L’église Saint-Saturnin d'Antony est d'une part l'un des éléments principaux du riche patrimoine d'Antony, commune française de la région Île-de-France et d'autre part le principal lieu de culte de la paroisse Saint-Saturnin d'Antony, l'une des .
Typique de l'architecture gothique des églises rurales de la région, avec son plan rectangulaire, sa façade et son chevet plat, son clocher latéral, elle révèle, à l'intérieur, trois époques de construction correspondant aux trois époques de relative prospérité de l'Île-de-France : , et fin du après la guerre de Cent Ans. C'est par ailleurs l'église d'Île-de-France qui conserve les parties les plus anciennes car datant de l'époque carolingienneLes informations données dans cet article à sa création étaient issues de notes prises lors des conférences données dans le cadre des journées du patrimoine en 2006 et 2007.. Ce bâtiment fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le .
La paroisse Saint-Saturnin d'Antony est l'une des du « doyenné de la Pointe Sud », l'un des du diocèse de Nanterre.
Bâtiment Historique thumb|Plaque en mémoire de l'abbé Sauvanaud. De l’époque de la chapelle carolingienne, il reste aujourd’hui, au-dessous du grand vitrail central, une excavation rectangulaire avec deux cuves : le « lave-mains ». Les célébrants y pratiquaient leurs ablutions avant et après les offices.
En 1177, le pape Alexandre érige Saint-Saturnin d’Antony en paroisse. Les terres qui appartenaient à l’abbaye bénédictine de Saint-Germain-des-Prés sont alors remises aux paroissiens.
Pendant la Révolution, l'église sert successivement de salle à danser, de lieu de spectacles, de temple de la Raison et de fabrique de salpêtre. Le bâtiment est épargné, mais le mobilier est pilléAlexis Douchin, Église Saint-Saturnin, plaquette de la série « Antony, le patrimoine », Mairie d'Antony, ..
En 1820, le cimetière fut transféré à l'emplacement où il se trouve aujourd'hui, alors qu'il s'était toujours situé devant l’église. Des fouilles pratiquées en 2019 sous le parvis ont permis de retrouver, comme en 1990, une quarantaine de tombes très anciennes.
De 1843 à 1854, l’abbé Enjalvin fut à l’origine de travaux considérables d’aménagement à l'intérieur de l'église (construction d'une tribune, pavage).
En 1928, ce monument fut inscrit à l'inventaire des monuments historiques.. Il a fait l'objet d'importants travaux de rénovation en 1980-1982, en 1989 et en 2000-2002.
Extérieur La façade a été modifiée en 1880 avec la création en style néo-flamboyant de trois trèfles, d'une frise de festons et de deux fausses fenêtres, mais les ornements de la porte en anse de panier sont peut-être authentiquement du .
La sacristie, dont les murs datent de 1666, a été restructurée au cours de l'année 2002 afin de dégager un vitrail de la face nordBulletin municipal, , ..
Toiture, beffroi et clocher La couverture a été refaite en 2002 en ardoises naturelles d’Angers posées au clou. Le beffroi a été refait dans sa totalité. Il est constitué d’un assemblage soigné de charpentes en chêne qui permet de soutenir l’ensemble des cloches et évite ainsi la transmission des vibrations dans le haut du clocher.
Le beffroi soutient quatre cloches dont la plus ancienne, Charlotte-Geneviève, date de 1730. D'un diamètre de , sonnant le « mi bémol » et pesant , elle sonne le glas et les grands carillons. C'est la seule des quatre cloches qui a survécu à la Révolution. En 1923, ont été ajoutées deux cloches : Marie-Irma et Blanche-Camille sonnant le « si » et le « sol », puis en 1935 la cloche Louise-Blanche-Jeanne-Yvonne sonnant le « la », , ..
Au début du la flèche de pierre a été remplacée par une flèche d’ardoises.
En 1891, un coq de grande dimension () est mis en place. Il a été entièrement restauré par deux artisans d'Antony et remonté le APPA, ..
Dimensions Hors œuvre, l’église mesure de large et de long.
