Zaho, de son vrai nom Zahera Darabid (en arabe : ), née le à Alger (Algérie), est une chanteuse et auteure-compositrice-interprète algéro-canadienne.
Elle se fait connaître en 2008 avec son premier album Dima, porté notamment par les titres C'est chelou et Je te promets. D'autres chansons issues de cet opus rencontrent un large succès, parmi lesquelles La roue tourne ou Kif'n'dir.
Après une longue tournée et une réédition de Dima, elle publie en 2012 son deuxième album, Contagieuse, soutenu par les singles Tourner la page, Tout est pareil, Allô, Divisés ou encore Jardin d’Eden. L’album est suivi d’une tournée en France, en Belgique, au Canada et à travers l'Afrique francophone.
Entre 2015 et 2016, elle participe à la comédie musicale La Légende du roi Arthur d’abord en tant qu’auteure et compositrice des morceaux, avant que Dove Attia lui propose d’interpréter le rôle de la Fée Morgane sur scène.
En 2017, elle sort son troisième album, Le Monde à l’envers, qui comprend notamment le titre Laissez-les kouma en collaboration avec MHD, certifié disque de platine, ainsi que les singles Tant de choses et Comme tous les soirs.
Après une période de retrait médiatique, Zaho fait son retour en mars 2021 avec le single Ma lune, annonçant un nouveau projet musical. Elle dévoile ensuite les titres Doucement et Je t’aime à l’algérienne, puis, fin 2022, les singles Solo (en collaboration avec Tayc) et Oh Mama. Elle publie son quatrième album, Résilience, au début de l’année 2023.
La même année, Zaho fait ses débuts au cinéma en interprétant son premier rôle dans le long métrage Yo Mama, réalisé par Leïla Sy et Amadou Mariko, dans lequel elle incarne Samira, l’un des personnages principaux.
Après la sortie de Résilience début 2023, Zaho multiplie les concerts et les participations à des festivals en 2023, 2024 et 2025. Elle se produit notamment dans plusieurs salles parisiennes majeures, dont La Cigale en 2024 et la Salle Pleyel en 2025.
Elle mène une tournée en 2026 dont un passage au Zénith de Paris et publie son cinquième album studio intitulé Versatile le 3 avril 2026.
Biographie Jeunesse Zahera Darabid naît le à Alger, en Algérie. Elle est la fille d'une mère professeure et d'un père cadre dans un ministère.
Elle grandit à Bab Ezzouar, dans la banlieue d’Alger, jusqu’à l’âge de 18 ans., lorsqu’en 1998, elle et sa famille immigrent à Montréal, au Canada, quittant une Algérie en pleine décennie noire.
En , alors qu’elle n’a que onze ans, la guerre civile fait rage dans le pays. Elle assiste à la disparition de proches et de membres de sa communauté, dont des cousins, des voisins, son professeur de natation et le gérant du café de sa rue. Ses parents, Mohamed et Fadela, frôlent la mort lors d’un attentat sur un marché. L’état d’urgence et le couvre-feu généralisé imposent un quotidien de peur et d’insécurité, influençant profondément son adolescence. Elle explique que la peur venait du fait que l’ennemi était invisible, ce qui créait une méfiance constante avec notamment la crainte des faux barrages et des ennuis dans la rue.
Durant cette période, elle rêve de devenir astronaute ou pilote, mais se rend compte que cela est impossible dans un pays en guerre. Elle tente alors d’intégrer des universités à l’étranger, mais ses courriers arrivent souvent peu ou pas du fait du système postal paralysé.
Le , elle immigre à Montréal avec sa famille dans le cadre d’un programme d’immigration choisie, le Canada étant alors à la recherche d’informaticiens. Avant le départ, son père est cadre au ministère de la Planification et sa mère professeur de recherche opérationnelle à l’Institut national d’informatique à Alger. Elle décrit sa famille comme issue d’une classe intellectuelle qui n’avait guère d’argent et dont la seule richesse était l’éducation..
