Khalida Toumi (en ) anciennement Khalida Messaoudi (), née le à Aïn Bessem dans l'actuelle wilaya de Bouira (Algérie), est une féministe et femme politique algérienne.
Elle est la ministre de la Culture de l'Algérie de 2002 à 2014.
En 2019, dans le contexte du Hirak, elle est placée en détention provisoire puis condamnée à 6 ans de prison en , peine ramenée à quatre ans en , puis à deux ans et demi en .
Biographie Enfance et études Khalida Messaoudi, est née le à Aïn Bessem dans une famille d'origine kabyle. Après des études primaires, elle suit au début des années 1970 ses études moyennes au CEG Aïn Bessem. Elle est licenciée en mathématiques et diplômée de l'École normale supérieure d'Alger.
Carrière professorale Elle est professeur de mathématiques dans trois lycées d'Alger jusqu'en 1993.
Militantisme
Ses positions féministes lui valent des menaces de mort par le Groupe islamique armé (GIA)Martine Gozlan, « La pasionaria au cachot », Marianne, semaine du 15 au 21 novembre 2019, p. 20..
Carrière politique vignette|left|Khalida Toumi avec le président Bouteflika à Tlemcen. Khalida Toumi participe à la création du « Mouvement pour la République » (MPR). Elle en est alors la vice-présidente. Élue députée du Rassemblement pour la culture et la démocratie en 1997, elle en est vice-présidente, chargée de la question des femmes. En 2000, elle devient chef parlementaire du parti. Elle démissionne de ce poste en 2001. Elle est exclue du RCD la même année, pour un désaccord sur la ligne de conduite du parti.
Elle devient ministre de la Communication et de la Culture en 2002, ainsi que porte-parole du gouvernement d'Ali Benflis. Elle est ministre de la Culture à partir d', dans le gouvernement d'Ahmed Ouyahia. Elle participe notamment au renouveau du secteur de l’édition en soutenant le festival du livre d'Alger, fait restaurer des théâtres régionaux et aide à la relance de la production cinématographique. Son ministère est cependant la cible de critiques, notamment de collusion avec le système politique corrompu. Elle interdit le livre Journal d'un homme libre, de Mohamed Benchicou. Elle quitte le gouvernement en , remplacée par Nadia Labidi, enseignante à l'université d'Alger.
Fin 2015, elle est une des signataires d'une lettre ouverte à Abdelaziz Bouteflika s'inquiétant de l'état du pays et mettant en doute la capacité du chef de l'État à diriger le pays.
Arrestation Le , dans le contexte des manifestations de 2019 en Algérie, elle est renvoyée devant la Cour suprême. Elle est inculpée pour . Le juge d'instruction auprès la Cour suprême ordonne sa mise en détention provisoire, et elle est incarcérée dans la foulée à la prison d'El-Harrach... Pour Marianne, les poursuites contre cette féministe – tout comme celles contre la trotskiste Louisa Hanoune – constituent une manœuvre du nouvel homme fort du pays, le général Ahmed Gaïd Salah, afin de contenter les milieux islamo-conservateurs en vue de la prochaine élection présidentielle.
Le , la chambre d'accusation de la Cour suprême confirme, malgré le départ de Gaïd Salah et la tenue de l'élection présidentielle, le maintien en détention préventive de Toumi. L'avocat de Khalida Toumi annonce qu'il va demander l'intervention du président Abdelmadjid Tebboune..
Le , un juge spécialisé dans les affaires de corruption économique près le tribunal de Sidi M'hammed condamne Khalida Toumi à six années de prison ferme et à une amende de 200 000 dinars..
Le , la première chambre pénale près la cour d'Alger ramène la peine de Khalida Toumi à quatre ans de prison ferme..
Le , Khalida Toumi sort de prison, ayant bénéficié d'une liberté conditionnelle..
Le verdict du procès en appel est cassé par la Cour suprême et un nouveau procès en appel est prévu pour le . Ainsi, Khalida Toumi est condamnée le à quatre ans de prison, dont deux ans et demi fermehttps://www.aps.dz/algerie/149822-cour-d-alger-l-ancienne-ministre-de-la-culture-khalida-toumi-condamnee-a-4-ans-de-prison-dont-2-ans-et-demi-ferme.
Distinctions
1997 : Citoyenneté d'honneur de la commune de Caltabellotta (province d'Agrigente, Sicile, Italie) 1997 : Prix international Alexander Langer 1998 : Prix pour la Liberté 1998 : Doctorat honoris causa en droits humains, université catholique de Louvain (Belgique) 1998 : Prix Pisa Donna 1998 : Prix Telamone per la pace 1999 : Prix Città di Ferrara 2004 : Prix de la Liberté 2004 : Prix Gamayung
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Naissance en mars 1958 Catégorie:Naissance à Aïn Bessem Catégorie:Ministre algérien de la Culture Catégorie:Ministre algérienne Catégorie:Membre du gouvernement Benflis III Catégorie:Membre du gouvernement Ouyahia III Catégorie:Membre du gouvernement Ouyahia IV Catégorie:Membre du gouvernement Ouyahia V Catégorie:Membre du gouvernement Belkhadem I Catégorie:Membre du gouvernement Belkhadem II Catégorie:Membre du gouvernement Ouyahia VI Catégorie:Membre du gouvernement Ouyahia VII Catégorie:Membre du gouvernement Ouyahia VIII Catégorie:Membre du gouvernement Ouyahia IX Catégorie:Membre du gouvernement Sellal I Catégorie:Membre du gouvernement Sellal II Catégorie:Féministe algérienne Catégorie:Personnalité du Rassemblement pour la culture et la démocratie Catégorie:Docteur honoris causa de l'université catholique de Louvain Catégorie:Personnalité kabyle Catégorie:Prisonnier à la prison d'El-Harrach Catégorie:Personnalité politique condamnée pour corruption Catégorie:Prisonnier algérien Catégorie:Personnalité politique algérienne condamnée