Le nombre de places assises est d'environ 600 : 350 dans l'église (nef, bas-côtés et chœur) et 250 dans la chapelle.
Intérieur Base du clocher La base du clocher, à l'intérieur de l'église, se caractérise par l'épaisseur de ses murs et l'aspect massif de la paroi nord du chœur. Lors des travaux de rénovation de l'église en 1981, le tracé d'un arc en plein cintre à claveaux égaux s'est trouvé dégagé de ces murs épais. Au-dessus de cet arc, on découvrit alors une fenêtre haute, étroite, aux proportions d'un tiers pour trois tiers, sans embrasement, donc typiquement carolingienne. Il s'agit de la tour lanterne d'une chapelle attestée dès 829 dans la donation de Louis le Pieux, fils de Charlemagne, à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés : Antoniacum cum ipsa capella. Cet acte étant une simple confirmation, on peut en déduire que cette chapelle devait être antérieure à cette date, ce qui fait de cette partie de l'église Saint-Saturnin, l'un des restes d'architecture religieuse les plus anciens de l'Île-de-France. Il s'agissait vraisemblablement, selon un schéma classique, de la chapelle du grand domaine d'un gallo-romain ou d'un mérovingien du non d'Antonius..
Chœur Lors de la prospérité revenue en Île-de-France sous Louis et Louis , l'agrandissement de la chapelle a commencé par le chœur et l'actuelle dernière travée des bas-côtés nord où les chapiteaux aux pommes de pin évoquent la tradition romane. Il s'est poursuivi en deux autres étapes, vers le sud, pour créer le chœur actuel : d'abord, vers 1144, la travée du fond, aux arcs à peine brisés et à la maçonnerie encore rustique, puis la travée centrale avec un ensemble d'arcs brisés et de voûtes sur croisée d'arêtes, plus élégants et de meilleure facture. Cette dernière partie pourrait correspondre aux années 1177, date à laquelle la chapelle a été élevée au titre de paroisse. L'architecture de ce chœur est un cas exemplaire de la naissance de l'art gothique et du passage de la charpente à la voûte d'arêtes.
Nef À l’issue de la guerre de Cent Ans, où l’église a servi de refuge et a subi des destructions, on reconstruit la nef. C’est la nef que l’on voit aujourd’hui, construite d’un seul jet, elle forme un ensemble harmonieux avec ses piliers hexagonaux d’où se détachent les nervures qui structurent la voûte. C’est toutefois le travail d’artisans qui découvraient ce type d’architecture comme le montre l’alignement chaotique des clefs de voûte..
Vitraux vignette|redresse|Le grand vitrail central du Jugement dernier (1900) par Charles Champigneulle. L'église Saint-Saturnin contient un grand nombre de vitraux de la fin du .
Le premier vitrail que l’on voit en entrant dans l’église est celui du fond du chœur, inscrit à l'inventaire des monuments historiques.. Il représente le Jugement dernier. Après la réouverture de cette baie en 1892, la présence d’un grand vitrail s’imposait. Il a été réalisé par le maître-verrier Charles Champigneulle, maître verrier de père en fils, plusieurs fois récompensé et membre du jury à plusieurs expositions universelles de Paris. Il a été donné à l’église en 1900 par , propriétaire d’un château bâti au , château détruit en 1937, comme on peut le lire en bas du vitrail : . Le Christ est au centre du vitrail, de face, les bras en croix, assis sur son trône, auréolé d’une couronne de lumière, entre deux cercles concentriques. Au-dessus, deux anges. À ses pieds, deux personnages : sa mère, la Vierge Marie et saint Jean-Baptiste. En dessous du Christ, à droite, un diable cornu conduit les pécheurs en enfer, tandis qu’à gauche, un ange au milieu de personnages auréolés prend la direction du paradis, , ., , .. On peut noter son aspect "image pieuse", typique de l' époque.
