Jacques de Guyse ou « Iacobi de Guisia », « Jacobus de Guisia », « Jacobus Guisianus », « Jacobus Guisius », ou encore Jac. de Guysiâ, Jacques de Guisse, Jacques de Guise, Iacobus de Guisia, Jacques de Guisse, est un religieux (Cordelier) né à Mons dans la première moitié du , devenu historien et chroniqueur dans la seconde partie de sa vie, mort au couvent de Valenciennes le (année Précision apportée par Fortia d'Urban, dans son introduction à L'Histoire de Hainaut de J. de Guyse, traduite en français avec le texte latin en regard, en 19 vols, Paris, 1826-38).

Il est contemporain de Jean Froissart également de Valenciennes.

thumb|250px|Première page des chroniques du Hainaut, résumé de l'histoire du Hainaut réalisée par Jean Wauquelin à partir du travail de Jacques de Guyse thumb|250px|Détail de la miniature présentant Jean Wauquelin remettant son livre à Philippe le Bon en présence de Charles le Téméraire, Nicolas Rolin et Jean Chevrot

Biographie J. De Guyse se présente comme issu d'une famille distinguée par sa position et les charges dont elle fut revêtue. Selon lui, ses ancêtres, oncles, cousins et son frère occupaient des emplois élevés auprès des princes de Hainaut, qu'ils avaient servis jusqu'à leur mort sans donner lieu à aucun reproche.

Jacques de Guyse entre dans les ordres ; chez les franciscains. Il passe alors vingt-six ans loin de son pays, étudiant la logique, la philosophie, les mathématiques et la physique, à Paris notamment. Il reçoit le titre de docteur en théologie (à l'Université de Paris selon Joannes Natalis Paquot, bibliographe et historien de la Belgique).

Après avoir été reçu docteur, âgé de 40 ans, il revient dans sa patrie. Là, après plus de 25 ans de théologie, il se plaint de ce que la théologie n'est pas reconnue ; . Il se tourne alors vers les sciences communes et matérielles et plus particulièrement à l'histoire de la région qu'il connait le mieux, le Hainaut et parce qu'il avait constaté que cette histoire n'était pas écrite, alors que plusieurs nations voisines, depuis longtemps soumises au Hainaut, en possédaient de célèbres. Il le fait en exploitant les mémoires et chroniques des bibliothèques des villes, des archives des abbayes ou des églises, les chartes des princes et des évêques ; Son travail de compilation déborde d'ailleurs du Hainaut, sur toute la Belgique et parfois sur les provinces du nord. Certains auteurs ou leurs écrits depuis perdus ne sont connus que par lui ou presque uniquement par lui, tels les textes de Hugues de Toul, de Nicolas Rucléri ou encore de l'histoire en plusieurs volumes de Lucius de Tongres (orthographié « Lucii de Tongre » par d'autres) ; à la page 80 du premier volume, Jacques de Guyse rapporte un fragment du sixième chapitre des Histoires de Lucius (capitule VI historiarum suarum), où il parle de la fondation de Belgis par Bavo, prince de Phrygie et cousin de Priam, épisode rapidement considéré par de nombreux auteurs comme une fable, qui aurait par exemple pu être copiée par Lucius au (dans un roman latin du ? Un autre historien fabuleux est Rethmoldus).

On suppose que Lucius a vécu au ou début du , car les auteurs du le citent, et les chroniques de Tongres sont écrites en prose française, prose qui ne semble pas avoir été utilisée par les chroniqueurs médiévaux avant le . De plus, Lucius évoque le blason en véritable roi d'armes comme d'une science dont les principes étaient à son époque déjà arrêtésM. Raynouard, Le Journal des savans, juillet 1831, et le marquis De Fortia à propos de Jacques De Guyse Vol III, X, 213 (Lien vers Google livre).

Jacques de Guyse meurt à Valenciennes le 6 février 1399. Il est inhumé face à l'autel de la Sainte-Vierge, et où Nicolas de Guyse (un membre de sa famille), lui fit élever un tombeau de marbre le représentant tenant un livre à la main avec cette inscription : . On a retenu sur lui une autre épitaphe, réputée composée par lui-même, en vers latins, et qui se trouve dans le manuscrit () de la Bibliothèque du roi. Elle exprime selon Joseph Fr. Michaud & Louis Gabriel Michaud le découragement pour le peu de profit que ses Annales lui avaient rapportéJoseph Fr. Michaud, Louis Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne, ou Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, volume 66, édité chez Michaud frères, 1839.

