Les Ouerghemma (berbère : Iwerɣemiyen, ) sont une confédération de tribus berbère du sud-est de la Tunisie..
Les tribus formant les Ouerghemma sont : 'Akkara, Ouderna, Touazine, ainsi que Khezour et Jebaliet
Tout les individus de cette confédération situé entre Gabès et la frontière tripolitaine peuvent être qualifiés avec certitude comme « berbères », au point où cela créé la surprise chez Gianni Albergoni, Sonia Ben Meriem et François Pouillon de voir une partie des intéressés se revendiquer comme « arabes ».
La grande confédération berbères des Ouerghemma était forte de 100.000 âmes. Le docteur Bertholon, fondateur de la Revue tunisienne et président de l'Institut de Carthage, qui a parcouru leurs régions au début du Protectorat Français de Tunisie rapporte à leur propos :On a commis à l’égard de cette région la même erreur qu’autrefois pour la Kabylie. Nous avons trouvé entre Gabès et la Tripolitaine une sorte de petit État berbère, semi-indépendant ; notre intérêt était de lui conserver son originalité et son autonomie ; au lieu de cela nous l’avons soumis à l’influence beylicale. Grâce à nous actuellement on l’arabise ; de la sorte on unifie la Régence. Cette unification ne peut se réaliser qu’à notre détriment en vertu de l’axiome qui commande de diviser pour régner (Bertholon 1894, 170).Les Ouerghemma forment depuis le siècle une alliance de sécurité pour la majeure partie des populations vivant entre la mer et le désert et qui ont étendu leur influence sur une vaste zone du sud-est de la Tunisie, de l'oued ez-Zess dans la région de Mareth jusqu'à la frontière tuniso-libyenne, représentant la majeure partie de la plaine de la Djeffara.
Les combats incessants que durent livrer les tribu firent de cette tribu un instrument de guerre de premier ordre. Les Ouerghamma, constitués en tribu makhzen, ont encore durant la période du protectorat français la garde de la frontière tripolitaine.
Étymologie La dénomination de la confédération, Ouerghemma, vient certainement des Beni Ourghma, une branche des Aït Demmer (Beni Demmer). Demmer désigne une montagne de la région de Tripoli formant l'extrémité occidentale de la chaîne qui s'étend au sud de cette ville, jusqu'aux environs de Gabès.. On appelle Aït Demmer ou Aïd Demmer les habitants de cette montagne, c'est-à-dire .
Origines
Selon les traditions orales et les constructions généalogiques locales, une des phases décisives du peuplement du Sud-Est tunisien s’ouvre aux s avec l’arrivée d’un groupe de berbère mené par un chef arabe idrisside : Moussa Ben Abdallah, accompagné de six compagnons présentés comme des « frères ».
Installés à Ghomrassen auprès d'autre populations sédentaires, le nom « Ouerghemma » se diffuse ensuite dans le Sud-Est et finit par désigner un ensemble plus large, incluant des populations de montagne et des tribus nomades de la plaine. Les relations entre communautés et l’influence religieuse contribuent progressivement à la formation d’une confédération, dont la mémoire locale conserve des récits légendaires liés au partage des territoires après la mort de Moussa Ben Abdallah.
Les Beni Ourghma, (tribu qui a donné son nom à l'ensemble de la confédération des Ouerghemma), est une branche des Aït Demmer, habitent les montagnes proches de Tripoli ; les Beni Ournîd forment aussi une branche considérable de la tribu des Demmer et possèdent de nombreuses ramifications, parmi lesquelles les Beni Ourtantîn, les Beni Gharzoul et les Beni Tofourt..
Histoire On retrouve la dénomination Ouerghemma depuis le début du notamment dans le célèbre voyage de Tijani de 1306 à 1308 parlant des habitants de Ghomrassen comme étant « une population de Ouerghemma ». Le célèbre savant Ifriqiyen du Ibn Arafa qui était aussi originaire de Ghomrassen appartenait aussi à cette tribu.
