de Craon, né vers 1136 et mort en 1196, seigneur de Craon, gouverneur d'Anjou et du Maine sous , personnage militaire et poète anglo-normand du . possédait aussi des fiefs en Angleterre qu'il tenait de la munificence d' (Ham, Wal(e)ton, Ewell, Burne.).
Biographie Chevalerie , fils de Hugues de Craon et de Marquise (très probablement de Vitré, fille d' ou plutôt de son fils ?) sa seconde femme, succéda à son demi-frère aîné en 1150. Il n'était pas majeur et ne fut reçu chevalier que postérieurement à la prise de possession de son fief. L'acte militaire le plus ancien de est sa participation au siège mis par devant la ville de Thouars, qui fut prise le .
Il était aussi le petit-fils de (x Étiennette ou Tiphaine, fille d'Hugues d'Ingrandes et Chantocé) et l'arrière-petit-fils de (x Ennoguen/Agnès/Domitia de Vitré), lui-même fils du fondateur de la deuxième Maison de Craon au , Robert le Bourguignon (x Avoise/Blanche de Sablé, fille héritière de Geoffroi de Sablé).
Croisade Quelques années plus tard, partit pour la croisade. rentra donc en France après le mois de . Il avait couru quelques dangers en Orient et, en exécution d'un vœu fait en Égypte, il constitua au profit de la collégiale Saint-Nicolas de Craon une rente de deux sous destinée à contribuer à la lampe de la chapelle.
Mariage Il n'épousa Isabelle de Meulan (Maison de Beaumont-Leicester)Appelée pour cela jusqu'à la fin de ses jours « Isabelle de Mayenne »., fille de , veuve en premières noces de (mort en 1169), qu'à son retour de Terre-Sainte vers 1170. Cette alliance lui apportait le double appui des seigneurs de Meulan et de ceux de Mayenne.
De son mariage, contracté en 1170 avec Isabelle de Meulan de Mayenne (morte en ), eut quatre fils et trois filles : Avoise, qui épouse : d'où la suite des comtes de Laval par leur fille Emma ; puis Yves Le Franc, avec postérité ; Renaud ; (né au plus tôt vers 1180, car mineur quand il devient sire de Craon en 1196, mort le , sans alliance connue ni postérité) : Philippe Auguste lui donne Plaimel/Plaimol en 1206 contre sa fidélitéIl succéda à son père en 1196 et fut seigneur de Craon jusqu'en 1207. ; Pierre, ecclésiastique ; succéda à son frère et fut seigneur de Craon depuis 1207 jusqu'au . (né au plus tôt vers 1180, mort le ) ; Clémence, épouse de Pierre de La Garnache ; AgnèsComme ses deux sœurs, Agnès était mariée en 1191, lors de la confection du testament de son père. Elle avait reçu en dot deux rentes assises l'une sur Craon, l'autre sur Chantocé, et devait abandonner l'une et l'autre si ses frères étant morts elle était devenue propriétaire des fiefs situés en Angleterre. Elle avait épousé de Mathefelon, ainsi que le prouve le don qu'il fit à l'abbaye de Fontaine-Daniel pour le repos de son âme, don qui ne porte pas de date mais qui reçut en 1204 l'approbation de l'évêque d'Angers (Voir et 71 du Cartulaire de Fontaine-Daniel). attendit jusqu'en 1216 pour le ratifier. D'Agnès Thibaut n'eut pas de fils, ainsi que le prouve la du Cartulaire de Craon par laquelle, en 1218, Thibaut approuvait un don fait à Chaloché par sa fille Ysabelle à son lit de mort, don qui était ratifié par son autre fille Emma., épouse en 1191 de .
d'Angleterre L'époque de vit s'accomplir l'élévation de la maison d'Anjou. Geoffroy d'Anjou meurt en 1151. Les seigneurs de l'Anjou devinrent vassaux de son fils Henri (lui même vassal de ).. La succession est portant disputée par son frère Geoffroy, avec l'appui du roi, en 1152. En 1154 Henri devint le roi d'Angleterre et, sous ses étendards, ses vasseaux doivent choisir leur camp: En 1174, lors de la révolte des fils d' contre leur père, on trouve au nombre des seigneurs restés fidèles à Henri. Chargé de commander les Angevins, il s'empara de Chantoceau et de Sablé, détruisit les deux forteresses voisines de Sablé : Saint-Loup et Saint-Brice, et reçut le gouvernement de l'Anjou et du Maine, ainsi que de la forteresse récemment construite à Ancenis.
