L’accessibilité du web est la problématique de l'accès aux contenus et services web par les personnes handicapées (déficients visuels, sourds, malentendants) et plus généralement par tous les utilisateurs , traduction française Directives pour l’accessibilité aux contenus Web ()., quels que soient leurs dispositifs d’accès (mobile, tablette) . ou leurs conditions d’environnement (niveau sonore, éclairement).
Cette problématique est souvent appelée « a11y »., a et y étant la première et la dernière lettre d' et 11 le nombre de lettres entre les deux.
Les pratiques d'accessibilité cherchent à réduire ou supprimer les obstacles qui empêchent les utilisateurs d'accéder à des contenus ou d'interagir avec des services. Par exemple, en ajoutant un texte de remplacement aux images, qui permet aux déficients visuels d'accéder à l'information même sans voir l'image.
L'accessibilité est définie par des normes techniques établies par la (WAI) du (W3C). Elle nécessite un traitement tout au long du cycle de vie d'un site web, par l'ensemble de ses acteurs, via des méthodes d'applications, des référentiels métiers et une démarche de suivi.
Bien qu'il soit une composante et un levier d'amélioration de leur qualité globale, le degré d'accessibilité effectif des sites web reste très faible en 2023Voir par exemple , sur WebAIM, ..
Champ de l'accessibilité L'accessibilité du web est définie par la (WAI) . comme l'une des composantes de l'accessibilité numérique :
C'est un droit universel, selon l' de la Convention relative aux droits des personnes handicapées adoptée en 2006 par l'Organisation des Nations unies Convention relative aux droits des personnes handicapées, ONU.
Contextes utilisateur vignette|alt=Plage braille comportant une ligne de brailles et plusieurs touches spéciales.|Exemple de technologie d'assistance : une plage braille munie d'un ordinateur embarqué, fonctionnant de manière autonome. vignette|alt=Plage braille comportant une ligne de braille.|Cette autre plage braille n'offrant qu'une ligne de caractères braille s'utilise avec un ordinateur dont elle va reproduire l'affichage.
Même dans cette acception étroitement liée au handicap, l'accessibilité vise une très grande variété de cas« L'accessibilité, de quoi s'agit-il ? », Livre Blanc, Microsoft.. Celle-ci s'illustre en effet par : la diversité des handicaps susceptibles d'affecter la capacité à accéder à un contenu ou à un service en ligne .. Ceux-ci peuvent être visuels (cécité, trouble de la vision, daltonisme, achromatopsie), auditifs (surdité totale ou partielle), moteurs, cognitifs ou neurologiques, ou encore liés au vieillissement ; la variété des périphériques d'entrée et de sortie, et celle des technologies d'assistance . : claviers alternatifs et commutateurs, dispositifs braille, lecteurs d'écran (JAWS, , ., pour Gnopernicus), outils de synthèse vocale ( pour ), loupes d'écran et autres dispositifs d'agrandissement, navigateurs textes, dispositifs d'interaction vocale, paramétrages d'accessibilité des navigateurs web classiques
L'un des enjeux de la démarche d'accessibilité du web est de s'extraire des contraintes spécifiques à ces multiples contextes utilisateurs, et ainsi atteindre un niveau d'abstraction suffisant pour pouvoir se doter d'outils normatifs et de recommandations utilisables par l'industrie (fabricants de navigateurs web, créateurs de contenus).
Effets induits de l'accessibilité des contenus Au-delà des bénéfices atteints pour les utilisateurs handicapés, l'accessibilité du web profite plus largement à tous les utilisateurs et acteurs, notamment en ce qui concerne l'utilisabilité, la maîtrise de la production des contenus, les retours sur investissement. et d'image.
L'accessibilité des contenus rejoint également en partie la problématique de l'accès sur les mobiles et les du (W3C) sont en partie dérivées des normes d'accessibilité des contenus web .. Mais l'essor du web mobile suscite à son tour de nouveaux usages et des innovations technologiques qui sont autant de nouveaux défis en matière d'accessibilité Michael Cooper, , actes du Forum européen de l'accessibilité numérique, ..
Accessibilité des contenus ou accessibilité universelle Certains acteurs de l'accessibilité webC'est le cas notamment, en France, de l'organisme de labellisation Accessiweb. étendent leur champ au-delà de la question du handicap, à tous les contextes utilisateurs, en s'inspirant en particulier de l'objectif du . donné au (W3C) par Tim Berners-Lee, inventeur du :
L'accessibilité des contenus reste cependant, aux points de vue normatif et opérationnel, un aspect spécifique de cette ambition, et ne se confond pas davantage avec la notion de qualité web dont elle est également une composanteL'e-accessibilité comme composante de la qualité Web, actes du séminaire Instruments pour faire de l'accessibilité du Web une réalité, Paris, 2006.. En fonction des solutions techniques et de l'état de l'art, des arbitrages peuvent être nécessaires entre investir dans l'optimisation de l'accessibilité ou dans d'autres aspects qualitatifs tels que les contenus eux-mêmes, l'innovation, le référencement, l'ergonomie ou l'interopérabilité.
Les interfaces vocales comme Google Assistant ou Alexa d'Amazon posent des problèmes spécifiques d'accessibilité. En , Google lance le projet Euphonia afin d'améliorer la reconnaissance vocale pour les personnes ayant un trouble de la parole..
