La Compagnie des mines de Courrières est une compagnie minière qui a exploité des mines de charbon dans le Pas-de-Calais, en France, et qui a également possédé des usines et des lavoirs. Elle est établie au milieu du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Elle est notamment connue pour la catastrophe de Courrières qui a causé la mort de le .
Fondée en 1849, elle ouvre un premier puits à Courrières dont l'exploitation commence l'année suivante. La concession est accordée le , en même temps que celle de Dourges, puis une extension le . Enfin, une dernière extension le porte la superficie de la concession à . Une fosse 2, située plus au sud, dans un meilleur gisement, commence à produire en 1856. À partir de là, les ouvertures de fosses s'enchaînent. De 1898 au début des années 1910, des puits secondaires sont ouverts auprès de la plupart des fosses de la Compagnie. Ce phénomène est accentué par la catastrophe de Courrières le , où beaucoup de mineurs survivants sont restés coincés dans les exploitations parce que les puits étaient obstrués. La fosse 21 - 22 est ouverte juste avant la Première Guerre mondiale, durant laquelle les installations sont détruites par l'envahisseur.
La reconstruction a principalement lieu autour de 1920. En 1928, une fosse 23, dotée d'un seul puits, est commencée, et extrait à partir de 1929. Enfin, la Compagnie ouvre respectivement en 1931 et 1935 les puits de la fosse 24 - 25 à Estevelles, dans une partie encore inexploitée au nord-ouest de la concession, près des concessions des compagnies de Meurchin et Carvin.
Après la Seconde Guerre mondiale, la Compagnie est nationalisée en 1946, et intègre, avec la Compagnie des mines de Drocourt et les fosses du sud de la concession de la Compagnie des mines de Dourges, le Groupe d'Hénin-Liétard, qui par fusion à la fin des années 1960 avec le Groupe d'Oignies forme brièvement le Groupe Centre. De 1971 à 1978, les fosses restant en activité font partie de l'Unité de production de Courrières ou d'Ostricourt, de 1978 à 1980, du Secteur Ouest, et enfin, de 1980 à 1987, du Siège 3 de Courrières pour les fosses 3 - 15, 5 - 12 et 6 - 14. La fosse 24 - 25 est elle rattachée au Siège 10 d'Oignies. Cette dernière cesse de fonctionner en même temps que les dernières fosses du bassin minier à la fin de 1990.
Historique De la création à 1880 Découverte de la houille à Courrières Cinq sondages exécutés de 1846 à 1849 par la Compagnie de la Scarpe, ont démontré le prolongement du bassin houiller au-delà de Douai. Trois autres sondages, exécutés par De Clercq et par M. Mulot, plus à l'ouest encore, ont fait voir que cette prolongation s'étend d'une manière certaine et sur une grande distance.
M. Charles Mathieu, directeur des mines de Douchy, a suivi avec intérêt les recherches faites au-delà de Douai, et a été frappé de leurs résultats. De concert avec son frère, M. Joseph Mathieu et son beau-frère, M. Carlier-Mathieu, tous deux administrateurs et fondateurs comme lui des mines de Douchy, en 1832, ils ont songé à entreprendre des recherches entre Douai et Oignies. Ils se mettent en rapport avec quelques notabilités du haut commerce de Lille, Messieurs Bigo, Crespel, L. Danel et Martin-Muiron, pour réaliser leur projet. Ceux-ci fournissent les premiers fonds nécessaires, et agissent seuls en nom devant le public.
Dès les premiers jours d', ils établissent, sur les indications de M. Charles Mathieu, un sondage 7 à Courrières, qui atteint au bout de quelques mois le terrain houiller à de profondeur, puis la houille à .
Convention avec la Compagnie de Douchy La Société Bigo entre aussitôt, par l'entremise de Messieurs Mathieu, en rapport avec la Compagnie des mines de Douchy, pour obtenir de celle-ci, les capitaux, le matériel et le personnel nécessaires à l'ouverture d'un puits. Une convention, à cet effet, intervient le , entre Messieurs Bigo, Charles Crespel, L. Danel et Martin-Muiron, représentants de la Société Bigo, et Messieurs Carlier, H. Defrance, Guilmot-Martin, Ch. Gellé, Ild. Landrieux, administrateurs de la Compagnie de Douchy.
Par cette convention il est créé , dont 312 sont attribuées aux associés de Douchy, moyennant le versement individuellement avancé par ceux-ci d'une somme de . Cette somme doit leur être remboursée avec intérêts à 5 % au moyen d'un prélèvement d'un cinquième des bénéfices de la mine. S'il arrivait que la concession ne soit pas obtenue (ce qu'on pouvait supposer alors que la houille n'a été découverte que par un sondage), les propriétés acquises, les bâtiments construits et tous les objets d'approvisionnements reviendraient aux associés de Douchy en considération de leurs avances.
Une circulaire a été adressée à tous les sociétaires de Douchy pour leur demander leur adhésion à cette convention. Il y est dit : Des faits très importants se sont passés depuis peu dans le bassin houiller du Nord de la France ; la houille a été découverte à la tête du bassin, d'abord à l'Escarpelle, près Douai, puis à Courrières, entre Douai et Lille, à cinq lieues de cette dernière ville, dans le département du Pas-de-Calais, où, jusqu'à ce jour, on avait fait de vaines recherches. Les auteurs de cette découverte forment une Société composée de personnes haut placées dans le commerce de Lille. Cette Société, dans le but de se mettre plus promptement en mesure d'obtenir la concession qu'elle sollicite, est venue faire à la Compagnie de Douchy des propositions qui n'ont pu être acceptées par elle.
