La bataille de Marseille est l'ensemble des actions et combats, du 21 au , qui conduisent à la libération de Marseille occupée par les Allemands depuis novembre 1942. Ces combats opposent les forces françaises du général Monsabert et les Forces françaises de l'intérieur (FFI) aux Allemands de la 244 division d'infanterie du général Hans Schaefer.

Les combats dans Marseille sont une bataille urbaine qui se produit presque en même temps que la libération de Paris. La grève générale est déclarée le et le 23, Gaston Defferre installe un pouvoir insurrectionnel à l'Hôtel de Ville. Les FFI contrôlent la ville mais ne sont pas en mesure de résister à un retour en force possible des Allemands. Ils réclament l'arrivée des troupes régulières débarquées le 15 août. La d'infanterie algérienne ( DIA) du général Monsabert arrive alors, aidée des tabors marocains et des blindés de la 1re division blindée (1 DB). Les soldats français entrent dans Marseille le 23 août. Le général de Monsabert propose au général Hans Schaefer, chef de la 244 DI allemande, de capituler. Il refuse. La résistance allemande est particulièrement localisée autour du fort Saint-Nicolas et de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde. La bataille se développe autour du centre de la ville, où le de tirailleurs algériens ( RTA) et les blindés de la 1 DB mènent les combats, et en périphérie, où les tabors marocains combattent pour terminer l'encerclement de la ville. La marine et l’aviation bombardent également les batteries allemandes du Cap Janet. Le 27 août, le fort Saint-Nicolas est pris et le 28 août, le général Schaefer capitule. Les Français comptent environ , blessés et disparus et les Allemands en dénombrent avec environ dans Marseille et ses alentours.

Présentation Le a lieu le débarquement en Provence. À cette occasion, l'occupant se retranche dans ses bunkers, se terre mais continue de se battre contre la résistance et fait sauter les installations portuaires : plus de 200 navires sont coulés et le célèbre pont transbordeur de Marseille détruit.

Le 19 août 1944, le général de Lattre de Tassigny reçoit l'ordre du général Patch, commandant la américaine, de prendre Toulon et Marseille. Deux groupements sont constitués afin d'attaquer les deux ports simultanément : premier groupement aux ordres du général de Larminat, commandant le d’armée, chargé d'attaquer Toulon : principalement de la de marche d’infanterie ( DMI) et de la d'infanterie coloniale ( DIC). second groupement, aux ordres du général de Goislard de Monsabert, chargé d'attaquer Marseille : , essentiellement de la d'infanterie algérienne ( DIA), des groupes de tabors marocains (GTM) et du CC1 (Combat Command 1) de la blindée ( DB)..

Les FFI de Marseille commandés par Henri Simon (et comptant dans leurs rangs Gaston Defferre) préparent la libération de la ville. Le lundi , ils lancent l'insurrection accompagnée d'un mot d'ordre de grève générale. Ils occupent rapidement nombre de bâtiments et de carrefours mais, mal armés et peu nombreux, leur position est critique jusqu'à l'arrivée des tirailleurs algériens de la d'infanterie algérienne ( DIA) du général de Monsabert et des goumiers marocains du général Guillaume appuyés par le Combat Command 1 (CC1) de la blindée ( DB) qui pénètrent dans Marseille le mercredi 23. Les Allemands se méprennent tant quant à l'importance de l’insurrection qu'à celles des forces régulières en présence, bluffés par les actions des différents partis de la résistance et par la rapidité de l'extension de l'offensive depuis le débarquement qui les mènent à des erreurs stratégiques : le rapport de force serait de 4 pour un en faveur des Allemands si l'on s'en tient aux forces régulières selon certains.

Les combats avec l'armée allemande se poursuivront malgré tout plusieurs jours, jusqu'à la capitulation du général Schaeffer le 28 août. Le bombardement de Marseille a été évité et s'est limité aux batteries des iles du Frioul. Le 29, le général de Lattre assiste au défilé de l’armée d'Afrique sur la Canebière,

Déroulement des opérations

La prise de Marseille est anticipée du fait de la rapidité du déroulement des opérations sur Toulon. Ces deux batailles sont d’ailleurs très similaires dans leur déroulement en trois phases (investissement, resserrement et assaut final)..

