 11,8 milliers de kL), après un creux en 2023. La consommation de cyanure au contraire a plutôt reculé par rapport à 2020, avec un léger rebond en 2024 (39,9 milliers de tonnes contre 33,9 en 2023). Le voume d'acide sulfurique diminue (24,5 milliers de kL en 2020 contre 20,2 en 2024), tandis que l'acide nitrique reste marginal mais en légère hausse (0,05 milliers de kL en 2024).
Pollutions, déchets miniers et atteintes au climat Newmont Corporation affiche depuis plusieurs années dans sa communication institutionnelle une stratégie de durabilité structurée autour de la gestion environnementale, de la santé et sécurité des mineurs et de la prévention des risques industriels. Ses rapports de soutenabilité décrivent ses engagements, mais l'entreprise a été attaquée pour faits de pollution et reste confrontée à des controverses locales sur la pollution et la transparence.
le groupe reconnait avoir un important impact sur la biodiversité des sites exploités, en zone tropico-équatoriale notamment : Selon ses données 2024, les mines de l'entreprise sont situées sur des habitats naturels de 9 186 espèces recensées par l'UICN, dont 26 espèces en danger critique d'extinction, 79 en danger, 303 vulnérables et 322 quasi menacées, le reste (8 456) étant classé « préoccupation mineure ». Les sites les plus sensibles se situent en Papouasie-Nouvelle-Guinée (mine de Lihir, avec 4 espèces en danger critique, 21 en danger et 164 vulnérables), au Ghana (13 espèces en danger critique, 14 en danger et 25 vulnérables, réparties entre Ahafo South et Akyem) et en Australie (6 espèces en danger critique, 17 en danger et 44 vulnérables, notamment à Boddington et Cadia). D'autres sites présentent des niveaux moindres mais significatifs de biodiversité menacée, comme Peñasquito au Mexique, Yanacocha au Pérou ou Merian au Suriname. Ces effets sont atténués par des mesures compensatoires ou conservatoires : Plusieurs zones clés pour la biodiversité (Key Biodiversity Areas, KBA) sont concernés par des mines de Newmont, dont au Ghana et en Australie. À Ahafo (Ghana) un suivi de la biodiversité est prévu à partir de 2025 par le Forest Research Institute of Ghana. À Akyem (Ghana), environ 85 hectares de la réserve forestière protégée d'Ajenjua Bepo (2 500 ha) sont concernés (avec reboisements et d'enrichissement compensatoires sur 50 hectares, complétés d'un projet de zone de compensation de 257 hectares et un programmes de reforestation, avec les autorités ghanéennes (Forestry Commission, EPA, Minerals Commission), des ONG et des consultants, ainsi que l'UICN et les autorités locales. En Australie, le site de Boddington affecte environ 4 488 hectares au sein de l'Endemic Bird Area du sud-ouest australien, reconnue pour sa haute valeur écologique. Newmont y a créé en compensation une zone de conservation de 192 hectares (Hotham Farm), entrepris des travaux de restauration sur 470 hectares et cofondé en 2021 le South West Sustainability Partnership avec South 32 et Alcoa pour soutenir la recherche et la gestion des écosystèmes, outre un partenariat avec le Peel Harvey Catchment Council pour améliorer la santé écologique des bassins versants, en lien avec divers ONG environnementales et des scientifiques.
Sur 4 ans, de 2020 à 2024, le nombre total de déversements environnementaux signalés par Newmont est resté plutôt stable autour de 400 incidents par an, avec une forte hausse en 2024 (586 cas, contre 318 en 2023, augmentation correspondant surtout à des déversements sur site, passés de 311 à 585 : les déversements de cyanure se sont maintenus autour de 30 incidents par an, sans tendance nette, alors que les pollutions par hydrocarbures ou autres produits chimiques, présents certains exercices (2020-2023), disparaissaient en 2024 ; en termes de volumes, les cyanures sont historiquement les plus gros déversements (17 447 kL en 2020), mais leur ampleur a fortement diminué au fil du temps, tombant à seulement 69000 L en 2024. De 2020 à 2024, le groupe a fortement augmenté sa consommation d'eau passant de 190 000 ML en 2020 à 410 182 ML en 2024, principalement en raison de l’intégration de l’eau de mer dans certains process (221 080 ML), antérieurement absente (A titre de comparaison, 410 182 ML, c'est 410,2 milliards de litres d’eau, soit l'équivalent de l’usage annuel de 7,5 millions de personnes (soit la population de l’Île-de-France) ou de 164000 Piscines olympiques). 368 013 ML d'eau ont été recyclés ou réutilisés. L’intensité hydrique s’établit à 20,1 ML par 1 000 onces équivalent or et 0,7 ML par millier de tonnes de minerai traité.