Composantes D'après le (W3C), l'accessibilité du web dépend de plusieurs composantes interdépendantes . : le contenu web, c'est-à-dire . ; les agents utilisateurs, notamment les navigateurs web et leurs extensions, qui exploitent le contenu web et le restituent aux internautes ; les connaissances et le savoir-faire des internautes, qui peuvent adopter des stratégies particulières pour accommoder leur utilisation du web ; les technologies d'assistance logicielles (lecteurs d'écran, logiciels d'agrandissement) et matérielles (claviers adaptés, commutateurs) ; les outils d'édition permettant de créer les sites web, comme les systèmes de gestion de contenu ; les outils d'évaluation de l'accessibilité du web.
Normes internationales Normes de la
Pour favoriser l'amélioration de l'accessibilité web, le W3C a créé en 1996 des recommandations à travers le projet (WAI). Ces recommandations sont groupées selon la composante de l'accessibilité concernée : les outils de production de contenu doivent d'une part pouvoir être utilisés par tous, et d'autre part autoriser et favoriser la production d'un contenu accessible. Il s’ensuit qu'ils doivent suivre des lignes de conduite, répertoriées dans les (ATAG) ; le contenu mis en ligne lui-même doit être accessible ; c'est ce que l'on entend habituellement par l’accessibilité du web, dont les recommandations sont regroupées dans les (WCAG) ; les outils de consultation (par exemple les navigateurs web) doivent être utilisables par tous et doivent exploiter pleinement le contenu accessible. Les lignes de conduite pour les outils de consultation sont exposées dans les (UAAG).
La (WAI) intervient également lors de l'élaboration de toutes les spécifications du W3C afin de s'assurer de leur compatibilité avec les directives d'accessibilité. Son groupe de travail sur les protocoles et les formats est ainsi à l'origine d'améliorations du format HTML . ainsi que des feuilles de style en cascade (CSS) .. Enfin, d'autres recommandations en chantier sont consacrées notamment au interfaces riches, ou à XML, SVG et SMIL ..
Recommandations pour interfaces riches L'essor des services et applications en ligne reposant sur l'utilisation croissante de technologies hybrides telles que JavaScript, AJAX et SVG, l'élaboration par la WAI de l’ () vise à mettre en place le cadre normatif nécessaire à l'accessibilité des ..
Quelques éditeurs mettent à disposition des acteurs de l'accessibilité des bibliothèques de techniques accessibilisées en tout ou en partie. C'est notamment le cas de Dojo, de jQuery (avec notamment une implémentation d'ARIA dans le module jQuery Mobile, dans le code généré par l'API) ou encore de Steve Faulkner, , ..
Cycles d'implémentation de l'accessibilité L'interdépendance entre les composantes du web permet à une amélioration de l'accessibilité pour l'une d'entre elles d'entraîner des améliorations en chaîne. Par exemple : la prise en compte d'une directive d'accessibilité par les agents utilisateurs incite les utilisateurs eux-mêmes à réclamer sa prise en compte par les éditeurs de contenu ; la prise en compte d'une directive d'accessibilité par les éditeurs de contenu les incite à réclamer son implémentation dans leurs outils d'édition.
Inversement, cette interdépendance conduit à des blocages lorsqu'une composante présente des faiblesses, par exemple : une absence d'implémentation dans un navigateur incite les éditeurs de contenu à ne pas tenir compte d'une directive d'accessibilité, ce qui peut conduire à leur tour les développeurs d'outils d'édition à ne pas la prendre en charge. La question peut alors se poser de son maintien dans les normes techniques du web, comme dans le cas des descriptions étendues d'images dans le format HTML5 « La loterie du longdesc », , ..
Déploiement, évaluation et suivi Méthodes d'application Les directives WCAG ne sont cependant pas immédiatement opérationnelles dans le cadre des projets web : la mise en œuvre de , dont le contenu a été fixé en 1999, nécessite des adaptations à l'évolution des technologies (sont en particulier concernés cinq points de contrôle initialement définis en réponse à des défauts temporaires d'implémentation de la part des agents utilisateurs .). renforce ce besoin par son caractère générique. La prise en compte de ces directives nécessite donc d'adopter une méthode d'évaluation et de déploiement.
Ces méthodes peuvent être définies à l'échelle nationale ou à une échelle géographique plus large, par des organismes privés ou publics. Par exemple : Accessiweb. (France) et Anysurfer. (Belgique) sont des méthodes produites par des organismes de labellisation privés, inspirées des ; le référentiel général d'accessibilité pour les administrations (RGAA, 2022, France) est un référentiel public de déploiement des , édité par la direction interministérielle du Numérique. ; la méthodologie unifiée d'évaluation de l'accessibilité du web (UWEM) . est une méthode européenne permettant une évaluation de l'application de aux niveaux A et AA.
Les directives ATAG peuvent s'appuyer partiellement sur les méthodes d'application de WCAG. Une méthode d'application a été développée en France au sein d'Accessiweb« Référentiel AccessiWeb », braillenet.org, .. Concernant , des techniques d'implémentation sont en cours de rédaction ..
Démarche globale Les recommandations du WAI, de portée internationale, proposent un ensemble de solutions pour permettre la réalisation de sites web accessibles. Elles supposent cependant une prise en compte à chaque étape de la conception : l'accessibilité des contenus n'est pas une surcouche technique spécifique, mais une démarche intégrée tout au long du cycle de vie d'un site web.
En amont des contenus La prise en compte de l'accessibilité du contenu gagne à être faite dès les premiers stades de conception d'un projet web : Chris Law, Julie Jacko, Paula Edwards, , , Baltimore, 2005..
Ceci peut concerner notamment l'utilisation des bases documentaires, le choix d'un système de gestion de contenus et d'une charte graphique, la définition des cahiers des charges et le choix des prestataires, la politique de formation interne
En cours de création ou de refonte Lors de la réalisation du projet, des évaluations d'accessibilité conception de la charte graphique, des gabarits de page web, ou du recyclage de contenus antérieurs :