Traian Băsescu, né le à Basarabi (aujourd'hui Murfatlar), près de Constanța (județ de Constanța), est un homme d'État roumain. Il est président de Roumanie de 2004 à 2014.

Ancien officier de marine marchande, il est ministre des Transports à plusieurs reprises entre 1991 et 2000, puis maire de Bucarest et président du Parti démocrate (PD), qu'il oriente vers le centre droit de l'échiquier politique.

Après avoir remporté l'élection présidentielle de 2004 face au candidat de centre gauche Adrian Năstase, il devient président de la Roumanie. Il est réélu de justesse pour un second mandat lors du scrutin présidentiel de 2009 face à Mircea Geoană. À deux reprises, en 2007 et 2012, il est suspendu de ses fonctions par le Parlement, mais les référendums qui s'ensuivent ne permettent pas sa destitution. Sa présidence est marquée par l'entrée de la Roumanie dans l'Union européenne, par un renforcement de la lutte contre la corruption et par les conséquences de la « Grande Récession ».

Président du Parti Mouvement populaire (PMP) de 2015 à 2018, il est élu sénateur en 2016 et député européen en 2019.

Biographie Jeunesse Traian Băsescu est le fils d'un commissaire politique communiste de l'armée roumaine, Dumitru Băsescu, affecté à partir de 1949 au de blindés de Basarabi, et camarade de promotion des généraux Victor Atanasie Stănculescu et Vasile Milea, qui, en 1989, prennent une part déterminante au renversement de Nicolae Ceaușescu... Il a un frère, Mircea, né en 1953.

Carrière dans la marine En 1977, Traian Băsescu sort diplômé de l'Institut naval de Constanța et devient officier de marine pour la compagnie d'État NavRom, qui a succédé au SMR.. Entre 1981 et 1987, il est capitaine du cargo mixte Biruința, le plus grand navire de la flotte marchande roumaine. À partir de 1989, Băsescu est le responsable de l'agence NavRom à Anvers, le troisième port d'Europe à cette époque..

Ascension politique Ministre des Transports Après la révolution de décembre 1989, il entre dans l'arène politique aux côtés d'Ion Iliescu et de Petre Roman, et devient ministre des Transports dans les gouvernements Roman et Stolojan entre 1991 et 1992. Lorsque le Front de salut national (FSN) se divise entre une aile conservatrice incarnée par Iliescu et une aile réformatrice incarnée par Roman, Băsescu reste au FSN aux côtés de Roman, lorsque, en 1993, le parti prend le nom de Front de salut national-Parti démocrate (FSN-PD). Il devient député de ce parti, de 1992 à 1996.

Băsescu dirige l'équipe de campagne de Petre Roman lors de l'élection présidentielle de 1996. Ce dernier échoue contre Emil Constantinescu, le candidat libéral, mais Băsescu est réélu au Parlement. Il redevient ministre des Transports des gouvernements de coalition de centre droit de Victor Ciorbea, Radu Vasile et Mugur Isărescu, entre 1996 et 2000. Dans le même temps, il est mis en cause dans le dossier « Flota », une affaire concernant des pots-de-vin perçus lors de la privatisation de la marine marchande roumaine, mais il n'est pas poursuivi, la justice ayant conclu à l'absence de tout dommage.

Maire de Bucarest Considéré comme charismatique, il est élu, en , maire de la capitale de la Roumanie, Bucarest, avec 50,7 % des voix au second tour, face au social-démocrate Sorin Oprescu.

Président du Parti démocrate Le , il est élu à la présidence du Parti démocrate, qui vient de changer de nom, face à son fondateur, Petre Roman, qui avait obtenu seulement 3 % des voix à l'élection présidentielle de 2000.. Alors que le PD est social-démocrate, Traian Băsescu l'oriente progressivement vers le centre droit. En 2003, en vue des élections de l'année suivante, il organise une coalition avec le Parti national libéral (PNL), l'Alliance Justice et Vérité (DA). Cette coalition soutient la candidature à l'élection présidentielle de Theodor Stolojan, ancien Premier ministre libéral.

