Rimouski-Neigette est une municipalité régionale de comté de la province de Québec, dans la région administrative du Bas-Saint-Laurent, créée le . Son chef-lieu est la ville de Rimouski. Elle est entourée des municipalités régionales de comté suivantes : La Mitis, Les Basques et Témiscouata.

Toponymie La municipalité régionale de comté de Rimouski-Neigette a succédé en 1982 au conseil de comté de Rimouski, qui existait depuis 1855. Il tire la première partie de son nom du comté et de la ville de Rimouski, principale municipalité du territoire et du canton de Neigette.

Le nom du canton reprend l'appellation de la rivière Neigette, un diminutif de neige qui signifie une « faible chute de neige » dans le parler local. Ce terme a été homologué en 1868, mais il est déjà utilisé dans des rapports d'arpentage remontant à 1852.

Géographie

Située à environ à l'est de Québec, la municipalité régionale de comté (MRC) de Rimouski-Neigette est située sur la rive-sud de l'estuaire du fleuve Saint-Laurent, au centre de la région administrative du Bas-Saint-Laurent. Elle occupe une superficie de délimitée au nord par le fleuve Saint-Laurent, à l'ouest par les MRC Les Basques et Témiscouata, à l'est par la MRC de La Mitis et au sud par la frontière avec le Nouveau-Brunswick. Le territoire de forme presque rectangulaire s'étend sur sur l'axe nord-sud et d'est en ouest.

Subdivisions limitrophes

Municipalités vignette|droite|Rimouski La municipalité régionale de comté de Rimouski-Neigette est composée de 9 municipalités locales et un territoire non organisé.

+ Rimouski-Neigette Nom Type Population (2016)Source: Recensement canadien de 2016 Superficie (km) Municipalités locales Esprit-Saint Municipalité 341 169,40 La Trinité-des-Monts Paroisse 223 234,23 Rimouski Ville 339,64 Saint-Anaclet-de-Lessard Paroisse 126,77 Saint-Eugène-de-Ladrière Paroisse 364 333,64 Saint-Fabien Paroisse 121.20 Saint-Marcellin Paroisse 353 117,56 Saint-Narcisse-de-Rimouski Paroisse 961 163,41 Saint-Valérien Paroisse 816 145,27 Territoires non organisés Lac-Huron 20 964,06 Total 56 650 2 715,17

Géologie et relief vignette|droite|Vue à partir du belvédère Raoul-Rou dans le parc national du Bic Comme l'ensemble du Bas-Saint-Laurent, la MRC fait partie de la province naturelle des Appalaches. Le territoire est caractérisé par trois régions topographiques qui ont influencé le peuplement et l'activité économique. La première zone, celle des basses-terres, s'étend au nord du territoire sur une dizaine de kilomètres de profondeur à partir de l'estuaire du Saint-Laurent. Cette bande de terre sur laquelle sont concentrés les principaux centres de population, est formée de longues terrasses parallèles dont l'altitude varie entre le niveau de la mer et d'élévation. Les sols sont recouverts de dépôts meubles et sont sujets à certains endroits à des risques d'inondation et de mouvements de terrain à proximité de la rivière Rimouski ainsi que sur le long de la route 132 dans le secteur de Saint-Fabien.

Une zone intermédiaire, le moyen plateau ou le plateau appalachien nord, s'étend sur au sud de la zone des basses-terres. Elle est formée de crêtes ondulées et de collines arrondies séparées par des vallées de faible profondeur, dont les sols sont composés de sable et de gravier. Dans ce secteur, l'élévation varie entre . La plupart des lacs se concentrent dans la partie ouest de cette zone, la moitié est ne comptant que quelques lacs.

La dernière zone est une région de hautes terres au relief accidenté et aux vallées profondes. Dans la région, les élévations du plateau appalachien sud se situent généralement entre . Le plus haut sommet de la MRC, le Mont Longue-Vue, dans la paroisse de La Trinité-des-Monts, culmine à . Une autre colline, près du lac Huguette dans le territoire non organisé du Lac-Huron, s'élève à .

