Hugues de Chalon (né vers 965, mort le ) est un seigneur et un religieux français du Moyen Âge, comte de Chalon et (999-1039).

Famille Hugues (Hugo) est le filsIl est le seul fils ayant survécu puisqu'en 999 après le salut de ses parents décédés Hugues invoque aussi pro animabus fratrum ac sororum, ceux qui suppose au moins un frère décédé (référence : acte du Cartulaire de Cluny). de Lambert de Chalon (), comte de Chalon(-sur-Saône) et de la comtesse Adélaïde (Adélaïs) ().Pour les hypothèses sur les origines d'Adélaïde, voir .. Il a deux sœurs et a probablement une demi-sœur aînée.

Sa Vita indique qu'il a une sœur ayant épousé « le duc de Bourgogne »Chapitre 49 des GPA. - pour des raisons chronologiques cela correspond alors au duc Eudes-Henri de Bourgogne dont on sait qu'il a épousé une GerbergeRapprochement des GPA avec Raoul Glaber (, c. 82) et le cartulaire de Saint-Bénigne, ..

Sur le lien entre Hugues et sa "sœur" , plusieurs hypothèses sont possibles.

La première est qu'ils ont les mêmes parents : Lambert de Chalon et Adélaïde. La seconde hypothèse est que le père commun est Lambert mais que Gerberge est née d'une première épouse de ce dernier. La dernière hypothèse est qu'ils ont seulement la même mère, Adélaïde.

En tout cas, Gerberge épouse en premières noces le roi associé , puis épouse en deuxièmes noces le duc de Bourgogne Eudes-Henri de Bourgogne. Gerberge a pour enfants, de son premier mariage : Otte-Guillaume (~960/962-1026) (comte de Mâcon et de Bourgogne)..

Puis Lambert épouse Adélaïde (après 955), avec qui il a de façon assurée : Hugues ; Mathilde, mariée à Geoffroy de Semur-en-BrionnaisJean-Marie Jal & Michel Maerten, Les châteaux du Charolais (), dans Histoire et Patrimoine Rural en Bourgogne du Sud, 9, Éditions du Centre d’Études des Patrimoines - Pays Charolais-Brionnais, Saint-Christophe-en-Brionnais, 2015, . et dont le fils Thibaud succèdera à Hugues au comté de Chalon.

Son père Lambert de Chalon meurt début 978. Devenue veuve, sa mère Adélaïde se remarie courant 978 (après une courte période de veuvage, et probablement pour protéger le patrimoine familial pour son fils Hugues encore enfant) avec Geoffroy Grisegonelle d'Anjou, avec qui elle a : Maurice d'Anjou (1012)Charte datée du début des années 990 : « Hugo comes » (« de Chalon), comte ») fait une donation à Cluny « pro absolutione patris Lantberti » (« pour l'absolution de l'âme de mon père Lambert »), nommant aussi « mater mea Adelaydis et frater meus Mauricius » (« ma mère Adelaïde et mon frère Maurice »). Référence dans le Cartulaire de Cluny, acte .Charte datée entre le et le : « Fulco comes Mauriciusque frater eius » accuse « Rainaldus Andecavorum episcopus » (Rainald évêque d'Angers) de corruption , nommant aussi « patri eorum Goffrido » (« notre père Geoffroy »). Cité dans ..

Biographie Lorsque son père Lambert meurt, Hugues est probablement trop jeune pour assumer le comté de Chalon. C'est ce qui est suggéré par le très rapide remariage de sa mère (après plusieurs semaines de veuvage) à dit « Geoffroy Grisegonelle » (« manteau gris ») (~938/940 - mars ou ). Dans ces circonstances, Geoffroy Grisegonelle prend le titre de comte de Chalon jusqu'à sa mort le .

Voué initialement à un cursus dans le clergé, il entre comme chanoine de la cathédrale d'Autun. Avant de devenir évêque, il obtient d'autres bénéfices. religieux dont l'abbatiat du monastère de Paray fondé par son père.

À la mort de son beau-père en , quoi qu’entré dans les ordres, il obtint le comté de ChalonRaoul Glaber , c. 2. « par ordre du roi, parce que son père (Lambert) n’avait pas laissé d’autre fils ».

