Le a été la seconde unité de la cinquième classe de croiseurs, la , construite pour la Marine impériale japonaise, sous l'emprise des traités de limitation des armements navals de 1922. Avec un déplacement déclaré de moins de , et armé de canons de , c'était un « croiseur léger », au sens du traité naval de Londres de 1930. Mais toutes ses autres caractéristiques étaient les mêmes que celles des « croiseurs lourds ». Aussi, après que l'empire du Japon se fut affranchi du respect des stipulations des traités de limitations des armements navals, la batterie de des navires de la a été remplacée par une batterie de , ce qui fit de ces navires des puissants croiseurs lourds. Le , le Mikuma fut le premier croiseur lourd japonais détruit lors de la bataille de Midway, face aux États-Unis.

Contexte, construction et caractéristiques

vignette|gauche|Dessin des croiseurs de la , avec un armement de croiseur lourd.

Le traité naval de Londres de 1930 a introduit une distinction entre les croiseurs, selon le calibre de leur artillerie principale, inférieur ou égal à , pour les croiseurs dès lors communément désignés comme croiseurs « légers », supérieur à , et au plus égal à (huit pouces) pour les « croiseurs lourds » Pour autant, aucune limite de déplacement ne s'appliquait aux croiseurs légers, autre que la limite maximale de , fixée pour les croiseurs par le traité de Washington de 1922.. Par ailleurs, le traité de Londres de 1930 aboutissait à bloquer la construction de nouveaux croiseurs lourds.

Les derniers croiseurs japonais construits sous l'emprise du traité de Washington portaient cinq tourelles doubles de , avec un déplacement déclaré (mais sous-estimé) de ., avec une vitesse de l'ordre de . Le haut-commandement naval japonais résolut de construire, dans le cadre du Premier Programme de Renforcement de 1931, des bâtiments portant le même nombre de tourelles, mais avec trois canons de par tourelle, au lieu de deux canons de , et avec des caractéristiques de déplacement, de protection équivalentes aux croiseurs précédemment construits, et une vitesse légèrement supérieure, atteignant 37 nœuds.

L'artillerie principale du et de son sister-ship, le Mikuma, était donc composée, à l'avant, de trois tourelles triples de Navweaps Japan /60. et deux tourelles triples à l'arrière. À la différence des classes précédentes, classes Myōkō et Takao, la tourelle superposée avant était la tourelle et non pas la tourelle , ce qui a conduit à intégrer la barbette des tourelles surélevées dans la superstructure. L'artillerie secondaire consistait en quatre tourelles doubles de de Type 89Navweaps Japan 5"/40 T 89., batterie qui allait être installée sur les croiseurs des classes précédentes, à la place d'une batterie de , à l'occasion de prochaines refontes. L'artillerie anti-aérienne rapprochée comptait quatre affûts simples de canons Vickers de Navweaps Japan 1.57" T 5..

Les croiseurs de la ont disposé de quatre plates-formes triples lance-torpilles de (Longues Lances), et de deux catapultes pour mettre en l'air trois hydravions. Le blindage sur les magasins était équivalent à celui de la classe Takao, mais plus léger sur les flancs et les ponts. La puissance des machines (quatre turbines à engrenages Kampon, alimentées par dix chaudières) devait permettre de développer , pour filer ..

Construit par les chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki, mis sur cale le , lancé le , armé le , le Mikuma avait une longueur de , à la flottaison (, hors tout), un maitre-bau de , un tirant d'eau de , et un déplacement de .

À leur mise en service, le Mogami et son sister-ship, le Mikuma n'étaient pas sans défauts. Pour maintenir le déplacement dans des limites permettant de garder la fiction du respect de la limite de déplacement de , il avait fallu substituer largement la soudure au rivetage, mais cette technique n'était pas encore bien maîtrisée par l'industrie japonaise et il en résulta une faiblesse structurelle de la coque, qui subit des dommages lors des essais d'artillerie et de vitesse. Par ailleurs, les deux bâtiments souffraient d'un excès de poids dans les hauts qui nuisait à leur stabilité. Ils furent très vite renvoyés à l'arsenal de Kure pour qu'on y portât remède.. Ils en ressortirent dotés de “bulges” (compartiments de la coque provoquant un renflement, en ), pour accroître la stabilité, et ils eurent leurs membrures renforcées. Ils déplaçaient alors , et ils avaient leur vitesse maximale réduite d'un nœud..

