Le (surnommé Tante Ju en allemand, Iron Annie par les Anglais) était un avion de transport en tôle ondulée fabriqué par la firme allemande Junkers à partir des années 1930. Construit à plus de entre 1931 et 1952., il a été utilisé par de nombreuses compagnies aériennes (douze compagnies), mais aussi comme avion de transport militaire et bombardier pendant la Seconde Guerre mondiale.
Conception Le est conçu par l'ingénieur en chef de Junkers, Ernst Zindel, à l'origine comme avion de transport civil monomoteur. Il fait son vol inaugural en . Sa structure en tôle ondulée lui apporte alors une robustesse inédite pour l'époque, mais l'avion est clairement sous-motorisé. Aussi, dès , le septième exemplaire du reçoit deux moteurs supplémentaires sur les ailes et dispose alors de trois Pratt & Whitney Hornet de . Capable de transporter , le entre en service en 1932 dans la Lufthansa et fait rapidement l'objet de commandes d'autres compagnies aériennes.
La Luftwaffe manifeste vite son intérêt pour le , qu'elle destine à la fois au transport militaire (de matériel ou de parachutistes) et au bombardement. Une version spéciale est donc construite à partir de 1934, capable d'emporter de bombes ainsi que des mitrailleuses pour assurer sa défense. Bien que l'avion ait été utilisé largement pendant la Seconde Guerre mondiale, sa faible vitesse et son armement très limité ne lui laissaient que peu de chance face aux avions ennemis, ce qui explique en partie le nombre élevé d'exemplaires perdus pendant le conflit. La capacité du Junkers à opérer à partir de pistes courtes et sommairement aménagées était fort appréciée.
De nombreuses versions du ont été construites pendant toute la Seconde Guerre mondiale, avec des moteurs de plus en plus puissants, de meilleurs équipements électroniques (radio, etc.) ou des équipements spéciaux comme des skis pour atterrir sur la neige. La fabrication était répartie entre plusieurs usines situées en Allemagne, en France et en Hongrie. Après la guerre, la France et l'Espagne ont construit leurs propres versions, désignées respectivement AAC.1 Toucan et CASA 352, et utilisées jusqu'au début des années 1960.
Engagements militaires
vignette|Un Junker 52 au musée des forces armées norvégiennes.
Guerre colombo-péruvienne Lors de la guerre colombo-péruvienne de 1932-1933, trois furent utilisés par la Colombie comme avion de transport et bombardier contre le Pérou.
Guerre d'Espagne Les accomplissent leurs premières missions militaires pendant la guerre d'Espagne, au sein de la Légion Condor. Ils sont alors utilisés à la fois comme avions de transport pour faire franchir le détroit de Gibraltar aux troupes maures de Franco fin et comme bombardiers. Dix-huit bombardèrent Guernica le .
Seconde Guerre mondiale Ils jouent ensuite un rôle décisif lors des opérations aéroportées du début de la Seconde Guerre mondiale en Hollande, Belgique. et en Norvège (pour ce cas on verra une version hydravion équipée de deux flotteurs) en 1940 et contre la Crète en 1941, même si, à cette occasion, les pertes deviennent vite importantes à cause de sa lenteur ( environ) et de son faible armement. Il sera aussi utilisé pendant l'hiver 1942-43 pour ravitailler Stalingrad ainsi que pour soutenir les forces allemandes en Tunisie ( : par jour) et pendant l'évacuation de la Sicile en . Il sera livré des exemplaires à la Hongrie et à l'Italie.
Il équipait aussi la flotte personnelle d'Hitler et son état-major (jusqu'à cinquante appareils).
Sa production fut interrompue à la mi-1944 malgré le renforcement de son blindage et de son armement (modèle Ju 52/3m g14e). La production était arrivée à plus de .
Guerre d'Indochine La France produisit à son tour l'appareil après-guerre par le constructeur Amiot (puis Ateliers Aéronautiques de colombes-AAC).. Rebaptisés Toucan, ces avions ont été utilisés comme avions de transport de troupes et pour le parachutage pendant la guerre d'Indochine (GT1/64 « Béarn », GT 2/62 « Franche Comté » et 3/64 « Tonkin »). Moins rapide et moins confortable que le C-47 américain également employé par l'Armée de l'air, il avait un décollage plus court et un train fixe plus solide que celui (escamotable) du Dakota.
Guerre d'Algérie Les furent utilisés durant la guerre d'Algérie de 1956 à 1960 dans les deux « Groupes sahariens de reconnaissance et d'appui » et 78. Ils permirent d'effectuer de très nombreuses missions de reconnaissance, de transport, de recherches SATER (Sauvetage Aèro-TERrestre) et d'évacuations sanitaires. Ils assurèrent des détachements à Gabès, Télergma, Biskra, Remada, Touggourt, El Goléa, Ft Flatters, Polignac, Edjeleh, Tindouf, Adrar. Des missions furent régulièrement réalisées à Tamanrasset, In Eker, In Salah, Bir Djedid etc. Ils furent ensuite cédés au Portugal.
