thumb|upright=2.0|Défilé en direction du château de Hambach en 1832 avec le drapeau "noir-rouge-or" renversé thumb|Château de Hambach de nos jours La fête de Hambach est une manifestation de masse qui eut lieu du 27 au au château de Hambach situé dans la ville de Neustadt an der Haardt (aujourd'hui Neustadt an der Weinstraße). En pleine restauration, elle fait figure de temps fort pour l'opposition bourgeoise libérale de l'époque. Le choix d'organiser la manifestation dans le Palatinat rhénan vient du fait que la population locale était insatisfaite vis-à-vis du royaume de Bavière qui dominait la région depuis le congrès de Vienne en 1815.
Lors de la fête, des appels à l'unité allemande, à la liberté et à la démocratie furent lancés.
Elle prend place dans une suite d'événements du avec la fête de la Wartbourg en 1817, l'insurrection polonaise de novembre 1830, la révolution belge la même année, puis par la suite la , qui menèrent à la révolution de mars 1848.
Contexte Après l'invasion de la région rhénane par les armées révolutionnaire française dans les années 1790, la région du palatinat est intégrée à la Première République française. Après la chute de Napoléon en 1815, la région est attribuée au royaume de Bavière lors du congrès de Vienne. L'administration locale devient donc bavaroise, mais les acquis de la révolution française sont partiellement conservés, ce qui mène à des conflits juridiques dans de nombreux cas. La population locale est d'ailleurs fortement imprégnée des idées révolutionnaires. Par la suite, les droits de douane et les impôts sont augmentés ce qui pénalise l'économie locale et appauvrit la population.
La révolution de juillet en France donne naissance dans son sillage à de nombreuses émeutes et révolutions en Europe. Le Palatinat est également touché et les idées nationalistes et démocratiques représentées par l'opposition politique locale se diffusent et sont portées par la population. La fête de Hambach représente la manifestation la plus nette de ce mouvement.
La fête Formation de l'association allemande pour la presse et la patrie
En 1830, la censure est renforcée en Palatinat. En réaction contre cette interdiction d'imprimer, les journalistes Philipp Jakob Siebenpfeiffer et fondent en l' ( en allemand). Le député et avocat Friedrich Schüler en prend la présidence. Ensemble ils organisent le une fête populaire dans la ville de Neustadt an der Haardt, les rassemblements politiques sont en effet interdits par les autorités bavaroises. Le président du district rhénan Ferdinand von Andrian-Werburg interdit tout d'abord la tenue de la fête mais devant les lettres de protestation des villes de la région et les démarches juridiques de Schüler et Savoye, il est contraint de lever l'interdiction. La fête se déroule sur la colline du château, dans le hameau de Hambach.
Protagonistes
Défilé vers le château
Environ participent à la fête. Parmi eux des étudiants, des bourgeois, des Français et des Polonais. Ils forment un cortège démarrant de la ville Neustadter sur la place du marché pour se rendre au château éloigné de . De nombreuses femmes prennent également part au défilé, à ce propos Siebenpfeiffer déclare :
.
Son discours inaugural au château est le suivant : .
Les principales revendications concernent la liberté, qu'elle soit de réunion, d'opinion, les questions de citoyenneté, l'unité nationale, un nouvel ordre en Europe basé sur l'égalité entre peuples, la souveraineté des peuples et la tolérance religieuse .
À la fête de Hambach apparaissent en grand nombre les drapeaux tricolores , symbole de liberté, d'unité et de droit des citoyens. Ces drapeaux sont déjà répandus dans les depuis la fête de la Wartbourg.
Le drapeau principal de la fête est porté par , originaire de Neustadt, il porte l'inscription soit . Ce drapeau originel de 1832 est aujourd'hui conservé au musée du château de Hambach . Ces revendications pour une Allemagne démocratique sont dirigées contre la Sainte-Alliance constituée par les puissances conservatrices que sont la Russie, l'Autriche et la Prusse.
Rassemblement dans Neustadt
Le 28Burg donne le samedi, donc le 26 mai, les meneurs des mouvements démocrates et libéraux se rencontrent à la de Neustadt afin de décider de la suite à donner aux événements .
Le journaliste Carl Ludwig Börne, qui est invité à la réunion, décrit dans une lettre la ville envahie d'étudiants venant de Heidelberg voulant la renaissance de l'Allemagne.
Lors de la réunion les représentants des réclament la formation immédiate d'un gouvernement provisoire et l'organisation d'une révolution armée à une date prédéfinie. Siebenpfeiffer refuse catégoriquement, Wirth plaide pour la constitution d'une opposition politique organisée en transformant l'association allemande pour la presse et la patrie en organisation politique. La majorité des personnes présentes soutiennent ces derniers.
Les membres de l'association allemande pour la presse et la patrie considèrent qu'une révolte ne mènerait à rien, une opinion qui est par la suite confirmée par les événements du . Schüler use de son charisme pour éviter la rupture entre étudiants et membres de l'association en ne refusant pas la révolte mais en exigeant de plus amples préparatifs. Le journaliste Heinrich Heine, quand les nouvelles de Hambach lui arrive, critique cette apparente inaction :
Conséquences
thumb|Le château vu du nord-est Les conséquences directes de la fête sont les poursuites entreprises par l'administration contre les meneurs du mouvement de la . Une cour d'assise exceptionnelle est créée à Landau en 1833 pour juger les . Le procès qui se déroule du au décide de remettre en liberté les accusés. Cette décision est portée en appel devant le de Deux-Ponts et de Frankenthal à cause de suspicion de parjure .
Les étudiants décident tout de même d'employer la force pour imposer leurs idées ce qui mène à l'échec de la tentative de l'attaque de la garde à Francfort-sur-le-Main en 1833.
La confédération germanique renforce la répression de 1832 à 1834 : les démocrates et libéraux sont emprisonnés, les libertés de presse et de réunion encore restreintes, les universités plus contrôlées. Siebenpfeiffer et Wirth fuient en Suisse, tout comme bien d'autres membres de l'opposition .
La révolution de mars de 1848 fait renaître le mouvement républicain et permet à ceux-ci d'imposer partiellement leurs vues. La défaite finale de celle-ci conduit toutefois à une nouvelle phase de restauration. L'unité allemande, réclamée à Hambach, ne se fait qu'en 1871 sous l'impulsion du chancelier prussien Otto von Bismarck. Toutefois la solution petite-allemande qui est choisie exclut les Allemands présents en Autriche, tout en incluant des populations non allemandes comme les Polonais. Le rêve d'un État-nation n'est donc que partiellement atteint.
Reliques Des drapeaux, une presse et des coupures de journaux de l'époque sont exposés au château de Hambach. Un autre drapeau se trouve dans la salle plénière du de Rhénanie-Palatinat à Mayence. La grande salle du tribunal de Karlsruhe possède également un drapeau authentique.
Sources Liens externes
Ouvrages papier
Références
Bibliographie
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