L'expression commandos Kieffer désigne parfois par simplification, les hommes du de fusiliers marins commandos ( BFMC) créé au printemps 1942 en Grande-Bretagne par la France libre (FNFL) et commandés par le capitaine de corvette Philippe Kieffer.

À sa création, le BFMC est intégré au commando interalliés numéro 10 de la Special Service Brigade de l'armée britannique. Détachés au sein du commando britannique numéro 4 avant le jour J, 177Le croisement des listes françaises et britanniques révèlent qu'ils furent en réalité 178 mais le chiffre 177 a marqué les esprits et est resté la référence publiquement véhiculée. membres du bataillon s'illustrent en participant au débarquement de Normandie (Sword Beach, Ouistreham), seuls représentants de la France à débarquer sur les plages, puis dans les combats qui ont suivi en Normandie. Le de Fusiliers Marins Commandos est fort de deux Troops (troupe) de combat (No 1 et No 8) et d’une 1/2 Troop d’appui (K-Guns).

Sur les 177 commandos qui débarquent le , 9 sont tués le jour mêmePaul Rollin, grièvement blessé, décédera le 12 juin.. Seuls 24 hommes terminent la campagne de Normandie sans avoir été blessés, après 78 jours de déploiement, alors qu'ils ne doivent initialement combattre que 3 ou 4 jours..

À l'issue de la campagne de Normandie, ils sont déployés aux Pays-Bas, toujours avec le commando numéro 4 du Lieutenant-colonel Dawson. Ces combats méconnus sont pourtant plus durs que ceux de Normandie.

Au total, 20 hommes, parmi les 177 du BFMC, seront tués au combat avant la fin de 1944.

Au cours de son existence, sous ses différentes appellations, le BFMC voit passer 427 volontaires de toutes spécialités, armées et même nationalités (Argentine, Autriche, Canada, Hongrie, Luxembourg, Pologne, essentiellement anciens de la Légion étrangère).

Oubliés pour des raisons politiques (pour le général de Gaulle, le débarquement était un événement allié et pas français et le commando avait été placé sous contrôle britannique), les commandos survivants ne reçoivent la Légion d'honneur que soixante ans plus tard.

Les 7 Commandos Marine de la marine nationale française regroupés au sein de la Force maritime des fusiliers marins et commandos (FORFUSCO) sont les héritiers directs du BFMC, dont ils portent la coiffe (béret vert) et l'insigne directement dérivé de celui du BFMC. En 2008 est créé une nouvelle unité de commandos, le commando Kieffer, qui porte le nom du fondateur et premier commandant du BFMC.

Création et différentes dénominations : Compagnie de fusiliers marins commandos ; : compagnie de fusiliers marins commandos ; : bataillon fusiliers marins commandos ; : dissolution de l'unité, dernières mutations du CAM Lac de ConstanceDate de fermeture du cantonnement marine de Staad, dernière mission donnée au BFMC à son retour en France. Ref : instruction 13 EM3 du 19/02/1946 - Ministère de la Marine - SHD. ; : création du Stage Commando au centre Sirocco (Algérie) par l'O.E Lofi et 10 hommes du BFMC ainsi que 6 britanniques du Commando N°4.

Historique des garnisons, campagnes et batailles Création des commandos vignette|left|Philippe Kieffer. Dès 1940, Winston Churchill décide la création d'une force d'assaut de . L'état-major britannique fait rapidement le constat qu'il lui manque de petites unités légères et mobiles, capables de mener des actions de renseignement ou de destruction, derrière les lignes ennemies sur les côtes de l'Europe occupée, du rivage atlantique français jusqu'au Nord arctique de la Norvège. C'est la création des unités «commandos». Le nom est repris du nom d'unités légères sud-africaines pendant la seconde guerre des Boers.

Philippe Kieffer, qui a rejoint le les Forces françaises libres en Grande-Bretagne et sert comme officier de liaison du de fusiliers marins de langue espagnole (ou BFM), est impressionné par les méthodes des commandos britanniques, en particulier le raid mené par les commandos anglais sur les îles Lofoten le .

