Le secteur de l'énergie en Suisse est, par sa structure et son importance, typique d'un pays développé. Hormis l'énergie hydroélectrique et le bois énergie, le pays dispose de peu de ressources énergétiques indigènes : produits pétroliers, gaz naturel et combustible nucléaire sont importés, de sorte qu'en 2022 seulement 26,7 % de la consommation d'énergie primaire ont été couverts par des ressources locales (ou 51,8 % si l'on considère le nucléaire comme ressource locale).

La consommation énergétique finale a été multipliée par près de huit depuis le début du , passant d'environ en 1910 à en 2022, le secteur le plus consommateur étant aujourd'hui celui des transports (36,2 % en 2022). Cette augmentation a été le produit du fort développement de l'économie suisse et de l’accroissement de la population. Le secteur étant fortement libéralisé, la politique énergétique fédérale vise à accompagner les promesses faites à Kyoto en promouvant une utilisation plus rationnelle des énergies et, particulièrement depuis les années 1990, le développement de nouvelles sources renouvelables.

Grâce à la part importante de l'hydroélectricité (52,8 %) et du nucléaire (36,4 %) dans la production électrique en 2022, les émissions de liées à l'énergie par habitant en Suisse en 2022 sont inférieures de 50 % à celles de l'Allemagne et de 10 % à celles de la France. 68 % de ces émissions proviennent de l'utilisation du pétrole et 42 % du secteur des transports.

À la suite de l'accident nucléaire de Fukushima en , le Conseil fédéral a annoncé le une sortie progressive de l'énergie nucléaire programmée pour 2034.

Cette « stratégie énergétique 2050 » a été acceptée en votation populaire par 58,2 % de la population le , et la nouvelle législation mise en vigueur en 2018.

Histoire vignette|gauche |Intérieur de l'usine hydraulique de la Coulouvrenière, à Genève, dans les années 1900.|alt=Vieille photo en noir et blanc d'une hall industrielle toute en longueur. Globalement, l'économie énergétique suisse s'est développée similairement au reste de l'Europe, bien qu'elle ait été en retard jusqu'en 1850. Jusqu'au milieu du , la Suisse est une société agraire. Elle fait reposer son approvisionnement énergétique sur le bois, la biomasse, l'éolien (pour de la navigation à voile), l'hydraulique (pour des moulins), la tourbe dans certains cantons et le charbon indigène dès le ... L'énergie mécanique dépend alors de la force humaine ou animale, et le transport de combustibles sur de longues distances n'a pas de sens économiquement.

Avant et pendant la Première Guerre mondiale, des crises du charbon amènent la Suisse à reconsidérer sa politique énergétique, et les premiers barrages hydrauliques voient le jour à partir de 1918. Dès lors, l'électricité prend de plus en plus d'importance dans la consommation énergétique, notamment grâce à l'éclairage, la chaleur industrielle et l'électrification des Chemins de fer fédéraux suisses.

vignette|La centrale nucléaire de Beznau, ici en 1969 pendant sa construction.|alt=Photo aérienne en noir et blanc, les deux bâtiments cylindriques des réacteurs sont au centre de la photo. L'arrivée de la motorisation à partir de 1930 change à nouveau le mix énergétique suisse avec l'arrivée du pétrole. Lors de la Seconde Guerre mondiale, le principal combustible utilisé par les ménages et l'industrie est le charbon, celui-ci plaçant la Suisse dans une position de faiblesse pour négocier avec l'Allemagne. En 1950, les produits pétroliers sont cependant plus utilisés pour le chauffage des ménages et des industries que pour les transports. La Suisse entre alors dans une société de consommation, ce qui cause une augmentation des besoins énergétiques du pays. Celle-ci est couverte par une hausse du nombre de centrales hydrauliques et l'arrivée de l'énergie nucléaire en 1969.

Vers 1970, la houille est progressivement abandonnée au profit du gaz naturel, plus propre et disponible grâce à la construction de gazoducs. De manière générale, les ressources énergétiques pétrolières ont un impact fondamental sur le mode de vie des Suisses, qui se déplacent plus. Le premier choc pétrolier touche la Suisse en 1974 et 1975, et il permet de se rendre compte que le pays dépend trop d'agents énergétiques importés. Dès lors, de nouvelles solutions énergétiques renouvelables et durables sont mises en avant, telles que la géothermie, l'énergie solaire, l'éolien et le biogaz, mais les économies d'énergie sont également explorées, par exemple au travers de la chaleur de récupération ou l'amélioration de l'isolation thermique dans le bâtiment. Depuis cette date, la production de ces agents énergétiques est en hausse continuelle.

En 2017, la Stratégie énergétique 2050 est acceptée lors d'une votation populaire avec 58,2 % de votes favorables. Celle-ci est motivée par l'accident nucléaire de Fukushima de 2011 et prévoit l'interdiction de construction de nouvelles centrales nucléaires, la fermeture graduelle des centrales existantes ainsi que des mesures pour réduire la consommation d’électricité, augmenter l’efficacité énergétique et promouvoir les énergies renouvelables.. La même année, la Suisse ratifie l'accord de Paris sur le climat, visant à limiter le réchauffement climatique à en 2100. Le pays s'est donc engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de moitié en 2030 par rapport à 1990 et doit parvenir à zéro émissions nettes en 2050.. Pour arriver à cet objectif, l'abandon des énergies fossiles est privilégié..