Hydrographie vignette|droite|Coucher de soleil à Rimouski sur le fleuve Saint-Laurent Les lacs et les rivières occupent une superficie d'environ , soit environ 3 % de la superficie totale de la MRC. Le territoire se draine vers le fleuve Saint-Laurent, dont les principaux affluents sont les rivières Rimouski, du Bic, du Sud-Ouest, Porc-Pic, Germain-Roy, Hâtée, La Loutre et LeChasseur-Vaillancourt. La MRC compte environ 850 lacs, dont 90 occupent une superficie supérieure à , seuil minimum pour l'établissement d'activités de villégiature sur les terres publiques.

Le plus important de ces cours d'eau, la rivière Rimouski prend sa source dans le haut plateau, traverse huit des neuf municipalités de la MRCSeule la municipalité de Saint-Fabien et les districts rimouskois de Rimouski-Est, Pointe-au-Père et du Bic ne font pas partie de ce bassin versant. et méandre sur une distance avant de se jeter dans la baie de Rimouski, à l'Ouest du centre-ville. Le bassin versant de la rivière Rimouski draine une superficie de et son module est de à l'embouchure. Le débit de la rivière varie en moyenne de à l'étiage d'hiver en février à lors de la crue printanière en mai.

Faune et flore vignette|droite|Iris versicolor au parc national du Bic Forêts La région de Rimouski est classée dans le domaine de la sapinière à bouleau jaune. Les forêts ceinturant la ville sont majoritairement composées de sapin baumier (), de bouleau jaune (), d'érable à sucre (), de bouleau à papier (), de peuplier faux-tremble () et de thuya occidental ().

Les principaux éléments de la dynamique forestière sont les épidémies de tordeuse des bourgeons de l'épinette () et les feux de forêt. Une recherche menée au début des années 2000 dans la région démontre que la fréquence des épidémies au cours des 450 dernières années est d'une aux 40 ans. Depuis le début du , les feux d'abattis ont brûlé d'importantes superficies, bien que depuis 1952 l'influence des feux ait diminué au Bas-Saint-Laurent.

L'étude de l'historique de l'exploitation des forêts dans le secteur de la rivière Rimouski démontre que les modifications aux pratiques sylvicoles ont contribué à modifier la composition de la forêt. La forêt pré-industrielle était dominée par des conifères qui dépassaient un siècle (65 %) ; les peuplements mixtes (30 %) et feuillus (moins de 5 %) étant en minorité.

Trois phases d'exploitation ont eu lieu aux . Entre 1827 et 1900, les travailleurs récoltent les plus gros arbres de manière sélective, principalement les pins et les épinettes. Les impacts de cette exploitation sont relativement mineurs, malgré les volumes importants qui ont été prélevés. Pendant la deuxième phase , l'exploitation de la forêt s'étend à l'ensemble des conifères, mais particulièrement au sapin baumier. Malgré l'importance de l'exploitation industrielle, les coupes étaient alors largement confiées aux basses terres près du réseau hydrographique.

Durant la deuxième moitié du , la mécanisation de l'exploitation et les coupes totales ont eu des conséquences profondes sur la structure d'âge et la composition des forêts. Les peuplements de conifères de plus de 100 ans ont été remplacés par des forêts jeunes, dominées par des essences feuillues pionnières ou opportunistes comme le bouleau blanc, l'érable rouge, le peuplier faux-tremble et l'érable à sucre. En revanche, le sapin baumier, l'épinette blanche, le pin rouge et le thuya occidental ont subi de fortes baisses.

Histoire

thumb|right|L'embouchure de la rivière Rimouski et le village en 1840. Aperçue par les explorateurs Jacques Cartier et Samuel de Champlain qui décrivent ses pics escarpés, ses baies et l'île Saint-Barnabé, la région est fréquentée depuis des milliers d'années par des tribus semi-sédentaires qui y exercent des activités de chasse, de pêche et de cueillette . Les premières seigneuries sont concédées entre 1676 et 1696 , mais la population régionale ne s'élève qu'à 44 habitants à la fin du régime français.

