François Lamorinière, né à Anvers le et mort dans la même ville le , est un peintre paysagiste et graveur belge.

Son travail se situe entre la génération précédente des paysagistes romantiques et le paysage réaliste, annonçant l'École de Calmpthout, également appelée « école du gris ». Sa facture méticuleuse en fait un héritier solitaire de la tradition flamande des .

Ses œuvres sont conservées dans les institutions muséales belges, britanniques et aux Pays-Bas.

Biographie Famille Jean Pierre François (en néerlandais : Joannes Petrus Franciscus) Lamorinière, né à Anvers en 1828, est le fils de Pierre François Lamorinière (1798-1855), sergent-major de l'artillerie à Anvers et de Marie Scholastique Séraphine Josèphe Legrand (1791-1868), cuisinière. Sa sœur Marie Thérèse épouse en 1851 le peintre Louis Van Kuyck.

En 1866, François Lamorinière épouse Marie Thérèse Henriette Lavaux (1840-1933). Ils sont les parents de trois enfants : Isa (1867-1945), Guillaume François (Willem) (1870-1926) et Pierre Charles (Carl) (1874-1928).

Carrière vignette|redresse|François Lamorinière photographié en 1861 par Joseph Dupont. En 1840, François Lamorinière, initialement destiné à devenir militaire, à l'instar de son père, commence ses études à l'Académie royale des Beaux-Arts d' Anvers auprès du sculpteur Joseph Geefs. Après quelques semaines, il s'aperçoit qu'il est davantage attiré par la peinture et, grâce à l'entregent de son père, commence à étudier le dessin dans l'atelier d'Emmanuel Noterman, un peintre et graveur connu pour ses scènes de genre avec des animaux. Toujours à l'académie d'Anvers, où il suit les cours jusqu'en 1849, il étudie aussi auprès du célèbre peintre de marines Jacob Jacobs, connu pour ses scènes de ports et de paysages du sud. Lamorinière commence à pratiquer la peinture en plein air dans les environs immédiats d'Anvers. Il expose sa première œuvre, intitulée Les Derniers rayons du soleil (actuellement conservé à la Walker Art Gallery à Liverpool) au salon d'Anvers en 1849, puis il expose Les Bruyères de Putte au salon de Bruxelles de 1851.

En , François Lamorinière peint des paysages de la région de Barbizon et de la Forêt de Fontainebleau, où les peintres de l'école de Barbizon Théodore Rousseau et Jean-François Millet avaient élu domicile. Il est, avec Alfred de Knyff et les frères Xavier et César De Cock, l'un des premiers artistes belges à y peindre en plein air, sans adhérer toutefois au pleinairisme, privilégiant une approche réaliste. On ne sait pas exactement combien de temps il y séjourne, mais une œuvre datée de 1854, et présentée au salon de Bruxelles, s'intitule Effet du matin sur une forêt à Barbizon. vignette|gauche|Au bord du canal (1855).

À partir du milieu des années 1850, l'artiste commence à connaître le succès grâce au soutien du marchand d'art bruxellois Gustave Couteaux. Au Salon de Bruxelles de 1857, il obtient une médaille d'or pour ses deux paysages intitulés L'Automne, vue prise aux environs d'Anvers et Le Mois de juillet, vue prise aux environs d'Anvers.. Le futur roi des Belges Léopold II acquiert une de ses œuvres par l'intermédiaire de Couteaux. En 1862, il entre en contact avec le concessionnaire belge établi à Londres, Jean Gambart qui l'appelle outre-Manche afin d'y peindre douze toiles, dont des paysages de . De retour en Belgique, le gouvernement lui commande Vue prise à Edegem exposé au Salon de Bruxelles de 1863.

vignette|gauche|Paysage rocheux à Marche-les-Dames (1853), au Musée des Beaux-Arts de Gand. François Lamorinière commence également à voyager afin de découvrir de nouveaux sujets aux bords de la Meuse (1868-1869), en Allemagne (1869) et à partir du début des années 1870, il passe chaque année plusieurs mois sur l'île de Walcheren aux Pays-Bas. Sa palette représente aussi les Fagnes, et la Campine, dans ce qui constitue actuellement la réserve naturelle de Calmpthout. Il expose à Vienne (exposition universelle de 1873), Prague (1877), Rotterdam (1878), Paris (exposition universelle de 1878), Amsterdam (1881) et Paris (exposition universelle de 1889). Il peint dans ces lieux lorsqu'il y voyage. Il revient souvent peindre à Kapellen, près de la commune frontalière de Putte, où, au milieu des années 1870, il acquiert une résidence appelée The Pavillon.

François Lamorinière est parmi le grand nombre d'artistes anversois qui ont créé le Vereeniging der Antwerpsche etsers ou l'Association des aquafortistes anversois fondée en 1880. Il en devient le président. Lamorinière est également membre de l'Académie royale de Belgique, membre de l'Académie de Rotterdam et membre de l'Académie de Prague.

