La frontière entre le Cambodge et la Thaïlande découle dans sa majeure partie des accords franco-siamois de 1907.
Depuis les années 2000, le principal litige porte sur le temple de Preah Vihear et ses abords immédiats.
Historique thumb|Tracé de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande. Jusqu’à la fin du , les deux pays n’avaient pas de frontières fixes. Ils s’étendaient aux territoires sur lesquels vivaient des personnes qui payaient tribut aux souverains de l’État en question.. Ce seront les Français, en prenant possession du Cambodge qui imposent l’idée de délimiter les régions où s’exercent la domination de chacun.
En 1867, un traité franco-thaï est signé par lequel le Siam reconnait le protectorat français sur le Cambodge en échange de la pleine souveraineté sur les provinces de Battambang, Siem Reap, Banteay Mean Chey et Otdar Mean Cheay. Le roi Norodom, de son côté, désapprouve avec véhémence cette cession et affirme qu'il refuse d'adhérer . Jusqu'à sa mort, il ne manquera aucune occasion pour réclamer la restitution de ce territoire alors qu'en 1900, lors d'un voyage en France, son fils Yukanthor présente Battambang et Angkor comme l'.
Cette concession à un gouvernement de Bangkok en position de faiblesse peut surprendre, mais est motivée par deux éléments principaux. Le premier est que les Français veulent avant tout consolider leurs positions le long du Mékong dont ils espèrent encore faire une voie navigable jusqu'au cœur de la Chine et ne désirent pas s'embarrasser d'un nouveau foyer de troubles potentiels à pacifier. Le second est lié à l'habileté des négociateurs siamois qui, devant les difficultés des tractations au niveau local, décident d'envoyer une délégation à Paris pour traiter directement avec le Quai d'Orsay, peu au fait des subtilités régionales et peuvent obtenir Battambang et Angkor en échange de l'abandon de secteurs dont ils avaient déjà été militairement dépossédés.
Mais, la perte de ces provinces est remise en cause, notamment en 1903 où, lors de la visite en France du roi Rama V, il est proposé de mettre en place un comité mixte chargé de régler de manière définitive les problèmes frontaliers.
À la suite de la signature du traité franco-siamois du , la commission est créée et officiellement chargée de délimiter la frontière entre les deux états. Il est convenu par les deux gouvernements que la rédaction des cartes sera confiée à la France, le Siam ne disposant pas alors des moyens techniques suffisant pour le faire. Elle est dirigée du côté français par le commandant Fernand Bernard, qui prétextant l'incohérence du tracé prévu, rattache au protectorat des régions quasi exclusivement peuplées de Thaï pour demander d'échanger ce qui va devenir l'ouest du royaume khmer contre les régions de Trat et Dan Sai (actuellement dans la province thaïlandaise de Loei). Le traité du entérine ce changement et valide le retour au Cambodge des provinces de Battambang, Siem Reap et Sisophon. D'autre part, au nord du Cambodge, alors que les deux parties avaient convenues de suivre la ligne de crête des monts Dângrêk, le tracé fait une petite déviation au niveau du temple de Preah Vihear pour laisser ce dernier du côté cambodgien, créant une sorte d’enclave qui va devenir plus tard source de troubles.
Deux nouveaux traités franco-siamois viennent compléter les accords en 1927 et 1937, mais un fort ressentiment se développe à Bangkok à l’encontre de la France et des frontières qu’elle a imposées et qui sont donc considérées comme illégales. Cette acrimonie qui perdurera jusqu’à nos jours fera de la Thaïlande un refuge pour les groupes rebelles khmers de tous bords (Issarak, Serei, rouges…) opposés aux régimes qui vont se succéder à Phnom Penh.
thumb|Les territoires annexés dans les années 1940 par la Thaïlande.|alt= la province de Phra Tabong, comprend approximativement la province actuelle de Battambang et Pailin; celle de Phibunsongram, Banteay Meanchey, Oddar Meanchey et le nord de celle de Siem reap; celle de Nakhon Champassak celle de Preah Vihear et le sud ouest du Laos. Durant la Seconde Guerre mondiale, profitant de la défaite de la France face à l'Allemagne, la Thaïlande récupère, par la convention de Tokyo de 1941, les provinces qu’elle avait perdues au début du . Même si par les accords de Washington de 1946 elle doit les rendre, cela montre qu’elle n’a en rien abandonné l’espoir de retrouver un jour le terrain perdu sur les puissances coloniales..