Il figure cette même année parmi les témoins de la pacification signée au Traité de Falaise entre et ses fils.
En 1177, lors de la convention passée entre et , il est d'avance désigné par ce dernier comme l'un des arbitres qui statueront en cas de difficultés. Il en est de même le pour la paix signée à Gisors entre Philippe-Auguste et .
Troisième croisade Richard Cœur de Lion, successeur d', avait emmené avec lui un grand nombre de ses vassaux mais d'autres n'allèrent le rejoindre que plus tard ; fut du nombre de ces derniers car, en 1191, il était encore en Anjou. On ne rencontre aucun acte émané de lui au moment de son départ pour son premier voyage en Terre-Sainte. Pour le second, au contraire, on en connaît plusieurs, dont un testament datant de 1191.
Décès revint en France et fonda le prieuré des Bonshommes de Ballots près de Craon. Il mourut le , ainsi qu'il résulte de l'obituaire de la Haye-aux-Bons-HommesUne autre preuve se trouve dans l'acte dressé en 1197 entre de Laval et , afin d'établir entre eux une paix durable. André, dans l'énumération de ceux de ses amis qui ont droit au bénéfice de cette paix, nomme la maison de Craon mais au lieu de il désigne « les enfants de Maurice de Craon » donc Maurice Il n'existait plus lors de la rédaction de l'acte. On ne rencontre plus le texte de ce traité qui n'est connu que par l'Histoire de Vitré de Pierre Le Baud, ; on en trouve une analyse dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, , .. On ne sait où eut lieu sa sépulture, mais on sait que son cœur fut porté à l'abbaye de Savigny.
Poète anglo-normand ne fut pas seulement un grand guerrier et un homme de foi ; il fut encore poète, et parmi les chansons des trouvères de la langue d'oïl qui sont venues jusqu'à nous, il en est une qu'on peut légitimement considérer comme son œuvre<ref>Gaston Raynaud, qui a fait une étude toute spéciale des chansons du , a bien voulu prendre la peine de vérifier les attributions faites aux seigneurs de Craon. Écartant trois d'entre elles, il n'en retient que deux, celle-ci pour et celle qui commence par « Fière amour claime en moi par éritaige » qu'il attribue à . A la des Chroniques Craonnaises on en trouve le texte in extenso, tel qu'il a été publié par Guillaume-Stanislas Trébutien en 1843 Chansons de Maurice et de Pierre de Craon, poètes Anglo-Normands du , Caen, in-16 tiré à .</ref>, c'est celle qui commence par ce vers :
Littérature de Craon est le personnage central du vers anonyme en moyen haut-allemand Moriz von Craûn, daté entre 1187 et 1250. Ceci, à son tour, dérive d'un fabliau Du chevalier Qui recovra l'amour de sa dame. L'histoire raconte les efforts de Maurice pour courtiser "Isabel", présentée comme la femme de son voisin, Richard de Beaumont..
Notes et références
Bibliographie Fabrice Lachaud, "Une prise de position à contre-courant de l'aristocratie du Maine et de l'Anjou: l'intervention loyale du seigneur de Craon, , envers le Plantagenêt, son suzerain", dans : Martin Aurell, Ghislain Baury, Vincent Corriol et Laurent Maillet (dir.), Les Plantagenêts et le Maine, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2022, p. 152-167. Fabrice Lachaud, Le lignage en question : femmes, alliances et filiations chez les Craon du à 1373'', Bordeaux, Ausonius, 2017. .
Voir aussi Famille de Craon
Catégorie:Noble du Moyen Âge Catégorie:Famille de Craon Catégorie:Anglo-Normands Catégorie:Écrivain médiéval de langue anglo-normande Catégorie:Poète du Moyen Âge Catégorie:Personnalité de la troisième croisade Catégorie:Décès en 1196 Catégorie:Poète du XIIe siècle Catégorie:Baron de Craon