Les Ouerghemma se disent descendant des sept frères, venus avec leur père, Moussa ben Abdallah El Ouerghemmi, il y a maintenant environ plus de douze générations, de la Seguia El-Hamra et Oued Ed-Dahab. Leur père ce disait chérif descendant du prophète Mahomet. Ce qui aurait eu beaucoup de prestige auprès du Sultan hafside de l'époque, cette place dans la hiérarchie des hafsides à Tunis les avait obligés de quitter le palais des hafsides pour se diriger à I'intérieur du pays pour ne pas nuire à ses relations avec la cour. Le père fondateur reste à Tunis jusqu'à sa mort, où il y a une zawiya qui porte son nom dans le quartier de la kasba.
Arrivaient au ksar des Hamdoun qui deviendra Ghomrassen, une autre version dit que Moussa accompagné de six compagnons six frères avec mission de réislamiser la région. La manière pacifique basée sur la mission de réislamiser la région, formait un établissement durable qui donnera naissance à des tribus pieuses ou de formation théologique au sein du groupe de Touazine à titre d'exemple la famille Bettaieb, et la famille Abdelkebir ou Kebaieria connue dans la Jeffara et en Tripolitaine par leur pouvoir de guérison des nouveaux-nés, pouvoir hérité du père au fils. Toutes ces tribus Touazine sont des tribus guerrière.
Il y a des versions différentes et des écrits légendaire autour du partage qui se fait à la mort de Moussa Ben Abdallah de Ghomrassen ancienne Hamdoun jusqu'à Aurghamma au coeur de la Jeffara, les six tribus sœurs se répartissent dans la Jeffara tuniso-occidental et Tripolitaine dans des zones d'action en plaine et en montagne; ils deviennent les ancêtres des sept tribus.
Les tribus sont déjà reconstitué par les marabouts Lemtouna, dans la falaise par les disciples de Moussa ben Abdallah El Ouerghemmi et sur le littoral par les quatre autres missionnaires de la seguia El-Hamra. Le territoire des Ouerghemma s'étend dès lors depuis la falaise jusqu'à la mer.
Invasion hilalienne En 1052, les premières tribus arabes des Banu Hilal arrivèrent. Les Berbères se réfugièrent dans les montagnes du Djebel Matmata et du Djebel Demmer, faciles à défendre. A eux, pendant 150 ans, les occupants de la plaine ne songèrent pas à les déloger ou ne purent y parvenir. Vers la fin du XIIIe siècle, les Banu Hilal eux-mêmes chassés par de nouveaux arrivants, les Banu Sulaym, doivent continuer leur migration vers l’Ouest, atteignant Tlemcen. Une fraction des Sulaym, les Ouled Debbab, s’installa dans la plaine. Mais constamment en lutte contre les autres tribus arabes qu’elle avait repoussées vers le Nord, contre celles qui arrivaient encore de l’Est et occupaient la Tripolitaine actuelle, en lutte continuelle aussi contre d'autreBerbères à l’écart dans les montagnes désolées et réunis dans une grande confédération des Ouerghemma, ces ouled Debbab s'affaiblissent et au XVIe siècle, ils ne sont plus en état d’imposer leur volonté.
Ce furent les Ouderna, fraction des Ouerghemma qui attaquèrent, chassant de l’oued Tataouine la tribu arabe des Ouled Yacoub qui fut contrainte, de s’enfoncer dans la zone saharienne, au Nefzaoua où nous les retrouverons. Cette action de vigueur fut suivie d'un mouvement de fusions entre les Ouderna et des tribus arabes comme les Ouled Debbab qu'ils autorisèrent à demeurer dans la Jeffara. On retrouve le nom de cette fusion dans le nom des Ouled Debbab, tribu des Ouderna, qui a gardé le nom même des envahisseurs. À peu près en même temps, d’autres groupes des Ouerghemma, les Touazine, viennent aussi s'établir à Metameur, repoussant au sud les Nouaïel que l'on retrouve sous ce nom en Tripolitaine, en bordure de la frontière, et au nord les Hazems qui habitent le territoire de Gabès auprès des Hamernas issus comme eux des Banu Sulaym. Les Ouerghemma avaient donc repris leurs terrains de la Jeffara et en absorbant les tribus arabes présente.