Début , il prend la tête d'une compagnie d'instruction de 25 marins français, provenant essentiellement de l'Aviso «Arras», désignésDésignation 11 PM 2/1 du 20/01/42 et 4/42 du 19/01/42 - FNGB. pour instruire les volontaires basques du BFM. Face à l'inexpérience de ses hommes et au manque d'équipement, l'enseigne de vaisseau Kieffer sollicite et obtient de former ses cadres au sein d'unités britanniques. Il envisage aussi qu'ils puissent à terme devenir eux-mêmes des combattants et veut les préparer à mener des Compte rendu de l'enseigne de vaisseau Kieffer du 16 février 1942 adressé au vice amiral commandant les Forces Navales Françaises Libres.. La compagnie d'instruction, durant son stage chez les Royal Marines d'Eastney au mois de , se fait remarquer par son zèle, sa soif d'apprendre et son comportement général dont le crédit est attribué à la valeur de son officier commandantRapport de fin de stage « armes de petit calibre » caserne d'Esternay du 02 au 20 mars 1942 ; Major Crick RM, chef de stage.. L'idée d'un emploi opérationnel de type commando continue à mûrir chez Kieffer ; le concept d’intégration d'étrangers aux commandos britanniques commence à circuler.

Anticipant cette dynamique, la compagnie d'instruction du BFM est dissoute le Décision 189 EM1 du 23 mars 1942 - FNBG. et est créée avec le même personnel la "Compagnie de Fusiliers Marins françaisQui sera usuellement dénommée Compagnie de fusiliers marins commandos.", qui quitte sa base de Camberley pour rallier le camp d’entraînement HMS Royal Arthur de Skegness et se prépare au stage des commandos britanniques du « commando dépôt » à Achnacarry en Écosse. Pour nourrir les effectifs de la compagnie de futurs commandos, un groupe d'instruction spécifique est mis en place à Skegness.

Le , Winston Churchill valide la proposition de Lord Louis Mountbatten, chef des Opérations Combinées, de créer un commando de forces alliées.. Les Britanniques sont intéressés par l'apport d'hommes susceptibles d'opérer en Europe occupée, connaissant le pays et la langue des habitants. Ce commando serait ainsi formé de « Troops » constitués de Français, Polonais, Belges, Néerlandais, Norvégiens, Yougoslaves. Les discussions se tiennent au plus haut de la hiérarchie et font l'objet d'une correspondance fournie entre Lord Mountbatten et le général de Gaulle, pour ce qui concerne la France.

Dès le , l'état-major des FNFL signifie l'acceptation de placer l'enseigne de vaisseau Kieffer et ses hommes sous autorité britanniqueNote 209 E.M.1 du 02 avril 1942.. Fin avril, à l'issue de leur mois de préparation à Skegness, ces 29Liste numéro 3125 du 27 avril 1942. français seront la première troop étrangère à être entrainée à Achnacarry, à l'instar des autres membres des commandos britanniques de la Special Service Brigade. Dans le même temps, Lord Mountbatten confirme au général de Gaulle le Correspondance cote 481 du 30 avril 1942. l’acceptation d’intégrer une troop française au Commando interalliés Numéro 10 en cours de constitution. À l’issue de leur formation commando le , Philippe Kieffer et ses hommes resteront stationnés en Écosse, pour poursuivre leur entrainement au sein du commando numéro 2 à Ayr, avant d'intégrer officiellement le , en tant que « Troop 1 », le Commando interalliés Numéro 10 dont le commandement a été confié au lieutenant colonel D.S. Lister M.C. La Troop 1 est basée à Criccieth, au pays de Galles, à quelques kilomètres de la Troop 2, hollandaise, formée à la même période.

Fait notable dans la constitution de la Compagnie de Fusiliers Marins Commandos, alias Troop 1 : elle fut rejointe par plusieurs groupes de volontaires de l'Armée de Terre dont le premier, en , fut celui du lieutenant Charles Trépel, qui deviendra par la suite le commandant de la Troop 8, deuxième troupe française du Commando.

