Mérope est une tragédie en 5 actes et en vers rédigée par Pierre Clément de 1729 a 1743.

Sujet Reposant le mythe grec de la reine Mérope de Messène, confrontée à la perte de sa famille et à la vengeance, la pièce développe les thèmes classiques de l’amour maternel, de l’usurpation de pouvoir et de la vengeance.

Personnages Polifonte, tyran de Messène. Mérope, veuve de Cresfonte, roi de Messène. Egiste ou Cresfonte, fils de Mérope et de Cresfonte. Ismene, fille d’Eurifthène, roi de Laconie. Polidore, vieillard attaché à Mérope, Adraste, capitaine des gardes du tyran. Eurise, Messénien attaché à Mérope.

La scène est à Messène, dans le palais de Polifonte.

Intrigue Le roi de Messénie, époux de Mérope, a été assassiné par le tyran Polyphonte, qui a usurpé le trône, et cherche désormais à épouser Mérope pour légitimer son pouvoir. Mérope a néanmoins réussi à sauver et à cacher l’un de ses fils, Égisthe, qui a grandi loin de la Messénie dans l’ignorance de ses origines royales. Lorsque, devenu adulte, il revient à Messénie incognito, il se voit arrêter et accuser d’avoir assassiné nul autre que le fils disparu de la reine, c’est-à-dire lui-même. Folle de douleur et ignorant qu’il s’agit de son propre fils, Mérope exige d’abord la mort du jeune étranger pour venger son fils. La vérité ayant éclaté juste à temps, Mérope s’allie finalement à Égisthe pour tuer le tyran Polyphonte et restaurer son fils sur le trône légitime.

Historique Pierre Clément a relaté l’histoire de sa pièce dans l’Avertissement de l’édition qu’il en a donnée, chez Prault en 1749. Il a entrepris la rédaction de sa tragédie, en 1729. En 1733, ayant achevé les trois premiers actes, il sollicite l’avis de l’auteur de la pièce originale en italien, créée à Modène en 1713, le marquis de Maffei, de passage à Paris. Ce dernier lui conseille de se limiter à une simple traduction en vers, en lui révélant au passage que Voltaire préparait également sa propre version. Clément choisit d’ignorer cet avertissement et poursuivre son œuvre originale, qu’il peinait à la terminer..

Quelques mois plus tard, persuadé d’avoir terminé, il en fait une lecture chez une amie influente de Fontenelle, en présence de l’acteur Dufresne. Impressionné par l’attention du cénacle, Dufresne propose une lecture devant l’assemblée de la Comédie-Française, mais les comédiens jugent la pièce trop faible. Après une période de doute, au cours de laquelle, il abandonne presque le projet, il se remet au travail, avant de se voir distancé par Voltaire. La Mérope de ce dernier, acceptée avec enthousiasme par les comédiens français, et ayant rencontré un immense succès, ceux-ci ont définitivement refusé la version rapportée par Pierre Clément, avec les changements qu’on lui avait demandés, estimant qu’elle ressemblait beaucoup trop à celle de son illustre rival. Jamais représentée, la Mérope de Clément a été publiée par son auteur en 1749.

Voltaire ira jusqu’à affubler l’auteur genevois du sobriquet de ., ce qui est inexacte et injuste, l'antériorité de la rédaction revenant à Clément.

Notes et références

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