Ce départ est vécu de manière ambivalente. Elle exprime un fort sentiment de culpabilité à l’idée de quitter l’Algérie en guerre et une partie de sa famille restée sur place : « J’ai beaucoup culpabilisé de quitter l’Algérie et, en partant, je me suis dit : je n’ai pas le droit d’échouer par respect pour ceux qui sont restés ». Elle déclare que cette responsabilité morale deviendra un moteur personnel dans son parcours, aussi bien académique qu’artistique.
À son arrivée à Montréal, elle est sous le choc après avoir vécu dans un pays en proie à une guerre civile. Elle retrace son exil dans le titre Kif’n’dir figurant sur son premier album Dima.
Trois ans après son installation au Québec, les souvenirs de la violence ressurgissent : elle raconte avoir parfois des crises de panique et être restée immobile et tétanisée en pleine rue, se souvenant d’une fois où elle a raté un bus qui a explosé quelques mètres plus loin. Pendant longtemps, elle s’empêche de revenir en Algérie et s’en veut d’avoir laissé une partie de sa famille là‑bas. Quelques années plus tard, elle renouera avec son pays et ira voir ses proches, les bras chargés de cadeaux.
Après l’obtention de son baccalauréat à 16 ans en Algérie, elle suit des études à l’Institut national d’informatique à Alger. Après l’immigration, elle s’inscrit à l’Université de Montréal, où elle obtient un diplôme d’ingénieur en informatique spécialisé dans le développement de logiciels. Bien qu’elle soit major de sa promotion, elle se dirige vers la musique, ce qui déplaît à ses parents qui ne comprennent pas son obsession..
Carrière
Débuts dans la musique (1999-2008) Zaho s’intéresse très tôt à la musique. Elle apprend la guitare dès son enfance grâce à des cours au Musée national des Beaux-Arts d’Alger et se démarque en étant l’une des rares filles à jouer au football dans son quartier, ce que sa chanson Mon parcours évoque.
À son arrivée au Canada, parallèlement à ses études à l’Université de Montréal, elle s’implique dans des associations étudiantes liées à la musique et des radios universitaires, découvrant le milieu artistique montréalais.
Elle finance ses études en cumulant plusieurs emplois, notamment en composant et produisant des musiques et jingles publicitaires pour la radio et la télévision. Elle participe notamment à la création de contenus sonores pour des campagnes publicitaires au Québec, dont la célèbre campagne « Un verre de lait, c’est bien, deux, c’est mieux », et pour des radios et télévisons canadiennes et européennes. Elle trouve également un arrangement avec les studios pour lesquels elle travaille, lui permettant d’utiliser les installations d’enregistrement en soirée afin de produire ses propres compositions — un accès déterminant à une époque où les studios professionnels étaient indispensables, rares et coûteux, et où l’autoproduction domestique n’était pas encore accessible.
Après l’obtention de son diplôme, elle annonce à ses parents vouloir se consacrer pleinement à la musique, un choix difficilement accepté par ces derniers. Elle tente alors de se lancer professionnellement, mais son univers artistique, hybride et atypique pour l’époque, peine à trouver sa place dans un Québec où la scène hip-hop est encore marginale. Dans ce contexte, elle fréquente plusieurs artistes issus de la scène montréalaise émergente, dont Corneille, avec qui elle partage une vision musicale commune. Comme elle, ces artistes peinent à faire reconnaître leur musique au Québec et envisagent de s’exporter en France, à l’image de Corneille qui ouvre la voie. Ils appellent entre eux le « son montréalais » une musique avec des textes en français marquée par les codes nord-américains, notamment le R&B contemporain et le hip-hop, ainsi que par une exigence de production alignée sur les standards américains, alors encore peu répandus en France, où la qualité et les techniques de production dans ces genres sont généralement moins développées.
