Marcelino Oreja Aguirre, premier marquis d'Oreja, né le à Madrid, est un homme politique espagnol membre du Parti populaire (PP).
Biographie Haut fonctionnaire sous le franquisme Titulaire d'un doctorat de droit obtenu à l'université centrale de Madrid, il passe les concours du corps diplomatique et devient conseiller d'ambassade.
Le , il est nommé sous-secrétaire de l'Information et du Tourisme par le ministre de l'Information et du Tourisme Pío Cabanillas Gallas « Decreto 46/1974, de 11 de enero, por el que se nombran Altos Cargos del Departamento. », Bulletin officiel de l'État du . Il est relevé de ses fonctions moins d'un an plus tard, le , par le nouveau ministre León Herrera Esteban « Decreto 3046/1974, de 8 de noviembre, por el que se dispone el cese de don Marcelino Oreja Aguirre como Subsecretario de Información y Turismo. », Bulletin officiel de l'État du .
Il retrouve la haute administration le , lorsque le nouveau ministre des Affaires étrangères José María de Areilza le désigne sous-secrétaire des Affaires étrangères « Decreto 3348/1975, de 19 de diciembre, por el que se nombra Subsecretario de Asuntos Exteriores a don Marcelino Oreja Aguirre. », Bulletin officiel de l'État du . À peine un mois plus tard, il est promu au rang de ministre plénipotentiaire de première classe « Orden por la que se asciende a Ministro Plenipotenciario de primera clase a don Marcelino Oreja Aguirre. », Bulletin officiel de l'État du .
Ministre des Affaires étrangères Le , Marcelino Oreja, proche des idées de la démocratie chrétienne, est choisi à 41 ans par le roi Juan Carlos et le président du gouvernement Adolfo Suárez, nouvellement nommé, pour occuper le poste de ministre des Affaires étrangères dans son premier gouvernement « Real Decreto 1607/1976, de 7 de julio, por el que se nombran los Ministros del Gobierno. », Bulletin officiel de l'État du .
Il est nommé sénateur par le monarque le « Real Decreto 1352/1977, de 15 de junio, por el que se designan Senadores, al amparo de lo dispuesto en la Ley para la Reforma Política. », Bulletin officiel de l'État du et rejoint le groupe sénatorial de l'Union du centre démocratique (UCD). Il est reconduit le suivant dans ses fonctions ministérielles « Real Decreto 1563/1977, de 4 de julio, por el que se nombran Ministros del Gobierno. », Bulletin officiel de l'État du .
Pour les élections législatives du , il est élu au Congrès des députés dans la circonscription de Guipuscoa « Oreja Aguirre, Marcelino », fiche biographique de la législature, site du Congrès des députés. Il conserve son portefeuille à la formation du nouveau gouvernement, le suivant « Real Decreto 711/1979, de 5 de abril, por el que se nombran Ministros del Gobierno. », Bulletin officiel de l'État du .
Lors du grand remaniement ministériel du 9 septembre 1980, Marcelino Oreja est relevé de ses fonctions et sort du gouvernement, après quatre ans et deux mois au ministère des Affaires étrangères, cédant son poste au ministre de l'Administration territoriale José Pedro Pérez-Llorca « Real Decreto 1795/1980, de 8 de septiembre, por el que se dispone el cese de diversos miembros del Gobierno. », Bulletin officiel de l'État du . Cette éviction est perçue comme une surprise, dans la mesure où doit s'ouvrir le lendemain à Madrid une réunion de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) et qu'il était attendu le jour même à Quito pour assister à une réunion du Pacte andin « La crisis de Gobierno se cierra con la sustitución de Marcelino Oreja por Pérez-Llorca », El País, le .
Il est promu par décret au grade d'ambassadeur dix jours plus tard « Real Decreto 1850/1980, de 12 de septiembre, por el que se asciende a la categoría de Embajador al Ministro Plenipotenciario de primera clase don Marcelino Oreja Aguirre. », Bulletin officiel de l'État du .
