Le palais communal de Nice est le nom donné à son ancien hôtel de ville. Il est situé au cœur du Vieux-Nice, place Saint-François, principal centre urbain à l'époque de sa constructionRalph Schor (sous la direction de), Dictionnaire historique et biographique du comté de Nice, Nice, Serre, 2002, , p. 277-278.

Il est inscrit aux titres des monuments historiques le .

Historique Construction La construction de nouvelles fortifications pour le château par les ingénieurs Ferrante Vitelli et Francesco Paciotto à la demande du duc Emmanuel-Philibert de Savoie, entre 1553 et 1580, oblige au déplacement du conseil communal de la ville haute à la ville basseJean-Rémy Bézias, Henri Costamagna, « Palais communal puis Bourse du travail de Nice », dans Ralph Schor (dir.), Dictionnaire historique et biographique du comté de Nice, Serre, 2002, p. 277-278 . Le conseil achète un groupe de maisons près du couvent et du cimetière des Franciscains. Une première campagne de construction du palais communal se déroule de 1574 à 1580. Il est construit suivant un plan de L inversé. Il est inauguré le . Sa façade est simple et sans ornementCaroline Challan Belvan, L'ancien palais communal de Nice, Archeam n°14 - 2007, p.78 Lire en ligne.

Embellissement et restaurations aux En 1670, les consuls souhaitent embellir leur palais. Ils confient ces travaux à l'architecte du duc, Jean-André Guiberto. On ne sait pas très bien ce qu'il a construit avant 1679. À cette date, les consuls font appel à l'architecte du prince de Monaco, Marc-Antoine Grigho qui vient de terminer des travaux d'embellissement au palais de Monaco. Il construit dans la petite aile du palais, un escalier intérieur à volées droites avec vestibule voûté et un portail monumental en marbre, d'ordre toscan. Les travaux sont réalisés en 1680 et 1684 par les sculpteurs monégasques Dominique et François Mulciano. Marc-Antoine Grigho a aussi modifié la décoration des fenêtres de la façade latérale.

En 1758, Ignazio Agliaudi di Tavigliano (1705-1769), élève et disciple de Filippo Juvarra qui a été le premier architecte de Victor-Amédée II de Savoie et de Philippe V d'Espagne, reçoit la commande d'une nouvelle façade sur l'aile d'entrée autour du portail de Marc-Antoine Grigho. Il compte à son actif la fin de la réalisation d'un oratoire commencé par Juvarra et placé à côté de l'église San Filippo Neri de Turin Visita Torino : Chiesa di San Filippo Neri, ainsi que la réalisation de la sacristie de l'église de la Sainte-Trinité de TurinPiemonte Italia : Chiesa della SS. Trinità (Torino). Son style architectural est inspiré par des traits généraux du baroque turinois et génois. En ce qui concerne le palais communal, son travail reprendrait un projet non réalisé de Juvarra pour la façade des palais de la Piazza della Vittoria, à Turin. Il impose à la façade un modèle d'édifice public alors en vigueur dans la capitale turinoise : ajout de pilastres coiffés de chapiteaux ioniques, grandes ouvertures, motifs en relief savamment disposés, balustrade sur la toiture, etc. Les quatre statues qui devaient surmonter l'entablement n'ont pas été réalisées à cause d'un différend avec le maître maçon Pietro Bensa, en 1760.

Changements de destination

En septembre 1792, le palais est vandalisé lors de l’entrée des troupes françaises. Sous le Consulat, il est transféré avec ses archives dans la maison Vintimille située dans l’actuelle rue Alexandre Mari, pour être remplacé par une école communaleJoseph Saqui, L'Ancien Palais de ville 1580-1868 et l'Hôtel de Ville 1868-1943, inédit, 1942(?), Bibliothèque de Cessole..

En 1814, à la Restauration sarde, les magistrats municipaux retrouvent le palais de la place Saint-François. Le vœu de Nice y est prononcé en 1832. Le dernier étage portant l'horloge date de 1840Ralph Schor, op. cit., p. 623. Le pouvoir communal quitte définitivement le palais, en 1868, pour le site de l’ancien hôpital Saint-Roch, actuel hôtel de ville.

Le , le palais devient le siège de la bourse du travail de Nice. Subventionnées par les monuments historiques, le conseil général des Alpes-Maritimes et le Fonds d'aménagement urbain, les façades du bâtiment sont rénovées en 1978. En 2007, à l’intérieur du palais, l’état général des lieux laisse une impression de décrépitude et d’abandonCaroline Challan Belvan op. cit., p. 87. En un accord est conclu entre la Confédération générale du travail (CGT) qui occupe les lieux depuis plus d'un siècle et la municipalité. Celle-ci récupère le palais en échange de la mise à disposition pour la CGT d'un autre bâtiment, boulevard Jean-Jaurès, ainsi que de la totalité de l'Aigle d'or, édifice attenant au palais déjà occupé en partie par le syndicatPhilippe Fiammetti, « Les Niçois récupèrent leur palais communal ! », Nice-Matin, . Consulté le 25 septembre 2009..

Il subsiste au revers du palais communal des vestiges de l'ancienne église des Franciscains du .

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Jean-Rémy Bézias, Henri Costamagna, « Palais communal puis Bourse du travail de Nice », dans Ralph Schor (dir.), Dictionnaire historique et biographique du comté de Nice, Serre, 2002, p. 277-278 Christian Corvisier, Nice, palais communal, 276-278, dans Congrès archéologique de France. . Monuments de Nice et des Alpes-Maritimes. 2010, Société française d'archéologie, Paris, 2012 Dominique Foussard, Georges Barbier, Baroque niçois et monégasque, 78-81, Picard éditeur, Paris, 1988 ; 317

Articles connexes Liste des monuments historiques de Nice

Liens externes

Ministère de la Culture - DRAC PACA - Banque d'images : Hôtel de ville (ancien), bourse du Travail

Communal Catégorie:Monument historique inscrit en 1949 Catégorie:Architecture baroque à Nice Catégorie:Monument historique à Nice Catégorie:Édifice construit en 1584 Catégorie:Palais urbain Catégorie:Palais baroque en France