L'économie du football est la branche de l’économie du sport couvrant le football.

Économie des clubs Recettes L'économie du football en 2013 représenterait 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France et 400 milliards dans le monde, avec une part importante dédiée au coût des joueurs et de leurs agents. Le chiffre d'affaires cumulé des 20 premiers clubs masculins les plus importants en poids financier sur le plan mondial représente 10,5 milliards d'euros, en hausse de 14 % en 2022-2023 par rapport à la saison précédente. Le Real Madrid est en tête, avec 831 millions d'euros de CA, suivi du Manchester City (826 M€) et du PSG (802 millions). L'autre club français présent dans ce classement est l'OM, avec un CA de 258 M€. Globalement, pour ces clubs, la billetterie et les produits dérivés représentent plus de la moitié des recettes (respectivement 1,9 et 4,4 milliards d'euros).

Le football féminin, bien que présentant pour les 15 clubs les plus riches une hausse de 61 % de chiffre d'affaires, reste très en deçà avec un CA moyen de 4,3 millions d'euros, et un maximum enregistré par le club de tête, le FC Barcelone féminin, de 13,4 millions d'euros.

Recettes aux guichets Le football se transforme en business dès le milieu des années 1880 au Royaume-Uni Steven Tischler, Footballers and Businessmen. The origins of Professionnal Soccer in England, New York-Londres, Holmes & Meier, 1981, chapitre « Toward a "Sound Business Footing" » , . Les solides recettes enregistrées aux guichets permettent de financer l'adoption du professionnalisme et la construction de stades. Au niveau des affluences, la première saison du championnat d'Angleterre (1888-1889) affiche de moyenne par match Brian Tabner, Through the turnstiles, Harefield (Middx.), Yore, 1992, . La marque de de moyenne est franchie avant la fin du , celle des avant la Première Guerre mondiale Brian Tabner, op. cit., . Les recettes guichets restent l'élément essentiel du budget des clubs jusqu'aux années 1990. Elles sont progressivement supplantées par les droits de retransmission télévisuelle. Cela dit, pour certains clubs proposant des services annexes (bar, restaurant, voiturier, etc.), les recettes de billetterie sont très importantes (ex: Arsenal).

Publicité Si les maillots restent longtemps vierges de toute publicité, le stade est très vite doté de panneaux publicitaires. La publicité constitue un poste important des recettes, notamment depuis la fin des années 1960 et l'autorisation d'arborer des publicités sur les maillots en en France après une tentative avortée en 1968 : la Ligue voulait imposer à tous les clubs le même partenaire. Le Nîmes Olympique et l'Olympique de Marseille sont les premiers clubs professionnels français à porter une publicité sur leurs maillotsAlfred Wahl, La Balle au pied : Histoire du football, Paris, Gallimard, 1990, , . L'UEFA autorise les publicités sur les maillots en coupes d'Europe des clubs à partir de 1982, sauf pour les finales où l'interdit est levé en 1995. La FIFA interdit les publicités sur les maillots des équipes nationales.

Droits radio et télévision Les droits payés par la télévision représentent 1 % des recettes des clubs français en 1980. Ce type de recettes concernent en fait seulement les clubs disputant des coupes européennes. La situation est identique dans les autres nations européennes. Il faut attendre 1983 en Angleterre et 1984 en France pour assister à la signature de contrats de retransmissions des championnats. Les clubs refusèrent longtemps ces contrats car la télévision n'était pas prête à les rémunérer correctement. Concurrence entre les chaînes oblige, les montants des contrats augmentent rapidement, et la part dans les recettes des clubs passe à un tiers, puis aux deux tiers des budgets. Cette dépendance n'est pas sans danger. Ainsi, en Allemagne le groupe Kirch qui contrôlait les droits de la Bundesliga dépose son bilan le mettant en péril l'économie du championnat d'Allemagne. Le gouvernement allemand intervient, puis la situation se stabilise à la suite de la signature d'un nouveau contrat de diffusion avec un autre opérateur. La faillite du groupe ITV en Angleterre a également plombé les budgets clubs anglais de seconde division.