Mais, voulant favoriser la Société Bigo et utiliser les forces qui, par suite des événements, sont en ce moment d'un emploi peu fructueux pour nous, notre Compagnie a traité avec cette Société pour la location de sa machine d'épuisement et l'enfoncement d'un puits, qui, pendant quelques mois, assurera à nos ouvriers un travail qui nous manque en partie, par suite de la stagnation du commerce. En échange de ces bons services, nous avons obtenu de la Société Bigo qu'elle nous abandonnerait sur les 500 dont elle se compose, et cela moyennant une somme de au maximum, à employer en travaux nécessaires à la mine, convenus et arrêtés entre nous.
En obtenant cet avantage, que nous considérons comme des plus capitaux, et comme pouvant avoir pour chacun de nous, même dans un avenir assez rapproché, les conséquences les plus heureuses, nous avons pensé que cet avantage devait être équitablement offert et réparti entre tous les actionnaires de la Compagnie de Douchy, qui consentiront à participer à cette acquisition. Nous avons, en conséquence, décidé que les 312 actions dont il s'agit seront offertes, puis réparties entre les actionnaires de Douchy, possesseurs des 312 deniers dont la Société se compose, à raison d'une action par denier. Et afin de faciliter à nos associés les moyens de faire cette acquisition sans avoir aucun sacrifice personnel à faire, l'assemblée générale de la Compagnie de Douchy, dans sa séance du , a décidé, à l'unanimité, qu'il serait fait à tous ses actionnaires, une répartition extraordinaire, prise exclusivement sur la réserve, et suffisante pour que ceux d'entre eux qui participent à l'affaire n'aient rien à débourser par suite de cette acquisition.
Des réservées à la Société Bigo, il en a été attribué 56 aux demandeurs en concession, et le reste a été réparti entre Messieurs Mathieu, qui ont eu, les premiers, la pensée des recherches de Courrières ; à quelques autres personnes de Lille, intervenues dans l'affaire, et enfin à M. Casteleyn, en échange de l'admission des actionnaires ci-dessus de Courrières dans la Société de recherches de Lens. C'est ainsi que Messieurs Bigo, Danel et Crespel sont devenus actionnaires de la Société de Lens et ont pris plus tard une part active à son administration.
Au mois d', le puits de Courrières est parvenu à la profondeur de , et a traversé une veine exploitable. Deux autres veines, également exploitables, ont été découvertes par une galerie exécutée au niveau de . Mais la concession n'est pas obtenue et les fonds de la Société sont épuisés. Le conseil d'administration provisoire décide un appel de fonds de .
Cet appel est inattendu. Aussi, dans la circulaire adressée aux associés, rappelle-t-on les dispositions de l'article du contrat provisoire de la Société, dans lequel il est dit qu'après l'épuisement des fonds mis à la disposition de la Société, que la concession ait été ou non obtenue, chaque actionnaire peut se retirer en abandonnant ses droits dans l'association, sans être tenu à aucune obligation, la Société ne pouvant faire de dettes.
Un second appel de fonds de par action a été fait en . Les sommes ainsi avancées, comme les primitivement apportés par les associés de Douchy, doivent être remboursées dès la mise en extraction de deux fosses.
Contrat de Société Enfin est paru le décret du , qui institue la concession de Courrières, et aux termes de l'article de la convention du , les Sociétaires ont été appelés en assemblée générale pour arrêter le contrat de Société définitif.
Deux systèmes bien différents étaient en présence pour la constitution de la Société : d'une part, le système suivi à Douchy, d'une administration secrète, n'ayant nul compte sérieux à rendre, et de l'autre le système d'une administration ayant pour la gestion des intérêts communs les pouvoirs les plus étendus, mais ne devant rien tenir secret, devant rendre compte, chaque année, à la Société tout entière, et sous la surveillance d'un comité, de toutes les opérations, de toutes les recettes, de toutes les dépenses faites pendant l'année, des bénéfices obtenus, des dividendes répartis aux actionnaires, et devant recourir à la Société elle-même pour toute mesure sortant des limites d'une administration ordinaire, ou pouvant entraîner des dépenses considérables, hors de proportion avec les ressources de l'entreprise.
Le système de Douchy est soutenu par un grand nombre des actionnaires de cette Société ; cependant il a été repoussé, et l'Assemblée générale du arrête le contrat de la nouvelle Société, résumé ci-dessous, avec les modifications apportées plus tard par les délibérations des Assemblées générales des et .
La durée de la Société est illimitée, le siège social est à Courrières. L'avoir social est divisé en . Les titres sont nominatifs. En cas de cession, vente, liquidation de Société, donation, legs, transmission de propriété par décision judiciaire ou par toute autre voie, au profit d'une personne étrangère à la Société, les actions sont soumises au droit de retrait dans le délai de deux mois. Le prix du retrait est fixé chaque année par l'Assemblée générale. L'action retraite ne sera pas amortie. Elle restera la propriété de la Société qui en touchera les dividendes. Elle pourra être émise de nouveau. En cas de retrait, le cédant pourra redevenir propriétaire des actions cédées, par une déclaration de rétrocession dans la quinzaine. L'Assemblée générale des actionnaires se réunit de droit en séance le de chaque année, même sans convocation, à Douai.
Pour avoir entrée et voix délibérative à ladite Assemblée, il faut être propriétaire de quatre actions, qui donnent lieu à une voix. Un même actionnaire ne peut réunir à lui seul plus de cinq voix. L'année sociale commence le et prend fin le . Le Conseil d'administration est composé de sept membres nommés par l'Assemblée générale. Pour faire partie du conseil, il faut être propriétaire de huit actions. Les administrateurs sont nommés pour trois ans. Ils sont renouvelés par tiers, à savoir deux à l'expiration de la première année, deux à l'expiration de la deuxième et trois à l'expiration de la troisième, ils sont toujours rééligibles.