La Sardine (Sardina pilchardus), appelée également par précision Sardine commune ou Sardine d'Europe, est une espèce de poissons de la famille des Alosidae (qui comprend également l'alose). Selon la région, elle prend les noms de célan, célerin, pilchard, royan, sarda, sardinyola ou magne. C'est la seule espèce du genre Sardina.
Son nom provient de la Sardaigne car les Grecs avaient remarqué qu'elle abondait dans ses eaux côtières.. Ce n'est pas une espèce considérée comme menacée, mais, conséquence de la surpêche, elle a fortement régressé dans une grande partie de son aire de répartition où elle a été très abondante jusqu'au début du . Entre 2006 et 2016, en Méditerranée, la biomasse des sardines a été divisée par trois, passant de à moins de tonnes .
La régression des sardines a des effets sur les réseaux trophiques et la structure des écosystèmes. Sa disparition pourrait contribuer à l'extension des zones marines mortes. De plus, certains scientifiques pensent que restaurer leurs populations pourrait contribuer à améliorer l'état des eaux, et notamment limiter les émissions de méthane (puissant gaz à effet de serre) des zones très dégradées (dystrophisées) Christopher Dudley Sardines May Prevent Toxic Gas Eruptions off the California and African Coasts,October 18, 2004, (consulté 2009/06/18)..
Dénominations Nom scientifique valide : Sardina pilchardus (Walbaum, 1792) Protonyme : Clupea pilchardus Walbaum, 1792 Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Sardine, Sardine commune, Sardine d'Europe, Hareng de Bergues Noms vernaculaires (langage courant) : célan, célerin, chardine, chardinoun, coureuse, nonat, palaia, palaille, palaya, parrotxa, parrotxa txikerra, parrutxa, pataieta, pilchard, poutina, poutine, rafaneta, royan, sarda, sarde, sardella, sardena, sardina, sardiña, sardinenn, sardino, sardinou, sardo, serdella, txardiña, xardiña, xardiñie
Description La sardine est un poisson de taille petite à moyenne. Elle mesure généralement jusqu’à une vingtaine de centimètres de long. Son corps est légèrement allongé ou fusiforme et rappelant celui des harengs. L’origine des nageoires pelviennes est située nettement en arrière de celle de la nageoire dorsale, et les deux derniers rayons mous de la nageoire anale sont plus développés que les autres. La coloration est caractérisée par un dos vert olive (bleuté), des flancs dorés et un ventre argenté
Elle se distingue par un opercule strié, contrairement à celui des sardinelles, ainsi que par la présence de taches sombres sur le dos et, dans une moindre mesure, sur les flancs. Sa carène ventrale est peu aiguë, ses écailles sont sessiles et les deux derniers rayons de la nageoire anale sont allongés.
Lieux de vie et lieux de pêche Ce poisson vit dans la mer Méditerranée, et dans presque tout l'Atlantique nord, de l'Irlande jusqu'aux Açores, entre les côtes Atlantique Marocaine et Européenne en zone pélagique côtière de de profondeur et en zone tropicale (devant le Sénégal et la Mauritanie).
En Méditerranée où il est le second poisson le plus pêché (16 %) parmi les « petits pélagiques » (qui constituent 50 % de la pêche totale), loin derrière l'anchois (Engraulis encrasicolus) qui constitue 59 % des captures de petits pélagiquesL'état des ressources halieutiques marines mondiales... ; chapitre : Revues par région /Méditerranée et Mer noire ; Zone statistique 37 de la FAO, par Jordi Lleonart..
Le stock La sardine (Sardina pilchardus) est une espèce fortement exploitée sur l’ensemble de son aire de répartition et constitue l’une des pêcheries les plus importantes de l’Atlantique EstFAO (2022). État des pêches mondiales.ICES (2022). Rapport sur les stocks de sardine de l’Atlantique..
Dans les eaux atlantiques européennes, la gestion repose sur la distinction de trois grands stocks : un stock septentrional (de la mer Celtique à la Manche, zone VII du CIEM), un stock central (golfe de Gascogne, sous-zones VIIIa, VIIIb et VIIId, incluant certains rectangles statistiques de la zone VII à l’extrémité de la Bretagne) et un stock méridional (de la mer Cantabrique au golfe de Cadix, sous-zones VIIIc et IXa).
Le long des côtes marocaines, trois stocks ont été identifiés. En mer Méditerranée, la structuration des populations apparaît encore plus complexe, avec un nombre plus élevé de stocks décritsNeves et al. (2021, 2023). Études sur la structure des populations de sardine en Méditerranée..
Au début des années 2000, pour la Méditerranée, les scientifiques ont recommandé de ne pas augmenter l’effort de pêche (tableau B5.1 ; observations et recommandations ; évaluations présentées à la réunion du SAC, 2001–2004)Cingolani, N., Santojanni, A., Arneri, E., Berlardinelli, A., Colella, S., Donato, F., Giannetti, G., Sinovčić, G. et Zorica, B. 2004a. Sardine (Sardina pilchardus, Walb.) stock assessment in the Adriatic Sea: 1975–2003. Papier occasionnel AdriaMed, 13 : 9 p..
Par ailleurs, des changements environnementaux affectent les populations méditerranéennes : les individus tendent à vivre moins longtemps, à présenter une taille et une condition corporelle plus faibles, en lien avec des modifications du plancton, leur principale source de nourriture. La diminution des populations de copépodes, composante essentielle de ce plancton, est observée sans que ses causes profondes soient clairement établies.
Mode de vie La sardine évolue au large, au sein de bancs parfois très compacts, entre sous la surface.
