La Marine indienne (sanskrit : भारतीय नौसेना, Bharatiya Nau Sena, Indian Navy) est la branche navale des Forces armées indiennes. Avec et femmes, dont de l'aviation navale et de marine (MARCOS), c'est la septième marine pour ce qui est du tonnage de navires de combat et la quatrième marine du monde en effectifs.. Elle dispose actuellement de plus de 155 navires, dont deux porte-avions en service, l', mis en service en 2013 et l' mis en service en 2022. L'Inde utilise sa marine pour sa défense nationale, améliorer ses relations internationales, par des exercices collectifs, des visites de ports étrangers et des missions humanitaires.

Histoire thumb|200px|Pavillon 2001-2004 thumb|200px|Pavillon 1950-2001 L'origine de la Marine indienne vient de la civilisation de l'Indus datant de . À l'origine, la flotte indienne est essentiellement d'exploration et commerciale. Le Rig-Veda écrit environ , crédite Varuna de la connaissance des trajets océaniques et décrit des expéditions navales. On y trouve la référence d'un vaisseau appelé Plava, qui donne de la stabilité au navire dans les conditions de tempête. La première référence connue d'une organisation de la marine en Inde ancienne date du , quand l'empereur Chandragupta Maurya crée un ministère des voies navigables.

Les routes maritimes entre l'Inde ancienne et les pays voisins sont essentiellement commerciales, et responsables de l'influence de la culture indienne sur d'autres sociétés.

Pour Auguste Toussaint, l'Inde ancienne serait ainsi le premier pays de l'Océan Indien à posséder de véritables flottes de combats. En effet, l'empereur maurya "possédait déjà d'un véritable Conseil d'amirauté ayant à sa tête un surintendant des Vaisseaux dont on trouve une curieuse description dans un ouvrage sanscrit de son premier ministre Kautilya, l'Arthashâstra.

Les différentes périodes Maurya, Satavahana, Chola, Vijayanagara, Kalinga et l'Empire moghol permettent le développement du commerce extérieur, en étendant l'influence indienne en Asie du Sud-Est.

Colonisation Aux , les rivalités entre la Compagnie anglaise des Indes orientales et le Portugal aboutissent à la bataille de Swally, en 1612, qui autorise l'octroi au Royaume d'Angleterre d'un monopole commercial en Inde. En 1662, la ville de Bombay est cédée au Royaume d'Angleterre par les Portugais. La marine coloniale indienne prend alors le nom de marine de Bombay en 1686, puis celui de marine indienne de sa majesté en 1830, marquant ainsi le début de l'ère victorienne. Entre 1863 et 1877 elle reprend toutefois le nom de marine de Bombay.

En reconnaissance de services rendus, elle obtient le nom de Royal Indian Marine en 1892, alors qu'elle dispose d'une cinquantaine de vaisseaux de guerre - Genèse de la marine indienne sur le site officiel de la marine Indienne. En 1934, renommée Royal Indian Navy, elle ne dispose plus que de huit petits navires au début de la Seconde Guerre mondiale. Pendant ce conflit, deux sloops de la Royal Indian Navy participent à l'opération Husky. Deux navires furent coulés dans ce conflit Liste nominatives des pertes

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale commence alors une nouvelle lutte des Indiens pour l'indépendance. En 1946, la mutinerie (mutinerie de Bombay) des marins indiens à bord du HMS Talwar se propage bientôt au reste de la flotte coloniale.

Indépendance L'indépendance est obtenue dès 1947, et le Royaume-Uni accorde à l'Inde une trentaine de petits vaisseaux (patrouilleurs, chasseurs de mines…) et deux frégates (HMS Tir et HMS Kukri), pour surveiller ses eaux territoriales.

+Répartition de navires entre l'Inde et le PakistanType de naviresIndePakistanFrégate HMIS Khukri HMPS Shamsher Sloop HMIS Sutlej HMIS Jumna HMIS Kistna HMIS Cauvery HMPS Narbada HMPS Godavari Corvette HMIS AssamDragueurs de mines HMIS Orissa HMIS Deccan HMIS Bihar HMIS Kumaon HMIS Rohilkhand HMIS Khyber HMIS Carnatic HMIS Rajputana HMIS Konkan

HMPS Kathiawar/PNS Chittagong HMPS Baluchistan/PNS Baluchistan HMPS Oudh/PNS Oudh HMPS Malwa/PNS Peshawar Navire d'étude HMIS InvestigatorChalutier HMIS Nasik HMIS Calcutta HMIS Cochin HMIS Amritsar HMIS Shillong HMPS Rampur HMPS BarodaDragueur de mines côtier (MMS) MMS 130 MMS 132 MMS 151 MMS 154 MMS 129 MMS 131Chaloupe (ML) ML 420 -Harbour Defence Motor Launch (HDML) HDML 1110 HDML 1112 HDML 1117 HDML 1118 HDML 1261 HDML 1262 HDML 1263 HDML 1266 Tanker HMIS Chilka Divers Tous les bateaux de débarquement existants

En 1950, la Marine royale indienne (RIN) devient la Marine indienne et attribue les préfixes INS (Indian Navy Ship) à ses navires.