Produits dérivés Les produits dérivés, des programmes de matches aux gadgets aux couleurs des clubs, apparaissent également dès la fin du outre-Manche. Le merchandising représente une source importante de revenus pour certains clubs, tandis que d'autres, français notamment, négligent ce marché. En 2005-2006, le Paris Saint-Germain n'enregistre que de recettes de merchandising, en baisse de 34 % par rapport à la saison précédenteDNCG - bilan financier de la saison 2005-2006, page 83 PDF. Chez les clubs britanniques, la part du merchandising est beaucoup plus importante, car l'offre est beaucoup plus diversifiée, et la distribution correctement assurée.

Subventions Elles concernent aussi bien des subventions aux clubs que des investissements nationaux ou locaux dans les structures sportives tels que les terrains de football. En France, en 2024, un plan national prévoit 92 millions d'euros d'équipements de proximité et d'écoles, auxquels il convient d'ajouter les financements de stade, qui traditionnellement, ne relèvent pas des clubs.

Dotations en fonds propres

Les dotations en fonds propres correspondent aux apports financiers réalisés par les actionnaires et/ou propiétaires d'un club. Elles peuvent se décliner sous plusieurs formes, les principales étant : L'augmentation de capital, la recapitalisation, ou d'autres instruments hybrides (actions préférencielles, etc.) Selon l'UEFA, les injections de capitaux par les propriétaires constituent une notion importante de la structure financière de nombreux clubs. Ces différents apports permettent notamment de financer de nouvelles infrastructres, de soutenir la croissance du club, ou encore de compenser des pertes.

Dépenses Salaires Footballeurs Les salaires des footballeurs restent longtemps médiocres. Certains clubs comme le Real Madrid ou les clubs anglais proposent toutefois de meilleures conditions salariales dans les années 1950-1960, mais il faut attendre la mise en place du contrat à temps dans les années 1970 pour voir les salaires des footballeurs augmenter de manière significative. Au milieu des années 1980, ils restent encore en retrait par rapport à d'autres disciplines comme la Formule 1, le basket-ball américain, la boxe, le golf et le tennis notamment. La star Diego Maradona ne reçoit ainsi « que » de francs français (~ 1.2 million $) par saison à Naples tandis que le boxeur Larry Holmes perçoit plus de de francs français (~ 6 millions $) sur la seule année 1984.

Mais les choses ont depuis bien changé. Le joueur le mieux payé au monde en 2008 (salaires et revenus annexes) était David Beckham avec d'euros par an selon France Football, de dollars soit d'euros selon Sports Illustrated, ce qui en faisait le troisième sportif le mieux payé au monde, loin derrière les golfeurs Phil Mickelson ( USD dont 53 de revenus annexes) et surtout Tiger Woods ( USD, dont 105 de revenus annexes). En 2009, David Beckham était toujours le mieux payé avec d'euros par an, dont d'euros de salaire hors primes, derrière Zlatan Ibrahimović (11 millions d'euros par an de l'Inter Milan), Kaká ( d'euros du Milan AC), Lionel Messi et Thierry Henry (8,5 et d'euros à Barcelone) et Cristiano Ronaldo ( d'euros annuels de Manchester United). En 2011, Messi est déclaré par France Football comme étant le footballeur le mieux payé au monde avec un salaire annuel brut de d'euros, devant Beckham () et Cristiano Ronaldo ()Vu dans FF - Les salaires des stars, France Football, le 20 mars 2012.