L'artillerie anti-aérienne rapprochée en place lors de la mise en service était, on l'a vu plus haut, du matériel britannique, qui correspondait à un “Pom-Pom” en affût simple. Sa cadence de tir et sa portée étant jugées insuffisantes, elle a été remplacée par des canons antiaériens de Type 96Navweaps Japan /60. multitubes dérivés du matériel français Hotchkiss de , qui ont constitué l'arme de base de la défense contre-avions rapprochée de la Marine impériale japonaise pendant la guerre. On en installa quatre affuts doubles autour du bloc passerelle, et quatre mitrailleuses simples de . Contrairement aux croiseurs des classes Myōkō et Takao, lorsqu'ils ont été refondus, ils ne furent pas dotés de plates-formes lance-torpilles quadruples.

Lors d'une nouvelle refonte, en 1939, les tourelles triples de furent remplacés par des tourelles doubles de 203 mmNavweaps Japan 8"/50 3y., sur les quatre croiseurs de la classe, ce qui leur a donné une puissance de feu équivalente à celle de croiseurs lourds. Un nouveau bulge a été ajouté à hauteur de la ligne de flottaison, et leur maitre-bau en fut porté à . Leur déplacement atteignit et leur vitesse fut réduite à 34 ¾ nœuds.

Une refonte de l'armement principal fit passer ce croiseur léger dans la catégorie des croiseurs lourds. Les cinq tourelles triples de furent débarquées et remplacées par des tourelles doubles de . C'est dans cette configuration qu'il entra dans la mondiale. Ces tourelles triples, maintenant disponibles, allaient être réutilisées comme armements secondaires, sur les cuirassés de classe Yamato.

Service Le Mogami, comme les autres croiseurs de sa classe, a fait partie de la de Croiseurs., dont le contre-amiral Kurita a reçu le commandement en .

Pendant l'offensive japonaise (décembre 1941 - avril 1942) Indochine, Malaisie, Insulinde En , le Mikuma a participé à l'occupation de la Cochinchine (Sud de l'Indochine française), depuis sa base d'opérations avancées, à Hainan, après que le Japon et les autorités françaises de Vichy eurent conclu une entente sur l'utilisation des installations portuaires et des aérodromes. Au moment de l'attaque de Pearl Harbor, le Mikuma, au sein de la de croiseurs, était chargé de couvrir l'invasion de la Malaisie dirigée par le vice-amiral Ozawa, à la tête de la expéditionnaire du Sud, en fournissant un soutien rapproché des débarquements de troupes japonaises à Singora, Pattani et à Kota Bharu.

En il fut chargé de l'invasion de Sarawak avec son sister-ship, le , protégeant les débarquements de troupes japonaises à Kuching. En , le Mikuma fut chargé de couvrir les débarquements de troupes à Java, Bornéo et Sumatra. Le , le Mikuma et le Chokai furent attaqués par l' qui a lancé quatre torpilles, qui toutes manquèrent leurs ciblesIJN Mikuma, Flotte Combinée..

La bataille du détroit de la Sonde Le lendemain de la bataille de la mer de Java, le , à , le Mikuma et le Mogami, le destroyer Shikinami, le croiseur léger Natori et les destroyers Shirakumo, Murakumo, Shirayuki, Hatsuyuki et Asakaze engagèrent le combat à coups de canons et de torpilles avec le croiseur américain et le croiseur australien dans le détroit de la Sonde. Les deux croiseurs alliés furent coulés durant l'engagement, comme le Ryujo Maru, transport japonais qui avait à son bord le commandant de la impériale japonaise, le lieutenant-général Hitoshi Imamura qui survécut au naufrage.

