Agostino Casaroli, né à Castel San Giovanni le et mort au Vatican le , est un prélat catholique italien, cardinal secrétaire d'État de 1979 à 1990, pendant le pontificat de Jean-Paul II. Il joua un rôle de premier plan dans l'Ostpolitik du Saint-Siège (les relations du Vatican avec les pays communistes du bloc de l'Est), notamment à propos du sort réservé aux chrétiens de l'autre côté du rideau de fer.

Biographie

Prêtre

Né dans une famille modeste de la province de Plaisance, en Émilie-Romagne, Agostino Casaroli est ordonné prêtre le pour le diocèse de Plaisance, après avoir fait ses études au séminaire diocésain de Bedonia et au collège Alberoni de Plaisance. La même année, il entre à l'Académie pontificale ecclésiastique de Rome afin de s'initier à la diplomatie du Saint-Siège.

En 1961, il entre à la secrétairerie d'État du Vatican sous les ordres du pape Jean XXIII. Pendant les années qui suivirent le concile Vatican II, sous le pontificat de Paul VI, Agostino Casaroli acquiert la réputation d'être un diplomate subtil, capable de négocier efficacement avec les régimes politiques hostiles à l'Église catholique. En ce sens, il joue un rôle primordial dans l'Ostpolitik du Vatican. Les accords qu'il signe avec la Hongrie en 1964 et la Yougoslavie en 1966 marquent le début des relations du Saint-Siège avec des États où l'on persécutait les chrétiens. Ses Mémoires, publiés en 2000, révèlent de sa part une opposition au marxisme-léninisme beaucoup plus déterminée que n'a pu en juger l'opinion, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Église, même si cette opposition n'apparaissait pas au grand jour.

Il préside la conférence d'Helsinki sur la sécurité et la coopération en Europe (c'est-à-dire sur les rapports Est-Ouest) du au et participe aux délibérations de l'Acte final.

Évêque

Au sein de la curie, il a été nommé secrétaire du conseil pour les affaires publiques de l'Église et ordonné archevêque in partibus de Carthage par le pape Paul VI le .

Après la mort du cardinal secrétaire d'État Jean Villot, quelques mois après le début de son pontificat, Jean-Paul II l'appelle à prendre la direction de la secrétairerie d'État le . N'étant pas encore cardinal, Agostino Casaroli n'est pas nommé secrétaire d'État, mais pro-secrétaire d'État.

Cardinal

Jean-Paul II le crée cardinal avec le titre de cardinal-prêtre des Saints-Apôtres (Ss. XII Apostoli) lors de son premier consistoire le , et le nomme le même jour cardinal secrétaire d'État et président de la commission pontificale pour l'État de la Cité du Vatican. Certains voient en lui le « vice-pape », une fonction qui évidemment n'existe pas.

De 1981 à 1984, il exerce également les fonctions de président de l'administration du patrimoine du siège apostolique.

Pendant son mandat de secrétaire d'État, il met au point et signe avec le président du Conseil italien Bettino Craxi, le , le protocole de révision des accords du Latran entre le Saint-Siège et la République italienneL. 25 marzo 1985, n. 121 - Texte intégral disponible sur Wikisource http://it.wikisource.org.

Le , Jean-Paul II l'élève au rang de cardinal-évêque du diocèse de Portus-Santa-Rufina. Atteint par la limite d'âge, il quitte la secrétairerie d'État le , où lui succède le cardinal Angelo Sodano.

Il est vice-doyen du Sacré Collège de 1993 à sa mort, en 1998, due à un malaise cardio-respiratoire.

Homosexualité ? La question de l'homosexualité du cardinal Agostino Casaroli a été soulevée principalement par le journaliste Frédéric Martel dans son ouvrage Sodoma : Enquête au cœur du Vatican (2019). Dans cet essai, Martel classe Casaroli parmi les cardinaux homophiles (homosexuels ou affichant des comportements homophiles) de la Curie romaine. Citant des témoignages selon lesquels l'homosexualité d'Agostino Casaroli serait « avérée », il avance que la première partie du pontificat de Jean-Paul II, durant laquelle Casaroli était secrétaire d'État, était marquée par une équipe très « homosexualisée »Frédéric Martel : "Le Vatican est une des plus grandes communautés gay au monde", nouvelobs.com, 20 février 2019.

