Le Football Club Sochaux-Montbéliard, abrégé en FC Sochaux-Montbéliard ou plus simplement FC Sochaux, est un club de football français situé dans l'agglomération de Montbéliard, en Franche-Comté. Le club est résident du stade Auguste-Bonal () situé sur le territoire de la commune de Montbéliard et gère un centre de formation réputé situé à Seloncourt. Son équipe première entrainée par Vincent Hognon, évolue lors de la saison 2026-2027 en Championnat de France de football de deuxième division.

Créé en 1928 sous l'impulsion du constructeur automobile Peugeot, dont les usines se trouvent à Sochaux, le club compte à son palmarès deux titres de champion de France, remportés en 1935 et 1938, deux Coupes de France gagnées en 1937 et 2007 et une Coupe de la Ligue obtenue en 2004. Son meilleur résultat en compétitions européennes est une demi-finale de la Coupe UEFA lors de l'édition 1980-1981. Le club a fourni des dizaines de joueurs en équipe de France, dont Bernard Bosquier, Roger Courtois, Bernard Genghini, Lucien Laurent, Marvin Martin, Étienne Mattler, Stéphane Paille, Benoît Pedretti, Franck Silvestre ou encore Yannick Stopyra.

Le FC Sochaux-Montbéliard est l'un des clubs pionniers du football professionnel français, ayant fortement œuvré au début des années 1930 pour l'instauration d'un championnat professionnel, notamment par la création de la Coupe Sochaux en 1930, parfois considérée comme l'ébauche du championnat de France professionnel, auquel le FC Sochaux participe dès la saison inaugurale en 1932-1933. Le FCSM a la particularité d'être l'un des rares clubs français à ne jamais être repassé au statut amateur, le club ayant toujours joué dans les deux premières divisions nationales jusqu'en 2023 et conservant son statut professionnel lors de sa descente au troisième échelon en 2023-2024, notamment grâce au financement continu de Peugeot jusqu'en 2015 et ce alors que l'unité urbaine de Montbéliard est de taille modeste. Le club détient jusqu'en 2014 le record du nombre de saisons disputées en première division et, jusqu'en 2016, le record du nombre de matchs joués dans l'élite.

Après 87 ans d'histoire commune, le club est vendu par Peugeot en à Ledus, filiale de Tech Pro Technology, devenant le premier club européen détenu à 100 % par une entreprise chinoise. En , le FCSM est transféré à la société chinoise Nenking, spécialisée dans l'immobilier, qui en devient la nouvelle propriétaire.

Au terme de la saison 2022-2023, le Football Club Sochaux-Montbéliard se retrouve au bord du dépôt de bilan et menacé de disparition après la décision de la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) suite à des problèmes financiers et au désengagement des propriétaires chinois.

Une opération de sauvetage est menée en quelques jours par un groupe d'actionnaires locaux et les supporters qui se mobilisent pour sauver le club de la faillite.. Grâce à l’adhésion de milliers de supporters, d'actionnaires locaux et des collectivités locales, le club est sauvé en . L’association Sociochaux, qui rassemble , entre au capital du FCSM et devient la première association de supporters en France à participer directement à la gouvernance d'un club professionnel : une histoire et un modèle autour de à contre-courant du football moderne.

220px|Localisation de la ville de Sochaux.

Histoire Prémices vignette|196x196px|Jean-Pierre Peugeot. Le FC Sochaux voit le jour en 1928 par la volonté de deux salariés de la société des Automobiles Peugeot, Louis Maillard-Salin, directeur de la branche carrosserie, et Maurice Bailly, un des chefs de service de ce dernier. Le premier est le président fondateur du club, le second est à la fois le capitaine et l'entraîneur..

Sans grands moyens, l'équipe est cependant rapidement suivie par le directeur de la société Peugeot, Jean-Pierre Peugeot, qui souhaite créer un club de haut niveau dans le cadre de sa politique de loisirs à l'intention de ses ouvriers.. Pour cela, il va s'inspirer de la recette de l'Association sportive de Valentigney, dont il est l'un des dirigeants.. Basée à une dizaine de kilomètres, l'ASV avait été fondée en 1920 autour de l'activité de l'usine des Cycles Peugeot et s'était rapidement affirmée comme la meilleure équipe de la région, de multiples fois vainqueur de la Division d'honneur de Bourgogne-Franche-Comté et surtout finaliste de la Coupe de France en 1926.

