droite

Le très noble ordre de la Jarretière () est le plus élevé des ordres de chevalerie britanniques, fondé le le jour de la Saint-Georges, en pleine guerre de Cent Ans, par le roi Édouard André Laramé, « Ordres honorifiques et décorations », sur herodote.net..

Selon la légende, la création de cet ordre aurait été décidée par le roi Édouard lors d'un bal à Calais, où il dansait avec sa maîtresse, la comtesse de SalisburyPeut-être Jeanne de Kent.. Celle-ci ayant, en dansant, fait tomber sa jarretière, le roi, galamment, la ramassa sous les quolibets des danseurs, la mit à son genou et coupa court aux railleries par ces mots :

Cet ordre de chevalerie, le plus ancien qui subsiste encore au , rassemblait en plus du souverain vingt-quatre chevaliers, membres à part entière. Les hommes sont appelés « chevaliers compagnons ».

Des femmes ont été associées à l'ordre, mais n'ont jamais été membres avant le règne d'Édouard VII au tournant du . Elles sont alors nommées « dames de la Jarretière ». Depuis 1987, les femmes peuvent être reçues à un grade équivalent à celui de chevalier, et peuvent faire partie des 25 membres. Elles sont nommées « dames compagnons ».

L'ordre inclut aussi des membres supplémentaires (de la famille royale ou des souverains étrangers) depuis 1813, appelés « chevaliers et dames surnuméraires ».

La devise de l'ordre est : , avec un seul « n », selon l'orthographe de l'époque.

Les chevaliers et dames de l'ordre sont nommés par le roi sans consultation du Premier ministre. Il s'agit du plus grand honneur du Royaume-Uni, à l'exception de l’ordre du Chardon en Écosse.

Histoire vignette|redresse|Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick portant les habits et les insignes de l’ordre de la Jarretière.

Le roi Édouard III fonda l'ordre comme « une société, une communauté et un collège de chevaliers ».. On présume généralement que l'ordre a été fondé en 1348, même si les dates de 1344 et 1352 ont aussi été évoquées. La garde-robe du roi fait état des premiers changements dus à la Jarretière, à l'automne 1348. En tout état de cause, l'ordre n'a probablement pas été établi avant 1346. Ses statuts d'origine exigeaient que chaque membre soit préalablement chevalier (ce qu'on assimilerait aujourd'hui à un « Knight Bachelor ») or quelques-uns de ses membres initiaux ne furent faits chevaliers que cette année-làEncyclopædia Britannica, « Knighthood », Cambridge University Press, London, Ed., 1911..

Plusieurs légendes entourent les origines de l'ordre. La plus populaire implique la comtesse de Salisbury (probablement Jeanne de Kent). Alors qu’elle dansait avec ou à proximité du roi Édouard III, à Eltham Palace, on raconte que sa jarretière aurait glissé de sa jambe. Quand la foule de courtisans se mit à ricaner, le roi la ramassa et la noua à sa propre jambe en s’exclamant « Honi soit qui mal y pense », phrase qui est devenue la devise de l'ordre.. Selon une autre légende, le roi Richard a été inspiré au lors des croisades, par saint Georges, patron des chevaliers. En effet, Richard avait pris l’habitude d'attacher une jarretière aux couleurs de la bannière du saint (blanc et rouge) autour de la jambe de ses chevaliers pour leur porter chance dans les batailles. Le roi Édouard III aurait alors décidé de faire référence à cet événement quand il fonda l’ordre au , et de placer celui-ci sous la protection de saint Georges.

Charles s'est attaché à rendre tout son lustre à l'ordre, qui s'était un peu terni depuis la mort d'Élisabeth . Antoine van Dyck l'a représenté dans l'habit en 1637..