Évêque d'Auxerre En 999 il est nommé évêque d'Auxerre sur proposition du duc et du roi . Il est consacré dans l'abbaye Saint-Germain le . (c'est-à-dire le second dimanche de carêmeNecrologium Autissimum, .).

Devenu évêque et comte, il donne le à l'abbé de Cluny Odilon, les bénéfices des monastères dont il jouissait lors d'une grande cérémonie à l'abbaye Saint-Marcel-lès-Chalon en présence du roi de France Robert le Pieux. Parmi ces bénéficesActe du cartulaire de Paray. sont Paray-le-Monial, fondé par son père au diocèse d'Autun. De plus il confirme la cession du prieuré de Saint-Marcel-lès-Chalon à ClunyActe du Cartulaire de Cluny. qu'avait entrepris son beau-père Geoffroy Grisegonelle.

Peu après son intronisation, l'empereur lui offre en remerciement un ornement épiscopalGPA, chapitre 49. : une mitre avec lame d'or bordant l’amict du côté du front avec une logue étole ; une chasuble de couleur pourpre décorée d'aigles impériales écarlates et de figures étoilées en broderie d'or. Ce geste de l'empereur serait un signe de gratitude pour l'action de Hugues en 996 pour soutenir sa grand-mère Adélaïde face aux Grands du royaume de Bourgogne..

Constructions, donations et pèlerinage Incendies Outre la famine qui règne vers l', Auxerre subit deux grands incendies durant l'épiscopat de Hugues de Chalon : l'un sous le règne de Robert le Pieux (avant 1025Le règne de Robert le Pieux dure de 996 à 1031, mais Henri est co-roi à partir de 1025 (son règne dure jusqu'en 1060). L'épiscopat de Hugues de Chalon va de l' à l'.) et le suivant sous le règne de (entre 1025 et 1039). Seule l'église de Saint-Alban martyr, que saint Germain a bâtie dans le haut de la cité, échappe au premier incendie ; la cathédrale est réduite en cendres. Plutôt que de la rebâtir en moellons comme la précédente église, Hugues la fait reconstruire en pierres de taille ; il demande une enceinte d'une plus grande étendue et y fait construire les cryptes telles qu'on les voit encore aujourd'hui, sous le sanctuaire et sous la moitié du chœur. L'ouvrage est déjà bien avancé lorsque survient le second incendie ; mais Saint-Étienne est indemne et le feu ne touche que quelques maisons..

L'église Notre-Dame-de-la-Cité est elle aussi entièrement détruite lors du premier incendie. Vers la fin de son épiscopat, Hugues de Chalon en fait commencer la reconstruction. mais décède en 1039 avant la fin de l'ouvrage, qui reste incomplet.. Notre-Dame-de-la-Cité doit attendre un demi-siècle que l'évêque Humbaud (1087-1114) reprenne le travail et l'achève..

La cathédrale et son chapitre Hugues fait don à l'église cathédrale du cadeau de l'empereur , un vêtement sacerdotal avec une parure de tête sertie d'une tiare, une robe de lin fin rehaussée d'un pectoral, une étole et un manipule décorées de grenats et une chasuble azur. Il lui donne également un missel écrit en lettres d'or à l'usage des évêques, un grand calice avec la patène d'argent doré, et deux cloches de grand poids. Il accorde aux chanoines, en augmentation de leurs prébendes, l'exemption du droit de parateLe droit de parate ou parete (jus mensæ paratæ) autorisait l'évêque à prendre son repas chez le curé. Les frais étaient souvent considérables lorsque le prélat, qui voyageait à cheval, avait une suite nombreuse. aux églises du diocèse ; il les exempte aussi du droit de grainsDroit de grain, en latin : jus grangaticum. qui lui appartenait, et du droit de glandéeLe droit de gandée est le droit de ramasser des glands dans les forêts pour nourrir les animaux (en particulier les cochons).. Il ajoute encore pour augmenter les mêmes prébendes une partie de la ville de Crevan, partie précédemment vendue par le chapitre à l'archidiacre Arduin à cause de la dureté des temps et que Hugues a rachetée dudit Arduin..

Autres établissements religieux Il fait remettre en état l'église Sainte-Eugénie de Varzy et fonde le chapitre de Varzy avec dix chanoines à qui il attribue des ressources pour leur subsistance. Il bâtit à Cosne, ville dépendante de son temporel, l'église de Saint-Laurent. Il restitue à l'abbaye de Saint-Germain le prieuré de Saissy-les-Bois et l'église d'Annay en Puisaye, qui étaient passés à des seigneurs laïcs. Il intercède pour que les reliques de saint Didier, ancien évêque d'Auxerre (605-621), soient remises à l'église du prieuré de Moutiers.