Agents énergétiques vignette|redresse=1.5|Mix énergétique primaire suisse en TJ pour l'année 2022. Les agents énergétiques sont des vecteurs énergétiques que l'on peut utiliser afin de satisfaire aux divers besoins de la population, des industries et des services. Ils se présentent sous diverses formes, et sont généralement catégorisés comme étant primaires ou secondaires . Les agents énergétiques se définissent également selon leur provenance ; en Suisse en 2022, la production indigène comprend le bois énergie, la force hydraulique, les ordures ménagères, les déchets industriels, l'énergie solaire, l'éolien, la géothermie, la chaleur ambiante, le biogaz, les carburants biogènes et la biomasse. Les agents énergétiques indigènes ont produit en 2022.

Les agents énergétiques peuvent également être considérés sous l'angle de leur contribution à la consommation brute d'énergie et sous l'angle de leur contribution à la consommation finale. En Suisse, certains agents énergétiques contribuent seulement à la consommation brute d'énergie ; c'est le cas de la force hydraulique, qui n'est pas utilisée telle quelle par le consommateur final. D'autres contribuent seulement à la consommation finale ; c'est le cas de l'électricité et du charbon. D'autres agents énergétiques, comme le gaz, contribuent à la consommation brute, et dans une moindre mesure à la consommation finale, car une partie du gaz est utilisée pour produire de l'électricité.

Le taux d'agents énergétiques importés varie annuellement selon la fluctuation des prix de l'énergie, de la conjoncture et des conditions hydrologiques et climatiques. L'importation d'agents énergétiques concerne le bois et le charbon de bois, le charbon, le pétrole brut et les produits pétroliers, le gaz naturel, les carburants biogènes et l'électricité. La Suisse a importé en 2022. Le pays exporte également du bois, du charbon de bois, du charbon, du pétrole brut, des produits pétroliers et de l'électricité pour en 2022.

Les organisations internationales catégorisent les combustibles nucléaires comme faisant partie du bilan indigène. L'Office fédéral de l'énergie (OFEN) les considère cependant comme importés mais ne les inclut pas dans ses bilans d'importation, le temps entre l'arrivée en Suisse du combustible et son utilisation étant considérable.

Renouvelables Le bois énergie et les forces hydrauliques sont les principales sources d'énergie renouvelables en Suisse. L'OFEN considère comme « autres énergies renouvelables » l'énergie solaire, l'énergie éolienne, les biogaz, les biocarburants ainsi que les pompes à chaleur alimentées par la géothermie et la chaleur ambiante. L'utilisation des « autres énergies renouvelables » fait l'objet de relevés depuis 1990. L'ordonnance sur l'énergie de 2017 fixe à 50 % la part renouvelable des déchets incinérés. En 2022, la consommation finale des énergies renouvelables s'est élevée à , soit 25,7 % de la consommation totale finale. Pour respecter la Stratégie énergétique 2050, les sources d'énergie renouvelables devraient représenter 100 % du mixte énergétique de la Suisse en 2050..

Forces hydrauliques

vignette|redresse=1.3|Localisation des centrales hydroélectriques en Suisse en 2020. Historiquement, les forces hydrauliques suisses sont d'abord converties en énergie mécanique dans des moulins afin de broyer des matières premières, telles que des céréales ou du papier.. Leur utilisation est alors limitée à des lieux proches de cours d'eau, et elle est ainsi consommée localement, parfois en la transportant sur une centaine de mètres au moyen de courroies. Dès la fin du , l'énergie hydraulique sert à la production d'électricité et la transformation en énergie mécanique perd peu à peu son intérêt. Au milieu des années 1920, les forces hydrauliques dépassent le bois en tant que premier agent énergétique indigène. Les plus gros bassins d'accumulations de Suisse sont construits entre 1945 et 1970, en même temps que de nombreuses centrales au fil de l'eau..

L'hydrologie de la Suisse est marquée par la présence de nombreux cours d'eau sur tout le territoire national ainsi que par un niveau de précipitations important ; ceux-ci participent au cycle de l'eau et font de l'énergie hydraulique une source renouvelable.. L'énergie hydraulique joue un rôle important dans la Stratégie énergétique 2050 de la Suisse. Les centrales existantes doivent être rénovées ou agrandies et de nouvelles centrales doivent être construites pour atteindre les objectifs fixés ; cependant, une augmentation substantielle de la production hydraulique n'est pas possible, le débit des cours d'eau devant être maintenu. La production annuelle d'énergie par force hydraulique n'est pas affectée de manière significative par le changement climatique, bien que, entre 2021 et 2050, la production moyenne devrait baisser de 4 à 6 % les mois d'été et augmenter de 10 % les mois d'hiver. En 2020, produisent annuellement, 48,7 % venant de centrales au fil de l'eau, 47 % de centrales à accumulation et 4,3 % de centrales à pompage-turbinage. Les cantons alpins d'Uri, des Grisons, du Tessin et du Valais couvrent environ 63 % de la production totale ; des centrales internationales, alimentées par des cours d'eau frontaliers, représentent 11 % de la production suisse. En 2022, les forces hydrauliques produisent , ce qui représente 44,8 % de la production indigène d'agents énergétiques primaires et 11,8 % de la consommation brute d'énergie du pays.

Bois vignette|gauche|Exploitation forestière dans le canton de Vaud ; bûches de bois de chauffage.|alt=Chemin forestier sur la gauche de la photo, de grands arbres des deux côtés. Sur le coté droit du chemin, on voit des ballots de bois de chauffage.