Œuvre Ce chroniqueur et historien fut l'auteur d'une très volumineuse « histoire du Hainaut »Annales historiae illustrium principum Hannoniae (Annales historiques des nobles princes du Hainaut), rédigée en latin et dédiée au comte Albert de Hainaut. Jean Wauquelin en fera, sous le titre Chroniques de Hainaut, une traduction simplifiée mais richement illustrée pour la cour de Philippe le Bon (vers 1446-1450).

Cette traduction est par la suite impriméeLe premier volume des Illustrations de la Gaulle belgique, antiquitez du pays de Haynnau et de la grand cite de Belges: a present dicte Bavay, dont procedent les chaussees de Brunehault… en 3 vols., Paris, (Galliot) 1531-1532. au début du en trois volumes par les soins de Jacques de Leussach dit Lessabé, qui, malgré 25 ans de travail, ne parvient pas à terminer cette œuvre avant sa mort (vendue à Paris en la grande rue Saint-Jacques, en la boutique de François Regnault). Le premier volume était titré : Le Premier Volume des illustrations de la Gaulle-Belgique, antiquitez du pays de Haynau et de la grande cité de Belges, à présent dite Bavay, dont procèdent les chaussées de Brunehault; et de plusieurs princes qui ont régné et fondé plusieurs villes et citez audit pays, et autres choses singulières et dignes de mémoire advenues durant leurs règnes, jusques au duc Philippes de Bourgongne dernier décédé. Le deuxième (édité la même année) est titré : Second volume des Croniques et annales de Haynnau et pays circonvoisins. (Feuillets LXXXII). Le troisième est édité en 1532 mais ne va que jusqu'à l'année 1258 (alors que l'éditeur annonçait dans le premier volume une histoire se poursuivant jusqu'au règne de Philippe Le Bon).

En 1826, M. Agricol-Joseph Fortia d'Urban (marquis de Fortia), passionné d'histoire ancienne, se lance dans une publication nouvelle, qui se veut complète des Annales de Hainaut, avec traduction française en vis-à-vis du latin, en 15 volumes, in-8° + deux volumes de table, l'histoire du Hainaut étant elle-même divisée en 20 livres, traitant de l'histoire des premiers rois belges, venus de Troyes selon les chroniqueurs, jusque vers le milieu du , sous la comtesse Marguerite. Des annotations, de la main du marquis de Fortia enrichissent le texte.

Critiques Dans les siècles qui ont suivi la publication des Annales du Hainaut, celles-ci seront en partie critiquées par de nombreux antiquaires et historiens, notamment pour ce qu'elles font remonter l'origine des Belges aux Troyens fugitifs de l'Asie mineure, et quand de Guyse y cite l'histoire d'une longue suite de rois et de princes qu'il dit s'être établis à partir de Bavo, cousin de Priam, jusqu'au duc régnant du Hainaut.

Plus de quatre siècles plus tard, Raynouard (dans le Journal des savants de juillet et octobre 1831) et Saint-Marc Girardin (dans le Journal des débats, du 28 septembre 1831) critiquent cette hypothèse. Plusieurs lui reconnaissent néanmoins de n'avoir pas inventé, mais simplement rapporté des idées fausses mais en vigueur dans l'antiquité ; en particulier l'idée que des peuples de Gaule sont originaires de la mythique Troie ne date pas des chroniqueurs du Moyen Âge, mais remonte à l'antiquité, ce que Jacques de Guyse n'aurait fait que répéter : l'écrivain romain Lucain (né en 39 après Jésus-Christ) écrivait déjà des ArvernesJean-Louis Brunaux, Nos ancêtres les Gaulois, Seuil, 2008, . qu'ils .

Par ailleurs, de Guyse a lui-même expliqué que sa méthode était basée sur une modeste compilation d'auteurs différents qui l'ont précédé : Annales de Hainaut, livre IV ; Voir l'introduction du chapitre XLVL ( à , en français ou en latin).

