The Anti-Jacobin, or Weekly Examiner est un hebdomadaire créé à Londres par George Canning en 1797. William Gifford en était le directeurSon rôle lui valut un poste de maître-payeur des pensions des gentlemen puis celui d'intendant de la loterie. , Biographie universelle, ancienne et moderne, Paris, Louis-Gabriel Michaud, 1838, tome 65, p. 324-326.. Le premier numéro parut le et par la suite tous les lundis de la session parlementaire de 1797-1798Wendy Hinde, George Canning, Purnell Books Services, 1973, p. 59..
Canning le fonda, selon ses mots, pour « être plein de bruyants raisonnements, de bons principes et de bonnes plaisanteries, et former droit l'esprit des gens sur chaque sujetWendy Hinde, Op. cit., p. 58.. » L'un des biographes de Canning décrit ses buts comme étant de « railler et réfuter les idées des Jacobins, de présenter le point de vue du gouvernement sur les sujets du jour et d'exposer la désinformation et les contresens dont étaient pleins les journaux de l'opposition. » Dans les premiers numéros, Canning affirmait que lui et ses amis :
La « plus sérieuse, véhémente et efficace attaque en vers » de Canning contre les valeurs de la Révolution française se trouvait dans un long poème, New Morality, publié dans le dernier numéro de lAnti-Jacobin (, ). Canning considérait ces valeurs comme la « philanthropie française » qui professerait un amour de l'ensemble de l'humanité dans le même temps qu'elle éradiquerait tout sentiment patriotique. Il traitait les partisans de ces idées en Grande-Bretagne de « pharisiens pédants » qui « renient une part de Britannique, et rejettent le nom de l'Angleterre de leur cœur » :
No – through th'extended globe his feelings run As broad and general as th'unbounded sun! No narrow bigot he; – his reason'd view Thy interests, England, ranks with thine, Peru! France at our doors, he sees no danger nigh, But heaves for Turkey's woes the impartial sigh; A steady patriot of the world alone, The friend of every country – but his ownWendy Hinde, Op. cit., p. 61..
Pour faire connaître l'''Anti-Jacobin, Canning paya au caricaturiste James Gillray des dessins sur le thème des principes anti-jacobins, et l'artiste aurait fourni vingt dessins selon cet accordWendy Hinde, Op. cit., p. 60, et Draper Hill Gillray, 1965, p. 68.. Par ailleurs, l'artiste reçut une pension du gouvernementChris Evans, Debating the Revolution: Britain in the 1790s, I. B. Tauris, 2006, 198 pages, p. 147 ..
Le Premier ministre, William Pitt le Jeune, contribua également au journalWendy Hinde, Op. cit., p. 63..
LAnti-Jacobin estimait à le nombre total de ses lecteurs : il multipliait par sept les exemplaires du journal régulièrement écoulés chaque semaine sous prétexte que c'était la taille moyenne d'une famille britannique de l'époque, arrivant ainsi à ; à quoi il ajoutait sous prétexte que de nombreux lecteurs prêtaient leur exemplaire à leurs voisins plus pauvresWendy Hinde, Op. cit., p. 65..
Le journal est aujourd'hui plus connu pour ses quatre parodies ridiculisant des poèmes de Robert Southey, alors partisan des idées républicaines, parus dans les premiers numéros, en novembre-décembre 1797Notamment Inscription, le , n° 1, p. 8, The Widow, le 27 novembre, n° 2, p. 15-16, The Soldier'swife, le 11 décembre, n° 5, p. 39. Voir Lionel Madden, Robert Southey: The Critical Heritage, Routledge, 1984, 512 pages, p. 55-60 . Voir également Jean Raimond, Robert Southey, l'homme et son temps, l'œuvre, le rôle, Paris, Didier, collection « Études anglaises », 1968, 679 pages, p. 181., que pour ses articles, ses vers patriotiques ou ses imitations latinesDavid A. Kent, Geoffrey Wigoder, D. R. Ewen, Romantic Parodies, 1797-1831, Fairleigh Dickinson University Press, 1992, 409 pages, p. 25-31 .. Parmi les autres victimes de la revue, on compte également le chef des Whigs Charles James Fox et les poètes Samuel Taylor Coleridge, Charles Lamb ou Charles LloydJacques Voisine, J.-J. Rousseau en Angleterre à l'époque romantique : les écrits autobiographiques et la légende, Paris, Didier, 1956, 482 pages, p. 227.Charles Cestre, La Révolution française et les poètes anglais (1789-1809), Paris, Hachette & , 1906, 570 pages, p. 241.Kenneth R. Johnston, Joseph Nicholes, « Transitory Actions, Men betrayed: The French Revolution in the English Revolution in Romantic Drama », in Terence Allan Hoagwood, Daniel P. Watkins (dir.), British Romantic Drama: Historical and Critical Essays, Fairleigh Dickinson University Press, 1998, 235 pages, p. 115-158 ..
Source
Notes et références
Bibliographie Emily Lorraine de Montluzin, The Anti-Jacobins, 1798–1800: The Early Contributors to the Anti-Jacobin Review'', Palgrave Macmillan, 1987.
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