Le château de Bois-Briand est une propriété située à Nantes, dans le quartier Doulon - Bottière. Fondé au Moyen Âge, aucune partie n'en a été détruite depuis . Au cours de cette période, jardins et édifices ont été ajoutés, pour aboutir à un ensemble considéré comme « faisant partie du patrimoine national »Dispositions du I 3° et du II 1°ter des articles 156 et 156bis du Code général des Impôts (immeubles faisant partie du Patrimoine National) - http://bofip.impots.gouv.fr/bofip/1951-PGP.html#1951-PGP_15_015, tant au titre de la « guinguette » du jardinier qu'à celui de ses propriétaires. Au fil des siècles on y retrouve la trace d'immigrants irlandais, de financiers de la révolution américaine, de barons, de princesses, de corsaires, etc.

Dénomination

Originellement, le château se nommait « Bois-Briant » ou « Bois-Brient ». Il vient du nom d'un bois exposé au sud et qui donc, « brille » au soleil. On retrouve cette orthographe jusqu'au début du . L'artère qui menait au château se nommait, jusqu'en 1990 « Avenue de Bois-Briant ».

Localisation Le château de Bois-Briand se trouve sur la rive droite de l’Aubinière, une rivière affluente de la Loire, qui marque la limite administrative entre Nantes et Sainte-Luce-sur-Loire (le château se trouve à moins de de l'église du bourg de Sainte-Luce).

Avant 1908, le domaine dépendait de la commune de Doulon, jusqu'à l'annexion de cette dernière à Nantes. Toutefois, les principales informations relatives à la vie des familles de Bois-Briand proviennent des registres de la paroisse de Sainte-Luce.

Les trois logis de Bois-Briand Le château de Bois-Briand est au centre d'un domaine qui ne comporte plus qu'un hectare et demi de propriété privée. Il subsiste, par contre, un ensemble monumental et planté sur une surface d'environ dix hectares.

L'ensemble encore visible comporte : le manoir médiéval agrandi en maison de plaisance à la fin du ; la ferme située au nord ouest du château ; la maison du jardinier, située au sud-est du logis principal ; le miroir d'eau, canal construit à l'est du jardin à la française et du logis. Ce miroir d'eau est flanqué de deux exèdres en banquette de pierre ; les hauts murs fermant le jardin à la française, le mail de tilleul et la cour d'honneur du logis ; le bois situé au-delà du ruisseau de l'Aubinière, sur la commune de Sainte-Luce-sur-Loire ; la rue du Bois-Briand, nommée précédemment « avenue de Bois-Briant » avant qu'elle n'obtienne le statut de voie communale en 1990, menant autrefois de l'entrée nord (route de Paris) au Bois des Anses (route de Sainte-Luce). Depuis les années 1880, la partie septentrionale de cette artère a été amputée par la construction de la ligne ferroviaire Nantes-Segré.

Le logis principal thumb|upright=0.7|Château de Bois-Briand. Trois parties constituent le style architectural composite du logis : la partie médiévale (1405-1690), caractérisée par sa tour-escalier demi hors-œuvre (ouest), son échauguette (sud), ses grilles de protection (sud), ses ouvertures de granite (ouest, sud, est) ; la partie (1690-aujourd'hui), caractérisée par sa façade régulière (est), ses portes et fenêtres de grandes dimensions (est, ouest) ; l'orangerie (1771), caractérisée par ses hautes porte et croisées tournées vers le soleil.

Le logis médiéval du début du

La partie médiévale s'étend de la tour semi-hors-œuvre à l'orangerie. Elle est reconnaissable à son échauguette, sa tour, ses coussièges, portes à décor de pli-de-serviette, cheminées monumentales, grilles, etc. La partie Renaissance est reconnaissable aux ornements venus adoucir les structures médiévales (décor de la tour, de l'échauguette, etc.).

L'accès à la tour-escalier est défendu par une statue du Diable. Un mètre plus haut, deux scènes de crucifixion subsistent en graffiti.

Sur le plafond du cabinet de travail, un décor peint rappelle l'origine américaine de plusieurs propriétaires de Bois-Briand.