En mars, le Mikuma et la de croiseurs furent basés à Singapour pour couvrir les débarquements japonais à Sumatra et pour prendre les îles Andaman, au large de la côte de Birmanie, dans le golfe de Bengale.

Raid dans le golfe du Bengale Le , la division de croiseurs qui se trouvait à l'île de Mergui, a été rejointe par le de la division de croiseurs, qui portait la marque du vice-amiral Ozawa pour participer à des raids dans le golfe du Bengale. Pour chasser le trafic commercial avec l'Inde, le Mikuma, le Mogami et le destroyer Amagiri formèrent le « Groupe Sud », le Suzuya et le Kumano (navire amiral du contre-amiral Kurita), constituaient le « Groupe Nord », le Chokai et la flottille de destroyers, avec le croiseur léger Yura, le porte-avions et les destroyers Ayanami, Yugiri, Asagiri et le pouvait renforcer l'un ou l'autre groupe. Durant l'opération, le « Groupe Sud » revendiqua la destruction des navires marchands britanniques Daedanus (), Ganara () et Indora (), faisant route de Calcutta à l'île Maurice.

Le , la division de croiseurs retourna à Kure, et le Mikuma entra en cale sèche en réparations. Il n'a donc pas participé à la bataille de la Mer de Corail. Le , la division de croiseurs arriva à Guam pour assurer un appui rapproché du groupe de transport qui, aux ordres du contre-amiral Tanaka, devait acheminer les troupes chargées de l'invasion de Midway.

La bataille de Midway Le Mikuma, commandé par le capitaine de vaisseau (en ) Shakao Sakiyama, faisait partie de la de croiseurs du vice-amiral Kurita, promu à ce grade le . Cette escadre de soutien rapproché des forces de débarquements japonaises, composée de quatre croiseurs lourds, le Kumano (navire-amiral), le Suzuya, le Mikuma et le Mogami, et de deux destroyers, devait couvrir le débarquement de troupes prévu sur l'atoll de Midway. Cette opération était destinée à entraîner une « bataille décisive » entre les corps de bataille japonais, centré sur les cuirassés , et , et américain, réduit à trois porte-avions. Mais le , le fer de lance, les quatre porte-avions lourds japonais, lancés en avant-garde, ont été envoyés par le fond.

Le , l'amiral Yamamoto, Commandant-en-Chef de la Flotte Combinée, a néanmoins ordonné à la de croiseurs de se porter sur les îles Midway pour effectuer un bombardement préparatoire au débarquement japonais, prévu par le « plan MI ». La de croiseurs et la de destroyers se sont trouvées à au large de Midway, après une pointe de vitesse à . La mer était houleuse et les destroyers étaient à la traîne. À , l'ordre fut annulé. Cependant, cet élan plaçait la de croiseurs à proximité du sous-marin , dont le commandant a signalé par radio à Midway . Les veilleurs du croiseur Kumano ont repéré le submersible et le vice-amiral Kurita a, de son côté, ordonné un virage à 45° sur la gauche pour en éviter une attaque. Le virage d'urgence fut correctement exécuté par le navire amiral et le Suzuya, mais le troisième navire de la ligne, le Mikuma, effectua à tort un virage à 90°, coupant la route du Mogami qui, derrière lui, tournait à 45° comme ordonné. Le Mogami l'éperonna par bâbord arrière, en dessous du pont. L'étrave du Mogami céda et il fut gravement endommagé. Les dégâts importants du Mikuma (une brèche de sur ) et l'étrave écrasée du Mogami n'arrêtèrent pas les navires, mais les ralentirent fortement. Les réservoirs de mazout à bâbord du Mikuma étaient crevés et il commençait à perdre du pétrole, mais pour le reste, les dommages étaient faibles. Les destroyers Arashio et Asashio reçurent l'ordre de rester pour escorter le Mogami et le Mikuma.