Albert Jean Michel Rocca, dit en famille John, né le à Genève, mort poitrinaire le à Hyères, est colonel aux Hussards durant les guerres napoléoniennes et le second époux de Germaine de Staël.
Biographie Fils cadet de Jean-François Rocca, avocat et conseiller de la République de Genève, et de Jeanne-Judith BardinJacques Augustin Galiffe, John-Barthélemy-Gaifre Galiffe, Eugène Ritter, Louis Dufour-Vernes, Notices généalogiques sur les familles- genevoises, depuis les premiers temps jusqu'à nos jours, Genève, J. Barbezat, 1831, ., il voit le jour dans une famille noble de la République de Genève d'origine piémontaise. Citoyen français après l'annexion de Genève, le , il étudie à l'École polytechnique, à Paris, avant d'entrer dans l'armée française. Incorporé à l'école militaire de Fontainebleau le 11 juin 1806, il en est congédié le 1ᵉʳ janvier 1807, à la demande de sa famille. Il est finalement incorporé dans la 4ᵉ compagnie de la gendarmerie d'Ordonnance de la Garde impériale le 30 janvier 1807. Nommé sous-lieutenant en juillet 1807, il est affecté au 2ᵉ régiment de hussards à la fin de la campagne en Pologne, puis dès 1808 dans la guerre d'Espagne. Grièvement blesséVoir les Lettres inédites de J.C.L. de Sismondi, de M. de Bonstetten, de Madame de Staël et de Madame de Souza à Madame la comtesse d'Albany (introduction de Saint-René Taillandier), Paris, Michel Lévy frères, 1863, , note 1. le lors d'une embuscade près de RondaCahiers staëliens : Organe de la Société des études staëliennes : index Occident et Cahiers staëliens (1930-1939), Cahiers staëliens, nouvelle série (1962-1978), Paris, Société des études staëliennes, 1979, , ., il perd l'usage d'une de ses jambes et doit renoncer à la carrière militaire. Sa valeureuse conduite lui vaut d'être chevalier de la Légion d'honneur à l'âge de ..
De retour à Genève, il rencontre, au printemps 1811, Germaine de Staël, qui, exilée de Paris par Napoléon, réside dans son château de Coppet. Après avoir échangé avec lui une promesse de mariage en Maurice Levaillant, Une amitié amoureuse Madame de Staël et Madame Récamier : lettres et documents inédits, Paris, Hachette, 1956, , .., Madame de Staël met secrètement au monde, le , un fils baptisé pseudonommément Louis-Alphonse Gilès«Louis Alphonse, fils de Théodore Gilès, de Boston en Amérique, et de Henriette née Preston, son épouse, né le 7e avril 1812, a été présenté au st baptême à Longirod le 11e may suivant, par Louis Jurine, professeur de l'Académie de Genève». L'acte a été rectifié sur la sentence du Tribunal du District d'Aubonne du 31 juillet 1817. Livre des baptêmes de la paroisse réformée de Longirod, 1772-1821 (Archives cantonales vaudoises, Eb 764), page 205.. Chétif, le garçon, au décès de son père, sera élevé par sa demi-sœur Albertine de Broglie, et aura pour précepteur Ximénès Doudan. Il se mariera en 1834 avec la fille du préfet de Paris, Rambuteau, Marie-Louise de Rambuteau, avant de mourir à l'âge de , en 1838, sans postérité Marcel Laurent, Prosper de Barante et Madame de Staël, Saint-Laure, M. Laurent, 1972, , ..
Le , pour rejoindre Londres, où elle fera paraître De l'Allemagne, Madame de Staël se lance avec John dans un tour européen qui la mène de Vienne, à Moscou, Saint-Pétersbourg puis Stockholm. C'est de Londres qu'ils assistent à la chute de Napoléon.
Ils se marient secrètement au château de Coppet, le L'acte est dressé par le pasteur Gerlach. Sont témoins du mariage : Miss Frances Randall et le frère de l'époux, le juge Charles-Jean-Louis Rocca. Voir (édition critique avec introduction et commentaires par Éphraïm Harpaz), ... Puis s'installant à Paris pour passer l'hiver durant la Seconde Restauration, Germaine de Staël y est victime, le , d'une attaque qui la laisse paralysée et y décède le , suivie peu après par son époux, qui meurt de la tuberculose à Hyères, dans le Var, le .
Poussé par Germaine de Staël à écrire, il a laissé deux descriptions d'événements militaires auxquels il a participé : Mémoires sur la guerre des Français en Espagne et La campagne de Walcheren et d'Anvers (qui décrit l'échec d'un débarquement britannique en Belgique). Récemment, un manuscrit inédit dans son entièreté intitulé Le Mal du pays. Histoire d'un jeune officier suisse a fait l'objet d'une publicationAlbert Jean Michel Rocca, Œuvres, avec des contributions d'auteurs divers, Paris, 2017, Éditions Honoré Champion/Slatkine., permettant de mieux comprendre ce profil perdu qui pourtant a apporté un éclairage intéressant sur son époque et qui fut aimé par la femme la plus européenne de son temps. Son portrait, en hussard de Chamborant, avec son cheval Sultan, une peinture à l'huile de , est conservé par le Musée d'Art et d'Histoire de Genève, en Suisse.
Éditions
Campagne de Walcheren et d'Anvers, en 1809, Paris, Gide fils, 1815, 34 p. Mémoires sur la guerre des Français en Espagne (avec « La campagne de Walcheren et d'Anvers en 1809 », et un « Appendice contenant la traduction du récit officiel de la bataille de Medellín »), Paris, Gide fils, 1817, 368 p. Comtesse Jean de Pange, Un manuscrit inédit de Jean Rocca, second mari de de Staël. Étude avec citation de fragments du roman inédit Le Mal du pays'', Paris, H. Champion, 1930, 13 p.
Notes et références
Bibliographie
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Liens externes
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