Le cabinet de travail situé dans le manoir médiéval est orné de scènes exotiques. Celles-ci sont peintes dans des cartouches dont le dessin reprend celui du miroir d'eau situé en contrebas du jardin à la française. Ces scènes représentent des paysages à la végétation exubérante. Le relief rappelle celui des mornes de la Martinique. La plantation des Gaigneron de Marolles se trouvait au Lamantin, actuelle banlieue de Fort-de-France. Le décor, d'inspiration très libre, pourrait, tout aussi bien, représenter d'autres plantations de la famille Gaigneron de Marolles, en Guadeloupe ou en Louisiane. Les Le Meneust des Treilles, quant à eux, possédaient des terres à Saint-Domingue où une partie de la famille émigre pendant la Révolution. Les murs du cabinet de travail semblent avoir été décorés selon le même procédé. En 2015, ces panneaux ont été retrouvés sous le plafond du grand-salon. Ils semblent avoir servi de support, vers 1970, à un nouveau plancher pour l'appartement du premier étage.

La maison de plaisance du

La partie s'étend au nord de la tour semi-hors-œuvre. Elle constitue, avec la partie médiévale, une deuxième façade (côté est). Celle-ci aspecte un miroir d'eau de de longueur fermant un jardin à la française carré. La partie est caractérisée par une extension rectangulaire de la cour d'honneur et la chapelle (consacrée en 1771), transformée en écurie (à la Révolution) puis en orangerie.

La bibliothèque À l’intérieur de la bibliothèque sont présentés quelques ouvrages rares (éditions originales, dédicaces, épreuves d’artiste, livres d’artiste, etc.). Le long des murs, de part et d’autre de la porte-fenêtre débouchant sur le jardin à la française, le tuffeau, récemment décapé, laisse apparaître le décor champêtre du miroir d'eau peint à fresque au .

L'orangerie

L'orangerie d'origine a, sans doute, été consacrée en chapelle en 1771 (cf.actes de consécration) puis transformée en écurie, à la Révolution (cf. portes d'écurie sur la façade nord et le foin déménagé du grenier de l'orangerie en 2000). Elle a, sans-doute, retrouvé sa destination d'orangerie au moment du séjour de Laure Gaigneron de Marolles ou à l'époque (simultanée?) de la Princesse Caroline Laetitia de Chassiron-Murat.

La fonction de jardin d’hiver de l’orangerie est illustrée par la présence de palmiers, bananiers, caféiers et orangers. Le bénitier et son robinet de cuivre sont présentés avec leur histoire (coquillage de taille extraordinaire en provenance de Madagascar). Le piano Bechstein est présenté en même temps que l’histoire artistique de Bois-Briand.

La ferme de Bois-Briand

L'étage des célibataires

Les constructions de style italianisant

L'orangerie moderne

Le jardin potager est partagé avec les habitants de Doulon et de Sainte-Luce sous forme d'un jardin ouvrier. Les anciens logements des fermiers ont été restaurés pour accueillir des hommes d'affaires et familles désirant travailler à Nantes pour de courtes périodes. Ils accueillent, également, des parents célibataires heureux de pouvoir accueillir leurs enfants en fin de semaine. Les appartements du château sont aménagés en logement de vacances, d'étudiant et/ou de travailleur en transit. L'orangerie est mise à la disposition pour des manifestations artistiques et des réunions familiales ou professionnelles. La maison du jardinier et la « guinguette » du potager sont mises à disposition pour la tenue de célébrations.

L'orangerie du complète l'orangerie du . Elle accueillait le bureau conçu par le maraîcher pour y ranger ses catalogues de semences et livres de comptes. Elle abrite les supports de l'ancienne balance romaine, la balance plus récente, le dispositif de lavage des fruits utilisé avant le marché du matin. Le décor du fronton et celui de la corniche couronnant les murs intérieurs a fait émettre l'hypothèse d'un modeste temple maçon dans l'esprit de ceux qui accueillaient les « frères » dans plusieurs propriétés de notre région (cf. Chateaubriant à Ste-Gemmes sur Loire). À l'époque de la construction de ce bâtiment, le père de Caroline Laetitia de Chassiron-Murat a été « nommé » par Napoléon III Grand-Maître de l'ensemble des Loges de France.

