La monarchie du Royaume-Uni (communément appelée monarchie britannique) est un système de gouvernement, fondé sur le système de Westminster (une monarchie parlementaire), dans lequel un monarque héréditaire est le souverain du Royaume-Uni et de ses territoires d'outre-mer. Il est à l'origine des pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif. Le monarque britannique est le gouverneur suprême de l'Église d'Angleterre et le chef d'État des quinze royaumes du Commonwealth. Cette forme d'union personnelle s'est développée à partir de l'ancien empire colonial britannique, mais ces pays sont indépendants et la monarchie de chacun d'entre eux est juridiquement distincte. Il est également, depuis , le chef symbolique du Commonwealth composé de cinquante-six pays.

Le monarque actuel est le roi , depuis le après la mort de sa mère . Le roi et les autres membres de la famille royale exercent diverses fonctions publiques conformément à leurs positions. Depuis la Magna Carta, pendant la guerre civile anglaise et la restauration, les pouvoirs politiques du monarque ont progressivement diminué. Aujourd'hui, le rôle du monarque est constitutionnel et limité à des fonctions cérémonielles non partisanes. Malgré cela, l'autorité exécutive ultime sur le gouvernement du Royaume-Uni est toujours une prérogative du monarque. Ces pouvoirs comprennent la dissolution du Parlement ainsi que la promulgation des règles pour le gouvernement et la réglementation de la fonction publique et des forces armées. Mais ces pouvoirs sont utilisés conformément aux politiques et procédures prévues par les lois adoptées au Parlement. Dans les cas où aucune loi ne s'appliquerait, il est chargé de prendre une décision en accord avec les conventions et les précédents. Le monarque possède plusieurs résidences royales (publiques ou privées) gérées au sein du Crown Estate. Ce « domaine royal » est, avec un actif d'une valeur supérieure à de livres, un des plus grands propriétaires terriens du Royaume-Uni. La résidence officielle du monarque est le palais de Saint-James, mais sa résidence usuelle, depuis sa rénovation il y a plusieurs décennies, est le palais de Buckingham.

Contexte Terminologie Les termes de monarque et de monarchie britanniques font référence respectivement au monarque du Royaume-Uni et à l'institution royale dont il est le chef. Cependant, malgré la séparation de la monarchie unitaire britannique de l'Empire, en 1931, en plusieurs entités légalement distinctes des royaumes du Commonwealth, les deux termes sont toujours utilisés en dehors du cadre britannique pour parler d'une personne extra-nationale et d'une institution partagées par 15 pays... De la même façon, pour des raisons historiques, politiques et de convenance, ces termes sont également utilisés en dehors du Royaume-Uni pour faire référence au monarque ou à la Couronne dans un contexte non britannique, au détriment des titres nationaux officiels et des termes adaptés à ses juridictions.

Lignée monarchique La monarchie britannique peut faire remonter sa lignée institutionnelle jusqu'aux rois des Anglo-Saxons et aux premiers rois écossais.. Le processus d'unification des petits royaumes médiévaux de Grande-Bretagne s'est déroulé jusqu'en l'an 1000, partagés entre le royaume d'Angleterre et le royaume d'Écosse. Le dernier monarque anglo-saxon (Harold II) a été vaincu et tué lors de l'invasion normande de 1066 et la monarchie passa alors entre les mains des conquérants normands. À partir de 1603, lorsque le roi écossais Jacques VI hérita du trône d'Angleterre sous le nom de Jacques , les deux royaumes furent gouvernés par un seul monarque. De 1649 à 1660, la tradition monarchique fut brisée par les républicains du Commonwealth de l'Angleterre, à la suite des guerres des Trois Royaumes. En 1707, les royaumes d'Angleterre et d'Écosse fusionnèrent pour créer le Royaume de Grande-Bretagne et, en 1801, le royaume d'Irlande les rejoignit pour former le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande. Toutefois, une grande partie de l'Irlande finit par faire sécession en 1922 en tant qu'État libre d'Irlande, mais le monarque y conserva légalement la souveraineté jusqu'en 1949.