Fervent défenseur de la professionnalisation du football français, Jean-Pierre Peugeot ne se cache pas de salarier ses joueurs dans les usines Peugeot, à une époque où de nombreux dirigeants pratiquent l'amateurisme marron, illégal et non assumé. L'équipe entame sa première saison en division de district, l'échelon le plus bas du football en Franche-Comté, et dispute son premier match le face à l'équipe de réserve de l'AS Montbéliard. Le premier match officiel en championnat a lieu fin et se solde par une large victoire (12-1). Composée de bons joueurs régionaux, l'équipe s'impose contre tous ses adversaires en championnat. En , avec l'aide de trois nouvelles recrues arrivant du Club français, le FCS s'impose 3-2 face au Dunlop Sports, le double champion de France corporatiste, au stade Buffalo de Montrouge près de Paris..

Le club attire parmi les meilleurs joueurs de France et de l'étranger grâce au soutien de Jean-Pierre Peugeot, dont l'objectif est de faire connaître son entreprise et la région Franche-Comté mais aussi d'offrir à ses ouvriers des distractions. Grâce à un recrutement de qualité comprenant notamment des vedettes telles que Antonio Lozes, un gardien de but venu d'Espagne, Étienne Mattler ou Paul Wartel, débauché du Red Star, la formation sochalienne, entraînée par l'Anglais Victor Gibson, débauché à l'Olympique de Marseille, prend l'ascendant sur les équipes de sa région. Habillé de ses couleurs emblématiques bleu et jaune, le FC Sochaux se construit : il choisit de pratiquer un « football exhibition », où le spectacle prime.

Le , le FC Sochaux inaugure son nouveau terrain, le stade du Champ de foire à Montbéliard (où se situe aujourd'hui le stade René-Blum), par une large victoire sur l'AS Montbéliard, fondée en 1910. Par ailleurs, Jean-Pierre Peugeot met en chantier un stade jouxtant les usines de Sochaux, le futur stade de la Forge. Sochaux prend bien vite la place de l'AS Valentigney dans le cœur des habitants de l'agglomération de Montbéliard.

Un démarrage en fanfare (1930-1939)

gauche|vignette|Équipe de Sochaux en septembre 1930. En , le FC Sochaux absorbe l'AS Montbéliard, donnant naissance au Football Club Sochaux-Montbéliard (FCSM), et devient omnisports.. Jean-Pierre Peugeot avait chargé en Robert Dargein d'étudier la faisabilité d'une grande équipe Peugeot autour du FC Sochaux. Les frères Jean et Lucien Laurent, tous deux internationaux, sont débauchés du CA Paris.

Alors que l’avènement du professionnalisme a été voté par la Fédération pour une application en 1932, les Sochaliens proposent aux meilleurs clubs nationaux de participer à une compétition nationale, baptisée Coupe Peugeot. D'abord rejetée par la Fédération, l'initiative est finalement tolérée. Huit équipes se disputent la première édition, dont la finale, qui se joue au Parc des Princes devant environ , voit le FC Sochaux-Montbéliard battre l'Olympique lillois six buts à un.. En Coupe de France, les vedettes sochaliennes sont arrêtées en de finale par le CA Paris.

Le , le Stade de la Forge est inauguré : il est doté de gradins et d’une pelouse faite de semences anglaises. La deuxième édition de la Coupe Peugeot, qui rassemble vingt clubs répartis en deux groupes, s'achève sur la victoire du FC Mulhouse. Le succès populaire est au rendez-vous mais la compétition s'arrête là, puisque la FFFA lance le premier championnat de France de football officiel en .