L’opération débute le matin du par la prise du carrefour du Camp au Nord Ouest de La Ciotat par le de cuirassiers ( RC) (CC1 de la DB) aux ordres du Général Bonjour qui luttaient depuis la veille, ouvrant ainsi la route d'Aubagne au de tirailleurs algériens ( RTA) du colonel Léon Chappuis, ainsi qu'aux trois groupes de tabors marocains (GTM).

Après de durs combats, les 21 et 22 août, le RC et le porté de zouaves (CC3 de la DB), renforcés par le GTM, s’emparent d'Aubagne. Une partie des effectifs du RTA, le bataillon (Cdt FINAT-DUCLOS, qui tombera devant la batterie du Canet, à l'Ouest) a traversé le Garlaban à dos de mules un peu au Nord par le plan de l'Aigle et fait la jonction avec la résistance au col de Cante Perdrix (maquis Attila) avant d'atteindre Allauch.

Le 22 août, la ville de Peypin est investie par les CC1 (partiel), CC2 et le GTM. Une autre colonne du RTA, la est acheminée au carrefour de la pomme (La Bouilladisse) par camion puis gagne Mimet où il passe la nuit. Le lendemain, un parti passe la crête à dos de mules au niveau du pilon du Roi et contourne le verrou de la route des termes en passant la chaîne de l'étoile par Mimet et redescendra sur Plan de Cuques direction les Chartreux, tandis que le deuxième bataillon se porte sur la Gavotte et Septemes.

Ce même jour, outrepassant les ordres, le colonel Chapuis avec le du RTA et les chars d'un escadron du RC s’introduisent dans Marseille. Les et du RTA sont quant à eux sérieusement accrochés respectivement au nord et au nord-est de la ville : les troupes passées par Simiane sont bloquées à Septemes par une petite garnison, jusqu'à ce que les troupes passées par les cols à l'Est du massif à Mimet ne les prennent à revers.

Malgré le soulèvement FFI et la pénétration du RTA et du RC jusqu’au centre de la ville (carrefour de la Madeleine), les Allemands résistent et leurs défenses restent intactes notamment en périphérie.

Après une tentative infructueuse de règlement à l’amiable le 23 août, les combats reprennent dès le 24. De Lattre engage alors le de tirailleurs algériens ( RTA) en provenance de Toulon.

Les affrontements des jours suivants sont violents et meurtriers notamment pour la prise de la colline de Notre-Dame-de-La-Garde le 25 et 26 août (II/ RTA, I/ RTA, RCA, RC et FFI) et de la gare Saint-Charles (III/ RTA).

Mais c’est au nord, au carrefour de la Gavotte, que les défenses sont les plus sérieuses avec l’ouvrage en béton de la « Feste » Fouresta à l'emplacement de l'actuelle cité du Plan d'Aou ( GTM et II/ RTA). Parois épaisses de 3 à 4m, DCA, barbelés, mines 6 pièces de flak de 88 desservis par des souterrains sur le plateau de Foresta : 1 an de travaux. Ce n'est que le 27 aout également que la position de Tante Rose/Verduron Haut/Moulin du Diable au dessus de la Gavotte/sud-ouest de Septèmes sera conquise.

Le 26, André Diethelm et le général de Lattre sont à Marseille. À la suite de sa réflexion sur la tenue des tirailleurs qui leur rendent les honneurs, le général Goislard de Monsabert dit au général de Lattre de Tassigny : .

Au sud, malgré quelques accrochages ( Tabor marocain du GTM à Saint-Loup), la progression est plus aisée pour les et GTM. Ce dernier, après un dernier combat au Fort Napoléon du cap Croisette, contrôle le 28 août l’ensemble du littoral sud. Le GTM quant à lui remonte sur le centre-ville et vient renforcer les tirailleurs algériens.

Le 27 août la plus grande partie de la ville est libérée, l’ennemi ne tient plus que les installations portuaires et quelques points au nord de la ville.

Le 28 août il se rend finalement au GTM qui vient d’être renforcé par des éléments blindés du CC1 de la DB.

Seul résiste encore le commandant du fortin du Racati qui ne croit à la capitulation que lorsqu'on l'amène au QG.