Reproduction La reproduction a lieu en haute mer et peut advenir toute l'année, avec une période maximale en fin d'automne et début d'hiver au large de l'AfriqueKhadija Amenzoui, Fatima Ferhan-Tachinante, Ahmed Yahyaoui, Abdel Hakim Mesfioui & Souad Kifani ; Étude de quelques aspects de la reproduction de Sardina pilchardus (Walbaum, 1792) de la région de Laâyoune (Maroc) ; Bulletin de l’Institut Scientifique, Rabat, section Sciences de la Vie, 2004-2005, n°26-27, 43-50.. La période de reproduction s’étend d’octobre à juillet, avec un pic de ponte observé entre octobre et février. Dans cette zone la maturité sexuelle semble atteinte à pour les mâles et à pour les femelles qui se reproduisent dans une eau dont la température est de à (avec certaines variations annuelles). La réussite de la reproductionLarraneta M.G. 1976. Size and age of first maduration and relative fecundity in Sardina pilchardus (Walb.) off Castellon (Spanish Mediterranean coast). ICES, C. M. 1976/J: 4. dépend aussi des remontées d'eau froide ( en anglais)Chavance P. 1980. Production des aires de ponte, survie larvaire et biomasse adulte de la sardine et de l’anchois dans l’est du golfe du Lion, Méditerranée occidentale. Tethys, 9, 4, 399-413.Roy C. 1992. Réponses des stocks de poissons pélagiques à la dynamique des « upwellings » en Afrique de l’ouest : analyse et modélisation. ORSTOM, Collection Études et Thèses Paris 95-96.. Après une phase planctoniqueEttahiri O. 1996. Étude de la phase planctonique de la sardine, Sardina pilchardus (Walb.), et de l’anchois, Engraulis encrasicolus (L.) des côtes atlantiques marocaines. Thèse Doct., Univ. Bretagne occidentale, Brest, 262 p., les alevins rejoignent les côtes au printemps, et y restent jusqu'au début de l'hiver.
Alimentation La sardine se nourrit de plancton, d'œufs et de larves de crustacés.
Taxonomie Sardina pilchardus est une espèce de poissons téléostéens appartenant à la famille des Clupeidae, qui regroupe plus de 300 espèces. Connue sous le nom de « sardine de l’Atlantique Nord et de la Méditerranée », elle est la première sardine à avoir été décrite scientifiquement. Initialement classée dans le genre Clupea entre 1842 et 1879, elle a ensuite fait l’objet de révisions taxonomiques. Dans ce genre, Albert Günther (1868) décrit des caractères généraux tels qu’une bouche terminale, des dents réduites ou absentes, une série médiane ventrale complète d’écailles en carène et une nageoire anale bien développéeGünther, A. (1868). Catalogue of the Fishes in the British Museum. Londres..
Par la suite, Charles Tate Regan (1916, 1917) subdivise Clupea en deux sous-genres : Sardina (subtropical) et Sardinella (tropical). Sardina pilchardus, ainsi que d’autres espèces comme S. sagax et S. neopilchardus, sont alors rattachées au genre Sardina. Les différences entre ces genres reposent notamment sur le nombre de branchiospines et la longueur relative de la têteRegan, C. T. (1916–1917). Classification des Clupeidae. Publications du British Museum..
Selon Anatolii Svetovidov (1952), les Clupéidés présentent des caractères communs, parmi lesquels : une nageoire dorsale insérée plus en avant, un canal latéral céphalique bien développé, des rayons postérieurs de la nageoire anale formant des lobes allongés, des taches pigmentaires latérales sombres, des écailles allongées à la base de la nageoire caudale, ainsi que des stries transversales interrompues sur les écailles et radiales sur l’opercule chez Sardina et Sardinops. Une particularité du genre Sardina réside dans la variabilité de la taille des écailles, les plus petites étant dissimulées sous les plus grandesSvetovidov, A. N. (1952). Clupeidae. Faune de l’URSS..
Les variations observées au niveau des otolithes chez Sardina pilchardus seraient davantage liées à des facteurs environnementaux qu’à une différenciation génétiqueÉtudes morphologiques sur les otolithes de Sardina pilchardus..
Les analyses de variance moléculaire de la population du golfe de Gascogne, celles de la Méditerranée, celles de la côte marocaine, et celles de la zone de contact située autour du détroit de Gibraltar a montré l’existence de deux sous-espèces, S. pilchardus pilchardus et S. pilchardus sardina, identifiées sur la base de caractères méristiques et morphométriques.
Histoire La pêche à la sardine remonte à la préhistoire, l'homme utilisant des lignes à appât pour la capturer. Les sardines font partie des poissons que Columelle recommande de saler et que, par ailleurs, les Romains utilisent pour faire du garum. Les sardines séchées font partie de l'alimentation des légions romaines.
C'est un poisson bon marché, riche en oméga-3, phosphore, vitamine B3 et vitamine B6. On peut la conserver dans l'huile durant plusieurs années (voire décennies) dans une boîte conditionnée par l'industrie sardinière, comme c'était le cas en Bretagne dans la seconde moitié du et la première moitié du Pierre Cadoret, L'industrie sardinière en Bretagne, A. Rousseau, 1912, 174 p..
À Douarnenez, elle a fait vivre plusieurs milliers de pêcheurs et ouvrières de conserveries. Douarnenez fut longtemps .
La technique de pêche employait des chaloupes sardinières avec des filets maillants, plus tard remplacées par des bolincheurs. De plus en plus, les bolinches ou lamparos traditionnels sont remplacés par les chaluts pélagiques..
Les conserveries de sardines : l'exemple de la Bretagne