Robert Dhéry, nom de scène de Robert Fourrey, est un acteur, metteur en scène, dramaturge et réalisateur français, né le à Saint-Denis (Seine) et mort le dans le .
En 1948, avec son épouse Colette Brosset, il fonde la troupe des « Branquignols » — réunissant entre autres Louis de Funès, Jean Lefebvre, Jean Carmet, Jacqueline Maillan, Michel Serrault, Micheline Dax, Pierre Olaf, Jacques Legras, Gérard Calvi ou encore Robert Rollis et Pierre Tornade — dont il écrit la plupart des textes.
Il est le père de la psychanalyste Catherine Mathelin-Vanier.
Biographie Jeunesse Fils de Léon Eugène Fourrey, employé, et de Madeleine Louise Perrignon, sans profession, Robert-Léon-Henri Fourrey naît le au domicile de ses parents, 224 avenue Wilson à Saint-Denis Acte de Naissance, commune de Saint-Denis, du 01/01/1921 au 22/07/1921, cote 1E066/283, page 80/144, acte N°612. Il est aussitôt ramené dans le village familial de l'Yonne, Héry, qui lui donne par la suite son nom d’artiste : « Robert d'Héry ».
Descendant d’une famille de meuniers, il passe une enfance heureuse. Mais à l’école c’est un pitre, incapable de tenir en place. .
Il découvre le monde du spectacle en assistant à une représentation du Cirque Fratellini. La messe dominicale l'attire tout autant : les cantiques, les cloches et le rituel l’impressionnent. Il s’en souvient plus tard et n’hésite pas à inclure des messes dans ses films, La Belle Américaine (1961), Le Petit Baigneur (1967) ou bien Vos gueules, les mouettes ! (1974). Avec quelques copains, il forme « la bande à Bicot », en référence au héros des albums dessinés de l'époque.
Il a 15 ans lorsque son père l’envoie passer une année en Angleterre. Pensionnaire chez Mrs. et Mr. Watson, un directeur d’école qui lui impose plusieurs fois par semaine des séances de cinéma dans la langue de Shakespeare, le jeune Robert apprend l'anglais avec Buster Keaton, Laurel et Hardy, Charlot mais aussi Laurence Olivier. De retour en France, il a choisi sa voie : il sera Chaplin ou Olivier. Son père lui répond lucidement .
Formation À Paris, au conservatoire Maubel, Robert apprend les rudiments du métier avec Georges Dorival, sociétaire de la Comédie-Française. Un jour de 1938, René Simon, directeur du célèbre cours, lui dit lors d'une visite : . C'est en effet le cas : .
René Simon révèle le comédien Robert Dhéry : . Pierrot lunaire, clown, il est là pour donner la réplique à ses camarades. À cette époque, il fait la connaissance d’une danseuse pourvue d'un grand sens de l'humour, Colette Brosset : se plaît à dire Robert Dhéry.
En 1939, lors d’une nouvelle audition chez Simon, les directeurs du théâtre des Mathurins, Jean Marchat et Marcel Herrand, le remarquent. Il est leur pensionnaire pendant deux ans, pour de petits rôles qui lui permettent de préparer l’entrée au Conservatoire. Il y fait également la connaissance de Jean Carmet. Jeune premier comique, il a souvent comme partenaire une débutante , Odette Joyeux.
Robert Dhéry apprend beaucoup d’un autre maître, Raymond Rouleau. Engagé au théâtre Hébertot, il joue un rôle délicat dans une pièce difficile, Mon royaume est sur la terre. Plus question de faire le pitre. Alors pour se défouler, il invente des farces dans les coulisses avec Renaud Mary, son copain du cours Simon. Il ne perd pas pour autant Colette Brosset de vue et commence enfin à lui faire la cour. Prétendant timide, il lui fait des confidences, lui parle de l’ambiance du théâtre.
Robert est reçu au Conservatoire en 1940, dans la classe de Béatrix Dussane : . Parmi ses camarades se trouvent Daniel Gélin et Daniel Ivernel, mais aussi Jacques-Henri Duval, Héléna Bossis, Sophie Desmarets, Maria Casarès et Jacques Charon : . Lorsque Colette Brosset, à l'issue de sa première année d'études avec Louis Jouvet, rejoint le petit groupe, Béatrix Dussane prédit :
Débuts Robert Dhéry sort du Conservatoire gratifié d'un deuxième accessit. Durant ce temps, il aura été initié à la musique par Gérard Calvi du Conservatoire de musique voisin. Il lui confie un jour son projet d’un numéro de trois clowns, avec Jacques Emmanuel et Christian Duvaleix. Le maquillage et le nom du trio, « Les Trois Socketts », empêchent de le reconnaître. Calvi compose une musique et l’affiche est dessinée par un certain Pierre Sabbagh. Au Petit Casino et à l’Étoile, le spectacle fonctionne bien. Le trio se produit également dans des cirques. Un de leurs copains, Francis Blanche, les présente à Charles Trenet qui leur ouvre la première partie de son spectacle à l’ABC.