La reconquête de la Jeffara sur leurs envahisseurs Vers le , Mansour Ben Khalifa, s’installe chez les Hamdoun (actuels Ghomrassen), troglodytes du Djebel Demmer. Peu après, les rejoignent six marabouts, guidés par Moussa Ben Abdallah El Ouerghemmi, qui tous portent le message de la Seguia El-Hamra. Ces missionnaires s’attachent à réformer l’Islam de leurs hôtes montagnards et prêchent la concorde. Les tribus, oubliant leurs discordes, prennent en signe d’union et de renouveau le nom d’Ouerghamma.
Vénérant Moussa Ben Abdallah, ils lui consacrent à sa mort vers 1500 une goubba entre Tataouine et Beni Barka.
Conscients de la force que leur donne l’unité, les Ouerghamma décident de reconquérir leurs plaines et procèdent en assemblée générale au partage de leurs prochaines conquêtes. Mansour, refusant le commandement suprême, revendique avec les siens la garde du foyer religieux dans le Djebel et fonde Ghomrassen. Les cinq autres marabouts (désigner comme des chérif) prennent respectivement la tête des Tarhouna, Touazine, Hararza, Khezour et Ouderna.
La famille la plus forte des nouveaux venus, celle des Ouerghemma, se vit à peine en sûreté dans ses rochers qu'elle chercha à venger ses défaites passées. Dès le milieu du , ils sont en toute occasion en lutte contre les autres tribu du voisinage. Au enfin, les Ouderna donnant le signal d'un mouvement qui dure encore à l'époque du protectorat, descendent du plateau, fondent Médenine et Métameur, chassent les Hazem vers le Nord et les Nouail vers le Sud et s'introduisent ainsi, comme un coin entre les deux fractions des Oulad Debbab.
Dans leur marche vers le Sud, les Ouderna affrontent les Ouled Yacoub, les Athaya et les Aterma. Ces derniers, encore puissants, les refoulent dans le Djebel Abiodh où vit un compagnon méconnu de Moussa Ben Abdallah, Bou Djelidat, qui donne son nom à ses hôtes montagnards. Ce marabout sauve les Ouderna du massacre par un miracle, et les réconcilie avec les Athaya qu'ils exterminent. Mais les Aterma se laissent absorber par leurs compagnons de lutte ou se replient vers le Sahara. Au contraire les Djelidat, grâce au rayonnement de leur saint patron, s'unissent aux vainqueurs sans rien perdre de leur originalité ni de leur caractère religieux. Pour venir à bout des redoutables Ouled Yacoub, les Ouderna abattent leurs chefs conviés à un miaad et restent les seuls maîtres de la Jeffara.
Les Khezour se divisent en quatre fractions commandées par les fils de leur chef Khezouri. Aoun Ali installe ses compagnons dans la vallée de l'Oued El Halouf, tandis que Meztouri se dirige avec les siens vers Ksar Biouli. Les Khezour prennent bientôt sous leur protection les Hararza, et ces deux groupes associent leur destin, sans perdre leur originalité, à celui des Touazine. Ensemble, ils descendent du Djebel Demmer et s’insèrent entre les Hazem au Nord et les Nouail à l’Est. Les Hazem, s’appuyant sur les Beni Zid, ne reculent pas au-delà de l’Oued Zeuss ; les Nouail cèdent du terrain, et les trois tribus Ouerghamma les refoulent progressivement. Entre-temps, les Ouderna, à qui le sort a donné en partage le Sud, se heurtent à de plus vives résistances.
Les Accara délogeaient les Nouail de Zarzis, Ces derniers s’étant établis au Sud-Ouest de la Sebkha el Melah, à Gassem Nebèche, furent encore refoulés vingt ans plus tard, par les Touazine et les Accara réunis. Ils se retirèrent plus à l’Est, au Sud d’el Biban, où se trouvaient les petites fractions Tripolitaines des Oulad Chebel, et pour se mettre en mesure de résister à leurs adversaires, ils bâtirent un fortin nommé Ksar Ben-Gardane, du nom du maçon qui l’édifia. Ce vieux fortin existe encore. Il ne servait, à l’époque où il fut construit, qu’à emmagasiner les récoltes et n’était occupé que par quelques gardiens, mais il devenait à l’occasion un excellent point d’appui pour les Nouails.