Le Café Procope, dit aussi Le ProcopeAinsi, sur l'enseigne actuelle de l'établissement., est l'un des plus célèbres cafés-restaurants de Paris, fondé en 1686. Fermé en 1890, puis devenu un établissement de type bouillon Chartier, il rouvre en 1957 sous son nom historique et devient un restaurant, qui est toujours en activité.

C'est considéré à tort donc comme "le plus vieux café d'Europe encore en activité";' c'est un restaurant qui occupe l'emplacement d'un café que n'est plus (quoique le restaurant a ouvert un café plus recemment). Il se situe au 13, rue de l'Ancienne-Comédie, dans le quartier de la Monnaie du VIᵉ arrondissement. Il est également accessible par un passage : la cour du Commerce-Saint-André.

Historique

Après l'introduction d'une boisson tonique du nom de « café », à la cour de France, par Soliman Aga, ambassadeur et émissaire du sultan Mehmed IV, un Arménien du nom de Grégoire, originaire d'Ispahan, ouvre un café rue Mazarine (près de la rue Guénégaud et à côté du théâtre de la Comédie-Française). Lorsque le théâtre quitte cet emplacement pour aller rue des Fossés-Saint-Germain en 1689, Grégoire déménage son café.

Il vient alors s'installer en face, à l’emplacement d’un établissement de bains fréquenté par les joueurs de paume de l’Étoile, et fait prospérer ses affaires en attirant la nombreuse clientèle du monde du spectacle..

Le Procope au vignette|gauche|Le Café Procope, tel qu'il peut être imaginé au (cette scène précise se passe à Ferney) : au second plan, de gauche à droite : Condorcet, La Harpe, Voltaire et Diderot.

En 1670 arrive en France un Italien originaire de Sicile (de Aci Trezza ou de Palerme), Francesco Procopio dei Coltelli. Il découvre le café en travaillant comme garçon chez un cafetier arménien, du nom de Pascal, qui possédait un café rue de Tournon, à la foire Saint-Germain .. Il se met à son compte deux ans plus tard et, en 1685 ou 1686, s'installe rue des Fossés-Saint-Germain, en face de la Comédie-Française, à côté de chez Grégoire, dans une boutique qu'il fait luxueusement décorer et ouvre en 1689 .

Quelques années plus tard (en 1700), il obtient également une concession perpétuelle de la ville de Paris pour prendre à la fontaine Saint-Germain . L'établissement, qu'il rachète à son ancien patron arménien parti ouvrir le premier café de Londres, porte désormais son nom, « Le Procope » (francisation du nom de son propriétaire italien), devient rapidement l'un des cafés littéraires les plus courus. Il concurrence même le café de la place du Palais-Royal, fondé cinq ans plus tôt (et qui deviendra le Café de la RégenceSur le Procope et le Café de la Régence, voir et Jacques Protat, Le Cabaret new-yorkais : prolégomènes à l’analyse d’un genre spectaculaire, thèse de doctorat, université de Bourgogne, Faculté de sciences humaines, École doctorale 202, Département de sciences de l'information et de la communication, décembre 2004, , .). Après la mort de François Procope en 1716, son fils lui succède.

vignette|Plaque placée en légende d'un portrait de Benjamin Franklin au Café Procope. Café d’artistes et d’intellectuels, il était fréquenté au par Voltaire, Diderot et d’Alembert. Centre actif durant la Révolution française, il reste longtemps un lieu de rencontre d’écrivains et d’intellectuels (Musset, Verlaine, Anatole France), de personnalités politiques (Gambetta) et du Tout-Paris. Le café attire des auteurs comme Voltaire ou Rousseau, qui y ont leurs habitudes... La « légende » du café dit que l'idée de l'Encyclopédie y naquit d'une conversation entre d'Alembert et Diderot, qui y en écrivit certains des articles, que Benjamin Franklin y prépara , selon une plaque commémorative (il s'agit du traité du ), et qu'il y aurait conçu des éléments de la future Constitution des États-Unis (il s'agit là probablement plus d'une légende que d'une vérité historique). À la mort de Franklin en 1790, un service funéraire fut improvisé au café devant son portrait..

Montesquieu fait allusion au Café Procope dans la des Lettres persanesCharles-Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, Lettre 36. Usbek à Rhédi, à Venise, sur Wikisource. :

Le Procope sous la Révolution française Sous mourut le dernier des Procope. Le café prit le nom de son nouveau propriétaire, un nommé Zoppi et la clientèle changea, les petits maîtres, seigneurs de cour, philosophes faisant place aux révolutionnaires. Le club des Cordeliers se réunit au Café Procope, avec Danton et Marat comme figures principales. Il en fait alors rapidement un foyer révolutionnaire. Robespierre, dont un portrait figure en vitrine, et les Jacobins y ont également leurs habitudes. Sur un des murs, on trouve une citation de Camille Desmoulins :

Le bonnet phrygien (coiffure des affranchis dans l'Antiquité) y est exhibé pour la première fois, et le mot d'ordre en part pour l'attaque du sur le palais des Tuileries. La table que Voltaire utilisait sert d'autel votif lors du passage de ses cendres en 1794, puis pour les cercueils de Lepeletier et de Marat, en route pour le Panthéon.