Avec son effectif clinquant, qui rassemble de nombreux internationaux, Sochaux ne manque la finale de la première édition du championnat de France qu'à la moyenne de buts, au bénéfice de l'AS Cannes. Malgré le recrutement du brillant attaquant franco-suisse Roger Courtois, la saison suivante est catastrophique..

thumb|En 1935, le FC Sochaux gagne 4-0 contre l'Olympique de Marseille et devient pour la première fois champion de France. Le club se restructure avec l'objectif de conquérir un palmarès : Robert Dargein laisse la place à Étienne Gredy, directeur du personnel des usines Peugeot. Gibson est remercié, l'Uruguayen Conrad Ross recruté comme entraîneur-joueur en mars. Le Suisse André Abegglen rejoint son compatriote en attaque, formant une paire sans égal dans le pays. Ross veut faire pratiquer à son équipe un jeu d’attaque appuyée sur une défense de roc. L'équipe, qui enchaîne 17 matchs sans défaite en championnat, prend finalement le dessus sur le RC Strasbourg, sur le terrain duquel il signe une victoire décisive en mars, devant plus dont de nombreux Francs-Comtois. La victoire sur l'Olympique de Marseille au stade de la Forge lors de la dernière journée scelle le titre des Sochaliens. Invités au prestigieux « Tournoi de Bruxelles » organisé par le Daring Club, ils ne s'inclinent qu'en finale face à l'Ajax Amsterdam (2-1)..

Mise en place des premiers abonnements pour les supporters, d'un centre de formation (confié à Paul Wartel) : le club est alors en avance sur ses concurrents français. Comme annoncé Ross laisse son poste, confié à Abegglen. Mais les résultats sont décevants et Ross fait son retour en décembre, sans permettre au FCSM de conserver son titre, remporté par les Parisiens du Racing dont les moyens sont importants.

thumb|left|Le FC Sochaux (short noir) l'emporte 2-1 en finale de la Coupe de France 1937 contre le RC Strasbourg. À l'été 1936, Peugeot casse sa tirelire avec le gardien de but de l'équipe de France Laurent Di Lorto et plusieurs joueurs internationaux étrangers, dont l'ailier argentin Michel Lauri. L'équipe, qui compte dans ses rangs six internationaux français et trois étrangers, revient progressivement à la hauteur de l'Olympique de Marseille après un début de saison manqué. Malgré une victoire à Marseille à l'avant-dernière journée, les Sochaliens cèdent le titre de champion de France aux Phocéens à la moyenne de buts (une première dans cette compétition). En consolation, ils arrachent la Coupe de France au RC Strasbourg (2-1).. Chaque joueur reçoit en récompense un coupé Peugeot 201.

thumb|Le FC Sochaux 1937-1938, champion de France pour la seconde fois. L'intersaison 1937 est de nouveau agitée, mais cette fois l'équipe ne manque pas son début de saison, prenant vite une avance importante sur ses concurrents. Malgré le retour de l'OM et du FC Sète en fin de saison, le club remporte logiquement son deuxième titre de champion de France, ce qu'aucun autre club n'avait encore réussi à faire. Inquiets de l'augmentation des coûts due à sa politique de recrutement de vedettes, les dirigeants décident alors de mettre l'accent sur la formation de joueurs français. La saison suivante est quelque peu décevante, à peine éclairée par la en équipe de France du capitaine sochalien Étienne Mattler, un record. L'arrivée imminente de la Seconde Guerre mondiale, et le départ concomitant des nombreux joueurs étrangers du club, vont marquer un coup d'arrêt brutal aux ambitions franc-comtoises.

Dès la saison 1938-1939, le club subit les effets de la crise internationale : les et de championnat sont reportées car la France mobilise ses troupes alors que l'Allemagne s'apprête à envahir la région des Sudètes. À cette occasion, Maxime Lehmann déserte en Suisse et abandonne le club. L'international français d'origine suisse est radié à vie du championnat de France.

Les années de guerre (1939-1945)

La mobilisation générale est décrétée en , les footballeurs passent sous l'uniforme. Comme de nombreux autres clubs, le FC Sochaux suspend ses activités professionnelles. L'entraîneur Ross rentre en Uruguay et se trouve remplacé par l'entraîneur de la réserve Paul Wartel.