Peu après la fondation de l'ordre, des femmes furent désignées Dames de la Jarretière, mais ne furent pas faites compagnons. Le roi Henri VII interrompit cette pratique en 1488. Sa mère, Margaret Beaufort, fut la dernière dame de la Jarretière jusqu'à la reine Alexandra (en 1901). À l'exception des souveraines, Alexandra de Danemark fut la première nommée par la suite, par son mari Édouard VII. Le roi George V fit de même pour sa reine consort, la reine Mary, puis George VI pour sa femme, la reine Élisabeth. À travers le , les femmes sont ainsi intimement liées à l'ordre, mais à l'exception des reines, aucune ne fut faite compagnon.. Cependant, en 1987, il devint possible de nommer une « dame Compagnon de la Jarretière » depuis la modification des statuts par la reine Élisabeth II..

Composition Les membres vignette|redresse|Emblème de l'ordre au château de Windsor. vignette|redresse|La reine Victoria portant la jarretière au bras gauche. L'adhésion à l’ordre est extrêmement limitée et comprend le monarque du Royaume-Uni, le prince de Galles, pas plus de 24 membres compagnons et quelques membres surnuméraires. L'appartenance à l’ordre est du seul fait du monarque.. Celui-ci est connu comme le « souverain de la Jarretière ». Quant au prince de Galles, il est connu comme le « chevalier compagnon de la Jarretière ».. Les membres masculins de l’ordre sont des « chevaliers compagnons », alors que les membres féminins sont des « dames compagnons ».

vignette|gauche|redresse|Chevaliers compagnons lors de la procession annuelle de l’ordre.

Précédemment, lorsqu'une vacance se présentait, le souverain y remédiait en choisissant un nouveau membre parmi ceux proposés par les membres. Un système de proposition avait ainsi été mis en place à cette fin. Chacun des membres pouvait proposer neuf candidats, parmi lesquels trois devaient avoir un rang équivalent ou supérieur à celui de comte, trois à celui de baron et trois à celui de chevalier. Le souverain choisissait alors dans cette liste autant de personnes qu’il y avait de places disponibles. Il n’était cependant pas obligé de choisir ceux qui avaient obtenu le plus de propositions. Les derniers candidats à avoir été proposés datent de 1860. Depuis lors, les membres sont désignés par le seul souverain. Cependant, les statuts formulant cette procédure n’ont pas été modifiés avant 1853.

Depuis le , le souverain faisait ses propres choix sur les conseils du gouvernement. Cependant, le roi George VI pensait que l’ordre de la Jarretière et l’ordre du Chardon étaient devenus trop liés aux parrainages politiques. En 1946, avec l’accord du Premier ministre et du chef de l’opposition, l’appartenance à ces deux ordres est devenue un don personnel du souverain. Ainsi, le souverain sélectionnait personnellement les chevaliers et les dames compagnons de la Jarretière, sans avoir à tenir compte des conseils du gouvernement..

L'ordre se compose également de membres surnuméraires qui ne sont pas décomptés de la limitation à 24 compagnons. Plusieurs de ces membres appartiennent à la famille royale britannique et sont connus sous le nom de « chevaliers et dames royaux de la Jarretière ». Ces titres ont été introduits par le roi George III, en 1786, afin que ses nombreux fils ne perturbent pas la limite en nombre de compagnons. Il créa le statut de membre surnuméraire, en 1805, pour qu'aucun descendant du roi George II ne soit décompté comme membre (c'est-à-dire extension aux frères et sœurs de George III). En 1831, ce statut fut étendu à nouveau pour inclure les descendants de George (c'est-à-dire extension aux frères et sœurs de George II). Avec l'entrée de l'empereur Alexandre de Russie dans l'ordre, en 1813, la catégorie des membres surnuméraires fut étendue aux monarques étrangers, qui sont connus sous le nom de « Chevaliers et Dames étrangers de la Jarretière ». Chacune de ces initiations exigeait la promulgation d'une loi. Cependant, à partir de 1954, l'admission régulière de chevaliers et de dames étrangers fut possible sans avoir recours à des dispositions particulières.

Le souverain peut dégrader les membres qui ont commis des crimes graves, tels que la trahison. Pendant la Première Guerre mondiale, plusieurs chevaliers étrangers qui étaient les monarques de nations ennemies virent leur adhésion révoquée. Celles de l'empereur Guillaume II d'Allemagne et de François-Joseph d'Autriche ont ainsi été annulées en 1915. L'adhésion de l'empereur Hirohito fut également annulée après l'entrée en guerre du Japon lors de la Seconde Guerre mondiale, mais il fut renommé après la fin de la guerre par Élisabeth II. Il est ainsi le seul chevalier à avoir été nommé par deux souverains différents..

