vignette|upright|Chaussées romaines - Germanie inférieure. vignette|upright=2|Partie de la table de Peutinger montrant les voies romaines sur le territoire actuel de la France, la Belgique et l'Allemagne.

La chaussée de Bavay à Cologne est une voie romaine reliant Bavay, capitale des Nerviens (Bagacum Nervorum), à Cologne, capitale de la Germanie inférieure (Colonia Claudia Ara Agrippinensium) en passant par Tongres (Atuatuca Tungrorum). C’est aussi une des sept Chaussées Brunehaut rayonnant autour de Bavay. À Cologne, elle est appelée Via Agrippinensis, et, plus récemment par les archéologues allemands, Via Belgica .

Topographie thumb|Topographie de la chaussée romaine de Bagacum Nervorum aux Limes et Colonia Claudia Ara Agrippinensium

Fortune critique

Tout au long de la période moderne, la voie romaine est utilisée tant par les voyageurs que par les marchands et elle marque encore durablement le paysage de son empreinte. À l'instar d'autres vestiges antiques monumentaux tels que le Mur d'Hadrien, elle va considérablement intriguer les intellectuels et les voyageurs qui la parcourent : ceux-ci vont très rapidement se poser des questions quant à ses origines et émettre différentes hypothèses à ce sujet.

Patrimoine mondial Ce tronçon suit actuellement la procédure qui devrait le reconnaître Patrimoine mondial de l'UNESCO, et sauver pour les générations à venir le plus grand, et l’un des plus anciens vestiges en Belgique des premières civilisations en Europe. Symbole d’union, cette voie remplit depuis l’antiquité sa mission d’échanges et de communications.

Les itinéraires de la Via Agrippinensis Analyse comparée L’histoire et l’archéologie confirment l’existence de cette voie de communication dès l’époque gallo-romaine. Elle est décrite de façon relativement concordante par la table de Peutinger et par les itinéraires d’Antonin.

Table de PeutingerItinéraires d’Antonin104B. Cassel - CologneItinéraires d’Antonin102. Xanten - CologneAujourd’huiBaca conervioBagacumBavayxii (12)XII (12) = = vogo DorgiacoVodgoriacumWaudrez↓ ?X (10) = 15.2 mil. = ↓ ?GeminiacumBrunehaut ?xvi (16)↓ (+ =) = = Geminico vico↓Gembloux ?xliii (53 ?)XXII (22)PernacoPerniciacumBraives ?xvi (16)XIV (14)AtuacaAduaca TungrorumTongresxvi (16)XVI (16)↓↓Maastricht↓↓CoriovallioCoriovallumCoriovallumHeerlenxii (12)XVIII (18)XII (12)Iulia[co]JuliacumJuliacumJuliers↓↓VIII (8) = = ↓↓TiberiacumZieverich (Bergheim)xviii (18)XVIII (18)X (10) = = .AgripinaColoniaColonia AgrippinaCologne

L’identification des étapes

L’identification des étapes des itinéraires antiques se fit progressivement. Les cités principales étant facilement identifiables, seuls les relais et vicus de moindre importance furent objets de débats. C’est l’archéologie au seulement qui tranchera ces questions. Bagacum, Bavay n’a jamais posé aucun problème. vogo Dorgiacum ou Vogdoriacum est resté longtemps une énigme. Au encore, Fortia d’Urbain l’identifie avec Givry, et il fallut attendre la seconde moitié du , et les travaux du Service National des Fouilles pour que le vicus de Waudrez soit clairement reconnu. Depuis 1976, les origines et le devenir de ce relais gallo-romain sont présentés par une équipe dynamique dans un musée situé sur le site mêmePierre Capers, Musée Gallo-Romain de Waudrez. Geminiacum avait d’abord été rapporté à GemblouxJ. J. Hofmann, Lexicon universale (1698). Les sites de Liberchies, Brunehaut et Villers-Perwin (Les Bons Villers), repérés dès le milieu du , et fouillés systématiquement depuis 1956 seulement, sont aujourd’hui reconnus comme les vestiges de Geminiacum. Pernacum ou Perniciacum était traditionnellement identifié avec Perwez par un hypothétique *Perviacum. Les archéologues trancheront en faveur de Braives où un vicus assez important fut mis au jour de part et d’autre de la chaussée romaine. Atuatuca Tungrorum est bien sûr Tongres, mais ce n'est pas la forteresse d’Aduatuca de la guerre des Gaules dont la description s’accorde mal au paysage local, et ce d'autant plus que Tongres ne fut fondée que plus tard. Coriovallum ne sera identifié que tardivement avec Heerlen. Quelques hauts lieux historiques avaient été suggérés, tel Fauquemont et Rolduc. Ce sont encore les fouilles archéologiques du qui apporteront la solution. Juliacum et Juliers sont indissociables, d’autant que la voie romaine y parvenant depuis Cologne est restée le grand axe routier jusqu’au . Tiberiacum a toujours été identifié avec Bergheim. « C’est aujourd’hui Bertheim, qui conserve en quelque sorte son ancien nom, dont il a perdu la première syllabe. » lit-on dans l’Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. Depuis, les progrès de la linguistique permettent de reconnaitre Zieverich (situé à moins d’un kilomètre de Bertheim) comme une évolution normale du nom Tiberiacum. Colonia Agrippina et Cologne, sont indissociables dans l’histoire.

