La fouée est une petite boule de pain, cuite au four et fourrée encore chaude de rillettes, de grillon, de champignons, de mogettes ou de beurre, selon les régions. Issue du terroir gastronomique de l'ouest de la France (Touraine, Saumurois, Poitou, Charentes) elle est plus connue sous le nom de fouace angevine en Anjou.
Origine et étymologie Le terme proviendrait du latin , qui désigne un pain plat cuit dans le foyer.. Le terme dérive du latin , qui signifie Oxford Latin Dictionary, Oxford, Clarendon Press, 1982, 1985 reprinting, p. 718..
Au , Jacob Le Duchat, dans ses Remarques historiques et critiques des œuvres de François Rabelais, cite .
En 1880, dans son Glossaire angevin étymologique, comparé avec différents dialectes, Charles Ménière indique que le mot « fouée » désigne un fagot de bois pour le feu, ou un petit feu de fagots. Des galettes de pain étaient cuites au four, « à la fouéeCharles Ménière, Glossaire angevin étymologique, comparé avec différents dialectes, Lachèse et Dolbeau, 1880, . ».
En 1908, dans leur Glossaire étymologique et historique des parlers et patois de l'Anjou, Verrier et Onillon définissent le terme comme une .
Histoire Selon la tradition, une fois par semaine, toute famille se réunissait autour du feu pour la veillée des fouées. En attendant que le four soit assez chaud pour la cuisson du pain, on préparait des fouées avec le reste de pâte à pain. Les personnes chargées de cuire le pain apprêtaient quelques pâtons en les aplatissant entre leurs paumes afin de savoir si la sole était à la bonne température : la vitesse à laquelle gonflait un pâton indiquait si le moment était venu d'enfourner le pain.
Certains boulangers en produisaient aussi à l'intention des ouvriers qui, le matin, les prenaient comme petit déjeuner en allant au travail.
C’est une recette traditionnelle des régions rurales de l’ouest de la France, et notamment du Val de Loire, dans le Saumurois, en Anjou, en Touraine (Chinonais), mais aussi plus au sud, dans le Poitou et les Charentes. Elle puiserait son origine à Rou-Marson, petite commune près de Saumur, qui se revendique comme capitale de la fouée, en témoignent de nombreux panneaux dans les rues principales de la commune. Le restaurant des Caves de Marson, ouvert il y a plusieurs décennies, en a d'ailleurs fait sa spécialité.
De par son origine ancienne, la fouée se rapproche de la focaccia italienne, de la fougasse provençale, de la fogaza espagnole, de la pogača des Balkans, de la pogácsa hongroise, de la Pogatschen allemande et de la bougatsa grecque. Dans l'ouest de la France, il existe une fouée briochée en Vendée, appelée la fouace vendéenneTV Vendée : Vendée. Tradition pascale, la fouasse !., une fouace nantaise et une fouée jusque dans l’île de JerseyLes Pages Jèrriaises, Des gâches à fouée..
Elle est de nos jours fréquemment proposée aux touristes fourrée de rillettes.
Culture populaire Rabelais décrit la recette de la fouée, ou fouace, dans son roman GargantuaRabelais, Gargantua, chapitre XXV : « Comment feut meu entre les fouaciers de Lerné et ceux du pays de Gargantua le grand debat dont furent faictes grosses guerres », lire en ligne.. Les fouaciers de Lerné en Touraine y sont à l'origine de la guerre picrocholine.
Notes et références
Sources .
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