Histoire Monarchie anglaise

vignette|La Tapisserie de Bayeux représentant la conquête normande par Guillaume le Conquérant. Après l'installation des Vikings au , le royaume de Wessex s'imposa comme le principal royaume d'Angleterre. Alfred le Grand sécurisa son territoire, conquit la Mercie occidentale et prit le titre de « roi des Anglo-Saxons ». Son petit-fils Æthelstan fut le premier roi à régner sur un royaume unitaire correspondant à peu près aux frontières actuelles de l'Angleterre. Cependant, même sous le règne d'Edgar, le royaume demeura au bord de l'éclatement. Au , l'Angleterre se stabilisa malgré de nombreuses guerres contre les Danois. Lorsque Guillaume, duc de Normandie conquit l'Angleterre en 1066, il devint le monarque du royaume où l'autorité royale était la plus forte en Europe. La conquête normande fut cruciale dans l'histoire du Royaume-Uni, tant au niveau des changements politiques que sociaux. Le nouveau monarque poursuivit la centralisation du pouvoir qui avait commencé durant la période anglo-saxonne. Dans le même temps, le système féodal continua à se développer.

À sa mort, deux des fils de Guillaume lui succédèrent sous les noms de Guillaume II et Henri . Henri décida de nommer sa fille Mathilde (son seul enfant encore vivant) héritière du trône, malgré la controverse que cela suscita. Après sa mort en 1135, un de ses neveux, Étienne, revendiqua le trône et prit le pouvoir avec le soutien de la plupart des barons. Cependant, le règne faible d'Étienne permit à Mathilde de lui contester le trône, à la suite de quoi l'Angleterre traversa une période de troubles connue sous le nom d'Anarchie. Étienne ne réussit qu'à maintenir une emprise précaire sur le pouvoir tout au long de sa vie. Toutefois, il accepta un compromis en vertu duquel le fils de Mathilde, Henri, lui succéderait, faisant de celui-ci le premier monarque de la dynastie des Plantagenêt, en 1154, sous le nom d'Henri II.

vignette|upright|Le roi Richard Cœur de Lion (vue d'artiste).

Les règnes de la plupart des monarques Plantagenêt furent entachés par des troubles civils et des conflits entre le monarque et la noblesse. Henri II dut même faire face à la rébellion de ses propres fils, les futurs Richard et Jean. Néanmoins, Henri réussit à étendre son royaume, notamment avec la conquête de l'Irlande, qui était constituée d'une multitude de royaumes rivaux. Henri donna l'Irlande à son jeune fils Jean en le faisant « Seigneur d'Irlande ».

À la mort d'Henri II, son fils aîné Richard lui succéda sur le trône. Ce dernier passa néanmoins la majeure partie de son règne hors des frontières du royaume, préférant se consacrer à la troisième croisade au Proche-Orient. À sa mort en 1199, c'est son frère Jean qui lui succéda, ce qui permit l'union de l'Angleterre et de l'Irlande sous une seule couronne. Le règne de Jean sans Terre fut cependant entaché par une opposition marquée des barons anglais qui conduisit à la signature de la Magna CartaCette « Grande Charte » constitua un tournant décisif dans l'histoire de la démocratie car elle limita le pouvoir royal et garantit les droits et les libertés.. Le roi Jean plongea néanmoins le pays dans une guerre civile quand il décida, peu de temps après, d'abroger la charte. Le conflit avec les barons prit fin à sa mort en 1216. Il se raviva toutefois quelques années plus tard sous le règne de son fils, Henri III. Cette fois, la révolte dirigée par Simon de Montfort prit fin par une victoire des royalistes, après que le roi eut convoqué le parlement en 1265.