Délégué du gouvernement Environ un mois plus tard, le , il est choisi par le conseil des ministres comme gouverneur général au Pays basque « Real Decreto 2042/1980, de 10 de octubre, por el que se nombra Gobernador general en la Comunidad autónoma del País Vasco a don Marcelino Oreja Aguirre. », Bulletin officiel de l'État du . Il est le tout premier titulaire de cette fonction de représentation de l'État auprès des communautés autonomes « Marcelino Oreja, primer gobernador general en una comunidad autónoma », El País, le . Il démissionne alors de son mandat parlementaire, qui est repris par son neveu Jaime Mayor Oreja, numéro deux sur la liste de l'UCD en Guipuscoa « Marcelino Oreja dimite como diputado por Guipúzcoa », El País, le .
Afin de pouvoir se présenter aux élections législatives anticipées du 28 octobre 1982 comme tête de liste d'une alliance entre l'UCD et l'Alliance populaire dans la circonscription électorale d'Alava « Candidaturas proclamadas para las elecciones al Congreso de los Diputados y al Senado convocadas por Real Decreto 2057/1982, de 27 de agosto. », Bulletin officiel de l'État du , il est relevé de ses fonctions de « délégué général du gouvernement » le précédent, au profit de son neveu Jaime Mayor Oreja « Real Decreto 1766/1982, de 30 de julio, por el que se dispone cese en el cargo de Delegado general del Gobierno en la Comunidad Autónoma del País Vasco don Marcelino Oreja Aguirre. », Bulletin officiel de l'État du .
Secrétaire du Conseil de l'Europe Réélu au Congrès des députés, il siège à la commission de la Défense et à la commission des Affaires étrangères « Oreja Aguirre, Marcelino », fiche biographique de la législature, site du Congrès des députés. Il appartient initialement au groupe centriste « Grupo parlementario centrista », fiche récapitulative de la législature, site du Congrès des députés, mais le quitte le afin de rejoindre le groupe parlementaire populaire « Grupo parlementario popular », fiche récapitulative de la législature, site du Congrès des députés.
Le , sa candidature est officiellement proposée pour le poste de secrétaire général du Conseil de l'Europe par le gouvernement du socialiste Felipe González, après avoir fait l'unanimité au sein de la délégation espagnole à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) « Marcelino Oreja, candidato español a la Secretaría General del Consejo de Europa », El País, le . Il démissionne de son mandat parlementaire le suivant. Lors du vote, pour lequel il est considéré comme le favori, il se trouve opposé au titulaire du poste, l'Autrichien Franz Karasek, et à l'ambassadeur norvégien Ole Algard « Marcelino Oreja, favorito ante la elección del secretario general del Consejo de Europa », El País, le . Il l'emporte au premier tour, par 85 voix sur 162 votants « Marcelino Oreja fue elegido, por amplia mayoría, secretario general del Consejo de Europa », El País, le .
Député européen Lors de la fondation du nouveau Parti populaire (PP), en , il est choisi comme tête de liste pour les élections européennes du 15 juin suivant « Manuel Fraga lanza hoy el Partido Popular como clave de la renovación del centro-derecha », El País, le et nommé parmi les vice-présidents du PP « Dirigentes de AP conceden cinco meses a Oreja para que acredite su capacidad de aglutinar al centro-derecha », El País, le . En conséquence, le , la Française Catherine Lalumière est élue à sa succession au Conseil de l'Europe « Catherine Lalumière releva a Marcelino Oreja al frente del Consejo de Europa », El País, le . Le jour du scrutin, la liste qu'il conduit ne totalise que 21,41 % des voix et obtient 15 députés européens, soit un retard de 18,16 points et 12 sièges sur la liste du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).
À l'ouverture de la législature, le , il devient vice-président du groupe du Parti populaire européen (PPE) et président de la commission institutionnelle. Il est relevé de sa vice-présidence de groupe le , mais conserve sa présidence de commission lors du renouvellement de mi-mandat, le « Marcelino Oreja », fiche biographique de la , site du Parlement européen.
