Roza Iegorovna Chanina (en ), née le et tuée au combat le , est un sergent-major de l'Armée rouge, tireur d'élite pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Biographie Enfance et formation Roza Chanina est née à Yedma, petit village russe du gouvernement de Vologda (aujourd'hui dans l'oblast d'Arkhangelsk), fille d'Anna Alexeïevna Chanina, une trayeuse de vaches dans un kolkhoze et de Gueorgui Mikhaïlovitch Chanine, un bûcheron infirme du fait d'une blessure reçue pendant la Première Guerre mondiale. Roza aurait été nommée d'après la révolutionnaire marxiste Rosa Luxemburg. Elle termine l'école élémentaire à Yedma, puis poursuit ses études dans le village voisin de Bereznik, distant de 13 kilomètres, distance qu'elle est obligée de parcourir à pied, faute de ramassage scolaire. Elle y retournait même le samedi pour s'occuper de sa tante malade Agnia Borissova.

À l'âge de 14 ans, contre la volonté de ses parents, elle aurait marché 200 kilomètres à travers la taïga jusqu'à la gare pour poursuivre ses études à Arkhangelsk, où elle suit les cours du collège de formation des professeurs et travaille dans un jardin d'enfants (la marche de 200 kilomètres a été confirmée plus tard par son professeur, Alexandre Makarine).

Pendant la guerre vignette|redresse|gauche|Roza Chanina avec son fusil dans le village de Stolyarishk (Lituanie), en 1944.

Le , Roza Chanina s'enrôle dans l'Armée rouge et le , elle rejoint la de fusiliers où un peloton féminin de tireurs d'élite avait été formé. Elle combat pendant neuf mois et participe à la grande offensive soviétique sur Vilnius, déclenchée le . Elle reçoit l'ordre de la Gloire le et de nouveau le .

Un jour, en recevant l'ordre du commandant du bataillon de retourner sans délai à l'arrière, Chanina aurait répondu : . L'expression devint plus tard le titre d’un ouvrage de Nikolaï Jouravliov Николай Андреевич Журавлев [Nikolai Andreevich Zhuravlev], После боя вернусь... [Je reviendrai après la bataille...], Moscou, DOSAAF, 1985, 190 p..

Le , Roza reçoit une balle dans l'épaule, ce qui lui vaut la médaille du Courage, décernée le .

Mort vignette|redresse|Notification de décès de Roza Chanina envoyée à sa mère par le bataillon médical et sanitaire séparé.

Le , Roza Chanina est gravement blessée durant une bataille près du hameau de , en province de Prusse-Orientale. Elle est retrouvée par deux soldats qui la découvrent éventrée, la poitrine déchirée par un obus à fragmentation. Malgré les tentatives pour la sauver, elle meurt le lendemain le , trois mois avant la victoire de l'Armée rouge sur la Wehrmacht. L'infirmière Yekaterina Radkina se souvint que Chanina lui avait dit qu'elle regrettait d'avoir fait si peu. Pourtant , après avoir tué 59 ennemis, elle avouait ne plus avoir de cœur. Sa mère , apprenant la mort de sa fille déclara « que c'était mieux ainsi », compte tenu de ses états meurtriers de service.

Vie privée Roza Chanina avait quatre frères et une sœur : Fiodor, Julia, Marat, Mikhaïl et Sergueï. Mikhaïl mourut au cours du siège de Léningrad en 1941, Fiodor fut tué la même année pendant la campagne de Crimée et Sergueï ne revint pas non plus de la guerre. Marat fut le seul frère survivant.

La vie personnelle de Rosa Chanina a été contrecarrée par la guerre. Le , elle écrit dans son journal : . En , Chanina écrit qu'elle se un homme nommé Nikolaï, bien qu'il . Dans la même page, elle écrit qu'elle ne pense pas au mariage parce que . Elle écrit plus tard qu'elle avec Nikolaï et lui a . En fin de compte, dans le dernier compte-rendu de son journal, rempli de tons sinistres, Chanina écrit qu'elle maintenant et qu'elle n'est .

Personnalité vignette|Roza Chanina et le secrétaire en chef du journal de la 5e armée « Anéantissons l'ennemi », le major Alexandre Alexandrovitch Balaïev, 1944. Le correspondant de guerre Piotr Moltchanov, qui avait fréquemment rencontré Roza Chanina au front, l'a décrite comme une personne d'une volonté inhabituelle, dotée d'une nature authentique et brillante.. Elle avait un caractère simple., et estimait important le courage et l'absence d'égotisme chez les autres personnes. Elle s'habillait modestement et aimait jouer au volleyball..

Chanina s'est décrite elle-même comme une pendant ses années de collège.. Elle a défini son propre caractère à l'image de celui du poète, peintre et écrivain romantique Mikhail Lermontov, décidant, comme lui, d'agir comme elle l'entendait..

Selon la sœur d'armes de Chanina, Lidia Vdovina, Roza avait l'habitude de chanter sa chanson de guerre préférée « Oï toumany moi, rastoumany » (« Ô mes brumes ») à chaque fois qu'elle nettoyait son arme. Elle a une fois raconté une histoire quand ont attaqué une tranchée accueillant douze femmes snipers, y compris Chanina, affirmant : .

Honneurs

vignette|Un des journaux de combat de Roza Chanina. vignette|redresse|gauche|Roza Chanina, alors médaillée de l'Ordre de la Gloire (), au village de Merzlyak en 1944.

Roza Chanina a obtenu l’ordre de la Gloire par deux fois, devenant ainsi la première femme à recevoir l’une des plus hautes décorations soviétiques de la Seconde Guerre mondiale, ce qui lui a valu la célébrité dans l’ensemble du pays et la publication d’articles et de photos à son sujet dans les médias. Pendant la guerre, elle est baptisée par les journalistes étrangers la « Terreur invisible de la Prusse orientale », du nom de la région où elle combattait depuis l’automne 1944

Son journal de combat et plusieurs de ses lettres ont été publiés après sa mort, à partir de 1965, renouvelant l'intérêt pour Rosa Chanina dans la presse soviétique. Des rues à Arkhangelsk et dans les localités de Changaly et Stroïevskoïe ont été nommées en son honneur. Son village de Yedma possède un musée qui lui est consacré. L'école locale où elle a étudié en 1931-1935 a une plaque commémorative.. La propagande communiste d'alors rendait hommage à l'admirable mère qui avait .

En 2013, elle figure sur un mur de la mémoire présentant les graffitis de six personnalités russes de la guerre (avec Pavel Oussov, Prokopy Galouchine, Alexandre Chabaline, Pavel Kojine et Piotr Noritsyne), inauguré à Arkhangelsk. lien archive.

Le roman Étoile rouge (Buchet-Chastel, 2023) de Florian Ferrier a pour héroïne Lenka, une tireuse d'élite soviétique inspirée de l'histoire véritable de Roza Chanina..

Notes et références Notes

Références

Annexes Bibliographie

Articles connexes Femmes soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale Offensive Vilnius Tireur d'élite Lioudmila Pavlitchenko, une autre célèbre femme tireur d'élite soviétique, créditée de 309 ennemis tués et distinguée par le titre de Héros de l'Union soviétique.

Liens externes

Снайпер Роза Шанина (biographie) Biographie de Roza Chanina

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