À titre de comparaison, les joueurs les mieux payés en France pour la saison 2008-2009 (hors revenus annexes) sont Juninho Pernambucano ( par mois soit annuels) et Claude Makelele ( soit annuels). France Football a revu en ses chiffres à la hausse, estimant que Claude Makelele percevait en réalité d'euros bruts annuellement, et que Karim Benzema était le mieux payé avec d'euros annuels bruts. Selon L'Équipe, en 2009-2010 les joueurs les mieux payés de Ligue 1 seraient Lisandro López (Lyon) avec bruts mensuels devant Yoann Gourcuff (Bordeaux, ) et Lucho Gonzalez (Marseille, ), Claude Makelele gagnant désormais par mois.

Pour la saison 2007-2008, le salaire moyen net mensuel en Ligue 1 était de , contre en Angleterre selon France Football. Pour la saison 2008-2009, il était de bruts (%). Selon L'Équipe, le salaire moyen mensuel brut en L1 était de en 2008-2009, contre en 2009-2010.

Il est important de souligner que les disparités salariales au sein du monde professionnel sont extrêmement fortes. Par exemple, les six joueurs les mieux payés de MLS en 2015 (dans l’ordre Kaká, Steven Gerrard, Frank Lampard, Michael Bradley, David Villa et Sebastian Giovinco) touchaient à eux seuls l’équivalent de la somme des salaires des 414 joueurs (quasiment les trois quarts des joueurs) les moins bien payés du championnat. A elles seules, ces six « stars » aspiraient presque un quart de la masse salariale totale de MLSBastien Drut, Richard Duhautois, Sciences Sociales Football Club, De Boeck université, octobre 2015 . Pr, contre, cette disparité en MLS est aussi dû au règlement des joueurs désignés, qui fait en sorte que, pour ne pas créer un écart entre les équipes ayant des budgets plus élevé et les plus petits clubs, un plafond salarial avec un salaire maximum est en place ; mais chaque équipe a droit à 3 joueurs avec le salaire voulu, mais qui ne compteront que pour un joueur de 436 250$ (montant 2015), ce qui est le montant du salaire maximum pour un joueur non-désigné. Voilà pourquoi certains joueurs font beaucoup plus d'argent.

Par ailleurs, il semble y avoir une très forte corrélation entre masse salariale d'une équipe et résultats sportifs sur le long terme. Toutefois, cette équation n'est pas vérifiée aux États-Unis, où les joueuses de soccer obtenaient de meilleurs résultats que les équipes masculines, mais étaient moins payées (environ 75 %) jusqu'en 2022 que leurs homologues masculins

Si les salaires aujourd'hui des footballeurs semblent aux yeux de certains très élevés, il faut savoir qu'en France, en 2013, on estimait qu'en fin de carrière, seuls professionnels (sur ) pourraient vivre grâce à l'argent gagné lors de leur carrière, imposant donc aux autres une reconversionLes Echos, du 18 février 2013.

Footballeuses La professionnalisation des footballeuses est récente. Leurs salaires sont notablement inférieurs, surtout en club. Le premier pays à offrir les mêmes salaires en sélection nationale est les États-Unis. Sous l'égide de Megan Rapinoe, les joueuses perdent en 2020 un procès contre leur fédération exigeant la fin des discriminations salariales. La fédération déclenche un tollé en expliquant que ces disparités sont justifiées, les joueurs masculins ayant selon elle plus de responsabilités, et leur pratique exigeant un niveau plus élevé de compétences, exprimées en vitesse et en force. Finalement, un accord d'égalité salariale est conclu en 2022 pour les joueurs et joueuses en sélection.

Entraineurs Selon le site Internet portugais Futebol Finance, Luiz Felipe Scolari (FC Bunyodkor) était l'entraineur de club le mieux payé au monde en 2009-2010, avec d’euros annuels, devant José Mourinho (Inter Milan, ), Alex Ferguson (Manchester United, ) et Carlo Ancelotti (Chelsea, plus une prime d’ en cas de doublé championnat-Ligue des champions). L’entraîneur français le mieux payé était Arsène Wenger à Arsenal, avec d'euros par an.