Le pouvoir royal fut beaucoup mieux maintenu sous le règne d'Édouard qui réussit à conquérir le pays de Galles et tenta une invasion de l'Écosse. Toutefois, les territoires qu'il gagna sur l'Écosse furent perdus sous le règne de son successeur, Édouard II. Ce dernier fut contraint, en 1311, de renoncer à beaucoup de ses prérogatives au profit d'un comité de barons, jusqu'à ce que ses victoires militaires lui permissent de reprendre le contrôle en 1322. Néanmoins, en 1327, le roi Édouard fut déposé par sa femme Isabelle au profit de son fils, Édouard III. Le nouveau monarque revendiqua très rapidement le trône de France, ce qui déboucha sur le déclenchement de la guerre de Cent Ans opposant l'Angleterre à la France. Édouard III remporta de nombreux succès et réussit à conquérir une grande partie du territoire français. Son règne fut également marqué par le développement du pouvoir du Parlement, qui est, pour la première fois, divisé en deux chambres. À sa mort en 1377, c'est son petit-fils Richard II qui lui succéda. À l'instar de ses prédécesseurs, celui-ci entra en conflit avec les nobles d'Angleterre quand il tenta de concentrer le pouvoir entre ses mains. En 1399, alors qu'il était en déplacement en Irlande, son cousin Henri Bolingbroke prit le pouvoir et força Richard à abdiquer, avant de l'assassiner.

En tant que petit-fils d'Édouard III et fils de Jean de Gand, duc de Lancastre, la dynastie d'Henri IV fut connue sous le nom de Maison de Lancastre. Au cours de son règne, Henri IV n'eut de cesse de combattre les intrigues et les rébellions. Le succès de son règne fut dû en bonne partie aux compétences militaires de son fils, le futur Henri V. Le règne de ce dernier, qui débuta en 1413, fut relativement épargné par les troubles intérieurs, ce qui lui permit de se consacrer pleinement à la poursuite de la guerre de Cent Ans en France. Alors qu'il remportait d'importantes victoires, Henri V mourut soudainement en 1422, laissant ainsi le trône à son fils en bas âge, Henri VI. L'impopularité des régents, puis le manque de poigne d'Henri lui-même, contribuèrent au renversement de la domination anglaise en France et à l'affaiblissement de la Maison de Lancastre. À partir de 1460, Richard d'York, descendant d'Édouard III et à la tête de la Maison d'York, contesta l'autorité de la Maison de Lancastre. Malgré la mort au combat du duc d'York en 1460, son fils aîné Édouard conduisit la Maison d'York à la victoire en 1461. Toutefois, la guerre des Deux-Roses se poursuivit par intermittence pendant le règne des Yorkistes Édouard IV, Édouard V et Richard III. Au bout du compte, le conflit aboutit au succès de la branche des Lancastre lorsqu'Henry Tudor (le futur Henri VII) s'empara du trône après la mort de Richard III à la bataille de Bosworth, en 1485.

vignette|upright|Le roi Henri VIII.

La fin de la guerre des Deux-Roses constitua un tournant majeur dans l'histoire de la monarchie britannique. En effet, une grande partie de la noblesse avait été, soit décimée sur le champ de bataille, soit exécutée pour avoir pris part à cette guerre, ce qui eut pour conséquence que de nombreux domaines furent perdus au profit de la Couronne. Par ailleurs, comme le féodalisme était en perte de vitesse et que les armées féodales contrôlées par les barons étaient devenues obsolètes, les Tudor réussirent facilement à rétablir une suprématie absolue dans le royaume. Le pouvoir de la Couronne atteignit son apogée sous le règne du deuxième roi Tudor, Henri VIII. Son règne fut en effet à l'origine de nombreux changements politiques majeurs qui transformèrent le faible royaume d'Angleterre en une grande puissance européenne. Son règne fut également l'occasion de grands bouleversements religieux lorsque ses différends avec le pape le conduisirent à rompre ses liens avec l'Église catholique romaine et à instaurer l'Église d'Angleterre. Son règne vit également l'annexion du pays de Galles en vertu de l'Acte d'Union de 1536. En effet, bien que le pays de Galles eût été conquis des siècles auparavant, il était resté depuis lors un dominion.