Selon, le baron de Reiffenberg en 1832, il pourrait y avoir chez de Guyse ; le baron lui reprocheEssai sur la statistique ancienne de la Belgique. I. Population. - II. Architecture. - III. Mobbilier, Costumes, par le Baron de Reiffenberg, Seconde partie séance de l'académie du 3 novembre 1832, Bruxelles, PDF, 142 pages (voir page 8/142 de la version PDF = page 6 du livre scanné) à J. de Guyse d'avoir travaillé .

Le baron cite néanmoins Grégoire Divaeus (également invoqué avec d'autres par Agricol-Joseph Fortia d'UrbanMémoires pour servir à l'histoire ancienne du globe terrestre, par M. de Fortia, I, 103 et suiv.) qui dit avoir vu

Devenir et utilisations du manuscrit original, des copies et de la traduction Il y a eu, comme cela était assez courant à ces époques quelques erreurs ou confusion sur les noms des auteurs, traducteurs, commanditaires et les dates concernant le travail de De Guyse aux (ce qui s'explique notamment par le fait que les noms propres n'avaient pas d'orthographe obligatoire, qu'ils étaient souvent latinisés ou francisés, abrégés ou déformés par erreur de copistes, et parce que les systèmes de datation ont pu varier selon les époques ou les auteurs).

Ainsi ; dans son Dictionnaire historique et critique (1820-1824) Dictionnaire historique et critique. T. VII, Gabriel-Hemmingius / de Pierre Bayle… ; éd. augm. de notes extraites de Chaufepié, Joly, La Monnoie, Leduchat, L.-J. Leclerc, Prosper Marchand, etc. - Voir l'article Jacques de Guyse, avec Gallica/BNF, Pierre Bayle (1647-1706) qui semble ne pas avoir lu De Guyse, ni sa traduction) dit de lui qu, Pierre Bayle rappelle, citant Valère AndréVoir exemplaire numérisé de l'article, dans Gallica/BNF (note de bas de page) que . Pierre Bayle précise à juste titre que Moréri se trompe en disant que de Guyse est né à Valenciennes, et que lui et La Croix du Maine se sont également trompés sur la date de mort de De Guyse ; dit Pierre Bayle citant Valère AndréValère André, Biblioth. belg;, page 411. Pour André du Chesne rapporté par Pierre Bayle et les biographe de l'époque des lumières, le titre de l'ouvrage était : . À ce propos, Pierre Bayle fait remarquer que Du Chesne oublie de préciser qu'il s'agit d'une traduction en français. Pierre Bayle précise aussi que La Croix du Maine , et qu'il se trompe aussi sur le fait que jacques de Guyse soit né à Guyse. Pierre Bayle ajoute que , et qu'elle a été composée à la requête du comte Guillaume de Hainaut, mais non comme le dit le titre de l'abbrégé sur commande d'un duc de Bourgogne nommé Philippe qui soit mort en ce temps-là, car Philippe de Rouvres dernier duc de Bourgogne de la première branche à porter ce prénom mourut le 21 de novembre 1361 (c'est en fait la traduction française qui a été commandée par Philippe). Valère AndréValer. Andreas, Biblioth. Belg., page 122 (tel que cité par Pierre Bayle) insiste sur le fait que l'édition de Paris de 1361 précisait dans son titre qu'il ne s'agissait que d'un Extrait''' des Chroniques de Jacques de Guise" et qu'il y avait chez M. Gévart, à Anvers, un autre abrégé de ces Chroniques fait par ordre du duc de Bourgogne, Philippe-le-Bon. Il dit aussi que les franciscains de Mons avaient en trois tomes le manuscrit de cette Chronique de Hainaut.

Traduction en français À la fin de la première moitié du (vers 1446), il fut fait de cet ouvrage une traduction (non signée) en français, qui fera mieux connaitre ce texte, via un certain nombre de copies puis d'exemplaires imprimés. La version traduite fut imprimée à Paris en 1531 (en trois vol. in-fol., comme l'original). Cette traduction comprend cependant beaucoup de coupures dans le texte, au point que Joseph Fr. Michaud & Louis Gabriel Michaud le considèrent comme un abrégé plus qu'une traduction.

Le nom du traducteur ne figurant pas dans la traduction, divers auteurs ont spéculé sur la question de son identité.