En sens inverse, certains (par exemple la Wikipédia en néerlandais, l'UNESCO) ont voulu placer à Boulogne-sur-Mer le terminus a quo de cette voie romaine, mais cela implique un très net changement de direction à Cambrai. Un tracé plus rectiligne (et attesté) serait Bavay – Cambrai – Bapaume – Albert – Amiens – Poix-de-Picardie – Abancourt – Gaillefontaine – Forges-les-Eaux – Mauquenchy – Quincampoix – Rouen. La liste qui précède ne suppose pas que ces lieux étaient tous déjà habités à l'époque romaine ou gauloise, mais seulement qu'une voie romaine, prolongement de la via Agrippinensis, y passait.

De la Civitas des Nerviens à celle des Ubiens...

Description du parcours

Bavay est à de Cologne à vol d’oiseau. Cette longue voie antique de communication peut être objectivement subdivisée en plusieurs tronçons. À mi-parcours, se trouve Tongres, capitale de la tribu du même nom et futur évêché. L’axe routier partant de Bavay prend clairement la direction de Tongres, pas de Cologne. Seule la première moitié du parcours de Bavay vers Tongres est rectiligne, et après Tongres jusque Maastricht. De même, seule une grosse moitié du parcours de Cologne vers Tongres est tracée d’un seul trait: de Cologne à Juliers. Entre les deux, les Romains évitaient systématiquement les marécages et prenaient les crêtes.

Architecture

Divers sondages archéologiques ont mis en évidence l'architecture d'une voie romaine. L'assise de la route comporte deux ou plusieurs couches de matériaux locaux, disposés sur un sol nivelé; les produits fins et compacts à la base sont recouverts d'une couche de pierres ou de pierrailles. Le revêtement est le plus souvent un empierrement bien tassé plutôt qu'un beau pavement. Les recharges sont plutôt rares. Le drainage est assuré par le profil bombé de l’ouvrage et parfois par un ou deux fossés.

Une attention toute particulière a été portée à son implantation. Des fossés latéraux, tracés à de l'axe central, lui-même marqué au sol par une rigole, délimitent l'emprise initiale du terrain public.

Civitas Bagacum Nerviorum Bagacum Nerviorum dans l'antiquité, est la capitale d'une civitas romaine implantée entre 19 et 15 av. J.-C. Sept voies reliaient ce chef-lieu du peuple des Nerviens aux capitales des cités des peuples voisins permettant aux Romains une intervention rapide.

En 4 av. J.-C. on érige un monument sur le forum, pour commémorer le passage de Tibère qui semble avoir donné une impulsion notable à l'extension de la villeJean-Louis Bouclylien, Les débuts de l'occupation romaine à Bavai : état de la question, Revue archéologique de Picardie, 1984, Volume 3, Numéro 3-4, p. 19-25.

Des potiers de la cité et des alentours exportent dans tout le nord-est de la Gaule et en Bretagne des mortiers à pâte claire dès le . Un vase planétaire découvert à la villa de Jupille-sur-Meuse sur la Voie des Ardennes et exposé au Grand Curtius de Liège en est un exemple.

Les ultimes témoignages d'une occupation dans le forum ne vont pas au-delà des années 430 à 450Delmaire R. Bavay Antique, Imprimerie Nationale Éditions, Guides Archéologiques de France mars 1999.