Il renonce, en , à être candidat du PP à la présidence du gouvernement « Oreja no aspira a ser el candidato popular », El País, le puis démissionne le de son poste de porte-parole du PP au Parlement européen et du comité exécutif du parti, se sentant marginalisé dans la détermination du projet de politique extérieure et éloigné du cercle des proches du nouveau président José María Aznar « Marcelino Oreja deja la ejecutiva del PP y su cargo como portavoz en el Parlamento Europeo », El País, le . Ayant bénéficié du soutien de personnalités comme Miguel Herrero ou Isabel Tocino, il revient cependant au comité exécutif au bout d'une semaine « Oreja regresa al Comité ejecutivo del PP a propuesta de Aznar », El País, le .
Commissaire européen Pour les élections législatives anticipées du 6 juin 1993, il est investi tête de liste dans la province d'Alava par le Parti populaire « Candidaturas proclamadas para las Elecciones al Congreso de los Diputados y al Senado, convocadas por Real Decreto 534/1993, de 12 de abril. », Bulletin officiel de l'État du . Il est réélu au Congrès des députés, après neuf années d'absence, et démissionne du Parlement européen, le . Il est désigné le président de la commission bicamérale pour les Communautés européennes « Oreja Aguirre, Marcelino », fiche biographique de la législature, site du Congrès des députés.
Moins de deux semaines plus tard, à l'occasion d'une entrevue au palais de La Moncloa, le président du gouvernement Felipe González se met d'accord avec Aznar pour que Marcelino Oreja prenne la succession d'Abel Matutes – futur tête de liste du PP aux élections européennes de juin 1994 – à la Commission européenne « Aznar y González pactaron que Oreja releve a Matutes en la Comisión Europea », El País, le . Il prend officiellement ses fonctions de commissaire européen aux Transports et à l'Énergie de la commission Delors III le « Marcelino Oreja, designado nuevo comisario europeo en lugar de Matutes », El País, le .
Quelques mois plus tard, en octobre, Jacques Delors cède la présidence de la Commission à Jacques Santer, qui choisit de confier à Oreja le poste de commissaire européen aux Relations avec le Parlement, à la Culture et à l'Audiovisuel « Marín y Oreja tendrán funciones más relevantes en la nueva Comisión Europea de Jacques Santer », El País, le . Il entre en fonction le .
Retrait de la vie politique Le , face à l'incertitude créée par la candidature aux élections européennes de la ministre de l'Agriculture Loyola de Palacio, il préfère annoncer la fin de sa vie administrative et politique, confirmant qu'il ne cherche pas être candidat lors de ce scrutin ou à se succéder au sein de l'exécutif européen « Marcelino Oreja se retira de la vida política sin poder hablar con Aznar », El País, le .
Devenu acteur du secteur privé, il est anobli par Juan Carlos le , avec le titre de marquis « El Rey hace marqueses a Marcelino Oreja y Tàpies », El País, le . Il entre notamment au conseil d’administration du groupe pétrolier Repsol.
Distinctions En 2017, il se voit décerner le Prix européen Charles-Quint. Créé marquis héréditaire d'Oreja par SM le roi Juan Carlos d'Espagne, le Grand-croix de l'ordre d'Alphonse X le Sage Grand-croix de l'ordre d'Isabelle la Catholique Grand-croix de l'ordre de Charles III d'Espagne
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Adolfo Suárez ; Jaime Mayor Oreja Manuel Fraga ; José María Aznar ; Abel Matutes Commission Delors III ; Commission Santer
Liens externes
Fiche sur le site du Sénat : législature constituante. Fiche sur le site du Congrès des députés : I, II et V législatures.
Catégorie:Naissance en février 1935 Catégorie:Naissance à Madrid au XXe siècle Catégorie:Diplomate espagnol Catégorie:Étudiant de l'université complutense de Madrid Catégorie:Ministre espagnol de la Transition démocratique Catégorie:Membre du second gouvernement pré-constitutionnel Catégorie:Ministre espagnol des Affaires étrangères