Élection présidentielle de 2004 À la suite du désistement de Theodor Stolojan officiellement pour des raisons de santé, Traian Băsescu se présente au nom de l'Alliance Justice et Vérité face au Premier ministre social-démocrate, Adrian Năstase.

Pendant la campagne présidentielle, il prend des positions tranchées visant à mettre fin aux privilèges des élus, à ouvrir les archives de la Securitate, à restituer aux propriétaires d'origine les biens personnels confisqués par le régime communiste et vainement revendiqués depuis quinze ans, à accélérer la mise du pays aux normes juridiques et économiques européennes. Il suscite ainsi une levée de boucliers politique et médiatique dépassant les clivages politiques. Accusé d'être un ancien communiste et d'être corrompu, il réplique à Adrian Năstase, lors d'un débat télévisé d'entre deux tours :

Traian Băsescu remporte le second tour de l'élection présidentielle, le , avec 51,23 % des voix. Sa victoire, qui constitue une surprise, est mise en parallèle avec la révolution orange, qui a lieu à la même période en Ukraine, en raison de ses positions réformistes et de la couleur orange utilisée par la coalition victorieuse.

Président de Roumanie Premier mandat vignette|gauche|Traian Băsescu et son Premier ministre, Călin Popescu-Tăriceanu, en .

Il devient officiellement le troisième président de Roumanie post-communiste, pour un mandat de cinq ans, le . Il quitte alors ses fonctions de maire de Bucarest et de président du Parti démocrate.

Călin Popescu-Tăriceanu, président du Parti national libéral, allié du Parti démocrate de Traian Băsescu au sein de l'Alliance Justice et Vérité, devient Premier ministre le . Alors que la société civile a joué un rôle important pendant la campagne présidentielle, la juriste Monica Macovei devient ministre de la Justice. Celle-ci, avec le soutien de Băsescu, mène de nombreuses réformes malgré l'opposition de parlementaires, y compris de la majorité présidentielle. Elle renforce notamment les pouvoirs des procureurs et assure leur indépendance, ce qui permet à plusieurs enquêtes de corruption de haut niveau d'aboutir : des membres du Parlement, notamment Adrian Năstase, ministres et membres des autorités judiciaires ou policières sont poursuivis« Après le retour de M. Basescu, la crise continue à Bucarest », Le Monde, 28 août 2012..

Traian Băsescu est le premier chef d'État roumain à condamner officiellement les crimes des communistes dans un discours au Parlement, le , malgré les sifflets d'une partie des élus. Il déclare notamment :

Le , alors que les tensions entre le président et le Premier ministre Călin Popescu-Tăriceanu se renforcent, celui-ci forme un nouveau gouvernement sans le Parti démocrate, mais avec le soutien du Parti social-démocrate. Une procédure de destitution est alors lancée contre Traian Băsescu, que ses opposants accusent d'avoir adopté une « attitude partisane », en raison notamment de son « refus injustifié de nommer des ministres proposés par le Premier ministre ». Le Parlement vote la suspension des fonctions du président Băsescu le , par contre 108 et 10 abstentions ; celle-ci devient effective le lendemain. Aux termes de la Constitution roumaine, un référendum est organisé le La Constitution parle d'un délai de trente jours maximum. pour décider si le président reprendra ses fonctions ou non. En attendant, Traian Băsescu reste président de Roumanie, mais ses fonctions sont assurées par le président du Sénat, Nicolae Văcăroiu.. Les résultats du référendum constituent une large victoire pour le président, puisque le « non » l'emporte avec 74,5 % des suffrages exprimés, ce qui décrédibilise la majorité parlementaire..