Fidèle au monarque, Hugues va obtenir divers bénéfices. Voulant favoriser l'abbaye de Cluny, le roi lui donne vers l' la moitié de la terre de Givry, située dans le comté de Dijon, pour fonder des messes pour le repos de son père et de sa mère. La même année, après avoir assisté à la dédicace de l'église Saint-Philibert de Tournus, Hugues de Chalon donne à ce monastère un village appelé alors Islez ou les Isles, et un droit de pêche dans la rivière de Saône : en reconnaissance de quoi les religieux lui accordent l'étendard ou la bannière de saint Philibert, et le déclarent protecteur de tous leurs biensHistoire de Saint Philibert de Tournus.. Enfin, « la vingt-sixième année du roi Robert » (1022), il souscrit à l'exemption des dîmes que Geoffroy, évêque de Chalon, avait accordée à la même abbaye à la demande de saint Odilon.

Chartes et documents Son nom se trouve en différents actes, à l'occasion des donations qu'il fit à plusieurs églises. En 1030, il ratifia les donations faites par Geoffroy, évêque de Chalon, au monastère de Saint-Hippolyte. Il est nommé dans l'Histoire de Chalon, pour sa donation en 1032 de l'église de Notre-Dame de Laon aux évêques de cette ville afin qu'elle leur serve de second siège.. En 1037, il approuva la donation de Renaud comte de Dijon en faveur des religieux de Flavigny, d'une "place à faire du sel" à SalinsActe du Cartulaire de Flavigny.. Son nom se trouve encore parmi les souscriptions d'un concile d'Autun où l'évêque Helmuin accorda la réunion de l'abbaye de Corbigny à celle de Flavigny.

Les châteaux de Cosne et de Varzy Cosne et Varzy sont aux frontières ouest et sud du pagus d'Auxerre. Comme le propose la traduction correcte d'un passage de la Geste des évêques d'Auxerre rétablie par Constance B. Bouchard : le mot « mère » qu'on y trouve s'applique ici à « siège de l'Église-mère », c'est-à-dire la cathédrale (d'Auxerre), comme dans l'expression « Ecclesie matris sedem » et autres expressions similaires courantes à cette époque dans l'Auxerrois.Concurremment avec cette relecture du « matris sedis », C. Bouchard lit « antecessores » comme « prédécesseurs » plutôt qu'« ancêtres ».. Ce sont ces terres de l’Église d'Auxerre, des positions-clés, que Hugues fortifie face au puissant comte Landry de Nevers.

Voyage à Rome, pèlerinage à Jérusalem à la fin de sa vie Il est allé à Rome d'où il rapporte une absolution du pape pour avoir combattu. Par la suite, il fait le pèlerinage de Jérusalem au Saint-Sépulcre. Il ne survit pas de beaucoup à ce dernier voyage : après son retour, il semble ne plus quitter son diocèse.

Guerres et successions en Bourgogne thumb|250px|Carte de la Bourgogne à la fin du : en orangé, Royaume de Basse-Bourgogne ; en marron : duché de Richard, enjeu de la succession ; en jaune-vert, Royaume de Haute-Bourgogne. Acteur de la guerre de succession (1003-1005) En 1002, le duc meurt sans postérité. Il avait cependant adopté Otto-Guillaume, le fils de sa première femme Gerberge, né du premier mariage de celle-ci avec .. Cette adoption et son puissant réseau de soutien pouvaient en faire un héritier au gouvernement du duché. Face à lui, le neveu du duc Henri, le roi revendique légitimement le duché même s'il n'a pas encore d'enfants à qui transmettre cet honneur. Cette crise divise la Bourgogne et provoque une guerre de succession de 1003 à 1005.

En tant que comte de Chalon, l'évêque Hugues prend le parti du roi, contre son propre neveu (Otto-Guillaume, fils de Gerberge la demi-sœur de Hugues)Voir la section "Famille" du présent article.. C'est le seul grand feudataire de Bourgogne qui, selon Rodolphus Glaber, soutient le roi dès le départ.