La Marine indienne effectue sa première opération lors de l'invasion de Goa, alors colonie portugaise enclavée dans le territoire indien, dans le cadre de l' (1961). Surclassée tant en qualité qu'en quantité, la Marine portugaise ne peut livrer que des barouds d'honneur comme à Mormugão, et perd trois navires, détruits ou coulés lors des affrontements - Page de l'opération Vijay sur le site officiel de la marine indienne tandis que les territoires litigieux sont conquis par les forces indiennes.

La Marine indienne ne joue aucun rôle opérationnel pendant la guerre indo-pakistaine de 1965 : elle se contente de surveiller la côte et les eaux territoriales. Le Pakistan tente quant à lui, sans succès, un raid de bombardement sur la station radar de Dwarka et utilise le sous-marin Ghazi pour bloquer le port de Bombay, revendiquant d'y avoir bloqué le porte-avions (en fait en cale sèche). Toutefois, cette guerre participe à la perception du besoin d'une marine efficiente.

Lors du troisième conflit entre l'Inde et le Pakistan en 1971, les relations entre l'Inde et les États-Unis sont très mauvaises. Les États-Unis sont les alliés du Pakistan, et, de plus, l'Inde, pays non-aligné, se rapproche diplomatiquement de l'URSS. Les États-Unis décident donc d'envoyer un porte-avions nucléaire pour tenter de dissuader l'Inde de s'en prendre aux intérêts pakistanais. Cependant, la présence de l' dans le golfe du Bengale ne permet pas au Pakistan d'éviter l'affrontement. La Marine indienne assure le blocus des ports du Pakistan (et de l'actuel Bangladesh car pakistanais à l'époque), pour empêcher le ravitaillement des troupes pakistanaises stationnées dans le delta du Gange. Mieux, elle remporte une bataille, lorsqu'elle attaque le port de Karachi pendant les opérations Trident et Python. Elle coule notamment deux destroyers, un sous-marin, un chasseur de mines, sept petits navires côtiers et onze navires marchands (dont un américain, chargé de munitions pour le Pakistan), contre la seule perte de la frégate , premier navire coulé par un sous-marin depuis 1945. thumb|right|200px|La frégate INS Betwa et le porte-avions à Bombay.

En octobre 2009, la Marine indienne a un personnel d'environ (dont et pour de bâtiments de combat en service répartis entre 1 porte-avions léger, 16 sous-marins, 8 destroyers lance-missiles, 17 frégates, 28 corvettes lance-missiles, 23 patrouilleurs lance-missiles, 12 petits navires de guerre des mines, 3 pétroliers ravitailleurs et 1 navire océanographique. Son aéronautique navale comprend 16 Sea Harrier, 6 MiG-29K, 5 Il-38, 8 Tu-142, 28 hélicoptères Sea King dont 18 équipés ASM, 21 Alouette III, 12 Ka-28 ASM, 9 Ka-31 de guet aérien et 6 HAL Dhruv.

Avec 101 navires de combat en service et un tonnage de , la Marine indienne est en 2008 la septième flotte mondiale, derrière la Marine nationale françaiseBernard Prézelin, Flottes de combat 2008, Éditions maritimes et d’outre-mer, Rennes, 2008 .

Plus récemment, la Marine indienne participe à des missions multinationales de nature humanitaire (Somalie, tsunami dans l'océan Indien) ou d'évacuation des ressortissants indiens, népalais et sri-lankais du Liban en 2006.

En 2008, la Marine indienne a déployé plusieurs navires dans le golfe d'Aden afin d'escorter ses navires marchands et les protéger des actes de piraterie au large de la Somalie.

Le 19 novembre 2008, elle a annoncé que la frégate INS Tabar avait détruit le « bateau-mère » d'où un groupe de pirates lançaient ses attaques, après avoir riposté à la suite de « gestes hostiles ». Le Centre d'observation de la piraterie du Bureau maritime international (BMI) révéla cependant le 26 novembre que le bateau était en réalité de l'Ekawat Nava 5, un chalutier thaïlandais qui avait été capturé par des pirates le matin même. Le propriétaire précisa que sur les 16 hommes d'équipage, un était mort, 14 disparus et que le seul survivant avait été secouru six jours après la destruction du navire, demandant des explications à la Marine indienne, qui affirma avoir agi en situation de légitime défense AFP, Quand la marine indienne confond pêcheurs et pirates, Libération, 26 novembre 2008. Le 13 décembre 2008, l'INS Mysore qui avait pris la relève du Tabar capturait 23 pirates qui s'en prenaient à un bateau de commerce éthiopien La marine indienne libère un bateau-otage : 23 pirates capturés, RFI, les onze yéménites parmi eux étant cependant considérés par la suite comme des pêcheurs enrôlés de force11 des 23 « pirates » arrêtés par la marine indienne... libérables, sur un blogue consacré à l'Europe de la défense. Après ces affaires, la Marine indienne interviendra notamment le 27 mai 2009, tuant deux pirates, en intervenant à l'appel d'un bateau libérien attaquéSomalie: la marine française remet au Puntland 4 pirates, dont deux morts.

Doctrine thumb|right|Les frégates INS Godavari (F20), INS Brahmaputra (F31) et INS Beas (F39) naviguent en formation dans l'océan Indien durant l'exercice indo-américain Malabar 2008 (20 octobre 2008)