Claude d'Aix, avant de prendre le nom de son père de Seyssel, né à Aix vers 1450, et mort à Turin le , est un prélat savoyard qui enseigne d'abord le droit à Turin, puis devient conseiller et maître des requêtes de Louis XII. Il est successivement évêque de Marseille de 1511 à 1517, puis archevêque de Turin de 1517 jusqu’à sa mort. Il est également connu pour ses ouvrages politiques et ses traductions de classiques grecs et latins.

Biographie Origines Claude de Seyssel naît vers 1450, à Aix, dans le duché de Savoie. Il appartient à la maison de Seyssel. Il est le fils (naturel ?) de Claude de Seyssel, maréchal de Savoie, et de Guillerme de la Motte.

Au service du roi de France Claude de Seyssel étudie le droit à Pavie et à Turin, en 1484, où il obtient un doctorat en droit civil et canon, en 1486. Il enseigne à l'Université de Turin.

Georges d'Amboise, cardinal et conseiller du roi de France, Charles VIII, le fait venir à la cour, en 1498. Le roi meurt cette même année. Le nouveau roi Louis XII, faisant de lui l'un de ses conseillers favoris, le nomme successivement conseiller au Parlement de Toulouse, puis au Sénat de Milan.

Le , il est administrateur du diocèse de Lodi. Deux ans plus tard, il entre dans les ordres. Il est nommé recteur de l'université de Pavie, cette même année. L'année suivante, en 1504, il rentre à Paris.

Claude de Seyssel va rendre de grands services à Louis XII. Il est envoyé en mission en Flandre, en Suisse, en Angleterre (1506), mais également en Italie. Il entre avec Louis XII à Gênes et accompagne le cardinal d'Amboise, à Rome.

Au retour de sa mission en Angleterre, le roi fait appel à lui pour être le Maître des Requêtes de son Grand Conseil.

Le , le pape Jules II le nomme abbé commendataire de Saint-Pons de Nice.

Évêque de Marseille Après la mort de l’évêque de Marseille Antoine Dufour, confesseur du roi, survenue en , Louis XII adresse aux chanoines de Marseille, depuis Milan, dès le , une lettre pour leur recommander Claude de Seyssel. Le chapitre se hâte d’élire le protégé du roi du . Les bulles de nomination sont émises par la chancellerie du pape Jules II, le .

Cette nomination tarde tant, qu'en , le bruit de sa mort se répand et que le chapitre de Marseille se réunit, le , pour élire évêque Hector d’Anglure, archidiacre de Marseille et prieur d'Aubagne, qui a la prudence de demander six mois de recueillement avant d'assumer les fonctions épiscopales.

En 1512, il se rend sur ordre de Louis XII à la diète tenue à Trèves par Maximilien, puis il est en 1514 son ambassadeur au concile de Latran. Il ne prend possession de son évêché que le . Le , il reçoit à Aubagne l’hommage et le serment de fidélité d’Antoine de Glandevés, seigneur de Cuges. Au mois de il assiste à l’entrée de François à Marseille après sa victoire de Marignan.

En tant que seigneur d’Aubagne, il considère que l’aliénation du four seigneurial faite par Ogier d'Anglure lui était préjudiciable. Il s’ensuit un procès. Par ailleurs, il décide d’augmenter le débit du canal, amenant l’eau au moulin afin d’y installer une deuxième meule d’écrasement, mais il défendit aux riverains d’y prendre de l’eau. Cette interdiction qui était motivée par le risque de voir les berges du canal détériorées par des saignées trop nombreuses pour pratiquer l’irrigation, provoque un fort mécontentement. Ces problèmes ne sont pas réglés lorsqu’il est nommé archevêque de Turin. C’est sous le mandat de son successeur Innocent Cibo, qu’une transaction put être trouvée le .

Archevêque de Turin À la mort de l'archevêque de Turin, Giovanni Francesco Della Rovere, brusquement survenue à Bologne pendant le mois de , le duc de Savoie Charles II souhaite confier ce siège à un prélat favorable aux intérêts de sa dynastie tandis que le pape Léon X préfère le confier à son neveu le cardinal Innocenzo Cybo qu'il nomme à ce siège le .

En 1516, Claude de Seyssel se rend à Turin pour exécuter une mission diplomatique que François lui a confiée.

Il est fait archevêque de Turin ayant permuté son évêché de Marseille avec le cardinal Innocent Cybo. Dans cet évêché, Seyssel se préoccupe surtout de l’hérésie vaudoise qui s’est développée non seulement dans les vallées piémontaises, mais également dans le Luberon, le mont Ventoux et le Dauphiné. C’est dans un esprit pacifique et apostolique qu’il parcourt les régions de son diocèse. Claude de Seyssel note dans son ouvrage Disputationes adverses errores que, lors de ses tournées pastorales, il a toujours été reçu par les Vaudois avec (cité par )..