À l'automne 1943, le Bataillon Fusiliers Marins Commando ( BFMC) est constitué de trois Troops : la , la du capitaine Charles Trépel et la Troop d'appui (K-Guns). Environ un tiers de ces commandos sont originaires de Bretagne.

Formation commando du BFMC La formation a lieu avec les commandos de l'armée britannique, (les bérets verts), au château d'Achnacarry en Écosse. Ce château et les terres environnantes situés dans les Highlands ont été mis à disposition de la Special Service Brigade par le propriétaire, Sir Donald Walter Cameron of Lochiel, chef du clan Cameron, en . Le cadre est austère, sauvage et la formation particulièrement rude.

Philippe Kieffer et ses hommes seront les premiers étrangers à être formés dans ce centre d'entraînement dirigé par le lieutenant-colonel C.E. Vaughan. Les nouveaux arrivants doivent parcourir à pied de la gare au château, puis passer devant des tombes fictives de soldats prétendument morts pendant l'entraînement.Note du général de Gaulle à Lord Mountbatten du 21 avril 1942. Cote 479 - S 3 AG 1/257.. Le bataillon français ainsi formé est placé sous le commandement de Lord Lovat qui dirige la de commandos (ou Special Service Brigade).

Cette rigueur de l'entraînement tient à la difficulté et à la dangerosité des missions qui leur seront confiées derrière les lignes ennemies. Le , Hitler avait ordonné d'abattre tous les commandos faits prisonniers.

Le , la Compagnie des Fusiliers Marins Commandos défile dans les rues de Londres.

Les opérations Avant le 6 juin 1944 Opération Jubilee : le , 15 hommes de la Troop 1, sous les ordres de l'officier de des équipages Francis Vourc'h, participent au raid sur Dieppe aux côtés des commandos britanniques (, , ) et canadiens. L'unité déplorera 1 mort. Un commando capturé puis évadé rejoindra l'unité 10 mois plus tard. Opération Forfar, raid Beer : période du au : reconnaissance spéciale sur les côtes françaises à Életot (Seine-Maritime) à 53 km du Havre : 2 commandos français sont détachés auprès du Commando, constituant la « Force J ». Cycle des Opérations Hardtack : période du au ; reconnaissances spéciales sur les côtes françaises. Hardtack 11 : 24-, Gravelines. 6 hommes de la Troop 1 aux ordres de l'adjudant Wallerand et 3 Britanniques. 2 morts (un Français et un Anglais), 2 prisonniers (les 2 autres Britanniques). Les cinq Français réussissent à échapper aux recherches allemandes grâce à l'aide d'habitants locaux.. Hardtack 7 : 26-26 et 27-, Ile de Sark. 5 hommes de la Troop 1 aux ordres du lieutenant Mc Conigal du . 2 morts, 3 blessés. Hardtack 28 : 26-, Jersey. 5 hommes de la Troop 8 aux ordres du capitaine Ayton du 2 SBS, blessé qui décèdera de ses blessures en Angleterre. Hardtack 21 : 26-, Quinéville. 6 hommes de la Troop 8 aux ordres du lieutenant Francis Vourc'h. Hardtack 4 : 26-, Biville (Criel-sur-Mer). 1 homme de la Troop 8 aux ordres du lieutenant Smith du . Opération Premium : 27-, Wassenaar, Hollande. 5 hommes de la Troop 8 aux ordres du capitaine Charles Trépel. 6 disparus. vignette|Commando Kieffer.

Le 6 juin 1944 et la Campagne de Normandie (intégré au ) vignette|Monument en hommage aux morts du débarquement, situé plage de Ouistreham. Dans les jours qui précèdent le Débarquement, les photos des objectifs sont distribuées aux commandos sans précision du lieu. Mais certains des commandos français originaires de Normandie reconnaissent les sites prévus, ce qui suscite l'inquiétude de l'État-major anglais, qui décide alors de les cantonner dans leur camp avec interdiction de sortie jusqu'au débarquement. Les 177 hommes ont été répartis en deux « troops » et une section de mitrailleuses « K-Guns ».