André Barsacq engage Robert pour la pièce d'Alfred Adam, Sylvie et le Fantôme. Il y campe un fantôme, tout comme Raymond Segard, Christian Duvaleix et Alfred Adam. De son côté, Colette Brosset joue au théâtre Marigny. Dès la fin du spectacle, Robert Dhéry enfourche son vélo pour la retrouver.
Les temps sont durs mais les généreux parents de Colette Brosset accueillent toute cette jeunesse sympathique. « Chez Bouboute », le bistro du père, devient leur quartier général. À cette époque, Robert Dhéry décroche quelques petits rôles au cinéma qui lui permettent de gagner un peu d'argent : Remorques (1941) de Jean Grémillon et Monsieur des Lourdines (1943) où il retrouve Raymond Rouleau.
Robert Dhéry et Colette Brosset se marient le . Toute la classe du Conservatoire est présente. Le marié est en retard à cause d’une farce montée par Pierre Brasseur et Marcel Carné. Gérard Calvi est au piano, Françoise Dorin, demoiselle d’honneur, au bras de Duvaleix, Maria Casarès à celui de Jacques Emmanuel. Cette union dure plus de soixante ans.
Les Branquignols : succès international La carrière cinématographique de Robert Dhéry évolue de façon importante à partir de 1944. Il apparaît dans des films tels que Service de nuit (1944) ou encore Les Enfants du paradis (1945), avant de camper Filochard dans Les Aventures des Pieds-Nickelés (1948).
Habitué à incarner des personnages lunaires et poétiques, il fonde au lendemain de la guerre, avec son épouse, la troupe comique des Branquignols, dont l'humour est notamment basé sur le « non-sens ». Les Branquignols jouent pour la première fois le , jour de naissance de Catherine, la fille unique du couple. Le succès est au rendez-vous : la pièce sera jouée plus de fois avant d'être adaptée au cinéma par Dhéry l'année suivante, bientôt suivie de Dugudu (1951), Bouboute et Sélection (1952) et Ah ! les belles bacchantes (1953), joué 883 fois au théâtre Daunou, et Jupon vole (1954).
En 1955, les Branquignols s'attaquent au public anglophone avec La Plume de ma tante, créée en 1955 au Garrick Theatre de Londres, transportée aux États-Unis après deux ans et demi, au Royale Theatre de Broadway. Le succès critique et public le fait rester à nouveau deux ans à l'affiche. Nommé à trois Tony Awards en 1959 (meilleure comédie musicale, meilleure mise en scène pour Dhéry, meilleur directeur musical ou chef d'orchestre pour Gershon Kingsley), le spectacle remporte le Special Tony Award décerné à l'ensemble de la distribution.
En 1962, il écrit la pièce La Grosse Valse ayant pour acteur principal Louis de Funès, ancien membre des Branquignols. Dhéry continue parallèlement son activité au cinéma. Après l'adaptation de Ah ! les belles bacchantes en 1954, il réalise La Belle Américaine, qui attire plus de 3 millions de spectateurs en 1961, Allez France ! en 1964, tandis que Le Petit Baigneur en 1968 lui permet de donner la réplique à l'un de ses fidèles complices, Louis de Funès. En 1974, Robert Dhéry retrouve quelques-uns des piliers de sa troupe (Jacques Legras, Jacques Marin, Pierre Tornade…) pour Vos gueules, les mouettes ! qui est sa dernière réalisation.
Dernières années À partir du milieu des années 1970, Robert Dhéry subit des problèmes de santé. et il ne peut revenir au cinéma que comme acteur, pour deux dernières apparitions dans des rôles plutôt graves : Malevil (1980) de Christian de Chalonge et La Passion Béatrice (1987) de Bertrand Tavernier. Pour autant à la même période, il est pris par ses activités théâtrales avec Le Petit-fils du Cheik en 1977 au théâtre des Bouffes-Parisiens, Le Chapeau de mon oncle en 1991 au théâtre de la Carouge). Il s'illustre également à l'Opéra-Comique en mettant en scène Le Comte Ory de Gioachino Rossini (1976), Vive Offenbach (1979), Robinson Crusoé (1986) et La Grande-duchesse de Gérolstein de Jacques Offenbach, ainsi que plusieurs pièces de théâtre comme Monsieur chasse ! de Georges Feydeau en 1976, En sourdine les sardines de Michael Frayn en 1982 ou encore Le Chauffoir de Harold Pinter en 1986.
