vignette|Les Algonquins vers 1800 en vert. Les Algonquins (en algonquin : Anishinaabeg.) sont un peuple autochtone algonquien. Ils vivent aujourd'hui au sein de neuf communautés au Québec.. et une en Ontario., au Canada. Ils sont généralement locuteurs de l'algonquin, une langue algonquienne.

Culturellement et linguistiquement, ils sont proches des Outaouais et des Ojibwés., avec lesquels ils forment le groupe des Anichinabés (Anishinaabeg), qui signifie littéralement les « vrais hommes », et s'auto-désignent Omàmiwinini (pluriel : Omàmiwininiwak).

Étymologie Le terme algonquin dérive du malécite. elakómkwik et signifie « Ce sont nos alliés / notre parenté » Ronald Lee Weagley, Eli: Blind Man Walking, AuthorHouse, 2012-06-12. .. Une autre explication soutient plutôt que l'expression signifie « à l'endroit où l'on harponne les poissons et les anguilles depuis la proue d'un canot »..

Répartition géographique thumb|Les Algonquins vers 1800.

Jusqu'en 1650, les Algonquins occupaient un vaste territoire situé au nord du fleuve Saint-Laurent allant du lac des Deux-Montagnes aux Grands Lacs. Peu de temps après, ils furent repoussés par les Iroquois vers la région de l'Outaouais. Puis, la colonisation les força à remonter vers le nord, vers l'Abitibi-Témiscamingue.

En 1871, les Algonquins représentaient 77 % de la population de la région du lac Témiscamingue. Finalement, au milieu du , l'exploitation forestière, puis la création de barrages les obligèrent à se sédentariser sur de petites réserves. En ajoutant celle de l'Ontario, on parvient à une population avoisinant les . Des Algonquins sont également installés dans les forêts du nord-est des États-Unis.

+Population des Algonquins du Québec et de l'OntarioSecrétariat aux affaires autochtones (Région du Québec) -Populations indienne et inuite au Québec au 31 décembre 2006.Algonquins du QuébecCommunautésTotalrésidentsnon-résidents200420192004201920042019Première Nation Eagle Village (Kebaowek)7811038268295513743Communauté anicinape de Kitcisakik (Kitcisakik)41651935640560114Kitigan Zibi Anishinabeg (Kitigan Zibi)Nation anishnabe du Lac Simon (Lac-Simon)295424Conseil de la Première Nation Abitibiwinni (Pikogan)843552617291463Première Nation de Long Point (Winneway)705919372520333399Algonquins de Barriere Lake (Lac-Rapide)648794530622118172Première Nation de Timiskaming (Timiskaming)601661Wolf Lake (Hunter's Point)21823680210236Algonquins au QuébecAlgonquins de l'OntarioCommunautésTotalrésidentsnon-résidentsPremière Nation de Wahgoshig270–121–149–Algonquins de Pikwàkanagàn–406––Algonquins en Ontario–527––TotalAlgonquins–––

Organisation politique vignette|Algonquins au . Le chef autochtone a plusieurs devoirs et responsabilités envers sa tribu. La façon dont ce chef est nommé a changé au fil du temps. En effet, avant l'arrivée des Européens en Amérique, le chef algonquin était nommé par le cercle des anciens.. Puis quelques siècles plus tard, il y a eu une période transitoire jusqu'à la création des premières réserves et de l'instauration de la loi sur les Indiens... Depuis ce moment, les chefs autochtones ne sont plus choisis, mais élus par les habitants de la réserve.

Organisation politique avant l'arrivée des Européens Le chef algonquin est nommé Okima dans la langue algonquine. Ce mot peut être traduit par "personne sage", "conseiller" ou encore "pilier" dans la communauté. Avant l'arrivée des Européens en Amérique, pendant le , le chef d'une tribu algonquine était nommé par le cercle des anciens. Ce cercle était composé de plusieurs personnes, dont particulièrement des sages, des hommes-médecines, d'anciens chefs algonquins et des personnes importantes. Lorsqu'un chef mourait ou devait être remplacé, c'est le cercle des anciens qui choisissait le prochain chef. La décision du cercle devait être respectée. Le futur chef devait bien connaître la médecine, la philosophie et les valeurs du cercle des anciens et des AlgonquinsRankin, Dominique et Tardif, Marie-José (2011). Souvenirs et espoirs d'un chef héréditaire algonquien, Montréal, Le jour, 160 pages.

Organisation politique après la création des réserves Lors de la création des réserves autochtones, l'organisation politique des tribus a changé. Le chef algonquin n'a plus les mêmes devoirs, les mêmes pouvoirs et n'est plus nommé de la même façon. Celui-ci est désormais soumis à la loi sur les Indiens de 1876 qui limite ses pouvoirs et ses moyens d'action.Le chef ainsi que ses nombreux conseillers sont élus par les habitants de la réserve. Le mandat du chef et des conseillers est de deux années. Les élections ont donc lieu tous les deux ans.

