Les Ephesia grammata (du grec ancien ), littéralement les « formules d'Éphèse » sont l'une des plus célèbres formules magiques de l'Antiquité.

Déjà connues au milieu du , les Ephesia grammata à proprement parler sont au nombre de six. Elles nous sont connues par deux auteurs de l'ère chrétienne, Clément d'AlexandrieStromates I, 630. et HésychiosLexicon à l'article ., qui citent tous deux le pythagoricien Androcydès : et ( chez Hésychios).

Selon la tradition, elles sont, à l'instar de l'hexamètre dactylique, l'œuvre des Dactyles du mont IdaStromates.. Pausanias le Grammarien indique qu'elles sont gravées sur les pieds, la ceinture et la couronne d'Artémis, c'est-à-dire la statue de culte du temple d'Artémis à ÉphèsePréservé dans Eustathe de Thessalonique, commentaire du vers XIX, 247 de l'Odyssée.. Elles semblent en réalité avoir une origine phrygienne ou crétoiseMcCown, p. 130., sans lien initial avec l'Artémis d'Éphèse, qui n'est pas une déesse de la magieJ. Jessen, Pauly-Wissowa, V, 2761.. On a suggéré que l'adjectif ephésia ne se rattachait pas initialement à Éphèse, mais provenait du verbe / , au sens de « lâcher, relâcher »R. Wünsch, Reinisches Museum LX (1900), p. 84 et suivantes ; cité par McCown, p. 130. ou encore du babylonien epêšu, « ensorceler »A. Deissmann, « Ephesia Grammata », Abh. z. semit. Religionskunde u. Sprachwissens. WW von Baudissin zum 26. Sept. 1917 überreicht, Giessen, 1918, p. 121-124 ; cité par McCown, p. 130..

La fonction des Ephesia grammata est, de manière générale, de prévenir le malheur. Elles peuvent être invoquées oralement (Sur les moyens de connaître les progrès qu'on a faits dans la vertu, 85b). ou être inscrites sur une amulette en cuir ou en bois portée autour du couAnaxilas d'Athènes cité par XII, 548c.. Selon Plutarque, les mages conseillent aux possédés de réciter les formules pour chasser le démonPropos de table, 706e.. Une anecdote rapportée par plusieurs grammairiensPhotius, la Souda et Eustathe ; McCown, p. 131. met en scène un boxeur éphésien portant les Ephesia grammata inscrits sur une amulette à la cheville ; il bat à plusieurs reprises son adversaire milésien aux Jeux olympiques jusqu'à ce qu'on découvre le pot aux roses. Sans son amulette, l'Éphésien est facilement battu.

Si les lexicographes de l'Antiquité s'accordent à reconnaître que les Ephesia grammata n'ont aucun sensMcCown, p. 129., la croyance populaire en fait parfois le nom d'entités puissantes auxquelles s'adresse la personne qui les implore. Ainsi, une tablette en plomb du provenant de Crète invoque la protection d'Aski Kataski, Lix, Tetrag et Damnameneu, présentés comme des esprits bienfaisants ; Lix en particulier est un esprit du vent, le don de Zeus, la brise du soir qui apporte la fraîcheurMcCown, p. 133 et suivantes.. Dans le Testament de Salomon, un apocryphe du - , on retrouve Lix, décrit cette fois comme un vent mauvais qui apporte la fièvreMcCown, p. 139..

Peu de livres magiques ont été retrouvés à Éphèse. Une grande partie a sans doute été détruite au début de l'ère chrétienne, comme en témoigne un passage des Actes des Apôtres situé précisément dans cette cité : Et un certain nombre de ceux qui avaient exercé les arts magiques, ayant apporté leurs livres, les brûlèrent devant tout le monde: on en estima la valeur à cinquante mille pièces d'argentAc 19:19 ; extrait de la traduction de Louis Segond, 1910..

Notes

Bibliographie Charles Daremberg et Edmond Saglio, Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines, Paris, 1892, article « Ephesia » (II) Chester C. McCown, « The Ephesia Grammata in Popular Belief », Transactions and Proceedings of the American Philological Association, vol. 54 (1923), p. 128-140.

Liens externes Ephesia Grammata -Etudes Magiques - Revue en ligne d'accès libre publiée par des universitaires et des chercheurs spécialisés.

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