Pour l'écriture, Robert Dhéry est l’auteur d'une autobiographie : Ma vie de Branquignol (1978).
thumb|285px|La tombe de Robert Dhéry et de Colette Brosset au cimetière d'Héry (Yonne).
Une longue maladie du cœur le contraint à interrompre son activité artistique à la fin des années 1980. Il meurt le . Sa dépouille repose au cimetière d'Héry où, trois ans plus tard, le rejoint son épouse Colette Brosset..
Théâtre 1942 : Sylvie et le Fantôme d'Alfred Adam, mise en scène André Barsacq, théâtre de l'Atelier 1944 : À quoi rêvent les jeunes filles d'Alfred de Musset, mise en scène André Barsacq, théâtre de l'Atelier 1946 : La Monnaie du Pape, comédie en 5 tableaux de Michelle Lahaye, mise en scène Robert Dhéry, théâtre des Mathurins 1948 : Voyage à Washington de Garson Kanin, mise en scène Henri Bernstein, théâtre des Ambassadeurs 1948 : Les Branquignols, paroles Francis Blanche, musique Gérard Calvi, premier spectacle au théâtre La Bruyère 1951 : Dugudu, spectacle des Branquignols, texte d'André Frédérique, musique de Gérard Calvi, théâtre La Bruyère 1952 : Bouboute et Sélection de Robert Dhéry, mise en scène Robert Dhéry, avec Robert Dhéry, Colette Brosset, Roger Saget, Albert Rémy, Pierre Mondy, Gérard Calvi, Louis de FunèsLe Café Liégeois », première chaine télévisée, 31 décembre 1963 sur autourdelouisdefunes.fr., théâtre Vernet 1953 : Ah ! les belles bacchantes, spectacle des Branquignols, mise en scène Robert Dhéry, théâtre Daunou 1954 : Jupon vole de Robert Dhéry et Francis Blanche, spectacle des Branquignols, mise en scène Robert Dhéry, théâtre des Variétés 1955 : Voulez-vous jouer avec moâ ? de Marcel Achard, mise en scène André Villiers, théâtre en Rond 1955-1960 : La Plume de ma tante de Robert Dhéry et Colette Brosset, paroles Francis Blanche et André Maheux, version anglaise de Ross Parker, Garrick Theatre de Londres (1955-1958) puis Royale Theatre de Broadway (1958-1960). Création de la version française en 1965 au théâtre des Variétés. 1957 : Pommes à l'anglaise de Robert Dhéry, Colette Brosset, musique Gérard Calvi, théâtre de Paris 1962 : La Grosse Valse de Robert Dhéry, mise en scène de l’auteur, avec Robert Dhéry, Louis de Funès, Colette Brosset, Liliane Montevecchi, Jacques Legras, Janine de Waleyne, Pierre Tornade, Françoise Moncey, Guy Grosso, Michel Modo, théâtre des Variétés 1964 : Machin-Chouette de Marcel Achard, mise en scène Jean Meyer, théâtre Antoine 1966 : Drôle de couple de Neil Simon, mise en scène Pierre Mondy, théâtre de la Renaissance 1969 : Trois hommes sur un cheval de Marcel Moussy, d'après la comédie de et George Abbott, mise en scène Pierre Mondy, théâtre Antoine 1971 : Vos gueules, les mouettes ! de et mise en scène Robert Dhéry, paroles Françoise Dorin, musique Gérard Calvi, théâtre des Variétés 1972 : Les Branquignols de et mise en scène Robert Dhéry, musique Gérard Calvi, théâtre La Bruyère 1974 : Les Branquignols de et mise en scène Robert Dhéry, musique Gérard Calvi, théâtre Montansier 1975 : Les Branquignols de et mise en scène Robert Dhéry, musique Gérard Calvi, théâtre La Bruyère, capté en K7 VHS 1976 : Monsieur chasse ! de Georges Feydeau, théâtre de l'Atelier 1977 : Le Petit-fils du Cheik de et mise en scène Robert Dhéry et Colette Brosset, théâtre des Bouffes-Parisiens 1980 : La musique adoucit les mœurs de Tom Stoppard, mise en scène Robert Dhéry, théâtre de la Ville