Succession apostolique Agostino Casaroli a ordonné les évêques suivants : Évêque (1972) Évêque (1973) Évêque (1973) Évêque (1973) Évêque (1973) Archevêque Johannes Dyba (1979) Cardinal Renato Raffaele Martino (1980) Archevêque Francesco De Nittis (1981) Archevêque (1982) Archevêque Bernard Henri René Jacqueline (1982) Cardinal Ivan Dias (1982) Cardinal Fortunato Baldelli (1983) Archevêque (1983) Archevêque Giovanni Battista Morandini (1983) Archevêque Ambrose De Paoli (1983) Archevêque Pier Giacomo De Nicolò (1984) Archevêque (1984) Cardinal Manuel Monteiro de Castro (1985) Cardinal Santos Abril y Castelló (1985) Archevêque Patrick Coveney (1985) Cardinale Antonio Maria Vegliò (1985) Archevêque Eugenio Sbarbaro (1985) Archevêque Antonio Mattiazzo (1985) Archevêque Francesco Canalini (1985) Archevêque (1987) Cardinal Giuseppe Bertello (1987) Cardinal José Saraiva Martins, C.M.F. (1988) Archevêque François Robert Bacqué (1988) Archevêque Faustino Sainz Muñoz (1988) Archevêque Piero Biggio (1989) Évêque (1989) Archevêque (1989) Archevêque Giuseppe Leanza (1990) Archevêque John Bukovsky, S.V.D. (1990) Archevêque Félix del Blanco Prieto (1991) Archevêque (1994)

Distinctions Chevalier grand-croix de l'ordre du Mérite de la République italienne.

Notes et références

Bibliographie Marco Lavopa, « Mgr Agostino Casaroli un habile "tisseur de dialogues européens" (1963 - 1975) », Revue de l’histoire des religione, an. 2014, vol. 1, p. 101 à 115, Armand Colin, Paris. Marco Lavopa, « Le ‘dialogue de compromis’. L’Ostpolitik vaticane de Mgr Agostino Casaroli dans la Yougoslavie de Tito », Revue d’histoire diplomatique, an. 2013, vol. 2,  p. 157 à 178, A. Pedone, Paris. Carlo Felice Casula (dir.), Agostino Casaroli, Il martirio della pazienza. La Santa Sede e i paesi comunisti (1963-1989), Einaudi, Torino, 2000 Alberto Melloni (dir.), Il filo sottile. L'Ostpolitik vaticana di Agostino Casaroli, a cura di Alberto Melloni, il Mulino, Bologna Alberto Melloni - Silvia Scatena (dir.), L'America Latina fra Pio XII e Paolo VI. Il cardinal Casaroli e le politiche vaticane in una chiesa che cambia, Bologna, 2006 Alberto Melloni - Maurilio Guasco (dir.), Un diplomatico vaticano fra dopoguerra e Ostpolitik. Mons. Mario Cagna (1911-1986), Bologna, 2003 Marco Lavopa, La diplomazia dei 'piccoli passi'. L’Ostpolitik vaticana di Mons Agostino Casaroli, GBE, Roma, 2013.Marco Lavopa, « Les acteurs religieux ont-ils des pratiques diplomatiques spécifiques? La politique orientale vaticane et la "méthode Casaroli" dans le temps present », "Revue suisse d'histoire religieuse et culturelle", Academic Press of Fribourg, an. 2019, vol. 113, pp. 319−344.

Voir aussi Articles connexes Liste des cardinaux créés par Jean-Paul II Gouvernement de l'Église catholique romaine Giovanni Tonucci

Liens externes

Site consacré au cardinal Casaroli Article de L'Espresso'', 2000

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