La région se peuple à compter du deuxième tiers du , passant de 400 résidents en 1829 à en 1881. Trois facteurs expliquent cette augmentation. D'abord, l'agriculture se développe sur les basses-terres. Des entrepreneurs comme William Price établissent des usines de sciage qui procurent de l'emploi en usine et en forêt, profitant d'une conjoncture favorable à l'exportation vers la Grande-Bretagne et les États-Unis. Enfin, Rimouski développe une vocation de centre de services régional avec l'établissement d'un palais de justice en 1862, la création du diocèse de Rimouski en 1867 et l'ouverture du séminaire en 1871.

Le développement des transports , donne une impulsion au commerce et entraîne la spécialisation de l'agriculture vers la production laitière. Profitant d'importants territoires de coupe dans l'arrière-pays, l'entreprise Price Brothers and Company construit une importante scierie à l'embouchure de la rivière Rimouski en 1899. La Grande Dépression des années 1930 réduit la demande de bois et force une partie de la population à migrer vers l'intérieur des terres. Avec la création des colonies d’Esprit-Saint, de La Trinité-des-Monts et de Saint-Eugène-de-Ladrière, le territoire habité atteint son extension extrême.

En , l'incendie de l'usine de Price Brothers embrase une grande partie de Rimouski et force la région à réorienter ses activités vers les services. Le développement de projets miniers, forestiers et hydroélectriques sur la Côte-Nord permettent à des entrepreneurs comme Jules-A. Brillant de développer un commerce prospère dans les secteurs des communications, du transport, du commerce de gros et de la construction. Avec l'activité accrue de l'État à compter de la Révolution tranquille, Rimouski confirme son statut de chef-lieu régional et de centre de services. Cette réorientation de l'économie régionale aura cependant un impact négatif sur l'arrière-pays, qui se dépeuple au profit de la ville-centre et des municipalités limitrophes, telles que Saint-Anaclet-de-Lessard et les anciennes municipalités du Bic, de Rimouski-Est et de Pointe-au-Père.

En réponse au déclin des paroisses de l'arrière-pays à la fin des années 1960, les gouvernements tentent de fermer 81 communautés dites « marginales » dans un effort d'aménagement planifié du territoire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. Les affectés par ces délocalisations se soulèvent et refusent d'abandonner leurs villages pour s'établir dans des « centres désignés ». Après quelques années de lutte, le mouvement social appelé « Opération Dignité » fait reculer les gouvernements, qui proposent plutôt d'établir des programmes agroforestiers afin de contrer le déclin de ces communautés.

La fin des années 1970 verra un mouvement de décentralisation des décisions dans le domaine de l'aménagement régional au Québec. Pour donner suite à cette réflexion, le gouvernement créée les municipalités régionales de comté au début des années 1980, pour renouveler et revaloriser les comtés municipaux qui existaient depuis 1855. Les MRC reçoivent le mandat de préparer des schémas d'aménagement du territoire et obtiennent des compétences supplémentaires au cours des années 1990, comme la gestion des matières résiduelles et la protection contre les incendies. Avec la réorganisation des municipalités de 2002, la MRC de Rimouski-Neigette signe un pacte rural, afin de faire contrepoids à la ville de Rimouski et de soutenir les municipalités rurales du territoire.

Population

+Évolution de la population dans les anciennes villes regroupées à Rimouski Municipalité Population Variation en % 1951 1961 1971 1981 1986 1991 1996 2001 51/91 91/01 96/01 Mont-Lebel 459 396 374 350 264 320 355 334 -22,7 4,4 -5,9 Pointe-au-Père 451 743 819,1 4,2 0,6 Rimouski 101,8 2,6 -0,9 Rimouski-Est 889 138,4 -3,9 -2,9 Sainte-Blandine 67,9 14,4 4,9 Sainte-Odile-sur-Rimouski 383 461 411 847 268,7 18,7 3,6 Le BicRegroupée à Rimouski en 2009. 37,1 -5,6 -4,2

Parcs, réserves et aires protégées

thumb|right|Le parc national du Bic, établi en 1984