Les vitraux suivants sont décrits dans l’ordre antihoraire, une fois que l'on entre dans l'église. Le premier représente sainte Geneviève. Il a été réalisé en 1923 par le maître-verrier Émile Janiaud. À gauche du vitrail, le puits de Nanterre, ville natale de sainte Geneviève. Elle est représentée ici conformément à la tradition, filant de la laine au milieu de ses moutons, , .. Le deuxième représente saint Louis et sa mère, Blanche de Castille. Derrière saint Louis, en bas à droite, on distingue la Sainte-Chapelle qu’il avait fait construire en 1243 pour conserver les reliques du Christ ramenées de Jérusalem. Derrière Blanche de Castille, en bas à gauche, on distingue une partie de la façade de la cathédrale Notre-Dame de Paris dont la construction fut terminée vers 1240. Au-dessus des deux personnages, le vitrail est composé d’un soufflet en forme de trèfle à quatre lobes, dans lequel on peut voir deux anges tenant une inscription (), , .. Le troisième représente la descente de croix. Il a été réalisé en 1922 par le maître-verrier Jacques Grüber, le maître verrier le plus célèbre de l'École de Nancy. On avait initialement posé en dessous de ce vitrail les plaques rappelant les noms des morts pour la France durant la Première Guerre mondiale. L'hommage aux morts est en effet exprimé dans ce vitrail à travers l'iconographie de la Passion sous la forme d'une piéta éplorée devant la descente de croix, surmontée de l'archange portant épée et bannière sur laquelle on lit (), évoquant la victoire du Christ sur la mort.. À droite du vitrail, le Christ est descendu de la Croix, porté par quatre personnages. Tout en bas du vitrail, on peut lire : « Don de M. Ch. Barié 1922 », , ., , ..
vignette|redresse|Saint-François-Xavier et Saint-Louis-de-Gonzagues. Le quatrième représente saint François Xavier à gauche et saint Louis de Gonzague à droite. Tous les deux étaient membres de la Compagnie de Jésus (les jésuites). Au-dessus de ces deux saints, le vitrail est composé d’un soufflet en forme de trèfle à quatre feuilles dans lequel on remarque trois cercles concentriques. Dans le cercle extérieur, on lit la devise des jésuites : (), , .. Les deux vitraux suivants se situent dans la chapelle de la Vierge. Le cinquième vitrail représente l’Annonciation. Il a été réalisé en 1926, lui aussi par le maître-verrier Jacques Grüber. Ce vitrail est un véritable tableau, Jacques Grüber s’étant inspiré des peintres italiensRevue APPA, .. Quant au sixième vitrail, posé en 1982 au moment de la restauration de l’église, c’est un vitrail moderne non figuratif dû à M. Guevel, maître-verrier à Valmondois. La seule indication que l’on puisse reconnaître est le sigle, placé en bas et à gauche, des Marianistes dont le siège à l'Institution Sainte-Marie d'Antony se situe sur le territoire de la paroisse Saint-Saturnin, , )., , .. Après le vitrail central, le huitième vitrail est placé dans la chapelle dédiée à saint Joseph. Ce vitrail est une grisaille peinte à la main et datée des environs de 1860, , ..
Les vitraux suivants étant orientés au nord, ne sont que légèrement colorés afin de laisser passer le maximum de lumière. Le neuvième contient deux médaillons. Celui de gauche représente une tête de vieillard. En dessous de ce médaillon, un autre médaillon où on lit les deux lettres « LS », initiales de la famille donatrice Sauvanaud-Lieffroy. Louis Sauvanaud fut curé de la paroisse alors que dans les années 1920, un membre de la famille Lieffroy en fut son vicaire. Quant aux médaillons de droite, en haut le portrait d’une jeune femme et en bas les initiales « PB », en souvenir du don de la famille Bertholat, , .. Le dixième est dédié à saint Saturnin. À gauche, saint Saturnin est représenté en train de prêcher tandis que le médaillon de droite représente son martyre où il est tiré par un taureau. En dessous, deux médaillons : à gauche « StS » pour saint Saturnin et à droite les initiales « BR » de la donatrice Blanche Roy que l’on connaît par ailleurs comme marraine de la cloche Blanche-Camille installée en 1923, , ., , ..