Aviation de collection Depuis l'accident d'un Junkers 52 Suisse de la compagnie JU AIR, en , il ne reste plus qu'un seul exemplaire en état au vol au monde, celui de l'Amicale Jean-Baptiste Salis (AJBS), basée sur l'aérodrome de Cerny- La Ferté-Alais, dans l'Essonne.
Construit en 1943, dans les usines Amiot, occupées, il fait partie d'un lot de 30 JU52, échangé par Hitler à l'espagnol Franco, contre des terres rares. Il porte le numéro 24. Il effectue toute sa carrière dans l’Ejército del aire , jusqu'en 1972 ou 74.
Les moteurs BMW d'origine, ont été remplacés par des ENMASA espagnols, copies, sous licence du Wright R1820 Cyclone, américain.
Lors de sa carrière militaire, ses ailes sont changées par des modèles construits en Espagne, suite à une tempête où l'avion, balayé par les vents, avait embouti 2 camions...
L'avion est ensuite vendu à une société cinématographique anglaise. Il est, par la suite, "abandonné" sur le terrain de Coventry, puis mis en vente en 1989.
Racheté par l'AJBS en 1990, sa restauration complète aura nécessité 25000 heures de travail, en 13 ans.
Variantes vignette|Un CASA 352, version espagnole du Ju 52. vignette|Un Ju 52 exposé au Musée royal de l'armée (Bruxelles). Ju 52/1m de : première version monomoteur (six exemplaires) Ju-52/3m ce : première version trimoteur pour l'Allemagne, la Finlande et la Suède Ju-52/3m ce : version trimoteur pour la Bolivie Ju 52/3m ge : première version construite largement avec trois moteurs BMW 132A-1 de Ju 52/3m g3e : trois moteurs BMW 132A-3 de et autres améliorations Ju 52/3m g4e : roulette arrière et autres améliorations Ju-52/3m g5e : trois moteurs BMW 132T-2 de et autres améliorations Ju 52/3m g6e : quasi identique au g5e Ju 52/3m g7e : ajout d'un pilote automatique et autres améliorations Ju 52/3m g8e : trois moteurs BMW 132Z et autres améliorations Ju 52/3m g9e : train d'atterrissage renforcé Ju 52/3m g10e : idem que le g9e mais en version flotteur ou ski Ju 52/3m g12e : trois moteurs BMW 132L de Ju 52/3m g14e : ajout d'un blindage pour protéger les pilotes, armement défensif renforcé Ju-52/3m MS « Mausi » ou « Minensuch » : avion démineur (grâce à un grand cercle en aluminium installé sous l'avion et dans lequel circulait du courant électrique, il faisait exploser les mines magnétiques) Ju 52/3 mW W pour (eau) : c'est un hydravion AAC.1 Toucan : version construite en France après la guerre () CASA 352 : version construite en Espagne après la guerre ()
Sur les produits, environ les deux tiers étaient destinés à la Luftwaffe.
Opérateurs vignette|Un Ju 52 restauré aux couleurs de la Lufthansa. Civils
Militaires
Appareils encore existants En état de vol En 2018, : deux en Suisse (), deux en Allemagne (Lufthansa et Ju-Air), un en Afrique du Sud (South African Airways Museum Society), un aux États-Unis () et un en France (Amicale J.B. Salis).
En 2019, la Lufthansa déclare arrêter les vols à bord de son (immatriculé D-AQUI), « appareil qui n'a aucune perspective d'utilisation financière viable » ; cet appareil pourrait continuer de voler lors de réunions aéronautiques...
Exposés Le , le (en fait l’Amiot AAC.1 Toucan ) est de nouveau exposé au Deutsches Museum après cinq ans de rénovation..
Accidents L'appareil (HB-HOT, appartenant à la Ju-Air) a été détruit lors d'un crash en août 2018 dans les Alpes suisses (vingt morts).. La compagnie Ju-Air entend reprendre l'exploitation, améliorée, des en 2023, puisque les causes de l'accident ont été identifiées (prise de risque des pilotes en montagne à basse altitude, entretien défaillant, mauvais équilibrage des charges dans l'avion, erreurs dans l'utilisation du logiciel de préparation des vols). Finalement, les deux avions de ce type restant en leur possession ne pourront pas reprendre la voie des airs à cause de coûts trop élevés et de règles de sécurité trop strictes. L'un d'eux pourra cependant toujours être admiré au musée de l'aviation de Dübendorf (ZH).
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Bibliographie .
Junkers Ju 052 Catégorie:Avion utilisé par l'armée de l'air française Junkers Ju 052 Catégorie:Véhicule militaire de la guerre d'Algérie Ju 052 Catégorie:Avion à hélices Catégorie:Avion trimoteur Catégorie:Avion des années 1930 Catégorie:Avion de ligne Catégorie:Premier vol en 1930 Catégorie:Avion à ailes basses Catégorie:Bombardier allemand