Pour se présenter comme candidat au poste de conseiller ou de chef d'une réserve, une personne doit respecter plusieurs conditions : « Un membre d'une bande, qui a au moins dix-huit ans et réside ordinairement sur la réserve, a qualité pour voter en faveur d'une personne présentée comme candidat au poste de chef de la bande et, lorsque la réserve, aux fins d'élection, ne comprend qu'une section électorale, pour voter en faveur de personnes présentées aux postes de conseillers. » On peut donc voir ici que la loi sur les Indiens réglemente l'organisation politique des réserves autochtones et que celle-ci a fortement changé. Il y a un conseiller pour chaque tranche de cent habitants et un minimum de trois conseillers, quel que soit le nombre d'habitants de la réserve. Le chef et les conseillers forment ensemble le conseil de bande. Celui-ci s'occupe du bien-être de la communauté et est également régi par la loi sur les Indiens. Plus précisément, il adopte des mesures relatives à la santé des habitants, il s'occupe de l'observation de la loi, du maintien de l'ordre, de l'entretien de la réserve et la réglementation de la circulation dans la réserve.

Conseils de bande Quelques exemples de Conseil de bande d’aujourd’hui :

Dans la réserve algonquine de Pikogan, le conseil de bande est présentement composé de quatre personnes.. La cheffe de la réserve est Monik Kistabish, le vice-chef est James Cananasso et les deux conseillers sont Maurice Kistabish et Steve Rankin.. Une réserve peut être comparée à une municipalité et un conseil de bande peut être assimilé à un conseil municipal (maire et ses conseillers)..

Dans la réserve de Timiskaming., le chef est Sacha Wabie et le vice-chef se nomme Elijah Polsonhttps://a8ca1903-3985-4f2a-ba78-17f8cea5c70b.filesusr.com/ugd/f6dca1_9b2c5dd745004f7ca6f5ad8e17d09f84.pdf. Les cinq conseillers sont Christine Chevrier, Jennilee Wahsquonaikezhik, Karen McKenzie, Gerald Handbury et Colleen Polson.. L'organisation politique des tribus algonquines a beaucoup changé en quelques siècles. Le mode de nomination a également été transformé. De plus, le chef qui était à l'origine seul pour diriger la tribu est désormais membre d'un groupe de conseillers dont le but est de diriger la réserve.

Conseil tribal Conseil tribal de la Nation algonquine Anishinabeg Secrétariat des programmes et des services de la Nation algonquine

Culture Seulement un Algonquin sur cinq est encore capable de s'exprimer correctement dans la langue algonquine, appelée généralement Anicinàpemowin ou spécifiquement Omàmiwininimowin. Le problème principal est de trouver des professeurs, souvent âgés, pour l'enseigner aux plus jeunes, qui souvent partent ensuite dans des milieux francophones comme la ville de Val d'Or. La langue est considérée comme l'une des divergences de plusieurs dialectes des langues Anichinabés. Chez les jeunes, la langue algonquine a connu un fort emprunt de mots de la langue cri.

Traditionnellement, les Algonquins vivaient dans une habitation en écorce de bouleau appelée wikiwàn ou en bois mikiwàn, mais les Algonquins vivent aujourd'hui dans des logements identiques à ceux des autres habitants du pays. Ils pratiquaient le Midewiwin et estimaient qu'ils étaient entourés de nombreux manitòk. Avec l'arrivée des missionnaires français, de nombreux Algonquins furent convertis au christianisme, mais encore beaucoup pratiquent le Midewuwin ou encore une pratique intermédiaire entre le christianisme et le Midewiwin..

Bien que leur culture fût principalement tournée vers la chasse et la pêche, certains Algonquins pratiquaient l'agriculture et cultivaient du maïs, des haricots et des courges, les « Trois Sœurs » de l'horticulture indigène. Ils fabriquaient aussi des outils.

Préjugés Il existe certains préjugés envers les autochtones du Québec : on critique notamment le fait qu'ils ont des traditions différentes des Québécois, on prétend qu'ils seraient tous alcooliques ou encore contrebandiers de cigarettes. Il y a deux préjugés plus dominants qui seront traités plus en profondeur, que les autochtones seraient tous des braconniers et qu'ils seraient tous plus riches que les blancs..

Par la suite, les Français sont arrivés sur leur territoire, mais cela n'a pas eu grand effet puisque ceux-ci venaient pour troquer des fourrures de castor. Le changement est plutôt survenu sous le régime anglais. Vers 1820, commence l'exploitation forestière. C'est alors que les autochtones sont perçus comme une nuisance, car ils vivent en forêt et ralentissent les opérations. La Loi sur les Indiens (1876) est alors créée. Cette loi confère aux autochtones plusieurs territoires de chasse et de pêche exclusifs. Toutefois, certaines personnes trouvent que les autochtones en abusent. Ils disent que ces derniers peuvent chasser ou pêcher n'importe quoi, n'importe où et n'importe quand, ce qui est faux, car ils doivent se limiter aux territoires ou réserves fauniques déterminés par cette loi. Ils doivent aussi respecter les mêmes quotas que tout le monde. Néanmoins, le préjugé de braconnier a suivi les autochtones du régime anglais jusqu'à aujourd'huihttp://www2.cdpdj.qc.ca/publications/Documents/Mythes-Realites.pdf. Ils sont aussi parfois traités de sauvages puisqu'ils ne vivent pas comme le reste de la population du pays.