En 1953, après l’indépendance du Cambodge et le départ des Français, l’armée thaïe investit le site de Preah Vihear. Le Cambodge proteste, et le problème devient politiquement sensible dans les deux pays. Les relations diplomatiques se tendent et des menaces d’interventions militaires sont évoquées dans les deux camps. En 1959, le Cambodge porte l’affaire devant la cour internationale de La Haye, qui le , décide par 9 voix contre 3 que le temple appartient au Cambodge. La Thaïlande réagit avec véhémence et des manifestations de masse sont organisées dans tous le pays contre la décision. Finalement, Bangkok accepte de mauvaise grâce d’abandonner le site...
En 1979, avec l’offensive vietnamienne au Cambodge, la frontière devient une zone de combats pour les vingt années suivantes. Le côté thaïlandais se parsème de camps de réfugiés et de zones de repli pour les combattants du opposés aux Bộ đội et à leurs alliés de la république populaire du Kampuchéa. Pour mettre fin à ces incursions, les autorités de Hanoï décident en 1984 l’édification d’une ligne de défense longeant les de la frontière. Le projet, baptisé K5, plus connu sous le nom de , mobilisera entre , mais devant son coût humain, le projet devra être abandonné en 1986.
Conflit frontalier
Le litige de Preah Vihear refait surface en 2008, quand le Cambodge fait inscrire le temple au patrimoine mondial. Le premier ministre thaïlandais Samak Sundaravej qui avait dans un premier temps accepté l’homologation doit faire machine arrière devant la fureur de son opinion publique et contester la souveraineté d’une partie du site enregistré. La crise dégénérera en une série de démonstrations de force entre les armées des deux pays, jusqu’en 2013, date d’un nouveau jugement de la Cour internationale de justice qui confirme les droits du Cambodge.
Le des tirs sont échangés et font un mort.
Un assaut militaire cambodgien a également eu lieu le jeudi contre la Thaïlande qui a répliqué avec une attaque aérienne mené par des avions de chasse F16, faisant 12 morts. il s'agit de l'escalade militaire la plus importante entre les deux pays depuis 15 ans.
À partir du conflit frontalier, la Thaïlande commence à construire un mur sur certains tronçons de la frontière, notamment sur des tronçons disputés dans le récent conflit.
Points de passage thumb|alt=le poste consiste en une porte en béton brute décorée de motif angkorien agrémentée de deux portiques plus petit sur les cotés; l'édifice est surmonté d'un panneau bleu foncé avec en lettres jaunes, l'inscription royaume du Cambodge en khmer et en anglais. À l'arrière plan, des bâtiments blancs laissent deviner le poste thaïlandais d'Aranyaprathet|Poste frontière cambodgien de Poipet. Le principal poste-frontière se situe à proximité de la ville cambodgienne de Poipet et de la ville thaïlandaise de Ban Klong Luk. NoCambodgeThaïlande RoutePoste de frontière RoutePoste de frontière 1 30px|lien= Route nationale 66 (Cambodge)Choam, Anlong Veng District, Oddar Meanchey2201Chong Sa-ngam, Phu Sing District, Sisaket2 30px|lien= Route nationale 68 (Cambodge)O Smach, Samraong Municipality, Oddar Meanchey214Chong Chom, Kap Choeng District, Surin3 30px|lien= Route nationale 5 (Cambodge)Poipet, Poipet Municipality, Banteay Meanchey33Ban Klong Luk, Aranyaprathet District, Sa Kaeo457BPhnom Dei, Sampov Loun District, Battambang4058Ban Khao Din, Khlong Hat District, Sa Kaeo54033Daung, Kamrieng District, Battambang4033Ban Laem, Pong Nam Ron District, Chanthaburi6 30px|lien= Route nationale 57 (Cambodge)Phsar Prum, Sala Krau District, PailinKhlong Yai- Mueang Prum RoadBan Phak Kad, Pong Nam Ron District, Chanthaburi7 30px|lien= Route nationale 48 (Cambodge)Cham Yeam, Mondol Seima District, Koh Kong3Ban Hat Lek, Khlong Yai District, Trat
Annexes
Notes et références
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