De nos jours, Bavay est une petite ville de située entre Valenciennes et Maubeuge.

De Bavay à Binche

À neuf kilomètres de Bavay, la route atteint la frontière belge et accuse à cet endroit précis un angle relativement important de cinq degrés. La route coupe l’ancienne commune de Gognies-Chaussée et se confond avec la frontière franco-belge. Le 28 mars 1820 par le traité des Limites signé à Courtrai, Gognies-Chaussée est partagé en deux entre la France et la Hollande, puis la Belgique. Aujourd’hui, la commune conserve encore ce statut particulier et les financements et travaux de l’église sont assumés aux deux tiers par la France et à un tiers par la Belgique sur cinq kilomètres, avant d’entrer définitivement en Belgique (N563).Procès-verbal de la remise par les Pays-Bas et de la prise de possession par la France et réciproquement des territoires de Gœgnies-Chaussée du 11 octobre 1820.

Communes France Bavay : « Rue Eugène Mascart » / D932 → Taisnières-sur-Hon : « Voie communale Brunehaut » / D932 → La Longueville : « Voie communale Brunehaut » / D932 → « Chaussée Brunehaut les Lanières » → Frontière franco-belge Gognies-Chaussée (France) / Gœgnies-Chaussée (Belgique, hameau de Quévy) : « Rue de la Libération » → « Rue du Roi Albert 1er » / « Chaussée Brunehaut » → Belgique Quévy (suite) « Chaussée Romaine » / N563 → « Chaussée Brunehaut » / N563 → Estinnes « Chaussée Brunehault » / N563 →

Vicus Vogdoriacum

À de Bavay, le vicus Vogdoriacum ou vogo Dorgiacum, est à du centre de Binche. Pendant l'époque gallo-romaine, c'est un lieu d'étape et une agglomération commerçante d'une certaine importance où se vendent les produits de l'industrie locale. Le site archéologique occupe une surface de 70 Des recherches archéologiques ont mis au jour une grande habitation romaine, avec installation de bains et un puits de de diamètre et de profondeur. Des monnaies, des poteries, des objets en fer, en bronze, des céramiques en terre sigillée y sont également découverts.

Vogdoriacum était resté longtemps une énigme pour les historiens. Au encore, Fortia d’Urbain l’identifie à Givry, mais d'autres spécialistes avaient reconnu dès 1858 le village de Waudrez sous ce nom. Cette étymologie sera confirmée dans la seconde moitié du par les travaux du Service National des Fouilles établissant le vicus avec Waudrez. Depuis 1976, les origines et le devenir de ce relais gallo-romain sont présentés dans un musée situé sur le site même.

Une borne milliaire de l’époque d’Antonin ( ), découverte à Péronnes-lez-Binche indique que l'on se trouve à de Bavay.

des Estinnes thumb|La chaussée romaine (Chaussée Brunehaut) au niveau d'Estinnes-au-Mont. Situé pendant la période gallo-romaine entre les deux forts romains de Givry et de Morlanwelz à proximité du et situé sur une partie de l'actuelle commune d'Estinnes, le des Estinnes forme un réseau de routes à partir de la chaussée vers plusieurs villas, points d'eau, centres religieux éloignés ou des terres plus distantes comme Bray, les actuels Faurœulx, Peissant, Merbes-Sainte-Marie ou Merbes-le-Château. Au temps des Nerviens, peu avant l'arrivée des romains, l'endroit devient déjà un important centre de production agricole et artisanal. Du au , pendant laquelle il est continuellement en activité, le des Estinnes (ou sans doute « Leptinnes ») semble couvrir plus de de terres cultivées et est composé d'une grande villa située dans l'actuelle Estinnes-au-Val le long de la voie romaine. D'autres villas plus petites, probablement dépendantes de la plus grande, existent à l'intérieur des terres. Ce alimente les légions romaines voisines et constitue vraisemblablement un considérable centre commercial entre les localités voisines..

De Binche à Gembloux

Communes

Binche : « Chaussée d'Estinnes » / « Chaussée Brunehault » / N563 → « Chaussée Romaine » → « Mont de la Justice » → « Voie Romaine » → « Chaussée Brunehaut » → « Rue Zéphirin Fontaine » / N563 → « Chaussée Brunehault » / N563 →