François Lamorinière perd la vue en 1897 et cesse, dès lors, de peindre. Le , il meurt chez lui rue de la Province du sud à Anvers . Ses funérailles civiles (il est franc-maçon) ont lieu le , en présence d'une assistance nombreuse comprenant des personnalités du monde des arts, de la politique et de la magistrature. Il est initialement inhumé au cimetière du Kiel à Anvers, avant le transfert de sa sépulture au Schoonselhof...

Œuvre Caractéristiques vignette|gauche|Vue d'Edegem, (1883), Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers. François Lamorinière est un peintre et graveur dont le sujet principal est le paysage. Il est considéré comme une figure de transition dans la peinture de paysage belge entre le romantisme de Balthasar Ommeganck et d'Eugène Verboeckhoven, et plus tard le réalisme. Il peint ses paysages d'après nature à partir de ses propres observations. Même si ses paysages plats découlent de son observation directe de la nature, Lamorinière ne s'est pas contenté de peindre la nature telle qu'il l'a trouvée.

Ses compositions reflètent l'image spirituelle idéale qu'il se fait de la nature. La construction stricte et l'analyse détaillée de ses œuvres, mettent l'accent sur le statique. Son style de peinture est lisse et méticuleux. Cette approche est manifeste dans sa Vue d'Edegem, représentant des sapins à Putte (conservé au Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers) qui donne à voir les lignes strictes des troncs d'arbres imposants et l'effet de perspective des ombres des résineux. Lamorinière voue une passion pour les arbres et porte une attention méticuleuse à chaque détail de leur constitution.

L'école de Barbizon, ainsi que les traditions paysagères de l'école flamande et hollandaise, exercent des influences importantes sur son travail. Les paysages de Joseph Lies ont aussi influencé son travail. L'artiste préfère les tons sombres et représente généralement la nature sans aucune présence humaine, même si certains de ses paysages sont étoffés de bétail* .. Lamorinière grave , publiées en 1874. Ces gravures révèlent, à l'instar de ses toiles, la compréhension de l'artiste de la constitution des arbres et son souci du détail.

La recherche d'un vert particulier pour ses œuvres conduira à l'élaboration d'un « vert Lamorinière » recherché, puis produit par les ateliers Jacques Blockx. Précurseur de l'École de Calmpthout, également nommée « École du gris », ses œuvres ont été vendues en Belgique mais aussi en Grande-Bretagne et également aux États-Unis.

Il signe François Lamorinière, parfois Lamorinière ou le plus souvent FL30px|Signature.

Accueil critique Lorsque l'artiste expose quatre paysages à l'Exposition universelle de 1873 à Vienne, la Revue de France publie :

Collections publiques Belgique vignette|Paysage avec hérons au coucher du soleil, Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers. Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles). : Fin d'automne (1850 ou 1859), huile sur bois, inventaire , format , legs d'Auguste Beernaert, Bruxelles, 1912 ; Vue prise à Edegem (1863), huile sur bois, inventaire , format , acquis de l'artiste , Anvers, 1912 ; Hiver, bois de Burnham (1867), huile sur toile, inventaire , format , legs de Paul Hamman, Spa, 1901 ; Étang à Putte (1879), huile sur bois, inventaire , format , acquis de l'artiste, Anvers, 1882. Musée royal des beaux-arts d'Anvers : treize œuvres, dont. : Barbizon, crépuscule (1853), Mare en Campine (1865), Ferme à Rahier (1864), Vieille ferme à Xhierfomont (1864), Sapinière à Putte (1883), Paysage avec hérons au coucher du soleil, … Musée des Beaux-Arts de Gand. : Paysage rocheux à Marche-les-Dames (1853), huile sur toile, inventaire , format , acquis en 1853, après le Salon de Gand. Musée des Beaux-Arts de Liège : Les Hêtres.

Royaume-Uni Victoria and Albert Museum. : Paysage avec un pêcheur et un bateau (1872), huile sur bois, inventaire , format , légué par Joshua Dixon, 1886. Walker Art Gallery à Liverpool : Coucher de soleil (1849), huile sur toile, inventaire , format , don d'Arnold Baruchson, 1864. Paysage avec un lac (1869), huile sur toile, inventaire , format , don d'Arthur Jevons, 1906. Château de Brodie : Les Polders à Anvers (s.d.), huile sur panneau, inventaire , format . Musée national de Cardiff : Paysage en Belgique, dessins, dons de Sir William Goscombe John.

Pays-Bas Rijksmuseum Amsterdam : numéros en rapport avec le peintre, dont majoritairement des dessins et des gravures..

Honneurs Distinctions François Lamorinière est : le .. le .. le . 50px|Ord.Franz.Joseph-COM Commandeur de l'ordre de François-Joseph (1873). 50px|Ordre de Saint-Michel Commandeur de l'ordre de Saint-Michel (Bavière) le . (1890).

Toponymie Depuis 1911, la « rue François Lamorinière » lui rend hommage à Anvers..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes École de Calmpthout École de Barbizon

Bibliographie . .

Liens externes

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