L'atelier de menuiserie

L'atelier de menuiserie produit parquets, plafonds, charpentes et meubles pour Bois-Briand et des clients extérieurs.

L'atelier de sellerie

L'atelier de sellerie produit, à partir de peaux de python, d'alligator et de galuchat des sacs, gibecières, sous-main, ceintures, etc. pour les hôtes de Bois-Briand et des clients extérieurs.

La maison du jardinier

Le parc et les jardins de Bois-Briand

Le jardin régulier (« à la française »)

Le jardin original, conçu en 1694, au moment de l'installation de Pierre Le Meneust des Treilles, président à la Cour des Comptes de Bretagne. Conçu selon le modèle des jardins potagers de La Quintinie, il a été détruit, 300 ans plus tard, par une décision du Conseil Municipal de la Ville de Nantes, afin d'y construire un lotissement. Afin de conserver le souvenir du projet initial, les propriétaires actuels ont fait élever une première terrasse de de longueur sur de largeur. Plantée de charmes, elle reprend le dessin en exèdre des théâtres de verdure fermant le miroir d'eau. Une seconde terrasse, au-dessus de la première, relie le mail de tilleuls au perron central et aux terrasses nord encadrant la porte du jardin du .

Le miroir d'eau Le miroir d'eau de Bois-Briand mesure sur et deux mètres de profondeur. Il constitue le côté est du carré de sur constituant le jardin à la française initial (cf. La Quintinie).

Il est maçonné, sur toute sa surface et profondeur, par un appareil de pierre. Le couronnement du muret qui le ceinture a été restauré, de 1998 à 2001, en même temps que la totalité du bassin, par une association d'insertion. Pour des raisons de sécurité, la municipalité a ordonné le décaissement de la promenade afin que le muret s'élève, dorénavant, à la hauteur réglementaire de sécurité. Cette disposition empêche d'apprécier la vue cavalière programmée par le concepteur du monument.

Deux théâtres de verdure en exèdre viennent fermer les extrémités nord et sud du bassin. Une banquette en pierre permettait aux invités de s'asseoir pour assister aux spectacles ou au repos des chevaux, au retour de la chasse. Un percement du muret nord est prolongé par une descente de pierre permettant aux cavaliers de rafraîchir et abreuver leurs chevaux.

L'effet de miroir est observé depuis l'ancienne allée située dans le bois situé côté Sainte-Luce sur Loire. On peut, aussi, l'observer depuis la rive est du bassin lorsque le niveau de l'eau se trouve à la hauteur prévue au .

Le mail de tilleuls thumb|upright=0.7|Le mail de tilleuls vu à travers la grille () de la fenêtre des cuisines.

Sur un plan formel, le dessin du mail de tilleul de Bois-Briand constitue la projection orthonormée de la grille médiévale de la cuisine. Vu de la cuisine du château, le paysage apparaît découpé en une multitude de petits carrés, comme le ferait une grille de Dürer.

Le mail obéit à l'archétype du belvédère (sur le modèle de Point-Breeze, New-Jersey). Il surplombe, en 1860, les vignes de Bois-Briand descendant vers la Loire comme Point-Breeze aspectait les méandres de la rivière Delaware.

Exposé, ainsi, face au soleil du sud, ce « Bois » prolonge la « Brillance » des Bois-Brillant(s) ayant donné leur nom à la propriété éponyme visitée en ces « Rendez-vous au jardin 2015 ».

Le mail de tilleuls de Bois-Briand est un jardin de femme. Celle qui l'a conçu a fait forger des tuteurs au dessin gracieux. Deux d'entre eux ont échappé au pillage des soldats nazis. Ces tuteurs maintenaient, à la hauteur des yeux, un fil où s'accrochaient des centaines de pieds de rosiers. La haie de roses couronnait un muret qui fermait le quadrilatère. Dans le prolongement de la « grille de Dürer », cet écran de roses découpe le paysage d'une façon délicate, bien féminine.