Les descendants de chevaliers de la Jarretière ont la possibilité de rejoindre la « Société des amis de Saint George et des descendants des Chevaliers de la Jarretière ».

Les officiers L'ordre comporte six officiers : le prélat, le chancelier, le greffier, le roi d'armes principal, l'huissier et le secrétaire.. Les offices du prélat, du greffier et de l'huissier ont été créés lors de la création de l'ordre, ceux de roi d'armes et de chancelier au , et enfin celui de secrétaire au ..

vignette|redresse|Officiers de l'ordre, lors de la procession annuelle. De gauche à droite : l'huissier, le roi d'armes principal, le greffier, le prélat et le chancelier.

L’office du prélat est tenu par l'évêque de Winchester, qui est traditionnellement un des dignitaires de l’Église d'Angleterre. L’office de chancelier est désormais occupé par un des compagnons de l’ordre. Depuis les débuts de l’ordre, cet office a été généralement exercé par l’évêque de Salisbury, il a cependant été tenu par des laïcs de 1553 à 1671. En 1837, après une modification du découpage des diocèses, le château de Windsor fut transféré dans le diocèse d’Oxford. La charge de chancelier fut dès lors transférée à l'évêque d'Oxford. Un siècle plus tard, l’évêque de Salisbury remit en question ce transfert, se fondant sur le fait que cette charge n’était en aucune façon liée au diocèse auquel était rattachée la chapelle de l’ordre et que, en tout état de cause, la chapelle Saint-Georges, en tant que possession royale, n’était pas sous juridiction diocésaine. L’office de chancelier fut alors retiré à l’évêque d’Oxford et a depuis été tenu par l’un des chevaliers compagnons. Depuis 1937, les membres qui ont exercé la fonction de chancelier sont : William Cavendish-Bentinck, duc de Portland (1937-1943) Edward Wood, comte d'Halifax (1943-1959) Robert Gascoyne-Cecil, marquis de Salisbury (1960-1972) Charles Lyttelton, vicomte Cobham (1972-1977) John Neville, marquis d'Abergavenny (1977-1994) Peter Carington, baron Carrington (1994-2012) James Hamilton, duc d'Abercorn (2012-2024) Eliza Manningham-Buller, baronne Manningham-Buller (depuis 2024)

L’office de greffier est tenu par le doyen de Windsor depuis 1558. Le roi d'armes principal de la Jarretière est d'office le membre le plus gradé du Collège d’armes (l'autorité héraldique d'Angleterre) et est généralement nommé parmi les officiers d'armes du Collège. Comme le titre l'indique, le roi d'armes principal a le devoir d'accomplir certaines tâches spécifiques, notamment celle de s'occuper des cimiers et des bannières des compagnons, qui sont exposées dans la chapelle. Depuis 1992, le secrétaire, qui agit en tant qu'assistant lors des cérémonies de l'ordre, est également choisi parmi les autres membres du Collège d’armes. Enfin, le poste d'huissier est tenu par le gentilhomme huissier de la verge noire, qui est également le sergent d'armes de la Chambre des lords (même si, en pratique, ses fonctions sont le plus souvent déléguées par son adjoint, le Yeoman Usher).

Les officiers actuels de l’ordre sont :

Prélat : Philip Mounstephen, évêque de Winchester (ex officio, 2023) Chancelière : Eliza Manningham-Buller, baronne Manningham-Buller (2024) Registraire : Christopher Cocksworth, doyen de Windsor (ex officio, 2023) Roi d'armes : David White, Roi d’armes Principal de la Jarretière (ex officio, 2021) Secrétaire : Lieutenant-colonel Stephen Segrave (2024) Huissier : Lieutenant-général Ed Davis, gentilhomme huissier de la verge noir (ex officio, 2025)

Les chevaliers militaires de Windsor gauche|vignette|redresse|Procession des chevaliers militaires de Windsor.