Le Procope au

De 1821 à 1839, c'est Jean-Baptiste-Godefroy-Modeste Heu (1786-1848), ayant épousé en 1814 la fille de François-Georges Delaunay, créateur du Café Anglais en 1802, qui prend la succession du célèbre Zoppi à la tête du Procope. C'est Heu qui redonne au café de Zoppi son enseigne de Café Procope, qui redevient un café littéraire avec, pour clients, les romantiques Musset, George Sand, Théophile Gautier, Roger de Beauvoir, lequel écrit en 1835 Le Café Procope, les comédiens Frédérick Lemaître, Marie Dorval et Mademoiselle George, entre autres. , disent les critiques. Le , c'est au Procope qu'a lieu la première assemblée du Stade françaisJean Durry, « Les cafés des sports », dans .. En 1890, un local constitué d'une boutique et d'une vaste arrière-salle est mis à disposition par une « femme de bien » au 13, rue de l'Ancienne-Comédie.

L'ancien Procope a fermé définitivement en 1890 : , selon Anatole France écrivant sous le pseudonyme Gérôme dans L'Univers illustré..

Le Procope depuis le Pendant des dizaines d'années, l'ancien espace du Procope a servi à diverses affaires, dont un Bouillon Chartier.. Rénové et agrandi en 1957, c'est devenu un restaurant moderne (sans aucun lien avec le café d'origine) ouvert sous le nom du café historique.

Le Procope a été choisi pour la cérémonie de remise des prix de l'Humour noir depuis 1954, et du prix Jean-Zay, depuis 2005.

Pour rendre hommage aux philosophes du siècle des Lumières, le groupe Frères Blanc, propriétaire du café depuis 1987, a lancé en 2011 le prix Procope des Lumières, destiné à récompenser l'auteur d'un essai politique, philosophique ou sociétal, écrit en langue française et paru en librairie pendant l’année en cours. L'ouvrage primé doit mettre en avant une réflexion nouvelle, voire polémique, sur notre temps, dans la tradition de l'esprit critique, des libertés et de l'humanisme du . Le lauréat reçoit en dotation un chèque d'un montant de , une table au restaurant Le Procope, valorisée à sur , ainsi qu'une bouteille de champagne millésimé d'une cuvée prestigieuse. Présidé par Jacques Attali, le jury est composé d'André Bercoff, Malek Chebel, François de Closets, Roger-Pol Droit, Caroline Fourest, Alexandre Lacroix, Aude Lancelin et Olivier Poivre d'ArvorLe prix Procope des Lumières..

Le premier prix Procope des Lumières récompense, en 2012, Ruwen Ogien et son essai L'Influence de l'odeur des croissants chauds sur la bonté humaine (Grasset).. La deuxième édition a récompensé, le , Clément Rosset pour son essai L’Invisible (Éditions de Minuit).. En 2014, Gérald Bronner a reçu le prix Procope des Lumières pour son essai La Démocratie des crédules (PUF). Depuis 2015 lui succède le prix Bristol des Lumières.

En , le groupe Bertrand, par l'acquisition du groupe Frères Blanc, devient le propriétaire du café..

Architecture et décoration vignette|redresse|Bicorne de Bonaparte. À l'intérieur (datant de 1957 ou après), la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 est reproduite sur les murs de l'une de salles.

Les portes des toilettes comportent les indications « Citoyens » et « Citoyennes », respectivement pour les hommes et les femmes. Les hommes pourront lire sur le mur de leurs commodités une citation attribuée à Voltaire : , d'après une réplique de Lisette dans Le DépositaireVoltaire, Le Dépositaire, acte , scène 1 . ; Voltaire a utilisé cette image à plusieurs reprises, l'appliquant à lui-même : , écrit-il au comte d'Albaret dans une lettre du ..

De nombreux documents évoquant la Révolution sont présents aux murs. Un chapeau, dit de Napoléon, se trouve notamment présenté dans l'entrée.

La façade, avec ses balcons en fer forgé, ainsi que la toiture correspondante, ont fait l'objet d'une inscription aux monuments historiques par un arrêté du ..

En 1988-1989, le Café Procope est dans le style du : murs rouge pompéien, lustres en cristal, portraits ovales de personnages célèbres qui avaient été des mécènes, et un . Les serveurs sont désormais vêtus d'uniformes d'aspect quasi révolutionnaires.

Galerie

Accès Le Procope est accessible par les lignes 4 et 10 à la station Odéon.

Notes et références

Annexe

Bibliographie . . . René Jeannin-Naltet, « Les écrivains Bourguignons au café Procope », La Côte-d'or à Paris n°662, mai 1980.

Articles connexes Bavaroise (boisson) Café Hardy Café littéraire (16414) Le Procope, astéroïde nommé ainsi en hommage au café parisien Liste des cafés de France protégés aux monuments historiques

Liens externes .

Procope Catégorie:Géographie de la Révolution française Catégorie:Histoire du café Catégorie:Lieu lié à la littérature en France Catégorie:Monument historique dans le 6e arrondissement de Paris Catégorie:Monument historique inscrit en 1962 Procope Procope Catégorie:Groupe Bertrand Catégorie:1686 en France Catégorie:Fondation en 1686