Les chauffeurs de la Drôme étaient des bandits qui terrorisaient les habitants de la campagne autour de Valence et de Romans-sur-Isère, dans le département de la Drôme, entre 1905 et 1908.

C'est durant cette période où la fréquence de ce type de crime organisé sévissait en France que le président du Conseil et ministre de l'Intérieur Georges Clemenceau prit la décision de créer les fameuses Brigades du Tigre.

Crimes

La méthode utilisée consistait à s'introduire, de nuit, dans des maisons, de s'emparer des habitants de celles-ci et de leur brûler les pieds sur les braises de la cheminée, (d'où le nom de « chauffeurs »), afin de leur faire révéler l'endroit où les économies étaient cachées. Les malfaiteurs auraient tué dix-huit personnes.

Agissant toujours de nuit, les « chauffeurs » reprenaient leurs activités professionnelles, de cordonnier ou de maçon, le jour. Cela leur permettait d'éviter d'être repérés pendant plusieurs années. Leurs méfaits faisaient la une du Petit Journal.

Leurs méfaits se déroulèrent dans la partie septentrionale du département de la Drôme, dans des localités situées dans la région de Valence et de Romans-sur-Isère. En plus de divers vols avec effractions, comme celui commis chez les époux Rey en 1907, à qui ils laisseront curieusement la vie et qui figureront plus tard sur les photographies de reconstitution judiciaire, ils furent les auteurs de meurtres dans des conditions assez sordides, dont notamment celui de Mondy (près de Bourg-de-Péage) en assassinant Maria Juge, une personne âgée vivant seule, celui d'Alixan en tuant et sa fille Noémie, ainsi que celui des Tortel, deux octogénaires demeurant à Bourg-de-Péage..

Condamnations vignette|redresse|droite|Page de couverture Le Petit Journal du : « Les chauffeurs d'aujourd'hui. Comment procédaient les bandits de la Drôme ».Les trois principaux suspects, arrêtés par le commissaire Floch, dirigeant la brigade mobile de Lyon, sont :

Pierre-Augustin-Louis Berruyer, né le à Margès (Drôme). Octave-Louis David, né le à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) ; fils d'un ferblantier et d'une blanchisseuse ; à dix-huit ans, il s'engage volontairement, au 27e régiment d'infanterie puis au 3e régiment d'infanterie de marine et sert en Indochine française et en Algérie française. Il est condamné une première fois en 1895 à un an de prison pour coups et blessures ; en 1908, il est condamné à quinze ans de prison pour coups et blessures volontaires. Urbain-Célestin Liottard, né à Piégros-la-Clastre (Drôme) ; réformé du service militaire pour névralgie faciale, il est condamné une première fois en 1904 pour tentative de vol qualifié.

Un quatrième larron, Jean Lamarque, échappe dans un premier temps à la justice. La plupart des crimes auraient été préparés au domicile de Berruyer, 26 rue Pêcherie à Romans, avec l'aide de trois autres complices : Noémie Nirette surnommée la « Poule noire », Hippolyte Caleu dit « Bel-Œil », et Romanin Finet.

Jugés, les trois principaux instigateurs sont condamnés à mort par les assises de la Drôme le et sont guillotinés en public le matin du , à l'intersection de la rue Amblard et de l'avenue de Chabeuil, face à l'entrée de la prison de Valence, devant une foule dense (jusqu'à selon certains témoignages.), par le bourreau Anatole Deibler..

L'exécution des « chauffeurs » sera celle qui fera l'objet du plus grand nombre de photographies en dépit des instructions formelles du ministère de la justiceUne note du dispose : . Plusieurs de ces clichés seront publiés sous forme de cartes postales, qui connaîtront un grand succès. Il semblerait qu'à l'occasion, un film ait même été tourné, des articles de presse de l'époque annonçant sa projection dans une salle de Valence.

Les dépouilles des suppliciés sont enterrées en dehors du mur de clôture du cimetière de la ville. Au moment de son exécution, David, qui venait de marcher dans une flaque de boue, aurait plaisanté : puis, en direction de la foule, il aurait crié : .

Condamné à mort par contumace, Lamarque est arrêté le . Il voit sa peine confirmée par les assises de la Drôme, mais est finalement gracié par le président Armand Fallières, qui était contre la peine de mort mais avait été poussé par l'opinion publique à ne pas gracier les trois autres. Lamarque purge une peine de travaux forcés à perpétuité au bagne de Cayenne, où il terminera ses jours.

Articles connexes Brigades régionales de police mobile Chauffeurs

Bibliographie Alain Balsan, « Les chauffeurs de la Drôme » in Les grandes affaires criminelles de la Drôme, Éditions De Borée, 2008 Jacques Bénévise et Emmanuel Dossat, L'affaire des chauffeurs de la Drôme. Documents inédits sur les hommes rouges, Bouquinerie Éditions, 2017 Bernard Hautecloque, « Les chauffeurs qui terrorisaient la Drôme » in Brigands. Histoires de tous les temps, De Borée Éditions, 2016 Aubin Verilhac, Les Chauffeurs de la Drôme ou l'affaire de la rue Pêcherie, Édition du Flair, 2023

Notes

Références

Liens externes

Les chauffeurs de la Drôme sur l'Empreinte

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