Ancrée dans le contexte culturel de Montréal, cette combinaison contribue à rendre leur proposition originale dans le paysage musical francophone de l’époque. Ce cercle d’artistes, encore confidentiel, se côtoie et collabore avant de connaître, pour certains, un succès en France. Corneille confiera plus tard qu’il y avait « quelque chose de rassurant » dans l’arrivée de Zaho sur la scène française, ajoutant : « je me suis dit : je ne suis plus seul, je ne suis plus seul à revendiquer cet esprit montréalais en France ». Corneille aurait pu devenir le producteur de Zaho, sans que le projet n’aboutisse. Zaho dira par la suite qu’il a ouvert la voie à toute une génération d’artistes montréalais souhaitant se developper.
Elle enchaîne alors les allers-retours entre chez elle, le Canada, et la France en y étant hébergée chez une tante, multiplie les démarches, les rencontres et les projets, tout en se faisant progressivement connaître dans le milieu professionnel en écrivant pour d’autres artistes et en développant son réseau.
C’est dans ce contexte qu’elle fait la rencontre de Phil Greiss, qui devient son futur associé . Face aux refus répétés des maisons de disques, qui jugent son univers atypique, elle fonde avec lui en 2004 sa propre structure de production, Down Lo.
En 2006, elle réalise un featuring avec Cheb Mami et interprète le titre Halili à ses côtés.
En 2007, Zaho sort une mixtape comprenant plusieurs collaborations, notamment avec Sefyu et La Fouine. La même année, elle fait une apparition remarquée sur le single Lune de miel de Don Choa.
Dima et la révélation (2008-2009) En 2008, Zaho sort son premier album studio, Dima, projet fondateur qui marque son entrée sur la scène musicale francophone. Deux singles issus de l’album intègrent le classement des 100 meilleures ventes de l’année 2008 en France : C’est chelou, classé 11e, et La roue tourne, classé 75eSource : Syndicat National de l'édition Phonographique (zaho 2017 le monde a lenvers). Les rappeurs Soprano et Tunisiano apparaissent en featuring respectivement sur les titres Hey Papi et La roue tourne.
L’album Dima, dont le titre signifie en arabe « éternellement » ou « toujours », se classe au 80e rang des ventes annuelles en France pour l’année 2008Source : Syndicat national de l'édition phonographique (http://www.disqueenfrance.com/fr/page-259376.xml?id=259376&year=&type=2).. Il connaît un succès progressif mais durable, révélant Zaho au grand public et installant son identité artistique singulière, mêlant pop, R&B, rap, sonorités orientales et influences urbaines nord-américaines. Le projet se distingue par une écriture autobiographique marquée, abordant notamment l’exil, l’identité multiple, la résilience et le déracinement, thèmes centraux de son univers artistique.
Kif’n’dir, exploité en single, s’impose comme l’un des titres emblématiques de Dima. Fortement autobiographique, le morceau évoque son exil de l’Algérie vers le Canada. Il fait l’objet de réticences en interne, notamment en raison de son refrain en arabe, un choix alors peu habituel dans les formats radiophoniques grand public. Ce positionnement artistique s’inscrit dans la logique globale de l’album, qui repose sur un mélange de styles et de cultures (pop, R&B, rap, sonorités orientales, influences nord-américaines), une approche qui avait initialement conduit plusieurs maisons de disques à refuser le projet, le jugeant stylistiquement incohérent. Cette lecture contrastait avec la vision artistique de Zaho, issue d’une culture nord-américaine où le métissage musical est perçu comme une richesse.
Le single Je te promets s’impose également comme l’un des titres marquants de l’album et contribue à sa longévité dans les classements, la chanson étant à ce jour le titre le plus populaire de Zaho.
Une édition spéciale de l’album sort le . Elle contient plusieurs titres bonus, dont Tout ce temps en compagnie de Idir, le titre inédit Bougez vos ****, ainsi que Lune de miel en collaboration avec Don Choa.
L’album Dima est certifié disque de platine, totalise plus de 141 000 ventes et reste près de deux ans dans le Top 200 des ventes en France..