Bilan Au cours des combats pour la libération de Marseille, le nombre estimé de soldats de l'Armée française et FFI tués et blessés est compris entre et selon les sources, dont près de la moitié parmi les goumiers marocains (150 tués et 540 blessés)Le capitaine Albert Litas, commandant le goum, y est mortellement blessé le . Il sera promu compagnon de la Libération à titre posthume le .. Du côté allemand, on dénombre environ et .

Le Général de Montsabert écrira dans son rapport sur la bataille de Marseille : .

Forces en présence France groupes de tabors marocains (GTM) du général Guillaume (et son adjoint le colonel Émile Hogard) GTM : colonel Leblanc GTM : colonel Boyer de Latour GTM: colonel Masset du Biest plusieurs unités de la d'infanterie algérienne ( DIA) du général de Monsabert dont de tirailleurs algériens ( RTA) : colonel de Linares () de tirailleurs algériens ( RTA) : colonel Chappuis de chasseurs d'Afrique ( RCA) : colonel Van Hecke plusieurs unités de la blindée ( DB) du général Sudre dont de cuirassiers ( RC) : régiment de chars de Zouaves : infanterie portée FFI

Au sein de ces unités combattent les : Goumiers marocains : un goum, l'équivalent d'une compagnie, regroupe environ 200 goumiers. En période de guerre, les goums sont regroupés en Tabor, équivalent d'un bataillon, de trois à quatre goums. Enfin, le groupe de tabors marocains (GTM), l'équivalent d'un régiment, est composé de trois tabors. Durant la Seconde Guerre mondiale, chaque GTM comporte près de dont un peu plus de 200 officiers et sous-officiers. La proportion de Maghrébins dans un GTM est de 77 à 78 %. Tirailleurs algériens : durant la Seconde Guerre mondiale, un régiment de tirailleurs nord-africains comporte un peu plus de (dont près de 500 officiers et sous-officiers) et 200 véhicules. La proportion de Maghrébins atteint 69 % pour le régiment, 74 % pour le bataillon, 79 % pour la compagnie de fusiliers-voltigeurs, 52 % pour la compagnie antichar et 36 % pour la compagnie de canons d'infanterie. Chasseurs d'Afrique : durant la Seconde Guerre mondiale, un régiment de chasseurs d'Afrique comporte environ 900 hommes majoritairement Européens (80%).

Allemagne dont appartiennent à la Luftwaffe et à la Kriegsmarine. L'infanterie de la 244° Infanterie Division commandée par le général Hans Schaefer est principalement composée de trois régiments de grenadiers (932, 933 et 934 Grenadier-Regiment) et d'un régiment d’artillerie.

Hommages Lieux portant le nom de soldats et de résistants morts lors de la Libération de Marseille vignette|plaque commémorative sur le mur de la gare Saint-Charles au commandant Finat-Duclos et au capitaine Gèze. Boulevard du Capitaine Gèze et station Gèze du métro de Marseille, en hommage à Arnaud Gèze, capitaine d'artillerie du régiment de tirailleurs algériens, mortellement touché ainsi que son chef de bataillon Finat-Duclos, à la gare Saint-Charles par un éclat d'obus de 88 mm allemand. Boulevard du Commandant Finat-Duclos en hommage à Félix Finat-Duclos, tué en même temps que le capitaine Gèze. Rue Joël-Recher, résistant FTP-FFI, mort en action rue du Forthttps://fusilles-40-44.maitron.fr/recher-joel-francois-louis/ RECHER Joël, François, Louis] sur le Maitron des fusillés.

Voies portant le nom d'acteurs de la libération de Marseille Rue du colonel Henri Simon en hommage au chef des FFI de la région R2.

Voies portant le nom des goums ou des tabors marocains Avenue des Goumiers à Marseille (Bouches-du-Rhône) Rue des Goums à Aubagne (Bouches-du-Rhône) Place des Tabors à Les Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône) Rue des Goumiers à Chatenois (Bas-Rhin) Rue des Tabors marocains à Lapoutroie (Haut-Rhin) Col « Aux Goums Marocains » dans les hautes Vosges (Vosges), avant de redescendre sur La Bresse

Hommages des généraux alliés