Il reconnaît que l’indignité du clergé constitue une cause de l’expansion de l’hérésie vaudoiseGabriel Audisio, Les Vaudois, histoire d’une dissidence , Fayard, Paris, 1989, page 197 . Dans son livre Tractatus de triplici statu viatoris, il invite le prélat à se tourner vers plus de sainteté : ..

Œuvres thumb|Seyssel offrant sa traduction de Xénophon à Louis XII, miniature du Maître de Philippe de Gueldre tirée de l'Anabase, BNF, Fr.702, f.1r. thumb|Speculum feudorum, 1566

Claude de Seyssel a écrit de nombreux ouvrages qui seraient, selon François-Xavier de Belsunce de Castelmoron, au nombre de dix-huit. Parmi ces ouvrages se dénombrent de nombreuses traductions d’auteurs grecs ou latins. Latiniste ignorant le grec, il collabore avec l’érudit grec Jean Lascaris qui avait été appelé à la Cour par Louis XII. Lascaris traduit les auteurs grecs en latin et Seyssel du latin au français. De la collaboration de ces deux amis vont sortir les premières traductions françaises des historiens grecs : Hérodote, Thucydide, Diodore de Sicile, Appien, Justin et Xénophon. Ce travail en équipe ressort nettement du titre de leur traduction de l’Anabase de Xénophon à savoir : « Histoire du voyage que fait Cyrus à l’encontre du roi Artaxerse, son frère, contenue en 7 livres écrits par Xénophon auteur grec traduit premièrement en latin par Jean Lascaris, homme docte consommé en langue grecque et le restaurateur d’icelle, et de latin en langue vulgaire français par Claude Seyssel ».

Il écrivit également des livres sur la monarchie française, la théologie et l’hérésie vaudoise.

Ouvrages sur le droit, la théologie et la monarchie Speculum feudorum, Milan 1508. De divina providencia tractatus, Paris, 1518 ; traduit ensuite par lui-même sous le titre : Traité de la divine providence, Paris, sans date. Les Louenges du roy Louys de ce nom, Paris, Antoine Vérard, 1508Voir l'édition critique de P. Eichel-Lojkine et L. Vissière (Droz, 2009). Cet ouvrage est aussi connu sous le titre de Histoire singulière du roy Louis de ce nom, faite au parangon des règnes des autres roys de France, sous lequel il fut repris par Gilles Corrozet en 1558 La Grande Monarchie de France, Paris, 1519Parfois nommé La grant'monarchie de France. Voir l'édition moderne de J. Poujol (Paris, Librairie d'Argences, 1961) La Victoyre du roy contre les Véniciens, Paris, 1510Il s'agit de la célébration de la victoire d'Agnadel contre les Vénitiens le 14 mai 1509. L'ouvrage fut repris sous le titre L'excellence et la felicité de la victoyre que eussent le tres chrestien roy de France Louys XII, Théodore Godefroy, Pacard, 1615 Histoire ecclésiastique d’Eusèbe, surnommé Pamphile, évêque de Césarée, faicte françoise par Messire Claude de Seyssel, lors évesque de Marseille et depuis archevesque de Thurin, Paris, 1554.

Traductions Justin, les histoires universelles, Paris, 1559. Thucydide, Histoire de la guerre qui fut entre les péléponésiens et les athéniens tant au pays des Grecs que des Romains et les lieux circonvoisins, Paris, 1527. Diodore de Sicile, Histoire des successeurs d’Alexandre le grand translaté par Claude de Seyssel, conseiller et maistre de requestes du roy de France douziesme de ce nom, Paris, 1530 Appien, historien grec, Des guerres des Romains, Lyon, 1554. Xénophon, Histoire du voyage que fit Cyrus.., Paris, 1529

Ouvrage sur l’hérésie vaudoise Disputationes adversus errores et sectam Valdensium disputationes perquam eruditae ac piae, Paris, 1520. Ce livre a été traduit par ses soins sous le titre Disputation contre les erreurs et sectes des Vaudois, Lyon, sans date.

Éditions historiques . . .

Éditions modernes . .

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Ouvrages spécialisés . . . . .

Monographies et ouvrages généraux . . Veronica Benzo, Claude de Seyssel e l'Italia, Catania, 2006. . Jean Rémy Palanque, Le diocèse de Marseille, Letouzey & Ané, Paris 1967, p. 117 .

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