Lors des élections législatives du , le Parti démocrate-libéral (PDL), nouveau nom du Parti démocrate, est la formation remportant le plus de sièges au Parlement, devant l'alliance Parti social-démocrate (PSD) - Parti conservateur (PC), qui arrive légèrement en tête du scrutin en nombre de voix, tandis que le Parti national libéral, mené par le Premier ministre Călin Popescu-Tăriceanu, arrive en troisième position. Après le désistement de Theodor Stolojan, qui avait été initialement désigné, c'est Emil Boc qui devient chef du gouvernement, à la tête d'une grande coalition PDL-PSD. À l'approche de l'élection présidentielle de 2009, la coalition avec le PSD est rompue et le gouvernement est renversé par une motion de censure.

Second mandat vignette|redresse|Traian Băsescu au Sénat de la république de Pologne, en 2009. Traian Băsescu annonce qu'il est candidat à sa succession pour continuer notamment à réformer un État qu'il juge encore miné par la corruption.. Il indique que, le même jour que le premier tour de la présidentielle, se tiendra un référendum qui vise à introduire une seule chambre et à réduire le nombre de parlementaires, qui sont, selon lui, en majorité corrompus et bloquent les réformes. De nombreux diplomates étrangers saluent alors son action contre la corruption.. Sur le plan économique, il promet de continuer à réduire les dépenses publiques..

Lors du premier tour de l'élection présidentielle, le , il arrive en tête avec 32,4 % des suffrages, devançant de peu son adversaire social-démocrate, Mircea Geoană« Présidentielle en Roumanie : le président sortant Basescu devance Geoana d'une courte tête », dépêche AFP, 25 novembre 2009.. Par ailleurs, 77,8 % des électeurs ont approuvé par référendum l'idée d'une république monocamérale et 88,8 % une réduction du nombre de parlementaires de 471 à 300. Mircea Geoană prend un avantage en obtenant, entre les deux tours, le soutien du candidat du Parti national libéral, Crin Antonescu, qui a recueilli 20 % des voix« Roumanie : les libéraux et la gauche s'allient contre Basescu pour les Présidentielles », dépêche AFP, 25 novembre 2009.. Le candidat de la gauche est ainsi donné gagnant par les sondages, deux d'entre eux le créditant même, trois jours avant le second tour, d'une avance de huit points sur le président sortant.. Mais au soir du , la confusion règne, les deux candidats revendiquant la victoire« Les deux candidats crient victoire à la présidentielle roumaine », Le Point, 6 décembre 2009.. C'est finalement Traian Băsescu qui remporte le scrutin, avec 50,34 % des voix et d'avance. L'opposition conteste la régularité du scrutin, mais les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), présents sur place, indiquent que l'élection s'est « tenue dans le respect des engagements pris auprès de l'OSCE« Victoire contestée de Traian Basescu en Roumanie », Le Monde, 8 décembre 2009. ». Après la décision de la Cour constitutionnelle rejetant la tenue d'une nouvelle élection, le candidat de la gauche admet sa défaite et souhaite bonne chance à Băsescu..

Investi le , Traian Băsescu rend hommage au millier de jeunes morts lors des combats de la révolution de 1989, et reconduit Emil Boc au poste de Premier ministre. Celui-ci tente d'abord de nouer une alliance avec le Parti national libéral, puis constitue finalement une coalition avec l'Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR), minoritaire mais soutenue par plusieurs élus indépendants, qui fondent ensuite l'Union nationale pour le progrès de la Roumanie (UNPR), classée au centre gauche de l'échiquier politique. Traian Băsescu continue alors à soutenir la politique de rigueur menée par le gouvernement, en échange d'une aide apportée par le Fonds monétaire international (FMI) et l'Union européenne. Les mesures adoptées, parmi lesquelles la baisse de 25 % du salaire des fonctionnaires, font chuter sa cote de popularité. Il doit faire face à la colère des juges, qui refusent de se soumettre à cette décision et qui, au terme d'un long conflit, parviennent à faire augmenter leurs salaires par le biais de décisions de justice.